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« Le monde est bleu comme une orange » (Paul Eluard)

INDIA / SRI LANKA : June-July 2017

June17

Vendredi 9 Juin – Samedi 10 Juin : St Denis – Chennai – Mahabalipuram

Au moment de partir vers Chennai, point de départ de notre périple de deux mois en Inde et Sri Lanka, nous nous faisons une petite frayeur : en enregistrant, on nous dit que la feuille imprimée reçue par mail du service des visas indiens et que nous présentons n’est pas valable . Apparemment nous aurions sauté une étape , mais nous ne sommes pas les seuls ! Heureusement il n’y a aucune affluence aux comptoirs d’enregistrement et une équipe d’Air Austral qui a l’habitude se connecte directement au service des visas pour imprimer la bonne feuille . Aucun problème avec le visa d’Antony, mais malgré le bon numéro et tous les téléchargements de photo etc …faits au préalable, le mien n’apparait qu’à la troisième tentative ! La responsable nous dira ensuite avoir eu peur pour moi, d’autant que les contrôles sont très rigoureux et que la compagnie doit fréquemment rapatrier des passagers refoulés, avec une amende à la clé !

Ce ne sera pas notre cas, nous voilà partis pour six heures de vol, sans passager entre nous de surcroit ! A six heures du matin, nous atterrissons à Chennai où il fait déjà 31°et passons très rapidement les contrôles de police du e-visa. Chennai , 4ème ville du pays n’offre rien de sensationnel et nous avons décidé de la quitter tout de suite. Un taxi nous amène directement à Mahabalipuram ( 1500 roupies + 40 de droit d’entrée) en une heure et demie et à travers d’abord la cacophonie urbaine de Chennai puis de petites villes qui se succèdent . J’ai réservé à l’hôtel Daphné, près du centre et de la plage , une chambre tout à fait correcte avec ventilateur pour 800 roupies . Il fait très très chaud et nous commençons par nous reposer !Puis vers midi nous allons succinctement découvrir la ville, une petite cité balnéaire relativement touristique ; nous prenons nos premiers repas indiens , dhal, curry indien, avec délicieux jus frais et salade de fruits pour moi , pour 775 roupies ( 10 euros!) . Et on achète même au restau le guide du Routard 2017 de l’Inde du Sud qui trainait chez eux et me conviendra davantage que le Lonely en anglais . Puis nous rentrons à l’hôtel, il fait décidément très très chaud et c’est fatigant, nos membres sont tout gonflés ! Vers 16 h, nous ressortons nous promener sur la plage et assister au spectacle des barques rentrant de la pêche, des hommes pliant les filets, des familles indiennes qui se promènent…C ‘est très agréable .Il y a bien quelques touristes mais ce n’est pas la pleine saison, d’ailleurs les innombrables guest-houses et restaurants ne semblent pas faire le plein, et nous serons les seuls dans le restaurant où nous allons ensuite manger . Demain nous essaierons de nous lever très tôt pour visiter les très nombreux monuments de la ville, qui est aussi connue pour ses sculpteurs de pierre. Partout des échoppes proposent les petits éléphants ou autres éléments de pierre évidés, plus faciles à ramener chez soi que les gigantesques statues de Ganesh ou autres dieux hindous !

Dimanche 11 Juin : Mahabalipuram

En fait nous avions tant dormi que le sommeil a été long à venir et la nuit très brève ! Nous faisons néanmoins le gros effort de nous lever tôt pour profiter des heures les plus fraîches .Tout est fermé mais de nombreuses indiennes aux saris chatoyants sont dehors , faisant la queue aux points d’eau communautaires pour remplir tous leurs récipients . Nous devons nous contenter d’un thé brûlant dans la rue avant de partir vers le temple du rivage ; celui-ci domine la mer et , étant un des plus viens temples de l’Inde, ses sculptures ont été bien érodées par le sable et les moussons . Puis nous allons voir la «  descente du Gange « , une belle fresque sculptée de 27 m sur 9 m, et toute la colline autour , un ensemble très original qui date des VI au VIII siècles et qui est composé de grosses masses granitiques dans lesquels les temples ont été directement creusés. Après le repas et encore une grosse sieste car nous sommes assommés par la chaleur, nous ressortons vers 17 h et prenons un rickshaw pour rejoindre les Five Rathas ( 500 roupies /personne, avec le même ticket que pour le temple du rivage) .Cet ensemble de cinq temples très proches les uns des autres a été sculpté à la même époque que la colline, et là aussi les temples ont été sculptés d’une seule pièce dans de gigantesques blocs de granit qui se trouvaient déjà sur place . Les temples sont en forme de chars de possession et chacun est dédié à une divinité indienne. Ils sont moins abîmés que le temple du rivage et l’endroit est agréable . Il y a là beaucoup de familles indiennes qui se promènent et se prennent en photo à qui-mieux-mieux, on voit les classes moyennes ou supérieures avec de beaux appareils photos, les derniers smartphones et des habits à l’occidentale ( bien que couvrants) chez certaines femmes . Nous rentrons pour boire un verre sur un des nombreux toits-terrasses , regardant le soleil se coucher sur la ville pendant que les centaines de corneilles se rassemblent sur les arbres. Puis c’est encore le repas au Yogi, ce très sympathique restaurant franco-indien .

Lundi 12 Juin : Mahabalipuram – Pondichéry

Après avoir réglé nos deux nuits ( 1800 roupies) et nous être régalés d’un bon petit-déjeuner avec café au lait et jus /fruits frais, nous prenons un rickshaw pour rejoindre la route nationale où s’arrêtent les bus vers Pondichéry . C’est à 160 kilomètres et un taxi nous y aurait amenés pour 1800 roupies mais après avoir hésité ( nous craignons de devoir faire le trajet debout dans un bus bondé) nous décidons de prendre un des nombreux bus qui se succèdent jour et nuit . En fait nous avons beaucoup de chance car notre attente sur la route n’a même pas duré trente secondes et surtout nous allons trouver deux places assises dans le bus ! Je suis tout à l’avant sur une place qui était dédaignée ( la place du mort?) ce qui me permet de bien profiter du paysage. Maisons aux toits de chaume, végétation rabougrie , petits villages qui se succèdent, ceci m’évoque un peu la côte est de Madagascar, en bien plus sale puisque des immondices et d’innombrables résidus de plastique traînent un peu partout. Au bord de la route , une belle nationale à deux voies, puis brièvement à quatre, puis encore à deux, des étals sommaires proposent des papayes, des mangues et plus souvent encore des citrons. Bien que fluide, la circulation fait fi de toutes les règles de prudence ; notre chauffeur comme les autres klaxonne presque en permanence, que ce soit pour prévenir une chèvre au milieu de la route ou pour enjoindre un rickshaw roulant moins vite devant lui de s’écarter au maximum lorsque notre bus doit croiser un autre véhicule …Ces rickshaws sont souvent surchargés ( j’en ai vu un avec sept adultes en plus du chauffeur!) et les bus les frôlent à quelques centimètres ! Nous passons dans plusieurs petites villes, souvent de gros bidons ont été disposés en quiconque à l’entrée de ces villes afin d’obliger ponctuellement les conducteurs à ralentir . Sur plusieurs kilomètres nous longeons aussi des marais salants.

Une fois à Pondichéry, un rickshaw nous amène à New Guest house, indiquée sur le Routard, c’est l’annexe de l’ ashram Aurobindo et il est interdit de boire ou fumer si on y réside ( et il n’y a bien évidemment pas de wifi !) mais les chambres sont très propres, avec un petit balcon et un ventilateur efficace pour le prix sans concurrence de 500 roupies. Après nous être installés, nous partons manger dans un petit restaurant typiquement local ( Indian highlights ) où nous prenons deux baryanis végétariens, deux jus de mangue et une bouteille d’eau pour 140 roupies ( 1, 95 €!). Nous nous promenons un peu ( ok, on se perd!) avant de revenir pour la sieste dont nous avons pris l’habitude, il fait en effet si chaud que cela nous ôte toute énergie . ..Je remarque quelques vieilles maisons créoles, quelques longères de la Compagnie des Indes – dont Pondichéry était le siège- qui rappellent évidemment celles de la Réunion, ainsi que quelques noms de rues évoquant leur passé commun  : rue Mahé de la Bourdonnais, rue Suffren, rue; On se reperd ! Il faut dire qu’il y a par exemple deux rues : rue Mahé de la Bourdonnais et rue de la Bourdonnais , qui ne sont pas dans le même coin ! Plus tard nous allons nous promener comme les nombreuses familles indiennes sur la promenade longeant la mer, il n’y a pas de plage mais une jetée dominant des blocs de granit .Une grande statue de Gandhi trône devant la mer et j’y tremarque même un buste de Shoelscher ! Nous continuons par un cocktail ( à 250 roupies l’un) dans un bar plus cosmopolite où nous mangeons aussi un plat, ça fera une addition à 1000 roupies ( 14 €) , le luxe ! Au retour il n’est que 20h20 mais nous devons poireauter un moment devant la porte fermée de la guest-house, alors que le couvre-feu était bien indiqué à 22h…Ouf, fausse alerte, on nous ouvre !

Mardi 13 Juin : Pondichéry

Le matin nous allons petit-déjeuner à Eat My Cake , petit troquet sympathique tenu par un couple de Françaises, avec du personnel indien exclusivement féminin et tout fier de mettre en pratique leur français appris à l’Alliance. C’est un peu cher ( 600 roupies) mais pour la bonne cause, et nous apprécions leur wifi ! Au fil de nos pérégrinations dans les rues larges et ombragées de la partie française, nous rencontrons à nouveau quelques jolies maisons coloniales : certaines sont un peu délabrées, d’autres, dont on entrevoit les belles cours intérieures, ont été reconverties en guest-houses de luxe.Nous nous promenons ensuite dans la partie musulmane , peut-être un peu plus vivante , mais qu’il fait chaud ! Puis on reprend un rickshaw pour aller un peu à l’extérieur au vieux cimetière colonial et y déambulons un moment. Sous les frangipaniers et autres flamboyants, c ‘est un mélange un peu à l’abandon de milliers de tombes françaises et indiennes, parfois de riches caveaux de famille un peu délabrés , parfois de simples croix bleues. On ne mourait guère vieux au siècle dernier …Je remarque que les familles avaient l’habitude de faire graver les titres ( beaucoup de Légions d’Honneur) et la charge des défunts : commis principal de l’électricité, conseiller à la cour d’appel En tout cas, c’est bien émouvant de lire tous ces vieux noms de familles françaises et certaines épitaphes déchirantes : «  mort seul, loin de son épouse chérie et de ses six enfants » ou «  à notre fils unique et très chéri »…On se pose et repose un moment dans la même cantine indienne qu’hier , pour boire et prendre une assiette de riz tout en réfléchissant à la suite du périple. On pourrait descendre en bus ( 6 h + 4 h quand même!) vers Tanjore et Maduraï, grandes villes où il y a aussi de superbes temples, ou bien partir plutôt vers l’intérieur et les montagnes, ce qui nous rapprocherait du Kerala. Nous prenons un rickshaw pour aller nous renseigner aux compagnies privées situées près de la gare des bus départementaux et découvrons que sur les grandes lignes il n’y a quasiment que des bus privés roulant de nuit ; après moult tergiversations nous décidons finalement de partir ce soir vers Kodaïkanal, par le bus de 23h30, et en attendant nous repartons en ville. On va d’abord faire un tour à l’ashram de Sri Aurobindo, philosophe et leader du mouvement nationaliste qui s’est ensuite consacré à son travail intérieur . Lui et «  La Mère » , une française l’ayant rejointe, ont accueilli par la suite les disciples voulant le rejoindre et ce fut le début de l’ashram .Actuellement l’ashram est apparemment devenu «  une organisation financière et administrative puissante autant qu’une communauté spirituelle et religieuse «  …On visite la jolie maison créole où la Mère et le philosophe vivaient ; leur tombeau de marbre blanc, recouvert d’une magnifique composition de pétales et fleurs multicolores, trône dans la cour, au milieu des fidèles en méditation …Une librairie vend toutes leurs oeuvres dans plusieurs langues, et de multiples photos d’eux à tous âges .

Après des boissons fraîches bien méritées, on repasse à la guest-house nous préparer et refaire les sacs, on mange un brin et à 23 h nous voici prêts à affronter les huit heures de bus semi- couchettes et sans air conditionné ( les seuls directs vers Kodaïkanal/1275 roupies /2 ) .

Mercredi 14 Juin : Pondichéry – Kodaïkanal

Partis à l’heure exacte de Pondichéry où je découvre du bus des dizaines et des dizaines de malheureux dormant sur les trottoirs , nous passons donc la nuit dans ce bus relativement confortable ;;; j’ai connu mieux mais bien pire ! A six heures du matin, le bus quitte les plaines pour entamer sa montée dans la montagne, ouvrant de magnifiques perspectives , et à huit heures nous voici à Kodaïkanal, à 2370 m d’altitude. L’air y est frais et c’est agréable mais la ville en elle-même est moche et très sale .De plus le guide nous avait prévenus : l’offre hôtelière est chère pour des bâtiments décrépits et sales .Effectivement nous trouvons une chambre très très basique pour 700 roupies, avec de l’eau chaude seulement le matin, mais la dame est charmante . Après un petit-déjeuner très indien, on fait une petite balade au dessus du village : les vues sont époustouflantes et on est déjà quasiment dans les nuages ..Une jolie chapelle blanche et bleue accueille un pèlerinage pour Notre Dame de la Salette, comme à St Leu ! Il y a une petite communauté tibétaine dans le coin et je mange à midi un délicieux curry de mouton dans un restaurant tibétain . Mais au moment de redescendre, on entend ce qu’on prend au départ pour une fanfare, on se rapproche et c’est en fait une longue procession tamoule que nous allons suivre pendant un moment. Il y a bien des musiciens, des danseurs, des femmes parées de leurs plus beaux saris portant des pots de terre d’où jaillissent des flammes, et des couronnes de jasmin , mais la ferveur religieuse se manifeste aussi d’une façon plus radicale et pour nous plus dérangeante.En effet quelques fidèles , surtout des femmes, ont les lèvres et les joues transpercées de longues tiges de métal ; ceux qui sont dans ce cas sont entourés par plusieurs personnes qui s’en occupent et font en sorte qu’ils ne soient pas heurtés .Je remarque une femme qui a lèvres et joues percées, avec une espèce de très long balancier transversal , et qui visiblement souffre beaucoup. Mais le pire est une espèce de char tiré par un tracteur , sur lequel se balance un homme suspendu en l’air par des crochets qui transpercent ses épaules, son dos, ses cuisses et ses mollets . Lui ne semble pas souffrir ( transes dues à des drogues ? Sadhu transcendant sa souffrance ?) mais ce spectacle me dérange et je ne comprends pas les extrêmes de quelque religion que ce soit …La procession continue sous une pluie de mousson, c’est notre première journée de pluie . Le soir dans la guest-house nous apprécions les couvertures.

