BlueOrange-World

« Le monde est bleu comme une orange » (Paul Eluard)

VIETNAM:January 2014

January28

Lundi 27 Janvier : vol vers Hanoï

Après avoir refait nos sacs, ce qui est une gageure dans un si petit espace, nous les laissons à notre hôtesse et partons manger une bricole …Ah ne m’embêtez pas, je ne préciserai pas où ! Puis c’est finalement avec un bus dédié , donc sans changement et pris à deux pas de notre hôtel, que nous gagnons l’aéroport, empruntant au passage le fameux pont pour aller à Lantau. L’avion  vers Hanoï est retardé d’une heure, cela me laisse le temps  de raconter la journée d’hier  avant un vol de deux heures sans histoires. Le pilote annonce 23° à l’atterrissage ! Et lorsque nous débarquons, nous avons le plaisir d’être attendues par Rhian ! La jeune assistante d’anglais qui avait habité  un an à la Réunion avec nous en 2008-2009  et avec laquelle nous sommes toujours restée en contact ( mais notre dernière rencontre  remonte à 2011,  à Londres !) est  prof d’anglais au Vietnam depuis deux ans maintenant ; elle profite des vacances du Tet  vietnamien, l’équivalent du nouvel an chinois, pour partir demain  bourlinguer au Laos , donc elle nous a gentiment proposé son appartement .C ‘est un immense T2 dans un quartier excentré mais très vivant .Après nous être installées, nous partons à pied vers un restaurant  et tout de suite je me sens heureuse et détendue  de retrouver le foisonnement anarchique et familier de l’Asie .Je commence par retirer de l’argent à un distributeur : aïe, après le dollar hong-kongais  si facile à convertir ( quasiment dix dollars pour un euro), il va falloir s’habituer aux dongs , au taux de change de 28 800 pour un euro !!!Pas simple, d’autant que les billets de 500 000 et de 50 000 sont très semblables ! Le restaurant où Rhian nous emmène est très agréable, assez classe ; nous y buvons un cocktail tout en papotant, avant de nous régaler  de  plats vietnamiens savoureux et raffinés ( le tout pour 20 euros !) , puis continuons la soirée dans un bar lounge…

Mardi 28 Janvier ;Hanoï

Nous disons au revoir à Rhian et nous prenons nos aises  dans l’appartement : quel plaisir  après le cagibi de Kowloon de retrouver un peu d’intimité ! Puis nous sortons, il fait très doux , mais comme  presque tous les jours depuis une semaine, nous ne voyons pas le soleil .Justine qui a sur son téléphone une application indiquant  les taux de pollution journaliers  a acheté à Hangzhou un masque avec filtre , tant le taux de particules toxiques est régulièrement dans le rouge .Nous  arrêtons  un taxi ( pas besoin de négocier comme en Thailande, ils ont des compteurs !) pour nous rendre dans la partie historique de Hanoï, derrière le petit lac Hoam Kiem. Il nous faut organiser notre séjour au Vietnam car en ville tout sera quasiment fermé entre jeudi et dimanche. La charmante hôtesse d’un kiosque gouvernemental nous donne une carte et nous explique que faire et voir par nous-mêmes à Hanoï et alentours.C ‘est finalement là que nous achetons notre tour de trois jours en fin de semaine dans la baie d’Along, le descriptif est alléchant , et nous espérons  ne pas faire un mauvais choix car  selon le Routard il y a  beaucoup de plans foireux ! Puis nous trouvons pour nous restaurer un bon petit café, et ce bien plus facilement qu’en Chine ou à Hong-Kong, sans doute un héritage colonial comme le pain que nous voyons en vente un peu partout. Nous rentrons  ensuite dans le vieux quartier proprement dit …C’est extraordinairement animé et coloré, avec des centaines de minuscules échoppes, et partout  des petits stands de cuisine à même la rue  .Hier soir l’anarchie de l circulation était déjà évidente, avec des milliers de scooters klaxonnant à qui mieux mieux sans jamais ralentir, c’est pire en journée. Traverser les artères de la ville est déjà une gageure,  on a l’impression de risquer sa vie à chaque instant, mais là, dans les petites rues encombrées on ne peut rien faire d’autre  que se laisser emporter par la foule,  suivre  le flot des piétons et des scooters qui essaient sans vraiment y arriver de se frayer un passage à grands coups  de klaxon  …C’est pénible, stressant….j’adore ! Les gens font leurs achats pour le Tet, et nous découvrons- en nous perdant plusieurs fois !- qu’il y a la rue des lanternes, la rue de la soie, celle des  instruments de musique, celle des fleurs .Comme à Hong-Kong, où chaque  boutique, chaque hôtel avait ses petits mandariniers recouverts de fruits, cet arbuste doit  ici symboliser  le Nouvel An : beaucoup de personnes en transportent sur les scooters, ainsi que de grandes branches de pêchers en fleurs .Malgré notre carte détaillée, et le petit périmètre ,  la foule est si dense , l’ambiance si survoltée que nous nous perdons plusieurs fois … Mais il est temps d’y aller car après le café, nous avions réservé  dans le théâtre adjacent  deux billets pour un spectacle de marionnettes sur l’eau . Que nous sommes heureuses de nous asseoir  au calme pour une heure de spectacle !

