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« Le monde est bleu comme une orange » (Paul Eluard)

COLOMBIE: Mars-Avril 2015

April3

Le mariage de Natalia, mon amie colombienne rencontrée à Bournemouth et qui y a partagé deux fois notre maison, étant une bonne occasion de venir en Colombie, nous avons décidé de joindre l’agréable à l’agréable en y passant un mois, afin d’avoir une première approche de ce grand pays ( deux fois la France) qui s’ouvre au tourisme et qui semble cumuler d’extraordinaires atouts….

Samedi 28- Dimanche 29 Mars 2015 : France-Bogota-Arménia

Nous savions que ce serait un long voyage…..Samedi matin, nous quittons donc Lapenne vers 7 h pour rejoindre l’aéroport de Toulouse d’où un premier vol nous amène vers Madrid que nous quittons après cinq heures d’attente. La nourriture n’est pas super sur Avianca , et les films ne sont pas sous-titrés en anglais, mais l’écartement entre les sièges est correct et après dix heures de vol nous foulons le sol colombien .A la sortie de l’aéroport de Bogota , nous sommes attendus par Carlos , le beau-père de Natalia qui va lui aussi rejoindre Arménia et qui a affrété une voiture avec chauffeur .Nous repartons donc dans la foulée pour ce qui doit être cinq ou six heures de voiture, mais va s’avérer durer dix heures ! Arménia n’est pourtant qu’à 180 kilomètres de Bogota , mais les routes à deux voies ne sont pas extraordinaires ( on devra pourtant s’acquitter de nombreux péages) et surtout il nous faut franchir une montagne , partie de la Cordillère qui rythme toute l’Amérique du Sud de son épine dorsale .Pour en rajouter, le trajet va s’effectuer la plupart du temps sous des trombes d’eau, et la route est encombrée jusqu’à saturation de très nombreux camions « américains « .Il nous faudra d’ailleurs nous arrêter un moment car il y en a des centaines, oui des centaines garés sur les voies et entre lesquels il faut péniblement louvoyer jusqu’à ce que tout soit bloqué …Nous n’arriverons pas à savoir s’il s’agit d’un mouvement de protestation des transporteurs contre le prix des carburants , qui a déjà eu lieu deux semaines auparavant, ou d’une congestion du trafic du aux pluies, mais c’est assez impressionnant , et le trajet est vraiment long ….Enfin nous arrivons à Arménia et le chauffeur nous dépose chez des voisins, amis des parents de Natalia, chez qui nous allons dormir ces jours-ci avec un jeune couple de Français .Notre hôte est Suisse, son épouse Colombienne et ils viennent de se retirer définitivement à Arménia dans une très jolie maison .Enfin, nous pouvons dormir quelques heures !

En début d’après-midi , nous découvrons la finca, maison de campagne des parents de Natalia que je retrouve avec plaisir et émotion .C ‘est un petit paradis, entouré d’une luxuriante végétation tropicale, et que dominent au loin les montagnes brumeuses. .Nous y sommes accueillis par un orchestre local, et faisons autour d’un magnifique buffet de fruits tropicaux connaissance avec la famille de Natalia et celle de Reece, le futur marié .Natalia et ses parents ont carrément affrété un bus pour venir chercher puis promener la vingtaine de personnes venant de l’étranger pour ce mariage ! Heureusement il y a du personnel à la finca. Nous prenons un déjeuner tardif et typiquement sud-américain, avec des galettes de maïs agrémentées d’un rougail de tomates, puis une soupe-plat comprenant poulet, maïs, avocat ..et bien sur, des jus sucrés comme boisson du repas .Cela me rappelle le Guatemala ! Puis nous devisons sous la véranda tout en admirant les nombreux oiseaux de toutes couleurs , dont des perroquets, qui volent autour de la maison .La température est très agréable, et on est en tee-shirt bien que le soleil soit absent .Tout le monde est épuisé et nous rejoignons nos pénates en début de soirée pour y dormir.Demain il est prévu que nous allions à Arménia .

Lundi 30 Mars : Arménia

Nous avons d’abord droit à un petit-déjeuner typiquement colombien : galettes de maïs et œufs brouillés ( de la propriété) cuits avec un genre de rougail de tomates, fruits frais ( mangues, papayes, pastèques…) et jus frais, c’est délicieux ! Puis nous partons avec le bus dans une joyeuse atmosphère de colonie de vacances, et même si c’est le genre de choses qui ne m’emballe pas, je ne peux qu’être touchée par l’extraordinaire gentillesse de la famille de Natalia , qui fait tout son possible afin d’accueillir et distraire tous ses invités .Nous commençons par aller dans une petite ville proche d’Arménia, , où nous prenons le déjeuner dans un restaurant typique , rempli de mille objets du temps passé . Le déjeuner est accompagné de moult boissons et Carlos se dépense sans compter pour le bien-être de tous, il va même faire le serveur ! Ici le plat inclus le petit rougail d’entrée, les lamelles d’avocat, une salade …En revanche les mangues , même sucrées, sont majoritairement présentées en entrée. Hélas, il se met à pleuvoir , et le musée de l’or dont la visite faisait partie du programme est fermé le lundi, donc pendant que le groupe se promène dans un centre commercial hyper moderne, nous partons avec Carlos changer de l’argent et surtout louer un smoking pour Antony. La dame a l’oeil, elle lui apporte d’emblée la veste, chemise et le pantalon qui vont bien .Il n’y a que deux retouches modiques à faire et nous pourrons récupérer le tout demain pour l’équivalent de 28 euros .