Jeudi 15 Juin : Kodaïkanal

Nuit moyenne avec un lit très dur, pas de drap de dessus, pas d’eau chaude et où j’ai eu presque froid …Mais j’ai mis le réveil pour 7h30 afin que nous puissions profiter de la belle première moitié de journée. Effectivement il fait assez beau ce matin, et après le même petit-déjeuner qu’hier, nous nous entendons avec un taxi pour partir faire un tour ( 1600 roupies, c’est bien cher!) . Le véhicule est un de ces petits Hitachi en forme de mini-mini-bus , qui sont en fait si bas qu’avec la bande bleue anti-luminosité du soleil, même le conducteur doit baisser la tête pour bien voir la route ! A travers une belle forêt protégée, principalement d’eucalyptus , nous faisons une quarantaine de kilomètres , avec deux arrêts à des magnifiques points de vue sur les collines en contrebas, pour arriver à un délicieux petit village : entouré de quelques rizières et de zones de maraîchage en terrasses, ramassé sur lui-même, il se caractérise surtout par toutes les couleurs de ses maisons et le soin apporté à la décoration des portes et fenêtres. Rose, jaune d’or, violet, vert anis, et bien sur beaucoup de bleu … toutes les couleurs cohabitent gaiement .Il semble y avoir une communauté tranquille, les femmes préparent le bois pour la cuisine ou s’occupent du linge, tandis qu’aujourd’hui les hommes sont assemblés sur la place du village où ça discute ferme ; on nous explique qu’il s’agit d’un meeting de revendication pour une meilleure desserte du village par bus. Nous nous avançons vers l’école où les enfants, avec leur petit uniforme marron, rentrent en classe mais sentons que nous ne sommes pas les bienvenus : la maîtresse ne parle pas un mot d’anglais et nous fait signe de rester à distance. Les femmes ne veulent pas trop être photographiées tandis que quelques hommes sont d’accord ou nous le demandent même .Ce village possède un temple sacré et nous faisons la queue avec les fidèles qui sont bénis par un prêtre. Arrivés à nous, il nous demande notre prénom, repart vers la statue d’un dieu qui est dans une niche , prie pour nous puis revient avec un plateau porteur d’une flamme et de cendre avec laquelle il met un point sur notre front. Les fidèles tamouls ont un rituel avec plus d’incantations, des phrases répétées en commun et des bracelets de fleurs de jasmin.Sur le chemin du retour, on fait en pleine campagne une halte près d’un autre temple, bâtisse moderne qui pour nous n’a pas d’intérêt mais des petits stands de nourriture se sont installés juste à côté , et nous prenons de gobelets de bonne soupe parfumée, ainsi que sur des toasts , une préparation d’oignons et de champignons des prés juste sautés devant nous, c’est très bon .Nous avons juste le temps de remonter en voiture avant que ne tombent des trombes d’eau, la mousson est bien là. Sieste, un peu d’internet au cyber café ( et des pensées pour Charlotte qui a eu aujourd’hui son épreuve de philo ), un verre, un petit repas de mouton dans un restaurant tibétain, un film sur l’ordi…le reste de la journée se passe comme d’habitude !

Vendredi 16 Juin : Kodaïkanal- Maduraï

Deuxième nuit moyenne et réveil à 7 heures pour partir vers Maduraï. Juste le temps de défaire la moustiquaire ( car oui, il y avait des moustiques à 2300 m d’altitude !) et de rejoindre la gare des bus…à 8 h nous sommes dans un bus qui s’ébranle. C’est un bus gouvernemental ( 140 roupies pour nous deux) car les bus privés, plus confortables et rapides, ne partaient qu’à 16 h et le taxi coûtait 2500 roupies. Donc ce n’est pas le grand luxe mais enfin nous sommes assis .En descendant la montagne, on a à nouveau de belles perspectives sur la forêt à perte de vue. Lors de la pause il y a des tas de singes qui s’approchent, espérant sans doute un peu de nourriture. Le bus fait un peu omnibus , et c’est bien long, Au total le voyage va durer quasiment cinq heures pour 120 kms . L’arrivée à Maduraï, une des plus vieilles villes d’Asie qui fait actuellement 1, 3 million d’habitants, nous plonge directement dans l’Inde telle qu’on l’imagine, avec sa saleté, sa circulation démente et une cacophonie indescriptible . On traverse pour y arriver un pont enjambant un large cours d’eau quasiment asséché, véritable décharge à ciel ouvert, où de ci de là les femmes font leur lessive dans des mares d’eau sale . On se pose au MR International Hôtel , recommandé par le compte-rendu récent de voyageurs que j’ai imprimé sur le forum du Routard, où nous avons pour 900 roupies une grande chambre toute propre, avec même, c’est la première fois, du papier toilette et de petits savons ! Et nous avons bien sur retrouvé la chaleur ! On ne fait pas grand chose de la journée, le fameux temple ce sera pour demain . Quand nous ressortons manger à la nuit, il a plu , les rues défoncées sont remplies de véritables mares, les trottoirs inexistants ou remplis de trous n’aident guère , on se fait frôler en essayant d’éviter les plus grosses mares par les dizaines de voitures et motos qui klaxonnent à qui mieux mieux ….C’est l’aventure, c’est l’Inde !

Samedi 17 Juin : Maduraï

Lever tôt pour aller à deux rues d’ici visiter le temple Sri meenakshi dont nous voyions depuis hier les 4 grands gopurams dominer la ville de leurs 60 mètres . Il y a en fait 11 tours ( gopurams) décorées de centaines de divinités colorées. Le temple en lui-même est comme une ville dans la ville, avec ses multiples cours et ses innombrables salles .Rien ne date d’ailleurs de la même époque puisque sa construction puis son agrandissement s’étalent entre le VIIIième et le XVIIième siècles. De nos jours, l’entrée en est sévèrement contrôlée, avec fouille des sacs et fouille au corps puisque les appareils photos ainsi que les briquets et allumettes sont interdits.Prévenus , nous avons aussi une tenue décente donc nous rentrons sans problème .Seules quelques parties sont exclusivement réservées aux Hindous, dont beaucoup sont en prière ou apportent des offrandes, ce qui nous permet de flâner dans la majeure partie des salles et d’admirer les milliers de colonnes et statues de pierre dont seule la partie haute est, comme les plafonds, peinte de couleurs vives. Les salles sont dallées de gigantesques pierres, et le plafonds aussi sont constitués de ces dalles, on comprend qu’il faille de nombreuses colonnes pour soutenir ce poids ! D’ailleurs le mandapa aux mille colonnes ( 985 en fait) est sans conteste la galerie la plus grandiose , avec une forêt de piliers sculptés, tous différents, qui ouvrent une fantastique perspective d’alignement de quelque côté qu’on les regarde. Mais cela fait tellement de piliers dans cette pièce, et tous si proches, que je trouve cela plutôt oppressant .Au final la visite , très bon marché de surcroît, vaut vraiment la peine .Nous prévoyons d’y retourner le soir puisque à 21 h tous les soirs a lieu une cérémonie rituelle : la statue de Shiva est transportée d’un lieu interdit aux non-Hindous jusqu’au sanctuaire de Parvati son épouse afin que les deux divinités dorment ensemble afin de régénérer tout l’univers…

Après la visite nous repassons par l’hôtel et achetons nos billets vers Colombo ( 185 € pour nous deux) ; on a en effet décidé de quitter l’Inde où il fait si chaud pour nous consacrer dorénavant au but premier de notre voyage , le Sri Lanka. Nous allons ensuite manger dans ce que le guide décrit comme une « bonne cantine végétarienne des temps modernes » et y faisons pour 200 roupies /2 un délicieux repas .On ne commande rien, on prend comme tout le monde ce qu’il y a aujourd’hui. Sur des tables en formica, on pose pour nous une feuille de bananier , et une armada de serveurs qui jongle entre les tables avec une gamelle métallique , simple, double ou triple, nous sert à la louche, déposant sur la feuille qui le riz, qui diverses préparations végétariennes, verte, rouge ou jaune, toutes délicieuses et étonnamment pas trop épicées . Nous nous régalons ! On vient nous resservir et on nous propose de tout plusieurs fois.Dommage que comme le font les locaux, il faille manger avec un lance-pierre !

Après le riz et les préparations salées , on nous donne un petit pot de lassi à mélanger avec un peu de riz, puis en dessert une espèce de riz au lait et au citron, tout ceci délicieux ( j’ai tout mangé!) et tout ceci pour 2,78 € à deux avec la bouteille d’eau  …

En fin de journée , nous voulons ressortir boire un verre en admirant le coucher du soleil sur la ville mais ce sera un jus de fruit, pour la bière il faut comme hier descendre dans une salle sombre et vraiment glauque en sous-sous de notre hôtel ! Nous mangeons ensuite rapidement ( pléonasme ici!) dans le même restaurant que pour notre premier repas à Maduraï , et avec le même délicieux carry de mouton, avant de retourner au temple . A cette occasion nous allons entrevoir trois touristes : avec un jeune croisé cet après-midi, ce sont les seuls touristes croisés depuis quasiment notre arrivée en Inde. Je suis étonnée par le nombre de pèlerins qui sont dans le temple à cette heure, la cérémonie se fait d’ailleurs attendre et lorsqu’elle a lieu n’a strictement rien d’extraordinaire : le palanquin portant la statue cachée aux regards est transportée à toute vitesse devant le temple dédié à son épouse.A ce moment le palanquin est posé par terre, et pendant qu’un officiant l’évente, des musiciens jouent une musique plutôt agréable et presque aussi jazzy qu’indienne ! Mais le temple de nuit est toujours aussi beau ! Et ce soir il n’a pas plu .

Dimanche 18 Juin : Maduraï / Colombo

Petit-déjeuner quasiment occidental ce matin sur le toit-terrasse d’un hôtel, avant de prendre un taxi ( 400 roupies) pour nous rendre à l’aéroport à 20 kms . L’aéroport «  international «  de Maduraï ( puisqu’il dessert Colombo) est un tout petit aéroport flambant neuf , où on ne transige pas avec la sécurité. Tous les bagages sont scannés deux fois, d’abord par les services de police, puis par la compagnie elle-même ( Spice Jet) avant que nous n’ayons le droit d’enregistrer . On change nos roupies indiennes en trop contre des roupies du Sri Lanka et je trouve dans la seule petite boutique moche de l’aéroport deux aimants, je ne prends pas en revanche le seul mug, trop laid ! Et nous voici partis pour une heure de vol, quittant une côte rouge et brûlée pour survoler un océan turquoise et arriver sur une côte très verdoyante : rien que de nos hublots la différence saute aux yeux .En arrivant à l’aéroport de Colombo, les formalités sont très rapides . En une minute, nous payons les 80 dollars de nos visas pris à l’arrivée, en trois minutes nos passeports sont tamponnés , en dix minutes nous sommes dehors et prenons immédiatement un bus direct pour le centre ville ( 240 roupies + 200 pour les bagages!) . On sent tout de suite qu’on a perdu dix degrés, quel bonheur ! Ce qui saute également aux yeux sur les 30 kms de trajet, c’est le côté verdoyant, et , même si ça se gâte un peu vers les faubourgs de Colombo, l’extrême propreté . Du centre un tuk-tuk nous amène à la pension réservée, c’est un peu moyen , me semble- t-’il, pour 16 €, mais Colombo est plus cher que le reste du pays. Il est 15 h et on ressort immédiatement manger dans un troquet très populaire et où il n’y a que des hommes, deux plats du jour riz frit- poulet et trois grands jus de mangue pour 730 roupies, 4, 20 €…Après ,petit tour dans un marché où on ne peut que remarquer les nombreuses femmes toutes voilées de noir , ça j’aime moins…Idem le soir où il y a une affluence énorme autour des stands , il est vrai qu’on est dans le quartier musulman, mais une femme sur trois ou quatre est un fantôme noir . On s’assoit à un stand de rue pour grignoter quelques bricoles avant de rentrer .

Lundi 19 Juin : Colombo

Après un petit- déjeuner dans une pâtisserie en face, nous entamons une journée qui sera rythmée par plusieurs déplacements en tuk-tuk . D’abord Colombo est une grande ville ( 4,6 millions d’habitants) ensuite nous commençons par chercher un réparation d’appareils électroniques, le camescope d’Antony ayant son obturateur qui reste ouvert. Une fois l’appareil confié à une boutique adéquate, on part visiter le musée national ( 1200 roupies /2) , situé dans d’anciens bâtiments coloniaux tout blancs et qui est plutôt intéressant avec ses collections préhistoriques ou plus récentes , ses multiples bronzes et statues, ses armes, pièces etc de l’époque coloniale à nos jours .Nous nous faisons ensuite déposer au New Palm Leaf hôtel ( hôtel voulant dire ici petite gargote) pour prendre comme les locaux une assiette de riz frit avec quelques accompagnements végétariens, plus un délicieux jus de mangue frais. Il y a partout de multiples stands de fruits , dont de magnifiques ramboutans bien rouges et dodus .On continue notre après-midi en flânant dans le quartier du Fort, cœur historique d’une ville en plein renouveau avec de beaux bâtiments coloniaux en rénovation . C’est le coin des ministères et des ambassades , des boutiques de luxe aussi et là on ne croise aucun « fantôme »…Juste à côté, le quartier de Pettah est un des plus vieux quartiers de Colombo ; infiniment plus vivant et coloré, avec ses marchés et boutiques qui vendent de tout , et on y croise une foule bigarrée et bruyante . Mais je note beaucoup de différences avec l’Inde ; même si la circulation est parfois chaotique, les conducteurs des deux-roues portent un casque, les passages piétons sont respectés , et surtout les gens klaxonnent raisonnablement, ce qui est infiniment reposant ! On finit à Galle Face Green, une bande d’herbe étroite en front de mer , ce n’est pas très folichon d’autant qu’il n’y a pas de plage mais c’est un lieu de promenade et on y croise quelques jeunes s’adonnant au cerf-volant….Après avoir récupéré le camescope fonctionnant et tout révisé ( 100 dollars quand même ! ), nous rentrons bien fatigués à l’hôtel.