Marionnettes sur l’eau, j’ignorais même que cela existât. En fait c’est un art vieux de plusieurs siècles et issu du monde paysan. Le spectacle  est  d’ailleurs une succession de plusieurs sketches mettant en scène la vie quotidienne des paysans (pêche à la grenouille, visite du roi, chasse au renard, légendes avec des tortues et des dragons…),  Pour le reste, c’est un théâtre classique sauf qu’une partie de la scène est constituée d’un bassin.  Les marionnettes sont maniées avec une dextérité  remarquable, tandis que sur le côté  une dizaine de musiciens et chanteurs assurent la partie sonore.

Nous sommes un peu requinquées après ce joli petit spectacle , et reprenons notre déambulation dans quelques rues, où des stands de vêtements composent une espèce de marché nocturne. Je suis tentée par des  vrais-faux Lévis  très bien finis à 7 euros mais impossible d’essayer donc je passe outre .Puis nous nous asseyons dans la rue sur deux tabourets en plastique pour un peu de délicieuse street food ; nous aurons un plat de salade de bœuf avec la sauce cacahuète que j’aime , six rouleaux de printemps et deux « Hanoï beer » pour 100 000 dongs, 3, 50 euros !

A la fin de cette première journée, je crois déjà pouvoir dire que je suis très contente d’être allée à Hong-Kong mais que je vais aimer le Viet-Nam !

Mercredi 29 janvier : HanoÏ

Nous avons trainassé un peu à l’appart avant de repartir au centre ville déjeuner au même endroit puis nous partons à pied dans l’idée de découvrir  quelques musées. Nous passons d’abord devant l’opéra, construit en 1911 et très largement inspiré par le Palais Garnier. Las,  le musée d’ Histoire annoncé comme le plus intéressant est fermé pour toute la semaine. Nous continuons ensuite à travers de larges avenues parsemées de jolies maisons coloniales en direction du musée  des Femmes Vietnamiennes, qui nous intéresserait toutes les deux, mais ce musée est aussi fermé ; eh oui c’est le Tet , tant pis, nous allons nous cultiver d’une autre façon  et consacrerons notre après-midi à la visite de pagodes. La pagode Tran Quoc  est située au bout d’une digue qui sépare le plus grand lac du Vietnam, le lac de L’Ouest du petit lac de la Soie Blanche, et c’est la plus ancienne pagode de la capitale puisqu ‘elle fut construite au VI ème siècle avant d’être comme beaucoup quasiment détruite puis reconstruite. Puis nous visitons le  petit temple taoïste, Quan Than,  où de nombreuses offrandes, dont des canettes de bière sont disposées au pied  d’une grande statue de bronze noir  datant de 1677 .Il est temps d’aller nous rafraichir d’un bon jus de fruit frais , et la terrasse du café dominant l’avenue, nous nous amusons à observer le passage des deux-roues dont la plupart transportent des mandariniers .C ‘est en effet leur « arbre du Nouvel An » et certains conducteurs disparaissent quasiment sous les branches de l’arbuste amarré au porte-bagages ! Plus tard le taxi qui nous amène vers le temple de la Littérature nous fait passer sur la grande place où se situe le mausolée Ho Chi Min,  vaste bâtiment de style soviétique. Nous ne nous y arrêtons pas, ce n’est ouvert que le matin et l’idée de défiler devant sa dépouille momifiée ne nous aurait guère tentées de toute façon, d’autant  que cela ne correspond absolument pas à ses dernières volontés .Oncle Ho , comme l’appellent les Vietnamiens, souhaitait en effet être incinéré, et que ses cendres soient enterrées sous  un arbre dans trois régions  différentes du pays : le Parti en a décidé autrement !