Comme il ne pleut plus, nous partons ensuite tous nous promener dans un joli parc, un petit bout de jungle en plein centre ville. Alméria est une ville très moderne, puiqu ’elle a quasiment été reconstruite de fond en comble après le grand tremblement de terre de 1999, mais il nous est assez difficile de nous y repérer car elle est construite de part et d’autre de plusieurs vallons .

Alors que je ne rêve que de retrouver mon lit , le bus s’arrête à 19 heures devant un autre restaurant ( alors qu’on a quitté l’autre à 16 h!) , je n’ai plus faim mais apparemment nos amis anglais ont encore faim et soif ! La soirée me paraît bien longue !

Mardi 31 Mars : Arménia

Après le même délicieux petit-déjeuner à la finca, nous nous reposons un peu puis le bus nous amène voir un point de vue…L’organisation cafouille un peu , entre ceux qui partent au golf, ou restent profiter de la piscine de l’hôtel …et tous les papiers de dernière minute que Natalia, Reece et ses parents doivent encore repartir signer mais comme il n’est pas facile de rejoindre la ville par nos propres moyens, nous attendons et profitons sous un grand soleil de l’hospitalité offerte .La journée est consacrée à un grand repas de famille.Le papa de Natalia arrive avec femme et enfants, il a apporté des cadeaux pour tout le monde ! Puis ce sont des cousines, des oncles qui débarquent…Nous avons droit à un spectacle de danses folkloriques rythmé par des musiciens , avant de nous attabler vers 15 heures pour prendre sous la grande varangue un déjeuner typique …en plusieurs services tant nous sommes nombreux  ! Le repas traditionnel comprend des haricots rouges, de l’avocat, du riz, des grattons de porc et des saucisses .Au dessert nous aurons des figues confites avec du fromage. …

Mercredi 1er Avril : Arménia -mariage

La journée est consacrée aux préparatifs pour le mariage .Tôt le matin, une jeune femme vient faire manucure et pédicure pour toutes celles qui le désirent. Je pars ensuite avec Antony, et avec Eduardo le chauffeur, à Arménia pour récupérer le smoking et passer à la gare routière afin de réserver si possible les billets pour rejoindre Popayan demain . Pas de temps à perdre pour assister aux festivités et processions de la semaine sainte, puisque demain sera déjà le vendredi saint .Quand nous revenons, réservations faites pour le bus de midi, la coiffeuse -maquilleuse est arrivée à la finca avec un aide et surtout un matériel impressionnant . Juliana, qui s’appelait auparavant Julian même si la grand-mère de Natalia a beaucoup de mal à le concevoir, va s’occuper de toutes celles et ceux qui le désirent .Elle coupe les cheveux d’Antony , me coiffe et me maquille.Je trouve mon maquillage , comme celui de toutes les autres femmes, très « colombien », c’est-à-dire bien plus soutenu que je ne l’aime, mais c’est agréable de se faire chouchouter sous la varangue de la finca…

Le mariage doit avoir lieu à 19 h, ce qui est l’habitude en Colombie, mais le bus ne vient nous chercher qu’à 18h50 ( là aussi, heure colombienne) et c’est malheureusement sous des trombes d’eau que nous partons .mais cela se calme bientôt et puis ne dit-on pas «  mariage pluvieux, mariage heureux » ? Quand elle arrive enfin au bras de son papa en redingote, Natalia est resplendissante dans sa robe sirène ; sa traîne et son diadème, ainsi que les quatre demoiselles d’honneur en robe saumon, participent à l’effet de conte de fées…La petite église de bois toute décorée de fleurs est jolie comme tout, et l’assemblée est fort élégante , puisque suivant le dress code , toutes les femmes sont en robe longue, et les hommes en smoking ! Natalia et Reece sont très croyants , ils entendent bien fonder une famille et la cérémonie est émouvante , même si je remarque que tous les textes lus évoquent un époux chef du foyer que l’épouse doit respecter ….Natalia repart ensuite dans la limousine ancienne qui l’a amenée et nous sommes tous amenés à l’hotel où a lieu la réception  et où nous attendons les mariés tout en buvant une coupe de champagne . Tout a été fait en grand là aussi et la décoration est somptueuse : gigantesque dai illuminé de milliers de leds, comme le sont aussi d’immenses arbres blancs , tables raffinées où un petit présent attend chaque invité, violoniste jouant pour eux …