Mardi 20 Juin : de Colombo à Galle

C ‘est par le train que nous rejoignons Galle en deux heures ce matin ( 300 roupies) , et coup de chance, lorsque nous arrivons à la gare vers 10 heures, nous avons 10 mn pour attraper le train qui va partir, le suivant n’étant à 14 h 45 ., et en plus nous prenons les deux dernières places assises du wagon. C’est un vieux train avec un passage métallique entre les wagons comme les vieux trains de mon enfance. , et nous sommes côté mer , ce qui nous permet d’avoir de superbes vues car la voie ferrée longe en permanence la côte, parfois à 2 m, parfois laissant entre la mer et mes trains une étroite bande remplie de maisons de pêcheurs ou de quelques hôtels .A destination, un tuk-tuk nous conduit à notre appartement , chez Dam que j’ai choisi hier sur Booking ( 20 € )au vu des commentaires dithyrambiques bien qu’il habite à 2 kilomètres du fort de Galle et non dans la presqu’île même. Effectivement l’appartement est nickel, l’endroit super calme avec plein de singes dans les arbres alentour et de plus Dam nous propose de cuisiner un carry de crevettes avec nous ce soir. Antony part donc en moto avec lui au supermarché pendant que je lance une machine, puis nous nettoyons les crevettes et les laissons mariner , avant de prendre un bus pour rejoindre le Fort ( 2 mn de bus et 20 roupies /2) . Le Fort a été édifié par les Hollandais à partir de 1663, il s’étend sur 36 hectares et sur un promontoire bordé sur l’océan sur trois côtés. C’est très agréable de s’y promener et d’admirer de beaux bâtiments coloniaux hollandais , d’autant que la plupart ont été très bien restaurés. Les petites rues à l’intérieur comportent énormément de boutiques plutôt branchées, de cafés et de guest-houses. Alors oui, c’est touristique , mais c’est beau, c’est propre, il y a très peu de monde, donc nous profitons du moment et ne partons des remparts qu’une fois le soleil couché sur les flots …La nuit étant tombée, et comme nous avons oublié de reprendre l’adresse de White House apartment, nous galérons un peu pour retrouver notre chemin ! Comme promis, Dam monte nous rejoindre à 19h 30 et nous allons cuisiner ensemble un curry de crevettes, qui avec ses légumes et ses nombreux épices va se révéler délicieux….A refaire ! Nous sommes vraiment contents de notre première approche du Sri Lanka, la nature, la propreté, la gentillesse de ses habitants , et impatients de découvrir la suite. De plus , ce soir, et comme nous ne la prenons jamais, nous allons apprécier de dormir avec la clim !

Mercredi 21 Juin : Galle et alentours

Petit-déjeuner inclus dans le prix et préparé par Dam ce matin à l’appartement : une omelette, des toasts avec beurre et confiture, une salade de fruits et du café au lait . Puis Dam nous trouve un tuk-tuk pour la journée ( 3500 roupies) puisque nous avons décidé de nous promener aux alentours . Nous passons par la ville moderne de Galle car Antony doit acheter des chaussures de marche mais il a le plus grand mal à trouver sa taille ! Toujours dans la ville et par hasard je fais s’arrêter le tuk-tuk devant un immense entrepôt/ atelier d’antiquités et de réfection de meubles où il y a de très jolies choses et où j’achèterais presque tout ! Puis on continue ensuite sur une quinzaine de kilomètres vers une forêt tropicale où d’après le guide de jolis chemins sont balisés . Ce sera au final une déception puisque nous commençons à marcher sur un chemin qui se révèle vite pas du tout entretenu et impraticable , et à un autre endroit nous nous faisons entreprendre par un guide qui nous propose de cheminer le long d’un arboretum, mais entre les tickets du parc et sa prestation cela fait cher et ne semble surtout pas en valoir la peine. On poursuit donc en se faisant amener au temple de Yayagala Raja Maha Viharaya , un joli temple troglodytique et très tranquille où des moines habitent depuis plus de 1500 ans. On admire le Bouddha couché de 9 mètres et surtout les peintures qui couvrent murs et plafonds , et sont d’après le guide caractéristiques de la période kandyenne. Tout près alors de la plage de Unawatuna, nous allons y manger ; la plage est superbe mais l’endroit très touristique. Bien qu’il n’y ait quasiment pas de clients aujourd’hui, c’est une succession de restaurants de plage, de centres de plongée et de guest-houses. Je relativise néanmoins, on n’est pas encore sur les îles de Thaïlande et c’est tant mieux ! Mais ce n’est pas à Unawatuna que nous avons prévu de nous baigner, le tuk-tuk nous dépose à Jungle Beach, une petite plage bien plus isolée et qui est effectivement bien agréable avec son sable blond et l’ombre de ses grands arbres. Premier bain dans l’Océan depuis notre départ et l’eau est à température idéale, c’est un vrai bonheur ! Après une bonne douche et un temps de repos, nous cuisinons à nouveau avec Dam ( vraiment adorable mais deux jours nous suffiront!) , ce soir c’est du poulet et c’est également excellent ! Au moment de me coucher, je réalise que mon pantalon est tâché de sang à plusieurs endroits ; même protégée par des chaussures de marche et pantalon long, j’ai été attaquée à quatre endroits par des sangsues, berk !

Jeudi 22 Juin : De Galle à Tangalle

Le matin , deux heures de bus ( 310 roupies / 2) nous amènent à Tangalle , toujours sur la côte. Nous longeons donc des plages plus jolies les unes que les autres , et quantité d’hébergements . Notre chauffeur roule comme un fou , et en dehors d’une gare routière au milieu du trajet, s’arrête si brièvement que tous les passagers doivent quasiment monter en marche . J’ai choisi la guest-house Sea Breeze garden pour son prix ( 11 €), sa situation au calme à 50 mètres de la plage et pour ses commentaires très élogieux. Effectivement nous arrivons chez une délicieuse famille sri-lankaise, qui nous prépare d’excellentes nouilles frites avec le meilleur jus de citron que j’aie bu jusque

là, et la chambre est simple mais confortable, avec un excellent lit . Pendant que notre hôtesse cuisine, nous pouvons observer dans les arbres du jardin de magnifiques oiseaux  : loriot à capuchon noir , barbu, martin-chasseur de Smyrne, perruche … Nous partons ensuite nous rafraîchir, la plage est paradisiaque et déserte, mais de gros rouleaux incitent à une baignade très prudente… dans les petites vasques protégées par les rochers des extrémités de la plage ! Comme on est vraiment au calme et à 10 minutes du centre de Tangalle, nous mangeons sur place le soir, des crevettes sur commande donc hyper fraîches, et nous partons ensuite avec le taxi de Tharu (1900 roupies) à un centre de préservation de tortues marines. Il y a en effet quelques sites où elles montent pondre quasiment toutes les nuits et Antony n’a jamais vu cela . A destination et pour 2000 roupies /2, un guide local mais qui ne parle pas anglais nous amène sur la plage où un petit groupe est déjà auprès d’une tortue. Par chance car elles sont plus rares ici, c’est une grosse tortue luth . Même s’il y a un manque criant d’information, les guides sont tout à fait respectueux de l’animal et donnent de bonnes consignes sur le moment et la manière de se placer autour d’elle, et on peut prendre quelques photos à la lumière rouge. Sous une voûte céleste extraordinaire, Dame Tortue pond donc ses œufs, les recouvre longuement , s’extirpe du trou et bien qu’exténuée regagne la mer…Nous regagnons , nous, nos pénates vers minuit .

Vendredi 23 Juin : Tangalle

Il a apparemment plu cette nuit mais la journée s’annonce belle . Antony s’est levé tôt pour aller filmer quelques oiseaux et notre hôtesse nous prépare un petit déjeuner pantagruélique avec des crêpes à la noix de coco. J’ai ensuite envie d’aller « piquer une tête « , ou plutôt en fait de revenir dans les mêmes petits bassins, bien que la mer soit un peu plus calme ce matin. La température est idéale , 28° dehors et sans doute la même température pour l’océan, c’est le bonheur ! On fait ensuite appeler un tuk-tuk pour rejoindre la gare routière car nous avons décidé d’aller en bus à 17 kilomètres de là voir les temples rupestres de Mulkirigala . Nous savions qu’il fallait deux bus, comme ce n’est pas sur une route directe, mais le chauffeur de tuk-tuk nous en annonce trois, et comme , après un premier refus de notre part , il nous propose le prix imbattable de 1800 roupies de notre chambre à notre chambre, nous le gardons pour la visite. Tout fier, il fait même un petit détour pour nous montrer sa maison, son épouse et son chien , mais pas son fils qui est en classe, nous savons tout ! Après avoir traversé une forêt avec beaucoup de cocotiers , et quelques rizières , et croisé le chantier d’une future autoroute ( beaucoup de chantiers semblent en cours dans le pays ), nous arrivons au temple . Il s’agit en fait de sept temples troglodytiques, construits à plusieurs niveaux sur un éperon rocheux ( beaucoup de marches!) et qui vont s’avérer une bonne surprise ; en effet toutes les salles des Bouddhas couchés sont entièrement peintes ;cela date apparemment du XVIIIième siècle . Les multiples scènes de la vie des humains goûtant les fruits défendus puis des pêcheurs affrontant les tortures éternelles sont majoritairement peintes de couleurs vives, ce qui est gai, et j’aime en particulier les plafonds qui ont été peints sans laisser un cm2 de libre mais en suivant exactement les formes bosselées du plafond des grottes, l’effet est original. Nous sommes quasiment seuls, les quelques pèlerins rencontrés n’ont pas dépassé le troisième temple ! Quelques ondées nous surprennent , mais il s’agit plutôt de giboulées et le soleil brille à nouveau après cinq minutes. Au temple supérieur , nous trouvons un moine qui nous bénit et nous attache deux bracelets au poignet ( obole!) , et nous accédons du sommet à une vue magnifique sur la forêt à perte de vue …Il est temps de repartir et nous allons manger local au Saliya Restaurant, recommandé par le Lonely Planet , et donc effectivement le calamar grillé est un délice ! Fin d’après-midi tranquille à la guest-house, sur la petite terrasse au milieu des fleurs et des arbres , et nous nous contentons de finir les crêpes du matin …Un scorpion de belle taille vient nous visiter sous la terrasse, et se met en position d’attaque quand on veut le chasser !

Samedi 24 Juin : de Tangalle à Wallighata

Nous pouvons faire un check-out tardif donc ce matin nous prenons le temps ! Nous rejoignons à 10 mn de marche une autre plage un peu plus loin, toujours aussi jolie et toujours aussi déserte. Dommage que là aussi les grosses vagues me freinent un peu ! On repart vers midi 30 et Tharu nous dépose sur la route principale où le bus arrive en même temps que nous . Nous voici partis pour deux heures et pour 200 roupies / 2 vers Wallighata ; le bus sera plein quasiment tout le temps mais après quelques minutes nous avons la chance de pouvoir nous asseoir. Wallighata fait la jonction avec le parc de Bundala où nous irons demain, un parc où il y a énormément d’espèces d’oiseaux et où on peut voir aussi des singes, des crocodiles, des éléphants si on a de la chance. Effectivement , du toit terrasse de notre petit hôtel, le seul du coin, mais très pratique à 2 kms du parc, on voit bien une végétation type savane africaine. Le propriétaire nous propose un petit safari pour demain, le prix des entrées est de 5000 roupies / 2 et le prix négocié de la jeep à 4000 roupies. Banco ! Il faudra se lever tôt !

Dimanche 25 Juin : de Wallighata à Tissamaharama

Effectivement le réveil sonne à 5h30, à peine le temps d’avaler un café et nous voici en route vers le parc . La Jeep est très confortable, avec des sièges de belle voiture, et surtout nous ne sommes que deux , ce qui est super ! Notre chauffeur a l’œil et avant même l’entrée du parc nous montre plusieurs oiseaux intéressants et un crocodile. Ensuite un jeune guide monte avec nous, et jusqu’à 10 heures le chauffeur nous promène successivement dans plusieurs parties du parc.( savane, étangs…) On voit énormément d’oiseaux , puisque ce sont principalement eux qui font l’intérêt du parc : beaucoup de guêpiers, des aigles, des perroquets , beaucoup d’oiseaux endémiques dont j’ai oublié les noms , et beaucoup d’échassiers : des aigrettes , des flamands, des cigognes etc. mais aussi plusieurs crocodiles, des centaines de singes ( deux des trois espèces du Sri Lanka ), une grosse tortue, plusieurs varans ( beaucoup moins sympathiques que les iguanes!) , une mangouste et …un éléphant. Il n’y a ni lion ni girafe dans les parcs du Sri Lanka , mais des léopards et des ours dans d’autres parcs que celui-ci. Au final, le safari, quoi qu’un peut cher, vaut la peine, surtout pour les oiseaux . Après un petit-déjeuner tardif, nous nous postons sur la route et comme d’habitude vu la fréquence des bus, nous repartons immédiatement vers Tissa, à 12 kms seulement ( mais 100 roupies / 2, va comprendre!) . Le bus porte comme beaucoup au dessus du conducteur un tableau multiple de Bouddha agrémenté de leds multicolores et qui clignotent à qui mieux mieux . L’effet est surprenant, mais pas autant que les gigantesques panneaux religieux clignotant ensemble que nous avons croisés l’autre soir en allant voir les tortues….Cela faisait plutôt Las Vegas ou salle de jukes-box que temple ! A Tissa, j’ai réservé le Safari Hotel car il est bien noté, avec petit-déjeuner et prêt de vélos compris , mais pour 11 € je ne sais pas trop à quoi m’attendre…Bonne surprise, chambre confortable et salle de bains immaculée, avec une immense terrasse couverte et ventilée ! Dans l’après-midi on prend donc les vélos pour aller nous promener aux alentours . Au détour des rizières, se profile un assez grand lac autour duquel se sont établis quelques commerces . Une promenade longe le lac sur 2 ou 3 kilomètres, et à plusieurs endroits de longues marches descendent en pente douce vers l’eau. Ces endroits sont très animés, des groupes se baignent , groupes mixtes je le remarque, même si les femmes sont plutôt en short qu’en bikini, des enfants jouent dans l’eau, des groupes de jeunes hommes chahutent, des femmes se lavent les cheveux , des hommes se savonnent tout le corps …Des marchands ambulants proposent des fruits ou des boissons.On nous hèle, on nous fait des petits saluts de la main. On sent une atmosphère familiale et bon enfant , sans agressivité , qui concourt encore à nous faire bien apprécier cette belle île. Le soir nous mangeons tranquillement au Safari Hotel.