Nous voici donc au  temple de la Littérature  qui date de 1070 est le seul qui n’ait pas été trop modifié. Très vaste, il comporte cinq grandes cours. A la vérité, toutes ces visites sont sympathiques , mais , sans vouloir jouer les blasées, n’offrent pas un intérêt extraordinaire tant  les pays voisins  nous ont offert de plus beaux spectacles .Pour finir la journée, nous retournons dans les rues grouillantes du quartier historique, baguenaudons  au gré des rues, faisons quelques achats , deux robes pour moi, une robe  et un débardeur pour Justine, nous perdons à nouveau avec bonne humeur,  …Nous achetons aussi dans une agence  les deux voyages en bus afin de rejoindre Lao Caï , tout proche de la frontière chinoise, dans la nuit de lundi à mardi , et comme tout sera fermé demain, nous irons avec un tour  visiter la Pagode des Parfums, à environ 60 kms de Hanoï . C’est dans le quartier où habite Rhian que nous cherchons ensuite un boui-boui pour manger, mais il est déjà 20h 30, et  plus rien n’est  disponible dans la rue , le quartier étant excentré et les Vietnamiens mangeant apparemment aussi tôt que les Chinois ( ou les Anglais ? J) . Nous trouvons finalement un petit restau dont le patron s’avère français, c’est un personnage  hâbleur  et très bavard  (nous y serions encore si nous n’avions pas fui au bout de deux heures !) , visiblement cultivé et au final  pas antipathique, mais dont ni Justine ni moi n’arriverons à déterminer s’il est mythomane  ou pas ! Entre sa production de foie gras, ses 120 ouvriers, ses 200 autruches, ses bateaux de pêche, , le stage qu’il propose à Justine,  le Parlement européen, et David  Douillet ( excusez-moi, je simplifie), le seul de ses dires dont je suis sure pour l’avoir vérifié est  que ce que j’appelais un mandarinier, l’arbuste  dont nous avons vu des centaines d’exemplaires depuis une semaine, s’appelle en fait  un  calamondin .Ce David nous fait quand même bien rire en nous  avouant naïvement  et par expérience qu’il ne faut jamais épouser  une femme asiatique : ils semblent qu’elles offrent tout ce dont un homme  standart peut rêver, un corps parfait, un sourire perpétuel, du sexe extraordinaire, des massages délicieux, une  excellente cuisine et tout à l’avenant …Mais ça, c’est avant !!Avant le mariage, la nationalité française et la pension alimentaire programmée depuis toujours …Nous lui rions gentiment au nez …

Je finis la journée avec un skype et me couche à deux heures, fatiguée mais heureuse….

Jeudi 30 Janvier : La pagode des Parfums

La nuit a été courte : à 7 h, Justine et moi quittons nos pénates et regagnons le centre ville .Quinze minutes de taxi, juste le temps d’avaler un rapide petit-déjeuner et à 8 h, nous attendons avec  discipline  le minibus qui arrive à 8 h 45. Bien sur nous n’échappons pas ensuite à l’arrêt dans un immense  magasin d’artisanat, qui regroupe d’ailleurs de fort jolis objets : laque,  sacs ethniques, et  très beaux bijoux d’émeraude, ma  pierre précieuse  préférée. C‘est lors de cette étape  que nous apprenons par des personnes plus à l’avant dans le bus que le chauffeur aurait piqué du nez durant le trajet, le guide ayant du lui taper sur l’épaule suite à l’avertissement  des passagers …pas vraiment rassurant  mais je suppose qu’il aura  ensuite été  tenu à l’œil!