Lorsque les mariés sont arrivés, vient le moment des discours. Après le discours de son témoin, il ya un moment de franche hilarité lorsque celui-ci diffuse une vidéo que tous les amis de Reece , principalement des Marines, qui ne pouvaient assister au mariage ont enregistré pour lui : humour de corps de garde, mais aussi affection et solidarité transparaissent dans tous ces messages . Reece s’aide ensuite de son texte pour faire un très joli discours en espagnol, disant tout son amour à sa toute récente épouse avant de remercier sa belle-famille et de rendre un hommage appuyé à ses propres parents, ( son père fut un Marines comme Reece l’est depuis maintenant 12 ans) puis le père de Natalia, et Carlos son beau-père font chacun leur propre discours en se remerciant l’un l’autre du rôle qu’ils ont joué et jouent dans la vie de Natalia , cela semble sincère et c’est émouvant de voir que comme ils le disent, seul l’amour gagne, l’amour est le plus fort .

Lorsque les nouveaux époux ouvrent le bal par une danse langoureuse et en se regardant dans les yeux, ,une fumée blanche se diffuse autour d’eux et des gerbes de feux d’artifice éclatent, c’est un peu kitsch mais c’est si mignon en même temps qu’on ne peut qu’en être touché…Après le repas, sobre et délicieux , servi par une armada de serveurs, c’est le moment des danses, et tout semble se dérouler de façon classique …Changement de décor … et de rythme , au bout d’une heure ou deux, Natalia qui s’est changée revient habillée en meneuse de revue d’Amérique du Sud, avec un gigantesque éventail de plumes sur la tête , et accompagnée d’une fine équipe de danseurs et danseuses superbement maquillés et déguisés .Ensemble sur scène, ils vont mettre le feu sur des airs endiablés…Waouh ça ne s’improvise pas de danser comme ça ! Natalia commence par nous faire un véritable show sur scène ,Et tous les classiques de ce continent y passent ,pendant que des danseurs du groupe viennent nous chercher, et nous font tous participer, tant ils font vivre les chorégraphies et savent lever nos inhibitions …Oui, l’ambiance était si survoltée et si sympathique à la fois , que j’ai même dansé un bon moment …Nous repartons avec le premier bus, celui de 3h 30, fatigués mais remplis d’émotion et de bonheur après ce mariage de rêve …Je vous souhaite tout le bonheur du monde , mes chers amis …

Jeudi 2 Avril : Arménia-Popayan

Après une courte nuit, nous pensions ne trouver que les employées debout à la finca mais Miriam et Carlos débarquent en pyjama prendre leur petit-déjeuner et nous pouvons leur dire au revoir et les remercier chaleureusement pour leur accueil extraordinaire.Pendant ces quelques jours, nous avons fait véritablement partie de la famille et avons partagé leurs joies , mais nous ne sous estimons pas l’énorme travail que toute cette organisation a représenté en amont .Enfin nous nous serrons tous dans les bras et c’est bénis ( au sens propre) et munis de mille recommandations de prudence que nous allons maintenant suivre notre chemin. Nous remercions aussi Claudio et son épouse Anita chez qui nous avons logé dans d’excellentes conditions et qui nous ont aussi permis de découvrir la chaleur de l’hospitalité colombienne. Néanmoins c’est maintenant que notre voyage commence vraiment et nous en sommes très heureux …Un taxi nous amène à la gare routière et nous partons donc à midi vers Popayan, que nous atteignons en sept heures de bus via Cali. Le voyage est sans histoire, la route en bon état, notre conducteur est prudent et nous occupons les deux places de devant, ce qui nous permet de bien voir le paysage : des pâturages et des forêts vallonnées, à la végétation tropicale , entrecoupées par de petites villes bien développées . C ‘est à la nuit que nous arrivons à Popayan , l’une des principales villes spirituelles de Colombie. La semaine sainte y est particulièrement fêtée, ce qui motive notre venue .D’ailleurs , nous avons beaucoup de mal à trouver un taxi car des dizaines de personnes en cherchent un aussi, et c’est finalement une famille colombienne, dont le monsieur est tout fier de pratiquer son anglais, qui va nous y aider.Le taxi ne peut nous déposer près de notre hôtel car tout accès au centre historique est fermé pour la procession de ce soir. Il nous amène au plus près et nous nous trouvons donc en train de chercher notre hôtel, situé calle 5 , au milieu de dizaines de milliers de personnes massées pour attendre la procession. Tout est bien encadré et organisé, et lorsque nous demandons à plusieurs policiers où se trouve la calle 5, ils se mettent tous en quatre pour la trouver, allant même jusqu’à nous y amener à travers les rues surpeuplées . Le Parklife hostel , maison traditionnelle aux vieux planchers, est devenue une auberge de jeunesse à peine améliorée, mais son principal atout est sa situation. Notre chambre en angle domine la place principale , lieu de vie de mille activités, , remplie de petits stands informels , où se rassemblent les générations …Après avoir mangé, nous nous mêlons à la foule qui regarde passer les processions. Les hommes y portent de lourdes statues, ou socles de plusieurs statues, certaines font 2 ou 3 mètres de hauteur  ; on les conserve depuis 1858, date de la première cérémonie connue et depuis lors cette charge de porteur se transmet avec fierté de père en fils . On voit en tout cas que les charges sont lourdes et que les hommes, qui vont arpenter les rues durant plusieurs heures, souffrent beaucoup. Régulièrement et en rythme, ils posent les statues sur le sol ( les socles ont des espèces de pieds escamotables) puis d’un coup et en grimaçant remettent les bâtons sur leur épaule et repartent à pas lents. Parallèlement, en avant et en arrière de la procession viennent des fanfares, puis des marches silencieuses de milliers de personnes portant des bougies. Il y a énormément de jeunes.Tout se déroule dans le calme et c’est assez émouvant .L’Unesco a d’ailleurs inscrit cette tradition au patrimoine immatériel de l’humanité en 2009.