Lundi 26 Juin : Kirinda

Petit-déjeuner pantagruélique ce matin , inclus dans le prix : omelette, hoppers divers ( des œufs dans des nans) et divers curries ! Un peu trop épicé pour moi néanmoins . Comme il semble qu’il n’y ait pas trop de bus vers Kirinda, qui n’est qu’à quelques kilomètres, nous y allons en tuk-tuk (600 roupies) .L’idée était d’être sur la plage , mais le Sea front Wiew hôtel n’est pas si bien que les derniers, et la mer est là aussi assez démontée . Néanmoins l’équipe de jeunes qui gère l’hôtel est sympathique et nous annonce qu’il y a aujourd’hui un festival pour fêter la fin du Ramadan. Ils font en effet partie des 8% de Musulmans du Sri Lanka ( même si dans le quartier de Colombo où nous avons logé, ils étaient majoritaires!) .Ces jeunes nous invitent à venir manger et boire avec eux , sortent l’arrack, l’alcool local, un plat de poulet où tout le monde se sert, et du yaourt léger fait avec du lait de buffle qui est très bon . Certains chantent également au son du tambour. Puis nous partons nous promener dans ce tout petit village . Kirinda est dominé par un temple bouddhiste, tout en haut d’un promontoire d’énormes rochers ronds et je lis que lors du tsunami toute la population survivante s’est réfugiée près de ce temple.En tout cas aujourd’hui il doit y avoir un pèlerinage ou une cérémonie car des dizaines de cars amènent des pèlerins, la plupart vêtus de blanc . Entre la mer et les terres, il y a quelques petites pièces d’eau et plusieurs tortues ( pas très belles, ce ne sont pas des tortues marines) paressent au soleil sur les rochers alentour. Nous marchons ensuite un peu le long de la mer , mais n’arrivons pas à trouver un endroit propice à la baignade, avant de revenir vers le village pour boire des oranges pressées, mais, va savoir pourquoi, la jeune fille me sale la préparation , berk ! Après un peu de repos, lecture, sieste, nous cherchons un endroit où manger mais il semble qu’à cause du festival, tout soit fermé dans le village .Néanmoins un monsieur qui conduisait un tuk-tuk avec sa fille ou sa femme nous dépose gracieusement quelques kilomètres plus loin à un grand hôtel : c’est cher mais étant les seuls nous avons le privilège de manger dehors tout au bord de l’immense piscine à débordement illuminée . Nous rappelons le monsieur qui nous avait donné son numéro, en pensant qu’au moins il aura ainsi gagné une course , mais celui-ci refuse que nous sortions le moindre argent. D’ailleurs , nous dit-il, il n’est absolument pas taxi mais directeur d’école ! Il nous explique que dès qu’il peut aider des Français il le fait, car lors du tsunami, alors qu’il avait tout perdu, sa maison et toutes ses possessions au point de n’avoir plus rien à se mettre, ( et où il a aussi perdu son frère ), un Français inconnu lui a donné 5000 roupies .Son histoire nous émeut …

Mardi 27 Juin : de Kirinda à Ella

Nous payons 11,50 € pour notre chambre et le petit-déjeuner, et c’est notre ami d’hier soir qui vient nous chercher pour nous ramener à la gare routière de Tissa. Au passage il nous montre brièvement l’école de 580 élèves dont il est le directeur, école entièrement construite après le tsunami., et où les cours reprendront demain après les vacances d ’un mois liées au ramadan. Nous bavardons pendant le trajet et c’est un plaisir de converser avec un homme érudit .Il y a 4 langues dans son école, nous dit-il : le ceylanais et le tamoul comme partout au Sri Lanka , mais aussi le malais car une importante communauté d’origine malaise vit dans la région, et l’arabe. A la gare routière nous prenons immédiatement un bus vers Wellawaya , puis dans la foulée un autre vers Ella. Notre destination est une propriété de la famille de Dam, où il fait construire des chambres d’hôtes dont une au moins est opérationnelle, et qu’il nous a décrite comme un endroit idyllique au beau milieu de la jungle . Comme nous avons juste comme indication de nous faire arrêter au km 19 avant Ella et que c’est un peu dur à expliquer à l’aide du chauffeur qui vend les tickets, nous lui donnons une fois dans le bus le numéro de Dam et ce monsieur l’appelle gentiment pour avoir toutes les informations. Une fois de plus cela nous confirme l’extrême gentillesse des gens du cru, qui sont quasiment sans exception chaleureux et serviables sans contrepartie. Les trajets en bus se passent bien, ce sont de véritables omnibus qui s’arrêtent à la demande, soit parfois 15 m après le dernier arrêt, et nos chauffeurs, qui roulent tout à fait calmement, ont bien du mal à passer la 4ième ! Du coup nous mettons autour de 4 heures pour faire 60 kilomètres ! Le bus ramasse tous les enfants qui rentrent de l’école, dans leur uniforme blanc pour les filles, blanc également pour les garçons les plus grands ( pas très fonctionnel sous ce climat) , blanc avec short bleu pour les garçons les plus petits .Les derniers kilomètres sont dans la montagne mais l’arrivée n’est pas aussi haut que je le craignais et il ne fait pas du tout froid. Au point de rendez-vous nous sommes attendus par la famille de Dam, je crois que c’est son frère et sa compagne ukrainienne , qui nous amènent chez eux.C ‘est effectivement au milieu de nulle part, et si dès les premières minutes nous voyons plusieurs singes devant le balcon, plus un aigle noir qui passe majestueusement à 4 mètres au dessus de nous, nous nous demandons néanmoins assez vite ce que nous allons bien pouvoir faire ! On verra cela demain. La construction n’est pas finie et les propriétaires cuisinent sous une tente ; Dam nous a d’ailleurs bien dit qu’il n’y a pas de prix imposé pour le moment. Mais la chambre est confortable , et s’ il n’y a pas la wifi bien sur, il y a de l’eau chaude !

Mercredi 28 Juin : Ella

Curieux petit-déjeuner que celui qui nous a été apporté ce matin : une omelette accompagnant une copieuse assiette de pommes de terre, carottes et chou ! J’avoue que je n’ai rien mangé …On nous propose ensuite une randonnée pour aller voir une belle cascade, et nous partons , accompagnés par un petit jeune qui travaille ici. Non seulement celui-ci ne connaît pas le chemin et va téléphoner une bonne vingtaine de fois pour se faire guider à distance, mais en plus…pour les deux premières heures il n’y a pas de chemin ! On doit passer en pleine jungle sous des arbres dont les feuilles tombées glissent sous nos pieds, escalader des lits de cascades asséchés en grimpant de rochers en rochers…c’est simple, ça ne fait que monter , et sévèrement . On dirait par moments la montée au Choungi, mais en dix fois plus long !C, est interminable ! Heureusement vers la fin nous tombons sur le vestige d’un ancien chemin , qui n’est plus du tout entretenu mais est un peu plus plat, puis sur un vrai chemin de terre plus récent. Nous avons dépassé la forêt et il y a de très jolies vues sur toutes les collines et forêts à perte de vue . Finalement nous arrivons au sommet d’un plateau, où il y a quelques maisonnettes . Comme notre jeune guide ( qui ne parle pas anglais) est totalement perdu, et appréhendant la descente sûrement plus dangereuse que la montée, nous décidons d’abandonner . Des cultivateurs nous indiquent la direction d’une route goudronnée , que nous atteignons en 1 ou 2 kms à travers des plantations de thé, et un monsieur nous ramène jusqu’à la route ^principale avec son tuk-tuk personnel.( 600 roupies ), c’était vraiment loin ! Il ne nous reste qu’à faire les 2 kms de montée sévère de la route à l’habitation…on ne ferait pas ça tous les jours ! Après-midi de repos…L’endroit est sympa mais vraiment trop excentré, et nous ne pouvons être autonomes, on prévoit donc de lever le camp demain. Journée bizarre quand même car Antony a totalement oublié mon anniversaire  :-( et cela me peine.

Jeudi 29 Juin : De Ella à Haputale

Toujours un petit-déjeuner d’omelette ( je la donne !) et de légumes ce matin, non de fruits en fait puisqu’il s’agit de tomates et ça passe déjà un peu mieux ! Après avoir demandé et réglé une note de 2000 roupies pour les deux nuits et tous les repas, nous sommes amenés à 9h 20 à la gare, avec un arrêt à la fameuse cascade que nous découvrons finalement de sa base ! La gare de Ella est toute petite et mignonne …et remplie de plus de touristes que nous n’en avons vus depuis notre arrivée en Inde le 10 Juin…Le wagon panoramique ( 1000 roupies d’après le Lonely) du train de 9h30 est tout réservé , il faudrait attendre une heure et nous prenons donc deux billets de seconde classe pour Haputale, à une heure de route. ( 100 roupies /2) . On a peur que le train n’arrive déjà bondé, et que vu le nombre de touristes il soit dur d’avoir une place, mais en fait il arrive presque vide et nous pouvons nous installer tranquillement près d’une fenêtre, voire par moment sur le marchepied du wagon, et avoir de magnifiques vues sur le paysage . On passe peu à peu de 1100 m à 1700 d’altitude et les paysages sont extraordinaires , surtout vers la fin du trajet quand le train roule au milieu des immenses plantations de thé vallonnées . Arrivés à Haputale, on s’installe dans un hôtel recommandé par le guide, la chambre a un balcon s’ouvrant sur une perspective à perte de vue…Il paraît qu’on peut même voir la mer à certains moments ! Haputale est une petite ville essentiellement tamoule ( bien qu’une mosquée domine l’hôtel), accrochée sur une longue crête étroite , et la ligne de chemin de fer , véritable prouesse technologique du XIXième , a été entaillée dans la montagne, elle est donc bordée d’un côté par un précipice . Après avoir grignoté quelques gros samoussas et autres en-cas indiens au village, nous négocions avec un tuk-tuk pour qu’il aille nous déposer à la prochaine gare, Igalnashinna , afin de revenir à pied en longeant la voie ferrée pour encore mieux profiter des vues splendides . La négociation est dure car il nous dit devoir emprunter une route très mauvaise et plus longue pour rejoindre la gare , voie ferrée et route principale étant éloignées l’une de l ‘autre. Ce sera donc 1100 roupies et nous partons dans son tuk-tuk. Effectivement , la route devient vite très peu praticable et nous sommes secoués comme des pruniers, mais cela nous permet aussi d’avoir d’autres points de vue , de découvrir de plus près les plantations de thé qui couvrent les versants bien soignés , de croiser les femmes tamoules qui s’en reviennent du travail avec leur grand sac de toile sur l’épaule …Pendant les 30 / 40 mns du trajet, nous traversons visiblement la même propriété «  Plantation Beauvais «  . Puis la minuscule gare d’Igalnashinna est là, posée sur une crête alors que je m’attendais à ce qu’elle soit plus bas , et nous faisons à pied les 8 kms du retour, avec toujours un magnifique ciel bleu et des vues enchanteresses

On rencontre un train dans chaque sens , et vers la fin du trajet, quand on arrive dans les alentours de Haputale , quelques locaux qui utilisent aussi la voie comme accès pédestre , mais pas un seul touriste. Au final c’est une superbe promenade, et puis plate, celle-ci ! Petit shop-suey le soir au Sri Lak holiday inn.

Vendredi 30 Juin : Haputale

Après un petit-déjeuner normal tout simple ( ouf!) , nous prenons un bus «  local mais special » ( 300 roupies / 2) qui va nous amener jusqu’au point de vue du « siège de Lipton, » encore 7 kms plus haut que la fabrique de thé que nous prévoyons de visiter en redescendant . Cette fabrique a été construite en 1890 par Sir Thomas Lipton et c’est la plus grande fabrique de thé du Sri Lanka . Pour le moment nous voilà dans le bus, qui monte encore nettement sur 11 kms à partir d’Haputale, dans une autre direction que la voie ferrée et sur un autre versant qui n’est pas en reste de paysages somptueux. A un moment le bus est complet mais une quinzaine de travailleurs ou villageois montent à un arrêt et tout le monde se serre ! Dès que nous entrons dans le domaine de Dambatenne Tea factory ; qui s’étend sur des centaines d’hectares vallonnés, je vois que tous les buissons de thé sont plantés encore plus régulièrement qu’ailleurs , les parcelles sont séparées par des escaliers de pierre facilitant l’accès set des dizaines de travailleurs avec leur sac sont en train de ramasser les feuilles de thé du jour , tout est propre, tout est vert à perte de vue …On dépasse la maison du manager qui doit dater de l’époque victorienne, avec sa façade et ses bardeaux typiquement anglais, puis l’immense fabrique elle-même, avant de continuer quasiment jusqu’au sommet par une étroite route goudronnée . Je n’ai plus de superlatifs pour dire à quel point les paysages sont magnifiques …Le bus nous laisse à 1 km et nous finissons la montée jusqu’au point où Sir Lipton, cet homme d’affaires écossais, prospère bien avant de devenir le leader mondial du thé , aimait s’asseoir pour contempler son empire … la vue est époustouflante ! On doit être là à au moins 2000 m . Un petit troquet nous sert du thé et quelques en-cas avant que nous n’entreprenions la descente à pied. A un moment je veux faire un détour par un petit chemin desservant un village, et je commence à « discuter » avec une famille qui se laisse volontiers prendre en photo et m’offre une tasse de thé. J’appelle Antony qui préfère continuer par la voie principale , et du coup je ne m’attarde pas trop, bien que cette famille , qui vit dans une maison misérable, soit adorable et qu’on me présente toute la famille pour que je leur tire le portrait ! Hélas, je n’ai pas d’argent sur moi mais je prends leur adresse et me promets au moins de leur envoyer les tirages . Je rejoins Antony à la fabrique que nous visitons ( 500 roupies /2) ; nous sommes seuls pour la visite, qui n’est pas inintéressante avec ses explications du processus de séchage, fermentation, roulage, coupe, tamisage etc , mais un peu expédiée !Que tout semble antique ! A chaque étape, le thé reste par terre sur des petits carrés bien délimités entre lesquels les ouvrières balaient … Le soir, une fois n’est pas coutume, nous mangeons un steak sauce poivre à notre hôtel ; il est trop cuit ( héritage anglais ? ) mais la sauce est très bonne .