Après deux heures, nous arrivons à la petite ville de Huang Song d’où nous partons en barque sur la rivière Yen ; il y a environ 2000 barques métalliques à l’embarcadère mais nous faisons partie des quelques très rares groupes de touristes .C ‘est en effet demain que s’ouvre le grand pèlerinage du Têt,  qui va ici durer trois mois avec une immense ferveur populaire .Les paysans viennent demander au Bouddha de fructueuses récoltes, et les femmes  sans enfant viennent aussi y prier .La balade en barque dure une bonne heure, dans un paysage brumeux de pitons karstiques au milieu des rizières…Nous débarquons dans un petit village où nous allons d’abord  visiter une première pagode, assez jolie  et s’étendant sur  plusieurs niveaux, avant de manger  dans  un boui-boui amélioré.Ici  les moines portent une robe marron et non orange. Justine et moi serons parmi les 5 courageuses du groupe à entamer l’ascension vers la pagode des parfums, but ultime du pèlerinage .Il existe en effet un funiculaire au prix prohibitif ! La montée en elle –même est certes raide, avec des centaines de marches irrégulières mais toujours hautes,   le chemin pavé est sur toute sa longueur bordé de centaines de petites échoppes  fermées aujourd’hui de bâches mais où on travaille dur pour préparer l’afflux demain de milliers de pèlerins. Les gens  préparent des bambous pour tendre des dais, montent des  centaines de cartons pour achalander les boutiques, remplissent les étagères  de paquets d’offrandes, de nourriture, d’objets votifs rouge et or…Nous marchons d’un bon pas et il nous faut une heure pour atteindre la pagode de l’Empreinte Parfumée (son véritable nom) aménagée dans une  immense grotte creusée dans un pain de sucre avec de larges escaliers pour accès.Nous savourons notre plaisir d’avoir quasiment le site pour nous alors que dès demain la foule l’aura envahi.

Le trajet retour en barque est aussi agréable, puis nous rejoignons Hanoï où nous décidons tout de suite d’aller grignoter pour le soir  (je parle pour moi car Justine a toujours faim !).Un petit restau en terrasse nous permet d’observer le spectacle de la plus grande place de Hanoï, toujours très animée. C’est l’équivalent de notre réveillon ce soir et un grand feu d’artifice est prévu  à minuit sur le lac, mais il aura lieu sans nous ! Nous sommes ravies de rentrer à l’appartement, de pouvoir  faire une lessive, puis de nous installer confortablement pour lire ou travailler : merci , Rhian !  En revanche, nous admirons depuis notre taxi de retour les illuminations de l’hyper centre qui n’ont rien à envier à nos capitales accidentales . J’essaie dorénavant de me coucher à minuit, ( heu…Ben non, c’est raté !) …la nuit sera encore courte puisque nous partons demain à 7 heures vers la baie d’Halong

Vendredi 31/ Samedi 1 : Halong bay

Le minibus vient nous prendre directement dans notre rue, et nous partons pour 3 heures de trajet, entrecoupé de deux haltes pour nous restaurer dans des snacks- grandes salles d’exposition !,. Mais je dois dire que l’artisanat y  est joli, et surtout qu’on  nous fiche une paix royale , sans la moindre sollicitation. Un des arrêts permet d’ailleurs de voir  comment les ouvrières introduisent un petit corps étranger dans une huitre vivante afin que celle-ci l’enkyste de nacre, c’est intéressant. A part ça, le trajet n’offre pas grand intérêt : pas de beaux paysages, mais une plaine poussiéreuse, des villes qui semblent en perpétuelle  construction, plutôt sales,  quelques belles villas aux abords inexistants …