Vendredi 3 Avril : Popayan

C ‘est le vendredi saint, et après un petit-déjeuner classiquement bon ( aucune difficulté pour avoir ici café au lait et croissants) , nous partons nous promener dans Popayan, «  la ville blanche ». Il ya déjà un monde fou ! Le centre historique de Popayan est bâti autour d’une place coloniale à laquelle mènent de larges rues selon un plan géométrique et la ville a un certain charme, sans pouvoir à mon avis rivaliser avec Cusco ou Antigua. Nous visitons quelques églises, joliment décorées sans qu’on y trouve là non plus l’exubérance des églises péruviennes , mais ici en revanche prendre des photos est autorisé dans les églises, et les Colombiens ne s’en privent pas, mitraillant et prenant des selfies à qui mieux mieux…Nous montons en particuliers à la basilique de Belem d’où l’on a une jolie vue sur la ville et où repose depuis 1717 l’image de l’Ecce Homo , le saint patron de Popayan. Il y a des escadrons de policiers absolument partout, mais dans une atmosphère bon enfant .La foule semble d’ailleurs très calme et auto disciplinée .

Durant la semaine sainte, de nombreuses expositions et de nombreux concerts sont organisés et nous en profitons pour aller écouter un concert de musique de chambre dans un grand théâtre ; celui-ci est archi complet et nous ne trouvons des places qu’au cinquième niveau, c’est amusant . Puis après avoir mangé dans un petit restaurant tout simple, où nous avons droit pour à peine plus de deux euros au menu du jour ( salade de légumes, plat de poisson en sauce avec riz et plantain, boisson sucrée) , nous continuons à nous promener en ville, avec deux passages dans la chambre pour laisser passer des averses ! Le soir nous allons boire un verre dans un bar sympa , où j’avoue que mon seul mojito côute plus que nos deux repas de midi, avant d’aller manger pour attendre la procession de ce soir, qui doit être plus importante encore que celle d’hier. De fait, dès 19 heures, les gens prennent leur place sur le trajet, avec leur fauteuil .Tous les balcons sont occupés et nous avons même vu des affiches en proposant à la location.Lorsque nous sortons après avoir mangé sur le pas de porte du restaurant, nous réalisons vite que nous devrons y rester jusqu’à la fin de la procession, impossible de faire un pas dehors tant la marée humaine est dense ! Il y a encore plus de spectateurs qu’hier si c’est possible , et encore plus de participants aux marches silencieuses avec bougies qui accompagnent chaque ensemble de statues .La procession va durer plus de quatre heures , dans une grande atmosphère de dévotion et de calme. Des dames devant nous récitent des prières avec ferveur.Un petit gamin qui tenait en main son ballon à l’hélium se voit enjoindre par un prêtre du cortège de le poser car «  no es una fiesta »…Dès la procession terminée dans notre rue, des agents s’emploient avec énergie à la nettoyer .La fête est loin d’être finie en ville mais nous ne tardons pas à nous écrouler dans notre chambre !

Samedi 4 Avril : Popayan-San Agustin

Nous n’avions pas de plan bien défini pour aujourd’hui et avons d’abord envisagé d’aller à Silvia, un village indigène, puis aux thermes de San Juan où l’on peut se baigner dans des piscines naturelles d’eau chaude, au milieu des montagnes, mais les bus y menant sont complets jusqu’à 14 heures, et nous changeons donc nos plans afin de rejoindre dès cet après-midi San Agustin, à environ quatre heures de route. Traversant une ville calme et déjà remarquablement propre,nous rentrons donc prévenir l’hôtel, refaire nos sacs et repartons à la gare routière.