Samedi 1 Juillet : de Haputale à Nuwara Eliya

Dernier petit-déjeuner à l’extérieur et devant le magnifique panorama de Haputale, qui est je crois pour le moment mon étape préférée. Puis nous partons en tuk-tuk vers le monastère d’Adisham, à 3 kms ( 400 roupies jusqu’à la gare) . Adisham est un monastère appartenant à un sous-ordre des Bénédictins, mais en fait il prend place dans une demeure de style Tudor qui n’a été construite qu’en 1931 par un planteur de thé anglais ( 500 roupies) et donc de surcroît on ne visite que trois pièces . Donc pour nous cela n’a pas grand chose d’exotique ni même de très intéressant, même si les jardins de style cottage ne sont pas mal . On repasse donc à l’hôtel prendre les sacs, payer la note ( 9900 Roupies pour les 2 nuits,et les repas) et rejoindre la gare où nous prévoyons de prendre le train de 12 h30 en buvant un jus. Mais notre chance continue car nous avons juste le temps de prendre des billets ( 160 roupies) et de monter dans le train direction Kandy qui avait du retard ! Nous sommes partis pour deux heures de trajet jusqu’à la gare de Nanu Oya , la plus proche de notre destination Nuwara Eliya .La première heure se passe paisiblement, on s’arrête à quelques petites gares mignonnes comme tout, avec leurs plates-bandes de bégonias, d’hémérocalles, de canas …et leur chef de gare en uniforme blanc! Puis les collines de thé disparaissent au profit de cultures vivrières, haricots, choux…On voit les familles travailler leurs lopins de terre, dont la plupart sont très soigneusement agencés et géométriquement préparés pour la culture. Finalement les nuages voilent le soleil, l’atmosphère fraîchit et la brume commence à envelopper le haut des collines. Un bus nous amène à Nuwara Eliya, «  la Petite Angleterre «  . Notre première vision de cette ville depuis le bus ne va pas nous emballer : dans le parc pour enfants rempli de jeux multicolores, quatre fantômes noirs côte à côte surveillent du seul centimètre qui libère leurs yeux les jeux de leurs enfants …Contraste violent entre les couleurs, le bruit, la vie et l’enfermement …La guest-house Blue Moon est correcte sans plus, surtout pour plus de 20 € mais j’avais vu en choisissant que c’est le prix minimum. La ville est touristique , on est à 1900 mètres d’altitude c’était jadis le lieu de villégiature favori des riches planteurs et beaucoup y avaient d’ailleurs leur «  villa changement d’air » . Même si le centre ville de Nurawa a l’animation poussiéreuse et bruyante d’une petite ville du Sri Lanka, on y trouve toujours l’hippodrome, le golf , de belles villas style Tudor, des cottages coloniaux , de beaux vieux hôtels très chics , et même le climat anglais car la ville est quasi toute l’année noyée dans la brume . Ne trouvant pas le restaurant sans prétention que nous cherchions , on s’attable au Two, pour ce qui sera hélas notre pire repas du voyage et le plus cher pour le moment ! Malgré le prix de 1500 roupies, je décide de me faire plaisir avec un ragoût de mouton qui va se révéler immangeable ( que du gras et des os!) tandis qu’Antony a des nouilles en sachet ! On est servi dans des assiettes et avec des couverts en plastique , et alors que nous sommes toujours dans la région du thé, on nous donne un sachet Lipton pour 250 roupies. ( total : 2700 roupies) . Je crois que cette ville voit trop de touristes, d’ailleurs les «  happy hours » et autres pancartes de ce style sont symptomatiques . Ne voulant pas aujourd’hui partir aux alentours, on décide de se promener au parc Victoria, mais c’est là aussi une déception (600 roupies / 2,) . Seule une partie du parc est entretenue , vu la saison il y a peu de fleurs et pas d’oiseaux, mais en revanche des dizaines et dizaines de fantômes…Heureusement les gens sont toujours aussi aimables et accueillants. Le soir nous allons manger dans un restau un peu bizarre, où on nous abandonne complètement…

Dimanche 2 Juillet : de Newara Eliya à Kandy

La ville ne nous emballe pas, il fait gris et on ne pense pas pouvoir voir de plus beaux paysages qu’à Haputale donc nous décidons de repartir en bus vers Munu Oya afin de reprendre ce midi le train vers Kandy ( 260 roupies /2) . Hélas, nous aurions peut-être mieux fait d’attendre demain, ou de faire pour 1200 roupies /2 une réservation donnant droit à un wagon spécifique ( et presque vide! ) car avec la fin du week-end beaucoup de gens repartent vers Kandy ou Colombo et le train est bondé. Nous n’avons pas de siège et même si nous arrivons peu ou prou à nous asseoir par moment sur le marchepied ou sur un bout de sac, les 4 h ¼ du trajet s’avèrent très longues ! Le train redescend très lentement de la montagne, à travers les forets tropicales et les champs de thé , passant de 1400 à 500 m d’altitude . A presque 5 heures, nous voici à Kandy, la deuxième ville du pays avec ses 110 000 habitants . La guest-house retenue est bien mais Antony la trouve trop excentrée, nous en changerons probablement donc demain .En attendant nous allons manger car nous avons le ventre vide, et nous ne faisons pas long feu , plus fatigués que si nous avions passé une super journée de visites !

Lundi 3 Juillet : Kandy

Le matin nous demandons juste un petit-déjeuner standard et la famille nous amène un véritable repas avec omelette, curry de pommes de terre,saucisses, dal, nans, préparations pimentées, crêpes à la noix de coco, bananes, papaye….On doit donc se forcer ( surtout moi!) pour manger un peu de tout, mais ça passe quand même mieux que le chou et carottes bouillies de Ella ! Puis nous rejoignons en tuk-tuk ( 400 roupies) l’hôtel réservé hier en plein centre , nous y laissons les sacs et partons nous promener. Kandy est une ville spéciale car elle a été la capitale du dernier royaume cinghalais, qui ne fut conquise qu’en 1815 par les Anglais, après avoir résisté trois siècles aux Portugais et aux Hollandais ! Un petit lac artificiel est au cœur de la ville et nous le longeons avant de visiter le temple de la dent. Ce temple conserve la plus grande relique bouddhique du pays, une dent donc, qui n’est pas exposée, mais des dizaines de personnes sont en prière dans la salle où est le reliquaire .Nous sommes un peu mécontents car l’entrée du complexe religieux ( qui comprend en effet plusieurs autres temples et musées mais sans grand intérêt) est de 3000 roupies /2, ce qui est totalement disproportionné ( et c’est gratuit pour les locaux) . On monte ensuite jusqu’au petit cimetière militaire, remarquablement bien entretenu, où la plupart des tombes , toutes datant du XIX ième siècle et très austères, abritent de bien jeunes défunts. Presqu’aucun n’a plus de 40ans . Si certains sont morts de fièvres tropicales ou …de la charge d’un éléphant, on y trouve aussi de jeunes femmes, des enfants et des bébés. On grignote quelques en-cas au Kandy Muslim hotel et on se promène un peu, la ville est animée et assez agréable, avec quelques magasins de fringues ou d’artisanat qui peuvent correspondre à nos goûts . C’est quasiment la première fois que nous voyons des mendiants, certains ont des membres amputés , conséquence probable de la guerre et des mines, mais il y en a assez peu pour qu’on puisse leur donner . Il y a également toute une petite vie d’économie de subsistance, avec des gens qui vendent quelques fruits ou font de menues réparations : j’en vois un qui répare la baleine d’un parapluie en fin de vie, et cela me fait penser à la Chine . A 17 heures, nous allons regarder et écouter un spectacle de danses traditionnelles au Kandyan Art Association and Cultural Centre ( 2000 roupies /2) .Au son des tambours kandyiens, une dizaine de danses avec de jolis costumes, du feu, quelques acrobaties mettent à mon sens surtout les danseurs hommes en vedette, le tout se termine par une marche sur le feu pour deux des danseurs.

Mardi 4 Juillet : Kandy

.Pendant que je paresse au lit , Antony se lève tôt pour partir voir la réserve d’ Udawattakelle, au bout du lac ( 500 roupies) , où il espère voir quelques animaux . Sans que ce soit exceptionnel, il va croiser un daim, une tortue, un serpent , quelques singes, un pivert à dos rouge et le cul d’un sanglier ! Pendant ce temps, et après avoir un peu traîné, je vais faire du shopping ! Puis nous devons changer d’hôtel car celui-ci est complet aujourd’hui …et nous ne gagnons pas au change ! Dans l’après-midi nous prenons un bus pour le jardin botanique de Peradeniya dont l’entrée est là encore hors de prix ( 3000 roupies /2) .Mais nous y passons un moment agréable car ce parc de 60 hectares est fort bien entretenu. Arbres gigantesques, allée de palmiers royaux, massifs multicolores et pelouse verdoyante, c’est très joli. Ceci dit, pour moi qui connais bien la flore tropicale, il n’y a rien de nouveau et la surprise vient plutôt de la découverte de milliers, oui de milliers de chauve-souris géantes colonisant les centaines d’arbres du parc. Jusqu’à 16 h environ, pendues aux branches par grappes, elles sont plutôt paisibles, nonobstant les cris qu’elles poussent, et puis à l’approche du soir on en voit plusieurs commencer à prendre leur envol, j’imagine qu’à la nuit elles quittent toutes leur abri pour aller chercher leur nourriture . Antony qui filme est très étonné de voir un corbeau attaquer une chauve-souris en plein vol, comme un faucon, la faisant tomber au sol puis la lardant de coups de bec. Le soir nous regardons sur internet : en 2009 il y avait déjà 25 000 chauve-souris dans ce parc, c’est l’endroit au monde où il y en a le plus . Repas du soir à l’hôtel Mango Garden, pour changer un peu d’ambiance, mais il n’y a que des touristes et c’est bien cher ( 2700 roupies)

Mercredi 5 Juillet : de Kandy à Elkaduwa

Notre choix d’hotel était bien malencontreux, il était rempli de gens si bruyants que nous avons à peine fermé l’oeil! Aprés un petit-déjeuner en ville, nous nous entendons avec un tuk-tuk pour nous emmener faire deux visites, puis récupérer nos bagages puis nous déposer à la satation de bus. ( 1500 roupies) . Nous commençons par rejoindre à quelques kilomètres de Kandy le petit temple rupestre de Degal doruwa Raja Maha Vihara dont les parois intérieures et le plafond sont entièrement recouvertes de jolies peintures dans les tons rouges. Il y a également un Bouddha couché mais j’avoue que je n’en vois pas grand chose car c’est le moment où Charlotte m’appelle pour m’annoncer ses résultats du bac : mention très bien !!! Puis nous allons visiter Helga’s folly, un hôtel / galerie d’art totalement surréaliste créé et dirigé par Helga Da Silva qui selo, le Lonely Planet, «  a grandi dans un monde de célébrités hollywoodiennes, d’artistes, d’écrivains, de politiciens et d’intrigues desannées 50 » .Il y a donc là de grandes pièces totalement surchargées de cadres et peintures, d’accumulation ou de détournements d’objets ( décorations de Noël…) . D’ailleurs j’imagine qu’il y a toujours des sortes de stages car à l’étage une jeune fille est occupée à préparer des morceaux de miroirs. J’aime bien le rez-de-chaussée qui a un charme baroque et surréaliste, mais certains corridors peints en noir et tout en longueur sont plus sinistres, et la piscine aurait bien besoin d’être nettoyée. Malgré son charme et le grain de folie qui l’habite , la batisse semble un peu défraichie et je ne suis pas sure que j’aimerais y dormir ; nous nous contentons de la visiter et d’y boire un jus de fruit . Puis nous quittons Kandy vers les Knukles Range, qui culminent à 1800 mètres.Sans monter si haut, nous avons prévu encore une petite excursion avant de revenir vers les vraies chaleurs. En deux courts trajets, deux bus, l’un vers Wattegama puis l’autre vers Elkaduwa nous permettent d’atteindre notre destination, Green View Lodge . Là il y a si peu de touristes que l’hôtel est carrément vide ! Comme lui aussi est un peu défraichi, sans internet, et qu’on nous annonce le prix de 3500 roupies, on pense à en repartir ( non, ce n’est pas parce qu’on pense à Shining!) , mais le prix baisse illico à 2500 roupies, la vue est objectivement magnifique sur les montagnes à perte de vue, il y a même une piscine propre …et nous sommes quand même au milieu de nulle part ! Ce sera donc le Green View Lodge pour cette nuit . On nous épargne l’immense salle à manger sinistre en nous servant dehors, ça fait un peu pique-nique, c’est rigolo. En revanche, on nous refait le coup du jus de fruit salé, et ce n’est toujours pas bon ! Nous ne faisons rien de spécial, que nous reposer en admirant l’immensité de la forêt…

Jeudi 6 Juillet : de Elkaduwa à Sigirya

Nous faisons une petite promenade dans le foret ce matin, Antony est content car il y observe trois nouvelles espèces d’oiseaux et un écureuil géant .Puis nous prenons un tuk-tuk qui en une heure nous descend à, Matale ( 2000 roupies) mais avant de nous déposer à la gare routière nous emmène à trois kilomètres du village voir le temple (500 roupies /2) .Construit sur un site de plusieurs gigantesques rochers, il a comme les autres, des peintures rupestres mais alors de pas drôles du tout ! Elles représentent le royaume des enfers et tous les châtiments qui attendent les pêcheurs. Et au cas où ce ne serait pas assez réaliste, des scènes épouvantables ( homme émasculé suspendu tête en bas…) sont reproduites dans une autre salle sous forme de statues très très gores…et un gardien nous incite à donner une obole supplémentaire : sûrement pas ! Nous repartons de Matale après avoir mangé un dhal e tun riz-curry , et ce sont à nouveau deux bus (pour 210 roupies /2 en tout) qui via Dambulla nous amènent à Sigirya. Ce n’est pas cher mais qu’est-ce que c’est long, 3 heures 30 sans interruption ( on a vraiment sauté d’un bus dans l’autre) pour seulement 35 kilomètres ! N’ayant pas la wifi hier, nous n’avons rien pu réserver à Sigiriya et débarquons au Lodge , sympathique sans rien de spécial .Sigiriya est une toute petite bourgade avec pas mal de restaus et de guest-houses autour de sa seule rue ; on y croise pas mal de touristes mais ça reste très familial.