Dans l’immense salle où  l’on achète les tickets et où les compagnies répartissent les gens sur les bateaux, c’est une grande pagaille ! Je ne sais ce qu’il en est de  la sous-traitance, ou si cela tient comme on nous le dit au fait d’être le premier jour de l’année, avec énormément de personnel en vacances, mais nous allons, comme tous, longtemps attendre le départ pendant que se déroulent de bruyantes tractations ! Finalement, nous voilà sur le Sunrise qui sera notre bateau, et comme le formule un Australien de notre groupe, «  Heu, il ne ressemble pas vraiment à la brochure ! »…On ne s’affole pas, car même  si nous n’avons  pas choisi la formule basique mais l’intermédiaire, nous n’avons pas pour 95 dollars par personne pour trois jours , d’attentes démesurées .Ce sera toujours agréable d’être sur un bateau dans ce décor extraordinaire .Effectivement dès que nous prenons la mer , nous sommes très vite environnées de pains de sucre ( 2000 en tout!) de toutes formes et tailles émergeant de la mer, dans une brume étrange. Ce site qui a été classé au Patrimoine Mondial en 1993 comme « beauté naturelle » devait être il y a des millions d’années un immense plateau dans lequel les masses de calcaire se  sont désagrégées, laissant apparaître les roches les plus dures avant que mer et vent ne les érodent.

Nous prenons notre premier déjeuner sur le bateau, (tofu, omelette , riz, choux chaud, salade de soja avec un peu de poulet ) et le guide nous dit d’emblée que d’habitude les prestations sont meilleures, mais qu à cause du Têt, le bateau fonctionne avec trois personnes au lieu de sept .Nous voilà prévenues ! Ensuite nous avons la permission de monter sur le pont supérieur, et là  c’est vraiment agréable .On se rend compte des dimensions de la baie, qui s’étend quand même sur des centaines de kilomètres. Nous faisons un peu plus tard escale sur une île pour visiter une grotte ; Halong bay est truffée de cavernes, cavités et tunnels et certaines de ces grottes ont d’ailleurs servi de cachettes aux combattants de la guérilla  nord-vietnamienne dans les années 1940. Celle que nous visitons est la grotte de la Surprise, elle comporte plusieurs grandes salles avec d’immenses concrétions rocheuses , et comme dans toutes les grottes du monde, on nous présente «  le dauphin », «  le lion » , « l’éléphant » et tutti quanti, tout ceci mis en valeur par des lumières violette, vertes ou rouges du plus bel effet kitsch !

Nous apprécions encore un peu de temps libre sur le bateau, à paresser, admirer le paysage sans cesse changeant et lire , pendant qu’il rejoint une grande baie devant l’île de Kat Ba . Là des kayacs sont mis à l’eau et ceux qui le veulent peuvent pagayer un moment. Cela ne me tentait pas,  en réalité j’avais peur de me tremper, mais je réalise qu’il n’en est rien, et que ce doit être vraiment sympa de pagayer dans ce décor paisible, avec à perte de vue les blocs rocheux sombres et les maisons de pêcheurs flottantes et colorées qui parsèment la baie. Nous profitons donc de notre kayac  et nous régalons ! Quelques jeunes sautent du bateau   mais avouent que l’eau est bien fraîche !

Le guide fait ensuite la répartition entre ceux qui dormiront sur le bateau ce soir  et les autres, nous faisons partie de ceux qui seront à l’hôtel  ce soir et dormiront sur le bateau demain, et un bus bringuebalant nous emmène en 45 minutes à Cat Ba Ville. Bonne surprise ; notre hôtel est tout à fait agréable, et si le menu est basiquement vietnamien (tofu, omelette , riz, choux chaud, salade de soja avec un peu de poulet ! ), nous profitons bien de la chambre avec  deux grands lits, wifi et  la douche bien chaude ! D’ailleurs nous ne faisons pas long feu,  bien fatiguées par notre rythme des derniers jours …