Nous prenons le menu du jour dans un petit restaurant non loin du terminal ( soupe de pommes de terre, viande, riz et galette, avec l’habituelle boisson sucrée) pour 8000 pesos, trois euros à nous deux ! Ce n’est pas de la grande gastronomie, mais c’est mangeable. Puis nous partons vers San Agustin dans un minibus.Avant le départ, le chauffeur distribue des sachets en plastique ! Tout de suite effectivement, la route serpente dur en escaladant la montagne , puis nous arrivons sur un grand plateau d’où la vue s’élargit .On longe sur notre gauche le parc national de Purace, dont le volcan , qui culmine à l’altitude du Mont Blanc, se perd dans les nuages. Nous avons pensé en faire l’ascension mais y avons renoncé à cause des températures, qui peuvent être négatives, et rendues plus difficiles encore par un vent glacial.Après quelques petits villages indigènes , la route devient une piste et nous ne roulons plus qu’à travers une végétation équatoriale extrêmement dense ( on dirait la Guyane).Parfois la piste est encaissée et sans vue, mais le plus souvent elle ouvre des perspectives à perte de vue sur les montagnes et vallées alentour.Le trajet est un peu long, 4 heures et quelques, et il fait nuit lorsque nous arrivons à San Agustin , d’où nous prenons un taxi pour nous amener à la finca que nous avons réservée, en pleine nature. Nous allons dormir dans un beau petit chalet en bois et bambou, dans un joli jardin tropical.

Dimanche 5 Avril : San Agustin

Ne pas oublier d’ouvrir la deuxième page des photos lorsqu’il y en a plusieurs …Ce n’est peut-être pas très clair !

25 ans de ma Justine chérie aujourd’hui ! Nous avons bien dormi dans notre joli chalet, bercés par les trombes d’eau qui ont dégringolé sur les tôles jusqu’au matin. Mais nous sommes chanceux, il y a un magnifique soleil lorsque nous nous levons .Après un petit-déjeuner bio à la finca, nous partons à pied vers l’entrée du parc archéologique précolombien de San Agustin, à trois kilomètres. Nous découvrons un joli parc, très bien entretenu, et au prix raisonnable , 20 000 pesos pour deux jours de visite ( apparemment en Colombie il n’y a pas de prix différent pour les touristes, c’est appréciable) .Pendant quelques heures, nous visitons donc les quatre sites du parc : d’abord le Bosque de los estatuas, où une trentaine de statues ont été rassemblées le long d’un petit sentier qui serpente dans les bois;On se croirait dans une jungle féerique et c’est une bonne introduction à la découverte des vestiges de ces civilisations précolombiennes bien antérieures à celle des Incas et dont on sait au final très peu de chose.Au fil de la visite, nous découvrons ensuite quatre clairières , les mésitas, anciens lieux d’habitation aplanis pour la construction des maisons et des lieux funéraires, où on trouve des tombes veillées par d’imposants gardiens de pierre ( chaman avec coiffe et moustaches de félin, singes siamois, hibou, femmes enceintes, hommes souvent en érection, personnages aux yeux globuleux…..).Puis nous descendons jusqu’à la Fuente des lavapatas, littéralement fontaine pour le lavage des pieds, d’où nous dominons par un pont suspendu un impressionnant ensemble de sculptures dans la rivière.L’eau s’écoule à travers un labyrinthe sur la roche polie et l’on distingue sous les petites cascades des représentations de personnages et d’animaux.

Le petit musée associé au parc vaut la visite : j’aime en particulier voir les vieilles photos montrant les premières fouilles et la découverte de statues emblématiques comme le hibou.

Nous redescendons en minibus San Agustin, que le guide décrivait comme assez touristique, mais qui n’est qu’un gros village, même s’il y a effectivement quelques échoppes et boutiques artisanales dans la rue principale.L’artisanat est principalement amazonien et rien n’est vraiment joli, sauf des attrape-rêves ( j’en achète un) .Nous mangeons le menu du jour à 7000 pesos ( voir photo!) dans un petit restaurant local, entourés en ce dimanche de Pâques de familles colombiennes. Il d’ailleurs très peu de touristes et parfois les gens viennent nous parler, nous demander d’où nous venons, voire nous prendre en photo, mais toujours avec discrétion et gentillesse. Curieusement, car je n’ai jamais perçu en France que la Colombie soit une destination prisée, les rares touristes que nous avons rencontrés ou entendus sont des Français !

Après cette excellente journée ensoleillée à peine sommes-nous revenus à l’hôtel qu’éclate un fort orage tropical, avec pluie violente , et coupure d’électricité ! Nous avons décidément de la chance, pourvu que ça dure ! Le soir nous nous mettons d’accord avec Pacho , qui travaille à la finca, pour partir demain en jeep visiter d’autres sites situés à une trentaine de kilomètres du village et accessibles seulement en jeep ou à cheval.

Lundi 6 Avril : San Agustin

Vers 9 heures et pour 40 000 pesos par personne, nous partons en jeep pour ce qui va être une longue journée. Nous empruntons en effet des pistes défoncées sur la majorité du trajet. . Nous commençons par aller dans des gorges au point le plus étroit de la rivière Magdalena, la plus longue rivière de Colombie avec ses 1560 kilomètres.Ensuite au fil de la journée, nous allons passer d’une vallée à l’autre., découvrant encore des paysages grandioses, qu’ils soient faits de pâturages, de champs de canne à sucre ou de forêts. Les maisons, qu’elles soient simples ou plus cossues, sont toutes coquettes avec leurs vieilles tuiles sombres et de nombreux pots fleuris qui les décorent .