Vendredi 7 Juillet : Sigiriya

Aujourd’hui nous louons le scooter du frère de notre logeur pour 1200 roupies et nous partons nous balader . On va rejoindre Dambula par les petites routes afin d’y visiter à nouveau des temples troglodytiques , et cela nous permet de découvrir de jolis paysages : des milliers de cormorans en vol au dessus d’un petit lac artificiel, des familles travaillant dans des rizières, un homme passant le motoculteur sur son arpent de terre, au milieu des aigrettes…Je trouve le site de Dambulla vraiment joli une fois qu’on a dépassé l’horrible Bouddha doré tout récent qui trone au pied du promontoire, et que l’on a trouvé la bonne entrée avec le kiosque des tickets, remarquablemnt mal indiqués ! ( et encore 3000 roupies /2 ! ) .Il s’agit de 5 grottes agencées sous un énorme surplomb : cela me fait penser au site de Datong en Chine, avec là aussi d’énormes Bouddhas directement sculptés dans la grotte, mais en plus toutes les peintures colorées murales et de plafond que nous rencontrons au Sri Lanka . Le site a apparemment été utilisé comme lieu de culte depuis le 1er siècle avant JC, et certaines des 150 effigies du Bouddha qui sont dans les grottes ont plus de 2000ans ! Puis nous faison un tour très rapide au marché de gros de Dambulla, le « ventre » du sri Lanka , tour rapide car les hommes travaillent, portent de lourdes charges afin de remplir les camions qui vont partir livrer toute l’île en produits frais, et qu’on n’a rien à faire au milieu de cette hyperactivité. On va boire un excellent jus de frais frais comme plusieurs fois dans la journée, on en trouve un peu partout et ils sont excellents ( quand ils ne sont pas salés!), puis manger en profitant de la wifi , avant de rentrer à Sigiriya par la route principale. A Sigiriya même, on va tourner un peu dans les petits chemins alentour, le parc national de Minneriya est adjacent au village et apparemment de nombreux éléphants se promènent régulièrement sur les petites routes, Antony aimerait beaucoup en rencontrer dans la campagne mais aujourd’hui nous ne voyons qu’un panneau de signalisation «  éléphant » !

Samedi 8 Juillet : de Sigiriya à Habarana

Nous nous levons tôt et avalons un café ( enfin comme d’habitude ce qui en a le nom au Sri Lanka ) avec quelques biscuits avant de prendre un tuk-tuk pour être dans les premiers à l’ouverture des guichets du site de Sigiriya . Cela fait trois jours que ce gigantesque rocher nous attend et nous allons enfin le découvrir. C ‘est un site archéologique plutôt que religieux , même si les historiens ne sont pas d’accord sur sa destination, certains penchant pour des fonctions royales et militaires sous le règne du roi Kassapa au Vième siècle, d’autres pensant que ce site était un vaste monastère bouddhique. En tout cas, et malgré le prix prohibitif de 4950 roupies chacun ( mais 50 pour les Sri Lankais!) , c’est très intéressant, et le site englobe bien plus que le spectaculaire rocher . Nous commençons néanmoins par lui pour profiter de la relative fraîcheur et surtout du peu de monde à l’ouverture , car l’escalade est raide, il y a toute une série d’escaliers vertigineux accrochés à la falaise ( escaliers modernes mais on voit encore les vestiges de renfoncements creusés dans la pierre et qui devaient soutenir des escaliers de planches ou de bambou) .L’esplanade en haut est bien plus grande qu’on s’y attendrait, elle fait 1,6 hectare et est entièrement recouverte de ruines dont on ne voit plus que les soubassements en briques et pierres , on y trouve également un énorme bassin de 27 m sur 21 creusé dans la roche et qui devait servir de réserve d’eau. Le plus impressionnant , c’est la vue époustouflante qui s’étend sur des dizaines de kilomètres à travers la forêt …En redescendant, nous nous promenons dans les jolis jardins, avec là aussi de très nombreux soubassements, des douves, des jardins en terrasse …et nous nous félicitons surtout d’être venus tôt au vu de la foule indescriptible qui est en train de monter.Vu l’étroitesse et le dénivelé des escaliers, surtout ceux en colimaçon mais aussi ceux à flanc de falaise, accéder au sommet dans cette cohue doit être un cauchemar !

Après un peu de repos à la guest-house, où l’écureuil géant qui traîne dans les arbres alentour nous offre un joli spectacle, et payé notre note ( 5500 roupies pour deux nuits et 2 petits-déjeuners), nous partons avec notre hôte qui nous amène avec sa vieille Jeep à un centre d’ayurveda . Pour 6400 roupies ( un peu cher je trouve), Antony et moi nous faisons masser pendant une heure et c’est bien agréable .Nous sommes dans la même pièce avec chacun un masseur du même sexe, et on finit même par un bain de vapeur local. Chacun doit s’allonger dans un bain en forme de coffre de pirate, dont on rabat sur nous la partie bombée, laissant juste dépasser notre tête, tandis que nous reposons à l’intérieur sur une partie grillagée recouverte de plantes diverses , et que de l’eau boue dans la partie inférieure. Passée la première impression d’être dans sa tombe, ça va ! Puis nous sommes déposés à notre nouvel hébergement à 10 kilomètres, Homely Guest à Habarana , une jolie maison récente au milieu de la campagne. Dès notre arrivée, Antony repère encore trois nouvelles espèces d’oiseaux, cela fait 76 pour le moment , sur les 400 du Sri Lanka ! Après le massage, je fais la sieste, puis le soir , comme notre hôtesse est à Kandy, un tuk-tuk nous emmène manger en ville .

Dimanche 9 Juillet : de Habarana à Polonnaruwa

Agréable petit-déjeuner compris ce matin, pour : café et toasts avec confiture déjà «  beurrés » pour nous, mais aussi petits beignets à l’oignon, omelette , pastèque, crêpes au miel et à la noix de coco ! Puis le tuk-tuk d’hier nous emmène à une quinzaine de kilomètres visiter les ruines de Ritigala ( 2000 roupies AR) et c’est une agréable surprise. Ce sont les ruines couvertes de végétation d’un vaste ensemble monastique et troglodytique , d’après le Lonely planet, qui parle également d’ »une montée de trois heures raide et épuisante à travers la forêt » . Comme ces ruines existant dès le IV ième siècle avant JC, se trouvent au milieu de la réserve naturelle de Ritigala Strict, je pense que seule une partie du site est accessible maintenant, car pour nous la visite consiste en une montée de 45 minutes, avant de rencontrer des clôtures , et nous ne voyons pas non plus de grottes alors qu’il y en aurait environ 70 où auraient vécu des moines avant le IXième siècle. Mais la visite en elle-même est très plaisante, et pour une fois, le prix est très raisonnable , 670 roupies / 2 .  : dans une forêt peuplée d’arbres magnifiques , une voie pavée de pierres serpente doucement entre plusieurs édifices en ruine . On admire la taille des blocs, et l’agencement entre eux, même s’il ne reste plus que la base des bâtiments. Il n’y a quasiment personne. Et, une fois n’est pas coutume, c’est moi qui remarque un magnifique oiseau à longue queue qui est apparemment rare et très peureux : hop, le voilà dans le film ! Plus bruyamment, nous entendons à un moment un cri énorme et vraiment impressionnant, , comme un rugissement, couplé à des bruits de feuillage ; un singe hurleur comme en Guyane ? Ou même un éléphant de l’autre côté des clôtures ? La personne à l’entrée nous confirme qu’il s’agit bien de très gros singes et de conflits de territoire…

Après avoir repris nos bagages et payé notre nuit ( 2400 roupies), nous partons avec le tuk-tuk vers un arrêt de bus vers Paulonmaruwa et les choses s’enchaînent comme d’habitude, c’est-à-dire que nous avons à peine le temps de nous extirper du tuk-tuk qu’un bus s’ arrête. Il est déjà plein mais nous avons néanmoins de la chance car je trouve à m’asseoir la première demi-heure sur le marchepied puis nous aurons de la place tous les deux et surtout c’est un bus qui ne s’arrête pas tout le temps ! On met 1h 30 pour 45 kms ( et 150 roupies /2) , c’est mieux que d’autres trajets ! A Paulonmaruwa nous rejoignons notre guest-house, Ruins Villa, grande chambre dans un endroit très calme, mangeons des nouilles sautées puis nous mettons sur internet puisque nous avons décidé de nous occuper de notre extension de visa. A l’arrivée en effet, le visa n’est que de 30 jours et nous savions d’emblée qu’il faudrait le prolonger. Hélas, nous découvrons que cela n’est pas possible en ligne et qu’il nous faut donc prévoir un aller-retour express à Colombo ! Il ne sert à rien d’attendre, d’autant que nous sommes ici sur une ligne de train, et plus nous serons loin plus cela sera long …On repart donc en ville réserver deux billets de train pour Colombo où nous partirons demain à 22h30 , et avec deux fauteuils inclinables ( 1260 roupies /2) puisque toutes les couchettes sont réservées …Puis on se fait déposer au bord du lac et nous nous promenons un moment ,( et Antony arrive à filmer un magnifique pivert ) avant de revenir manger une délicieuse soupe poivrée et passer la soirée à la guest-house .A la nuit, notre hôte charmant nous emmène aux alentours et , torche en main, essaie de nous montrer quelques animaux qui ont l’habitude d’être dans le coin, porc-épic, animaux qui ressemblent, dit-il, à des lémuriens, daims, mais nous ne voyons que les yeux d’un daim …

Lundi 10 Juillet : Polonnaruwa

Après un bon petit-déjeuner sur l’immense terrasse, nous enfourchons les vélos loués par notre hôte ( 600 roupies /2) et nous dirigeons vers l’entrée principale du parc archéologique de Polonnaruwa . On longe pour cela sur 3 ou 4 kms un canal qui hier était presque vide mais on a du faire un lâcher d’eau depuis le lac pendant la nuit, car ce matin le niveau de l’eau est très haut, c’est propre, on croise des femmes et des hommes aussi qui lavent leur linge ou font leur toilette. L’entrée du site, gratuite pour les Sri Lankais comme souvent, est vraiment chère pour les étrangers, 4850 roupies par entrée. Après avoir visité le musée qui est intéressant et de qualité, nous partons donc à la découverte de cette cité vieille de plus d’un millénaire, et qui pendant 300 ans a été la capitale de la dynastie Chola et des rois cinghalais . La cité ancienne de Polonnaruwa fait d’ailleurs partie du patrimoine de l’humanité. On part donc à vélo explorer les ruines qui se concentrent sur cinq sites , plus ou moins mis en valeur ou restaurés , plus ou moins anciens aussi puisque les dernières constructions datent du XIIIième siècle, mais qui sont tous intéressants . Cela fait penser aux ruines de Sukkhotai, elle aussi ancienne capitale impériale . Tout est bien entretenu, et quelques policiers sécurisent le site, ce qui est notable car nous sommes étonnés par le peu de présence policière ou militaire au Sri lanka …mais ce sera surement différent dans le Nord. Inutile de tout raconter mais au bout de trois bonnes heures de visite au fil de plusieurs kilomètres, nous en avons pris plein les yeux et avons notre content de dagobas, de vestiges de temples, de Bouddhas debout ou couchés ( certains magnifiques) , de piliers gravés et de sculptures d’éléphants . Il est temps de rentrer manger quelques légumes, boire encore et toujours ( il fait très chaud ) et nous reposer à la chambre avant d’en repartir pour faire imprimer en ville les documents nécessaires pour l’extension de visa …On pose aussi un sac de linge, puis le soir nous ressortons à pied voir les deux plus beaux sites des ruines illuminées. Enfin il est temps de reprendre un tuk-tuk pour nous faire amener à la gare et , sans enthousiasme,monter à 22h28 dans le train où nos deux sièges nous attendent pour la nuit !

Mardi 11 Juillet : de Colombo à Polonnawura

Journée évidemment fatigante et sans intérêt mais mission accomplie ! Après une nuit courte et difficile dans un train qui bringuebale dans tous les sens et est horriblement bruyant, nous voici à cinq heures du matin à Colombo avec une violente averse tropicale qui heureusement ne dure pas . Nous avons le temps de prendre le bus 190 qui nous amène dans la banlieue chic, à l’office de l’émigration . C’est un bâtiment très moderne avec huit ascenseurs et une climatisation glaciale ! Nous sommes les premiers à faire la queue dans le service des extensions de visa, tout est bien organisé même si c’est un peu long. A 8h30, tout le monde se lève quand retentit une chanson au rythme plutôt enfantin et sirupeux qui s’avère être l’hymne national . Il nous faut 4 heures en tout en passant d’une salle d’attente à une autre pour récupérer nos passeports revêtus du nouveau visa ( à nouveau 80 dollars!) . Nous sautons immédiatement dans un tuk-tuk pour rejoindre la gare des bus , puis dans un bus pour Polonnawura ( aucun train avant 21 h ce soir) . C’est à nouveau reparti pour 5h30 dans un bus surchauffé et bondé, ouf nous retrouvons notre chambre à Polonnawura à 17h30 seulement! Nous pouvons continuer sereinement notre voyage…

Mercredi 12 Juillet : de Polonnawura à Trincomalee

Matinée tranquille à la guest-house pour profiter du calme et nous reposer, avec juste une petite incursion en ville pour récupérer le linge, acheter une carte SD et quelques bricoles pour midi. Nous avons finalement décidé de faire un safari éléphants car il semble qu’il y en ait beaucoup dans le petit parc national de Kaudulla , beaucoup moins fréquenté que celui de Minneriya. La meilleure heure pour les voir étant l’après-midi, lorsqu’ils se rassemblent autour des points d’eau , on vient nous chercher en jeep .La différence de prix n’étant pas énorme entre la jeep à 6 et une privative, c’est ce choix que nous avons fait, pour 12000 roupies, ce qui nous permet d’emporter nos bagages afin d’être déposés en fin de journée sur la route menant à Trincomalee.

Le safari commence donc et nous venons à peine de voir 3 éléphants passant juste à côté du chemin de terre, lorsque, sans que rien ne l’ait laissé prévoir, débute un violent orage ! Il faut recapoter la jeep, puis protéger même un côté par les plastiques tant l’orage est violent ! Le chauffeur nous explique alors que tous les éléphants se réfugient dans la forêt lorsqu’il y a du tonnerre, et nous pensons que l’après-midi est fichu…Notre jeep et les autres passent 10 minutes autour du seul éléphant qui se baigne dans le plan d’eau , et je me dis qu’on en aura au moins vu 4 . Puis progressivement l’orage se déplace, la pluie se calme, et le chauffeur reprend son tour. Parfois on est sur des chemins de terre, parfois hors piste et nous sommes secoués comme dans une essoreuse ! On voit des buffles sauvages, beaucoup d’oiseaux des marais, plusieurs gros aigles de près ( pourquoi y en a t’il tant , 4 espèces, à cet endroit ? C’est un mystère) , on entrevoit une hyène , deux éléphants qu’on devine dans la forêt, et puis soudain à un autre endroit deux, puis trois éléphants commencent à sortir du couvert de la forêt pour revenir dans la savane. Puis d’autres, et encore d’autres les suivent : au final c’est une harde d’une douzaine d’éléphants qui passe à côté de nous . Nous en rencontrons d’autres un peu plus tard traversant la forêt, il y a des énormes, des normaux et même un tout petit bébé, c’est vraiment un magnifique spectacle. Au total, on a du en voir une trentaine et c’est une belle expérience, rien à voir avec la télé !