Je confirme que j’ai du mal avec  la noodle soup en guise de petit-déjeuner, mais j’ai bien dormi. Un bus vient  rechercher  cinq d’entre nous à 8 h  et nous partons pour une petite randonnée  à pied dans le parc national de Cat Ba. C ‘est sympa, on traverse  une forêt primaire avant d’entamer l’ascension  du sommet le plus haut de l’île .Bonne grimpette, mais la vue du sommet , avec la forêt à perte de vue, nous récompense . De plus il y a un grand soleil aujourd’hui, et nous n’avons pas beaucoup vu le soleil depuis le début de notre voyage  .En redescendant, nous croisons plusieurs groupes qui montent, et même si on est loin en cette saison du tourisme de masse, nous nous réjouissons d’avoir pu faire la balade  en duo. Le repas (tofu, omelette,  etc …!!!) est repris à l’hôtel puis nous partons  à pied découvrir la « capitale » de l’île .Sur la promenade de la route côtière, des dizaines de restaurants  sont côte à côte,  dont la plupart  sont ouverts, mais il n’y a strictement personne, on dirait une ville fantôme ! Cat Ba Ville a vraiment des airs de cité balnéaire, avec ses buildings pimpants  en bord de mer , et plus loin nous découvrons une petite plage de sable , dominée par un sentier bétonné qui s’enfonce dans la nature et ouvre de jolies perspectives .C ‘est tout à fait charmant, et je suppose que le site est surpeuplé l’été . Pour le moment, nous avons  croisé  des Australiens, des Américains, quelques touristes chinois, des gens d’Amérique du Sud…

C’est lorsqu’on  a ramené tout le monde sur les bateaux  que les choses se corsent, apparemment  il y a plus de personnes que de places en cabines  et c’est un grand fouillis pendant une bonne heure avant que tout le monde ne soit affecté sur 3 bateaux au lieu des 2 prévus .On se contente d’ attendre sans trop se prendre la tête ( j’ai  de quoi lire !) mais nous sommes  quand même bien contentes de prendre possession de notre cabine .Cette cabine est tout à fait correcte , deux fois plus grande que notre chambre de Hong Kong ( !) et la douche est bien chaude ! Quant au repas, il comporte nems, poisson, deux sortes de riz, des pommes de terre, des pâtes en sauce….plein de petits plats à partager comme c’est la coutume ici, et même de l’ananas en dessert ; nous ne boudons pas notre plaisir ! Plus tard, nous entendons de notre cabine la party dancing et karaoké, mais ni l’une ni l’autre ne nous sentons d’humeur très sociable, et j’écris pendant que Justine lit « Tintin  et le lotus bleu » sur sa tablette !

Dimanche 2 Février : de Halong bay à Hanoï

Rien de bien spécial aujourd’hui ; nous avons vogué  vers la terre ferme,  eu le repas de midi habituel, puis repris un bus vers Hanoï. A l’arrivée en début d’après-midi , nous avons traversé une ville déserte ! Mauvaise surprise, plus de connection internet à l’appartement ….Après un moment, nous avons décidé de retourner en ville, ayant envie de mieux manger et tablant que les restaurants seraient au moins ouverts .Nous avions également décidé toutes les deux d’aller chez un coiffeur le lendemain pour faire des couleurs, et, coup de chance, nous tombons dans le centre sur un salon ouvert. Le jeune coiffeur ne parle pas un mot d’anglais mais une cliente  en baragouine quelques mots, il peut nous prendre, 700 dongs pour les deux ( 28 euros), on s’installe !Cela m’amuse en voyage de fréquenter les petits salons locaux  et j’y  ai  eu des histoires rigolotes dans beaucoup de mes voyages, mais au-delà de l’aspect humain, je me demande toujours de quelle couleur je vais ressortir ! L’expérience a montré  que «  la même »  ne suffisait pas toujours comme indication  ! Mais en fait  ce tout jeune coiffeur va nous épater, car après avoir fouillé dans  le bazar d’une boite remplie de tubes  de couleurs entamés , sales,  non rebouchés,  il concocte  à la balance  et sans hésitation  ses mélanges : le résultat est très réussi, même teinte pour moi et un joli roux vénitien pour Justine .Nous repartons manger dans le petit restaurant qui domine la place, et nous offrons un cocktail pour notre dernière soirée au Vietnam !