Les sites archéologiques que nous visitons se situent à peu près à 30 kilomètres de San Agustin, près du village de San José de Isnos, et font aussi partie du parc vu hier, donc il n’y a pas besoin de repayer. Ils sont conçus également sur le même modèle, avec des panneaux explicatifs pour chaque tombe ou statue protégée par un toit , et de larges clairières bien tondues, on dirait un golf ! Le site Alto de los idolos comporte essentiellement des tombeaux, datant du 1er siècle avant JC au VIIIème siècle de notre ère, donc plus tardifs que ceux vus hier.Il y a à la fois des sarcophages monolithiques et des tombes recouvertes de grandes dalles de pierre. Le deuxième site , Alto de las piedras est plus petit, mais comporte quelques-unes des statues les plus connues de San Agustin, dont le « double yo », statue à deux têtes reprenant le mythe de la double personnalité.

Nous terminons le circuit par deux cascades, Salto del Bordones, et Salto del Mortino.Le Bordones se précipite au fond du canyon de 300 mètres d’altitude, c’est la plus haute chute de la Colombie et le site est très impressionnant. Un sentier descend à la base de la cascade en une heure, dommage nous n’avons pas le temps car la remontée dure le double  ! La deuxième cascade est différente mais époustouflante aussi . Nous rentrons vers cinq heures, plus fatigués que la veille par le périple en jeep et ne faisons pas long feu…

Mardi 7 Avril : San Agustin

Aujourd’hui c’est à cheval que nous décidons d’aller visiter d’autres sites, je ne suis pas enthousiaste vu mes précédentes expériences mais il semble que certains sentiers soient tellement boueux qu’on ne peut les pratiquer qu’avec des bottes…ce sera donc le cheval !Dûment prévenu de mes inquiétudes, Paco appelle un de ses collègues qui arrive avec deux chevaux particulièrement calmes et dociles.Nous payons 120 000 peos pour deux, cela aurait pu être 100 000 mais nous nous y sommes pris un peu tard, et puis surtout nous ne sommes que nous deux!  Nous allons faire un petit tour d’une dizaine de kilomètres autour du village, découvrant les sites de la Pelota et surtout de El Purutal qui comporte les deux seules statues peintes de toute la région. Il s’agirait d’un chaman s’apprêtant au sacrifice ( il porte dans ses mains un couteau et un enfant) et d’une femme portant son enfant pour l’offrir au sacrifice, mais ce ne sont que des supputations.En tout cas, ces deux tombes étaient celles de personnages importants, vu la hauteur du tumulus artificiel qui les protégeait et le fait qu’elles soient colorées. La pluie nous surprend et nous nous arrêtons le temps de manger dans une gargote où la dame nous propose un pichet de délicieux jus de « lullo » , un fruit orange que je n’ai pas rencontré ailleurs.La promenade est magnifique, nous rencontrons plein de petites maisons fleuries entourées de champs de café, de maïs, de canne à sucre…C ‘est très vallonné et à un moment les chevaux doivent même descendre une côte très pentue et très boueuse dans laquelle ils glissent…le guide nous a prévenus avant mais c’est très impressionnant et je n’aurais jamais fait cela seule ! Heureusement mon guide tient la longe de mon cheval tout au long de la promenade, ( j’assume ma totale incompétence!) .Antony qui était inquiet aussi se débrouille pas trop mal et son cheval fera même quelques petites pointes de galop ! Le dernier site, celui de la Chaquira, est le plus époustouflant . C’est un panorama d’où nous avons à 180° une vue extraordinaire sur les montagnes, les vallées, la rivière Magdalena en contrebas et cinq cascades ! Site sacré où il n’y a pas de tombes mais quelques sculptures énigmatiques sur les rochers …C ‘est enchantés de notre journée ( et un peu fiers de nous!) que nous regagnons la finca où il est temps de refaire les sacs …Demain en effet nous devons partir à l’aube vers Tierradentro pour une longue journée de voyage…