Comme nous avons toujours de la chance avec les bus, à peine le chauffeur est-il en train de nous déposer sur l’axe de Kaudulla à Trincomalee qu’un bus s’arrête . Il est archi bondé mais c’est là aussi un bus plus rapide, d’où le prix de 200 roupies /2 pour 124 kms) : oui, 1, 15€ , c’est plus cher que les bus standart ! Nous avons là aussi la chance de trouver un siège après une trentaine de minutes, et à 20 h nous débarquons à Trincomalee , puis prenons un tuk-tuk pour Uppaveli à 6 kms, pour quelques jours de plage ! L’endroit semble sympa, avec des guest-houses et des paillotes en bord de plage, nous allons manger un nasi goreng délicieux avant de rentrer dans notre hôtel : Trinco Water Sports , très très basique et puis surtout avec un patron pas sympa ! Nous qui ne rencontrons que des Sri Lankais adorables depuis notre arrivée, il nous fallait bien une exception pour confirmer la règle  !

Jeudi 13 Juillet : Uppuveli

Aujourd’hui, rien, et c’est super ! On change de guest-house : Shiva’s Beach resort est simple aussi, mais les prix sont plus élevés qu’ailleurs et nous voulons rester dans le même budget : d’ailleurs pour la première fois nous avons une salle de bains commune ( 18 € ). Mais il suffit de traverser le parc de la guest-house pour arriver directement sur une belle plage , avec des matelas de plage sous les paillottes et pas mal de restaurants . Hop, nous voilà installés , et nous allons passer la journée à entrer et sortir de l’eau, revenir à la chambre, revenir à la plage…L’eau est à température idéale, les vagues sont tout à fait raisonnables et c’est agréable de ne rien faire ! Le soir, calmar à l’ail sur la plage.

Vendredi 14 Juillet : Uppuveli

Idem : il n’y a pas de vagues aujourd’hui ,on se lève, on va petit-déjeuner, on part à la plage, on lit, on se trempe, on lit, on se trempe, on mange, on se trempe, on fait la sieste, on se trempe ….En fin de journée, nous partons à Tricomalee même et tombons sur une cérémonie religieuse hindoue. C ‘est assez bizarre, il y a des tambours et des trompettes, des gamins avec des masques, plein de jeunes filles avec des parures de paon qui dansent plus ou moins harmonieusement. Au final ça fait plus carnaval que défilé religieux et au moins il n’y a pas les auto mutilations que nous avons vues en Inde. Puis nous allons chez un opticien où Antony commande pour 65E des lunettes solaires à sa vue, les autres sont restées hier dans une vague ! Enfin petit cocktail dans un bar touristique, avec Bob Marley à fond…..oui, de temps en temps c’est agréable et tant pis pour l’authenticité si tout le monde y trouve son compte ! Puis à nouveau devant notre hôtel calmar grillé ; le soir le personnel met toutes les tables directement sur la plage, c’est quand même super agréable de manger dans ces conditions ! Et nous prenons deux billets pour aller demain en bateau faire du snorkeling autour de l’île aux Pigeons . ( 3500 roupies / personne, c’est assez cher car l’entrée du parc national est déjà à 2500 roupies!)

Samedi 15 Juillet : Uppavali

On a donc rendez-vous à 8h30 , et un petit bateau à moteur nous emmène avec d’autres personnes vers l’île aux pigeons, à environ 20 minutes de navigation. L’île n’est pas grande et le moins qu’on puisse dire, c’est que nous ne sommes pas les seuls ! Il y a des dizaines de bateaux identiques et même sur l’ile aux cerfs à Maurice , je n’ai jamais vu autant de monde ! Un couloir délimité par des bouées canalise les touristes vers la partie « coraux », où apparemment viennent régulièrement des tortues et des requins .Cette partie-là, aussi bondée qu’une piscine municipale par temps de canicule, n’offre pas grand intérêt. En revanche une autre partie de l’autre côté de l’île permet de voir de très beaux poissons. On nous a distribué palmes et masque -tuba pour faire du snorkeling , et Antony qui découvre s’étrangle et avale pas mal d’eau au début, avant de prendre du plaisir . Là il n’y a pas de beaux coraux non plus , mais des centaines de poissons multicolores qui butinent le corail et jouent avec les anfractuosités des rochers .Perroquets, poissons bagnards, et autres poissons turquoise, jaunes, oranges , de toutes tailles et couleurs sont un enchantement pour nos yeux….Nous nous enduisons copieusement de crème solaire et c’est indispensable vu la chaleur et la réverbération . De retour vers 13h, nous allons manger puis retour sur la plage, puis sieste …Plus tard dans l’après-midi , nous allons à Tricomalee récupérer les lunettes qui sont déjà prêtes, puis nous montons au temple de Koneswaram Kodil qui domine la ville . C ‘est un temple très récent , rempli d e »poupées » comme disait Charlotte petite très colorées, et qui n’a rien d’austère ni de sinistre comme certains temples indiens. Pas mal de fidèles s’y pressent, majoritairement en famille, et la montée au temple est bordée des deux côtés de stands de pacotilles diverses et assez kitsch ! Je ne peux résister et achète quelques petits Bouddhas de plastique coloré et translucide ! Tout autour du temple, il y a des types d’offrandes ou de marques de vœux que je n’avais jamais vus : des tissus colorés formant des nœuds ou accrochés sur des espèces de cagettes.C’est assez esthétique mais curieux ! Nous finissons par aller boire un cocktail dans un bar de plage, puis nous régaler de crevettes à l’ail dans un petit restaurant tellement agréable que c’est notre troisième repas là-bas ! J’aurai vraiment aimé cette étape à Uppavali !

Dimanche 16 Juillet : De Uppuveli à Anuradhapura

Nous restons à la plage jusqu’au check-out de 11h30 , avant de partir en tuk-tuk à la gare routière. Il n’y a que deux bus par jour vers Anuradhapura et nous prenons les dernières places assises dans celui de midi 30 ! Les 110 kms sont avalés en 2h 45 ( et pour 330 roupies) , ce qui est pour le Sri Lanka une moyenne honorable , et nous voici bientôt à Anuradhapura . A partir du IV ième siècle avant JC ,comme Polonnawura mais donc avant elle, cette ville a été une capitale ; et c’est à partir du III ième av JC, au moment où le bouddhisme a atteint le Sri Lanka , qu’elle est devenue une magnifique cité , riche de prestigieux monuments. Nous découvrirons demain cet ensemble de temples, ruines et autres édifices et cet après-midi nous allons jusqu’au Sri Maha Bodhi, l’arbre sacré de la Bodhi, un banian poussé à partir d’un rameau provenant de Bodhgaya en Inde. Ce serait d’ailleurs avec ses 2000 ans l’arbre le plus vieux du monde, même si la vérité oblige à dire qu’il ne me paraît pas extraordinaire . Le temple dont l’entrée est gratuite s’étend sur un très vaste espace et les arbres alentour ainsi que des grilles et supports sont recouverts de drapeaux de prière colorés . C’est dimanche, jour où la plupart des pèlerins apportent leurs offrandes et il y a effectivement des milliers de fidèles tout de blanc vêtus , qui assis par terre en train de psalmodier ou de lire des textes sacrés, qui en train d’apporter des corbeilles de fruits ou des bouquets de fleurs de lotus. …L’atmosphère est calme et paisible, et le reste même quand deux prêtres se mettent à jouer de la flûte et du tambour .On est loin du bruit et du quasi fanatisme d’autres cérémonies . En repartant , nous voyons un barbu à tête brune, et surtout plusieurs gros calaos avec leur gros bec si étrange ; cela porte à 100 environ le nombre d’espèces d’oiseaux filmées par Antony !

Nous tombons ensuite par hasard sur le restaurant Swiss Garden, où nous pouvons manger dehors dans un beau jardin et où je me régale pour 700 roupies d’une gigantesque assiette de beignets de calmar et Antony de filets de carpe du lac .

Lundi 17 Juillet : Anuradhapura

Le matin , nous nous entendons avec un tuk-tuk pour nous amener à une autre guest-house ( De Best Holiday , dont le propriétaire nous a gentiment amenés en voiture jusqu’à un endroit pour notre petit-déjeuner, a un excellent lit mais n’a plus de disponibilités pour ce soir) puis nous faire visiter les différents sites de Anadhapura . ( 1500 roupies) .Quelques courageux se hasardent à faire les visites en vélo mais l’ancienne ville est infiniment plus étendue que Polonnawura, et sous la chaleur cela ne nous tente pas . En fait et pour résumer, nous allons trouver Anuradhapura bien moins beau et intéressant que Polonnawura, il y a certes deux dagobas gigantesques ( l’un d’entre eux était à l’époque l’un des plus hauts monuments du monde avec deux pyramides d’Egypte) mais à part ça,et à part peut-être quelques gigantesques bassins qui sont intéressants, il ne s’agit vraiment que de ruines, des centaines de soubassements de briques, des milliers de piliers…Il est vraiment difficile de se représenter ce que pouvait être la ville, et encore une fois le prix est totalement excessif ( 3850 roupies / personne) . Notre chauffeur nous indique ensuite un petit restaurant local, très propre et agréable, où on nous sert un carry végétarien sur feuille de bananier, c’est bon mais trop épicé pour moi ! Après la sieste, je rentre dans un salon de coiffure pour faire faire ma couleur ( 2500 roupies) .Les filles sont adorables, j’en ai 4 autour de moi, l’une applique la couleur, la deuxième tient le récipient et deux font les groupies ! On me propose du thé, des petits biscuits et même des string hoppers …Malheureusement la couleur sri lankaise n’est pas fantastique ( dixit la patronne) et mes racines prennent une couleur plus orange qu’autre chose mais la patronne me propose illico de me refaire la couleur si j’ai assez de temps devant moi , et envoie sa collègue acheter une couleur de marque internationale . Je n’ai pas le courage de tout recommencer, et puis les cheveux une fois secs, ça passe., donc je ferai avec! Nous mangeons à nouveau au Swiss Garden , mais prévoyons de quitter dès demain Anuradhapura qui ne nous emballe pas . La ville n’est pas désagréable en soi, bien que, très étendue , il soit difficile d’y flâner , et l’intérêt du site archéologique nous est donc apparu un peu surfait ( mais peut-être sommes-nous devenus trop difficiles ? ) . J’ai en tout cas noté que dans Anuradhapura je n’ai pas croisé un seul fantôme mais qu’en revanche l’immense majorité des femmes de tous âges sont habillées à l’occidentale .On ne va sûrement pas retrouver cela en montant dans le Nord, dont la culture tient plus de l’Inde tamoule .

Mardi 18 Juillet : de Anuradhapura à Jaffnar

En quittant ce matin notre guest-house Lake Front View, nous découvrons que la patronne nous a mesquinement rajouté sur la note 200 roupies pour un verre de cuisine qu’Antony a malencontreusement cassé hier soir. : rien d’important en soi , mais une voix dissonante dans la profonde gentillesse et générosité des centaines de personnes de tous âges et conditions sociales que nous avons croisées depuis un gros mois ! A 10 heures, nous voici à la gare pour partir vers Jaffnar, hésitant à prendre un billet avec réservation afin de ne pas avoir à nouveau à voyager debout, mais nous sommes mardi, et tablant sur le fait que le train vient de Colombo et que beaucoup de voyageurs vont descendre, nous nous contentons des billets ordinaires ( 698 roupies /2) . Effectivement lorsque le train arrive à 11h30 avec beaucoup de retard, nous trouvons facilement des places. Le Nord a été l’épicentre de la guerre civile , et si on n’a plus besoin d’un permis spécial pour s’y rendre comme c’était le cas il y a encore quelques années, ce n’est néanmoins pas la partie du pays la plus touristique. Le trajet dure 4 heures pour …kilomètres, avec de nombreux arrêts , et le train bringuebale tant qu’il peut, avec à chaque fois qu’il redémarre un choc extrêmement violent comme si le wagon précédent le percutait ! Nous traversons un paysage de plaine qui devient peu à peu très aride, avec de très nombreux » brûlis » , et dans la dernière heure de trajet on commence à voir de nombreux bâtiments détruits et éventrés . Puis on passe le « passage des éléphants », une étroite chaussée de 1 km entre lagune et golfe du Bengale qui sépare la péninsule de Jaffnar du reste du territoire, et qui a été l’objet d’intenses combats pendant la guerre. Une fois arrivés, on se rend dans une guest-house où nous pensions avoir réservé par téléphone ce matin mais il y a eu un malentendu et tout est plein. Néanmoins la dame nous propose un hébergement chez sa sœur ( que nous déclinons) , nous donne accès à sa wifi pour trouver un autre hébergement et nous appelle même un tuk-tuk. Dans l’urgence nous choisissons donc sur Booking un hébergement qui n’a même pas encore de commentaires, et c’est une agréable surprise, la G Guest-house a un joli jardin et nous prenons une chambre confortable avec clim pour 22 €. Le soir nous allons manger au Cosy restaurant, la carte indienne – chinoise- sri-lankaise est impressionnante, des centaines de plats et pourtant le korma de mouton que nous commandons est prêt en dix minutes, comme les délicieux nans au fromage qui l’accompagnent. Curieusement alors que nous nous attendions à des chaleurs torrides, il fait plutôt moins chaud que vers Tricomalee. nous verrons demain en scooter si ça se confirme !

Mercredi 19 Juillet : Jaffnar

Notre hôte nous a organisé la location d’un scooter pour 1500 roupies et nous partons nous promener dans la péninsule de Jaffnar. Au passage, je m’arrête faire quelques photos du fort, qui fut à l’époque un des plus grands forts hollandais d’Asie, avant de servir de base pour les forces gouvernementales pendant la guerre civile. En roulant, on entrevoit un petit marché couvert et nous y entrons ; c’est un marché aux poissons , marché de gros et , lorsque les poissons ne sont pas tout simplement déversés au sol, les stands sont tenus principalement par des femmes âgées, mères ou épouses des pêcheurs ? Nous repartons vers Avarangai et Nellyadi avant d’arriver à Point Pedro, le point le plus septentrional du Sri Lanka , puis d’obliquer en longeant la mer. Il y a là des petits hameaux de pêcheurs le long d’une belle bande côtière de sable blond, avec des petits récifs coralliens faisant un mini lagon et à perte de vue l’océan paisible. Sur des kilomètres le long de la petite route, des morceaux de poissons, requins, raies manta, vivaneaux…sèchent au soleil. Les hommes sont de retour après leur pêche du matin et sont occupés, certains découpent les poissons en morceaux qu’ils roulent immédiatement dans du gros sel , un homme travaille dur à découper les parties comestibles de deux énormes raies tandis qu’autour de lui une cinquantaine de corbeaux attendent leur pitance . Je me trempe en short et t-shirt suivant les préconisations du guide sur une immense plage … totalement déserte mais nous n’y restons pas car il n’y a aucune ombre .On essaie ensuite d’en trouver une autre avec plus d’ombre, et on part un peu au hasard sur plusieurs chemins mi-goudron mi sable . C’est sur une ornière de sable que nous tombons , rien de cassé heureusement mais quelques grosses égratignures , du coup l’étape suivante n’est plus plage mais pharmacie ! Nous repartons prudemment en longeant la mer dans l’autre sens , admirant au passage les dizaines de barques multicolores au mouillage , elles sont toutes rouge, turquoise, jaune …c’est superbe ! Sur le rivage on trouve régulièrement des squelettes de maisons, mais là ce n’est pas la guerre mais le tsunami qui en est responsable .La vague avait été si forte ici qu’on a retrouvé des bateaux à 1 km à l’intérieur des terres .