Lundi 3 Février :départ de Hanoï

Nous apprécions de trainer un peu au lit ce matin, d’autant que la wifi n’est pas revenue …Le routeur qui pendouille au plafond entre le deuxième et le troisième étage au milieu d’un enchevêtrement de fils  ( je prends une photo !) est effectivement éteint .Nous descendons et nous attablons dans un minuscule café où il n’y a  rien à manger, de  plus  tous les hommes présents fument à qui-mieux-mieux , ce qui n’est pas agréable bien que très fréquent ici,  mais le point positif est la wifi !Nous buvons donc un café tout en répondant à nos mails , avant  d’aller acheter de quoi grignoter plus tard : sachet de nouilles instantanées, yaourts, chocolat et eau pour la route . Nous finissons nos bagages : parmi les souvenirs du Vietnam, ce ne sont pas les pièces qui vont m’encombrer vu qu’il n’y en a pas. J’ai en revanche gardé les pièces de Hong Kong ont certaines sont joliment dentelées.

Après avoir hésité ( c’est Amélie qui me l’a offert pour Noël), je décide  n’en ayant plus l’usage  de laisser le guide du Vietnam à Rhian, mais j’emporte la dédicace de la page de garde .

Digression : je déclare solennellement  que pour mon prochain voyage itinérant, je ne prendrai pas mon trépied, qui m’encombre trop ! Je n’arrive pas encore à me séparer des autres objectifs, mais promis-juré je laisserai le trépied ! Me le rappeler le cas échéant J

Une   lessive  (dans les lave-linge asiatiques qui brassent à froid)  plus tard, ainsi que  le ménage  fait en musique, nous descendons les bagages et quittons l’appartement où nous avons bien apprécié de nous poser ces quelques jours .Je fais le tour trois fois avant de laisser les clés à l’intérieur, il ne manquerait plus que  nous laissions nos billets ou passeports  dedans avant de fermer !

Nous nous sommes prévu un battement de deux heures pour faire un dernier tour de Hanoï et découvrons que la ville a retrouvé son aspect habituel : bruyante, grouillante de vie, surpeuplée…Les touristes sont également arrivés ou revenus, dont pas mal de Français .Nous laissons nos bagages au café où nous avons nos habitudes et  partons nous balader .C ‘est aussi le moment des derniers achats avec un peu d’artisanat. Quel dommage de quitter le Vietnam alors que nous sommes devenues des pros  de la traversée d’avenues, louvoyant au milieu des dizaines de motos et de toutes les voitures qui nous frôlent sans ralentir, mais à grands coups de klaxons rageurs…

Justine, quant à elle, dit s’être faite sans problème à des gens sympas, qui parlent aimablement et ne crachent pas par terre, mais c’est  en Chine que nous allons poursuivre notre voyage, donc  oublions  cela …J

A 18h30, nous sommes devant l’agence et  cela cafouille un petit peu, mais comme d’habitude en Asie ça fonctionne au final : un jeune vient  nous récupérer  et nous le suivons à pied  jusqu’à un carrefour où attend déjà un groupe .Après 30 minutes nous rejoignons un autre endroit et attendons à nouveau avant qu’un minibus ne vienne nous chercher pour nous amener au bus couchettes ! Le bus semble neuf et nous devons enlever nos chaussures en montant ; je n’en ai jamais vu de semblables, avec trois rangées  de véritables couchettes sur deux niveaux, des couvertures propres, ce n’est pas le top mais pas mal du tout. Nous partons finalement   après 20 h , le bus est plein mais s’arrête quand même un peu partout , peut-être livre t’il des colis .En tout cas, au bout d’un moment, il y a plein de gens supplémentaires allongés dans les minuscules travées ! Impossible de  réellement dormir d’autant qu’il n’y a pas de rideaux  et que très régulièrement toutes les lumières du bus, dont de gros néons latéraux rouges et bleus sont rallumées, mais la couchette est confortable et nous nous détendons.

posted under 2014, Travel Diaries

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