Mercredi 8 Avril : San Agustin- Tierradentro

Le guide conseille de prévoir huit heures pour les 250 kilomètres qui séparent les deux villes, en conséquence nous avons demandé à un taxi de venir nous chercher à 5h45 à la finca. De là, alors qu’on nous avait parlé de temps d’attente aléatoire ( car il y a quand même deux changements), les connections s’enchaînent sans aucun temps d’attente. De San Agustin à Pitalito ( 40 mn) , nous sommes dans une voiture bâchée mais à l’avant et il n’y a que trois passagers.De Pitalito à La Plata ( 3 heures) , nous sommes 4 dans une Kia Carnival très confortable, et je suis à côté du chauffeur .Les deux fois, nous débarquons dans une gare routière neuve, hyper propre , où tout fonctionne parfaitement .Nous ne sommes décidément pas dans un pays du Tiers Monde ! Au fil du voyage, nous voyons le paysage changer, et s’il y a toujours des cultures de maïs, canne à sucre et café, les pentes sont de moins en moins boisées.Est-ce naturellement du à l’altitude, aux sols ou est-ce du à la déforestation ( nous verrons un feu de brûlis sur le trajet ) , je ne sais pas ..Le trajet se poursuit. .Nous n’avions eu depuis notre arrivée que des conducteurs calmes et prudents, mais ça se gâte un peu pour la dernière heure de trajet, un tronçon d’une heure sur une piste plutôt défoncée où il y a de gros travaux sur une longue portion et où le jeune conducteur roule comme un fou ! Comme nous sommes à l’arrière d’un véhicule bâché, les cahots sont particulièrement éprouvants et c’est de surcroît totalement couverts de poussière que nous arrivons à San Andres. Nous voici dans un petit village de bout du monde , à environ 1700 mètres d’altitude , avec quelques maisons, des hébergements sommaires, une école, quelques petites épiceries. Nous y trouvons une chambre très basique , avec eau froide ( 35 000 pesos ) mais le guide indique que c’est à prix doux le meilleur restaurant du village, et les propriétaires se révèlent adorables . Depuis le début de ce voyage, nous sommes d’ailleurs marqués par l’extrême gentillesse de tous les Colombiens .Après nous être installés et avoir pris le menu du jour, nous flânons jusqu’à l’entrée du parc, vingt minutes de marche plus bas, prenons nos billets pour demain et visitons les deux petits musées qui sont sur le site, un musée archéologique, comportant essentiellement des poteries, et un musée ethnographique qui évoque le mode de vie des indigènes Paece. On les appelle aussi les Nasa, ils occupaient déjà cette région bien avant l’arrivée des Espagnols et des terres leur ont été ré-attribuées pour que leur groupe ethnique se maintienne.

Nous croisons deux, trois couples de touristes , pas plus, au restaurant. Le soir, nous sommes au lit et blottis sous nos couvertures vers 20 h 30 !!!! Antony s’est douché, moi quand il n’y pas d’eau chaude et qu’il fait frisquet, je ne me lave pas:-)

Jeudi 9 Avril : Tierradento

Forcément, nous nous réveillons quasiment avec le jour, et c’est très bien car une grande journée nous attend.Aujourd’hui nous allons découvrir un site unique de tombes hypogée, qui auraient environ 3000 ans. Ce sont des sépultures souterraines de grande dimension taillées dans le tuf, une espèce de cendre volcanique durcie. On y accède généralement par un escalier hélicoïdal ( de sept à seize marches pour ceux que nous verrons) , dont les premières marches sont très très hautes ( de 40 à 60 environ) tandis que les 4 ou 5 dernières sont droites et ouvrent sur la chambre funéraire .On estime qu’il fallait plus d’un an pour construire un hypogée , et les archéologues en ont trouvé une centaine autour de Tierradento , groupées par dizaines ; c’est le plus grand ensemble de sites funéraires du pays, et le site a été aussi déclaré patrimoine culturel de l’humanité en 1995 ( informations données par Le Petit Futé) .Les tombes les plus grandes se présentent sous forme de grande chambre, comportant des niches dans les murs, et supportée par des piliers centraux. Les plus belles, celles du site Segovia , et une du site El Aguacate, ont conservé leurs peintures d’origine, avec des motifs géométriques blancs, rouges et noirs, et des sculptures humaines ou zoomorphiques sur les piliers. Ce sont des lieux très spirituels, très émouvants, et le fait que nous soyions totalement seuls à les admirer ajoute encore à notre sentiment d’être privilègiés.  En effet il n’y a quasiment pas de touristes et les gardiens sont tout heureux de nous ouvrir les tombes et de discuter avec nous .

Comme les sites sont assez disséminés, entre el Aguacate et Segovia nous faisons une superbe balade de quatre heures, qui n’a rien à envier à mes randonnées dans Mafate!Les montées sont rudes ( environ 1000 mètres de déniveleté positif) mais tout au long de la randonnée nous ne sommes entourés que de paysages superbes et le final est une apothéose  ! Au sommet, nous sommes sur un plateau rocheux d’où une vue à 360° s’ouvre à nous. De quelque côté que nous regardions, San Andres d’un côté, Inza de l’autre, ce ne sont que pics acérés, vallées profondes , gorges verdoyantes..On distingue bien toutes les voies d’accès des différentes vallées, dont celle d’où nous sommes arrivés hier via La Plata, et celle qui amènerait vers Popayan . Rien ne peut nous laisser oublier que nous sommes en plein dans la Cordillière centrale . De plus, alors que l’atmosphère était un peu brumeuse, le soleil se lève…C ‘est fatigués mais contents qu’après toutes les visites nous nous affalons sur un banc dans une petite tienda où la dame nous concocte de délicieux jus de fruits frais : mangue, banane, maracudja ….De plus elle fait une jatte complète devant nous, et quand notre verre est vide nous le remplit une deuxième fois , ceci pour 2000 pesos, 80 centimes d’euro ! Le soir , nous nous régalons de poulet grillé , poulets qui sont ici un peu ferme et délicieux , et de la salade + riz habituels, plus des frites de patate douce pour changer des habituels haricots.Depuis notre arrivée, nous n’avons pas rencontré de vraie gastronomie mais les plats sont sains, copieux et de bonne facture pour des prix plus que raisonnables. Le soir nous payons notre note de 138 000 pesos pour deux nuits, cinq repas, quelques bières et deux petits-déjeuners…. certes il n’y avait pas d’eau chaude mais cela fait 55 euros !