De retour à Jaffna, nous nous offrons un bon jus puis faisons réparer ( 50 roupies!) un rétroviseur du scooter qui avait sauté dans le choc. Heureusement, rien d’autre que quelques rayures ! Jaffna est une ville étendue et paisible . Même végétation de palmiers, manguiers, badamiers…, mêmes constructions basses de béton et même atmosphère paisible de bord de mer, Jaffna m’évoque certaines villes côtières de Madagascar comme Morondava . Il y a très certainement des cicatrices que nous ne percevons pas, car la guerre a quand même tué 200 000 personnes et s’est achevée dans le Nord par un bain de sang , mais la région me semble avoir une atmosphère de vie tranquille , et être infiniment moins sinistre que ne l’indiquait le guide . Je remarque quelques jolis frontons et des vestiges d’église de style portugais et nous rentrons dans un immense édifice ( couvent ? ) entièrement détruit et à l’abandon qui ferait le bonheur de fans d’urbex.

Le soir nous partons au temple qui est juste derrière notre hôtel car depuis hier nous y entendons musique et chant et on nous a dit qu’il s’agit du Nallur festival, qui dure deux semaines. La voix du chanteur est en particulier assez fascinante, parfois on dirait qu’il sanglote, c’est émouvant , et Antony se polarise davantage sur les rythmes qu’il dit très complexes. Nous y arrivons pour une grande cérémonie, un dieu est promené sur son palanquin et tourne autour du choeur du temple tandis qu’une dizaine de musiciens jouent sans interruption de la trompette , de la clarinette et des percussions et que les centaines de fidèles prient .Il y a quelques chants au milieu mais moins que ce que nous avions entendus à 18 h . Tous les hommes sont torse nu et Antony doit faire de même .Une dame se met à nous parler pour nous expliquer les tenants de la cérémonie , nous offre des gâteaux et souhaiterait que nous restions avec elle pour faire à nouveau le tour du temple mais à l’extérieur cette fois .Comme il y en a pour des heures, nous remercions et nous éclipsons. Nous allons manger au Green Grass les fameux crabes de Jaffna, gôuteux mais dans une sauce horriblement épicée .

Jeudi 20 Juillet : Jaffnar (péninsule)

Avec le contrecoup d’hier, nous ne sortons de la chambre qu’à 13 h et commençons par aller prendre quelques bricoles à grignoter puis un jus de fruit et une délicieuse coupe de glace chez Lingam, un fabricant de glaces du cru. Nous continuons avec le Gold temple, le plus grand temple de Jaffna qui est entièrement recouvert d’une peinture dorée, mais il est en travaux et des dizaines d’ouvriers travaillent à l’intérieur , avec groupe électrogène et plein d’outils, inutile de dire que l’atmosphère n’est pas vraiment au recueillement ! Puis nous allons traîner un peu au marché, je cherche les cadeaux « commandés «  par les filles, bracelets indiens avec écriture pour Charlotte , casquette Nike noire pour Amélie l mais ne trouve pas grand chose . Antony quant à lui cherche de la musique sri-lankaise pour le montage de son film et rentre dans quelques échoppes, mais elles ne vendent toutes que la musique indienne ! Donc nous rentrons et au final c’est surtout une journée de repos à l’hôtel! Le soir nous allons manger au Jaffna Héritage Hotel, le restaurant végétarien d’un hôtel plutôt chic . Le dal est délicieux mais tout est quand même un peu surévalué et, vu le prix, nous n’avons cette fois pas de scrupule à renvoyer notre jus de citron salé !

Vendredi 21 Juillet : Jaffnar ( Delft)

Lever tôt ce matin afin de partir avec un tuk-tuk à 6h45 vers la jetée desservant l’île de Delf ( 1800 roupies) .C ‘est à une trentaine de kilomètres et très vite on ne sait plus où on est, tant on est entre lagune, mer, bras de mer, ile ou presqu’île reliée par des jetées …Difficile de se repérer dans ce lacis d’étendues d’eau! La carte m’aide néanmoins à comprendre que nous passons de Jaffna à l’ile de Velanai par une chaussée, puis de Velanai à l’île de Punkuduvitu par une belle chaussée, puis enfin de Punkuduvitu au port de Kurikaduuuwan par une chaussée plus petite. Fréquemment de part et d’autre de la route on ne domine que de quelques dizaines de centimètres des eaux très peu profondes et translucides tendues de filets . Notre chauffeur lambine un peu et ce n’est que lorsque nous lui rappelons que nous allons à Delft ( il n’y a que deux bateaux par jour et par sens) qu’il accélère un peu , nous arrivons pile pour prendre le bateau de 8 heures. Après un trajet de 45 minutes, entièrement gratuit car pris en charge par la marine sri-lankaise , nous arrivons à Delft. 3500 personnes , essentiellement des familles de pêcheurs, vivent dans cette petite île écrasée par le soleil. C’est une partie du Sri lanka qui n’a pas été exposée au tsunami . Nous prenons un tuk-tuk qui nous promène pendant trois heures ( 1500 roupies) pour nous montrer les points d’intérêt de l’île . En fait c’est plus une ambiance : chemins de terre au milieu des cocoteraies, centaines de murets en coraux qui séparent les champs , très impressionnants, ( mais curieusement je ne vois aucun four à chaud comme à la Réunion où on utilisait le corail à cet effet), un baobab qui est actuellement en fleurs ( apparemment il n’y a que deux baobabs au Sri Lanka donc ils sont très fiers de celui-ci) , des chevaux sauvages, descendants de ceux amenés par les Hollandais , paissant avec le bétail dans des champs totalement arides, quelques vestiges ( ruines de fort, de stalles de chevaux, de colombiers pour les pigeons voyageurs) de l’occupation hollandaise …Nous finissons par nous baigner sur une très belle plage totalement déserte , l’eau turquoise doit être à 32°…Après avoir mangé un riz frit très quelconque dans la seule épicerie-gargotte du petit port d’arrivée, nous repartons à 14h30 avec un autre petit bateau pour une traversée que le guide présentait comme « mémorable «  ( le bateau de ce matin était relativement plus confortable et moins plein) .Effectivement je ne sais combien nous sommes mais en grande surcharge en tout cas et très entassés . Cinq minutes avant d’arriver, on voit tout le monde se précipiter vers la sortie pour être dans les premiers à toucher la terre ferme , c’est que les bus attendent le bateau et que les places assises sont chères ! Nous faisons le trajet debout et tellement serrés que quiconque ne peut bouger un bras ou un pied .L’aide du conducteur arrive toujours à faire monter d’autres personnes jusqu’au moment où vraiment c’est matériellement impossible ! Comme il n’y en a pas pour des heures, j’arrive à trouver ça presque rigolo, mais nous sortons du bus dégoûtants et totalement trempés de sueur. Une bonne glace et un jus nous requinquent un peu, puis nous passons à la gare dans l’idée d’acheter deux couchettes pour rejoindre Colombo demain soir dans le train de nuit .Hélas, tout est complet pour trois soirs et il va nous falloir trouver une autre solution.Nous ne sommes pas chauds à l’idée de nous taper 11 heures de train de jour, ou même de nuit sans couchettes…Le soir, dîner au Cosy restaurant, un peu moins bon que le premier soir .

Samedi 22 Juillet : Jaffna

La solution , puisqu’il n’y en a pas de parfaite, sera un bus de nuit ce soir à 21h30 ( 2400 roupies /2) . Nous nous entendons avec G guest-house pour pouvoir y rester jusqu’à 21h en payant la moitié d’une nuit , et nous profitons de la journée pour nous reposer. A 13 h, nous allons manger le traditionnel curry végétarien sur une feuille de bananier au Malaysian Café, c’est correct pour un prix dérisoire mais bondé et pas très propre. Nous allons ensuite traîner un peu dans les rues commerçantes autour du marché, c’est vivant et animé, on achète quelques cd de musique indienne, on nous en trouve même un du Sri Lanka . Puis comme nous sommes à côté et que nous allons repartir dans la campagne , j’ai envie de passer à l’hôpital, j’ai toujours très mal aux côtes et je me demande s’il n’y a pas un peu de sable dans la grosse égratignure de mon genou, car aucune amélioration depuis trois jours.. Une dame parlant anglais me donne un bon d’admission pour aller faire des radios ( pas ce qui me semble le plus judicieux mais bon…) avant de nous envoyer vers un service qui s’avère être le service des accidents. Là il y a des gens blessés qui attendent sur des brancards, et je me dis que les soignants ont bien mieux et plus urgent à faire que des radios inutiles, et nous ressortons donc de l’hôpital. Le gag est que, alors qu’Antony a déjà traversé la route en slalomant entre les véhicules et que je suis encore côté hôpital, je suis poursuivie par un garde de sécurité , puis entourée par trois , qui me demandent mon bon d’admission .Comme c’est en anglais, ils ne comprennent pas mais essaient de m’expliquer péniblement que «  Patient ….Out ….No ! » .Je leur réponds que je ne suis pas une patiente et que je m’en vais, avant de les planter là ! Avant de revenir à l’hôtel, nous nous offrons une dernière glace et des jus de fruits chez Lingam. Comme depuis trois jours, chaque fois que nous sommes dans notre chambre, nous entendons les musiques et les chants des cérémonies tamoules dans le temple voisin et certains sont vraiment magnifiques . Ce ne sont pas des chants enregistrés, mais bien de véritables incantations psalmodiées par un chanteur, dans des styles parfois orientaux parfois andalous , et ce pendant des heures entières ..Très surprenant !

A 21h30, nous voilà partis pour 7 ou 8 heures de voyage , ce qui est un peu décourageant pour 300 kilomètres….Le bus, qui est super confortable, avec de bons sièges inclinables et la clim , nous prend sur la route près de l’hôtel et notre hôte vient avec nous l’attendre pendant une demi-heure, quelle gentillesse ! Pendant les deux premières heures, nous subissons un film indien mais après , ouf, c’est le silence et j’arrive à dormir un peu

Dimanche 23 Juillet : Colombo – Kitulgala

Nous arrivons à la gare routière de Colombo à 3 h 45, c’est déjà très très animé et nous prenons un café en attendant le deuxième bus qui va nous amener à Kitulgala. Là c’est un bus gouvernemental qui est vite bondé ( heureusement nous sommes assis) et met 3 h pour faire 70 kilomètres, que c’est long ! Sans beaucoup monter en altitude , nous rentrons vite dans des paysages de forêt tropicale et de collines embrumées, avant d’arriver sous la pluie à notre destination . Adventure Camp est une espèce de campement de bric et de broc, qui propose des tentes sur pilotis totalement basiques ( et très chères, 25 dollars) et la wifi annoncée ne fonctionne pas, mais l’emplacement du camp tout en bord de rivière est assez agréable et de toutes façons on n’a pas trouvé mieux : la région qui est devenue le haut lieu du rafting pour les jeunes sportifs sri-lankais est assez chère. Pour commencer, nous nous faisons amener à un dispensaire car le long voyage n’a pas arrangé nos jambes, nous avons tous les deux cheville et mollet terriblement gonflés et une douleur qui ne cesse pas . Une médecin nous reçoit tout de suite, et si le local est très rudimentaire, elle semble en revanche très compétente. Elle nettoie sérieusement nos plaies qui se sont infectées, ( aîe, ça pique fort) tout en riant gentiment des Occidentaux qui ne supportent pas grand chose puis nous fait un bandage et nous prescrit des antibiotiques .Elle est en train de lire, nous dit-elle, «  Les misérables » qui est posé sur son bureau, traduit en indi ! Le jeune homme de l’hôtel qui nous a amenés et ramenés dans son tuk-tuk après nous avoir attendus ne veut pas que nous le payions ! Ensuite, c’est repos, sieste, et une petite promenade de l’autre côté de la rivière, puis un peu de lecture dans un hamac, bercée par le bruit de l’eau…

Lundi 24 Juillet : Kitulgala

Les médicaments ont fait leur effet , les bobos sont en bonne voie de cicatrisation et nous sommes beaucoup plus lestes ! Apparemment l’hôtel sera plein ce soir donc il nous faut trouver autre chose, cela nous contrarie un peu de reprendre les sacs mais pas de quitter cet hébergement rudimentaire , avec douches communes à l’eau froide . Le tuk-tuk nous amène quelques kilomètres plus loin dans le même style d’hébergement : je suis étonnée des prix locaux ( 4000 roupies pour la chambre, le plus cher que nous ayions jamais payé ici) car on est loin du luxe ou même du « bon état » , mais au moins nous avons une chambre , des sanitaires privés, et même la wifi. Le Adventure Camp base a une grande terrasse qui domine la rivière, pile au dessus d’une petite chute de 1 mètre environ , et nous voyons défiler toute la journée les embarcations de rafting ( mais une seule va chavirer ! ). Mais nous découvrons aussi que l’endroit sert de base pour des stages de motivation de groupe , et je peux observer plein de « techniques » que j’ai lues mais qu’heureusement je n’ai jamais eu à expérimenter dans ma vie professionnelle ! Passe encore d’entendre tout le groupe pousser des rugissements à l’unisson, de les voir partir pour une course pieds nus, ou se déplacer en hauteur entre deux cocotiers ( avec une ligne de vie quand même) pendant que le groupe tape des mains et crie des slogans pour encourager les timorés ; mais les voir plus tard déambuler en chenille, yeux bandés sauf le premier et le dernier , avec la tête recouverte de mousse à raser et pendant que des instructeurs font éclater des pétards à leurs oreilles fait quand même se poser de sérieuses questions sur l’intérêt réel de tels stages ! Pour nous, c’est bien plus calme, lecture et repos !

posted under 2017, Travel Diaries

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