Vendredi 10 Avril : San Andres- Désert de Tatacoa

C‘est encore une journée de voyage.Nous repartons le matin en camionnette bâchée, et c’est un peu moins dur car le conducteur est plus calme, les amortisseurs remplissent leur rôle et on a libéré les bâches qui protègent un peu de la poussière ! Là aussi les deux connections s’enchaînent sans perte de temps mais cela nous prendra quand même sept heures pour rejoindre Villavieja via La Plata et Neiva . Nous voyons ce faisant la végétation changer, devenir de plus en plus sèche, et surtout la température augmente, ce qui n’est pas pour me déplaire…L’altitude de Neiva est de 450 mètres au lieu de 2100 m pour Tierradentro , CQFD ! Nous nous faisons amener directement dans le désert de Tatacoa et trouvons un petit hébergement familial en pleine campagne . Même s’il est quatre heures, nous commandons notre « almuerzo » et on nous sert encore un délicieux poulet rôti…je crois que cela va faire comme les bananes pour moi après avoir connu les régimes mûris sur pied, je ne pourrai plus jamais manger du poulet fade ou élevé en batterie ! Je vais ensuite laver un peu de linge car entre la pluie et les randonnées , je n’en ai plus beaucoup de disponible, et j’utilise pour cela l’eau du puits : il y a en effet de l’eau dans le désert , mais en profondeur .Là il fait si chaud que je peux me doucher à l’eau froide sans souffrir, une belle gageure pour moi La famille vit dehors et regarde la télé à l’extérieur au milieu des poules et des biquettes ! Hélas, si l’endroit est sympa, la nuit va être difficile car il fait horriblement chaud, il n’y a ni ventilateur ni moustiquaire mais de petites bestioles et des moustiques qui sortent de partout nous attaquer ! Antony va d’ailleurs dormir dehors dans un hamac mais sans guère plus de succès !

Samedi 11 Avril : Désert de Tatacoa-Neivia

Nous avons pris un tour avec les filles de la maison afin de visiter le désert de Tatacoa qui d’ailleurs n’est techniquement pas un désert mais une forêt sèche tropicale .Nous partons donc à l’arrière de deux motos voir les deux parties principales de ce désert .D’abord nous parcourons à pied une partie du secteur de Los Hoyos , appelé le désert gris à cause du potassium, du magnésium et du soufre présents dans les sols .Il y a quelques formations géologiques intéressantes, plusieurs sortes de cactus dont l’un porte des petits fruits roses en forme de piment dont l’intérieur est le même que celui des pittayas, et au bout de la promenade , une piscine a même été construite, utilisant l’eau minéralisée tirée du puits adjacent …C ‘est un délice de s’y tremper et je me régale, ça fait un bien fou alors qu’il fait 33° . Le papa-guide nous dit que la température monte fréquemment jusqu’à 47°, mais le soleil est un peu voilé aujourd’hui, nous sommes bien tombés !

La partie rouge ressemble davantage à un vrai désert, on se balade dans des labyrinthes géologiques impressionnants, mais de là à dire « qu’il est facile de se perdre dans les méandres du désert »comme l’écrit le guide, cela me semble un peu exagéré , car tout reste de taille réduite ! On nous dit que des films, des clips dont un de Shakira qui est colombienne, y ont été tournés, et c’est vrai que l’endroit est agréable à voir même s’il n’est pas exceptionnel. En tout cas c’est là que mes chaussures de marche noires ( avec les quelles j’avais fait les Huashan s’il vous plait!) vont rendre l’âme . Un collectivo nous ramène en début d’après-midi à Neiva où nous avons prévu de passer une nuit pour laver du linge et nous reconnecter à l’internet ! Voilà une vraie ville, sans charme spécifique mais ça fait du bien aussi de flâner dans des rues animées …et la chambre a un ventilateur !

Dimanche 12 Avril : Neiva-Bogota-Tunja-Villa de Leyva

Que du voyage aujourd’hui ! Hier soir nous avons bien réfléchi à la suite du voyage. Certes nous voulons garder trois ou quatre jours à la fin pour Bogota et ses environs, mais il nous reste une grosse semaine …On s’est donc demandé si on partait vers Cali et la côte pacifique, ou si nous prenions un avion pour monter vers Carthagène et Santa Marta, mais finalement et comme on ne peut tout faire cette fois-ci , nous conservons notre idée de départ et restons dans la partie andine.Direction donc ce matin vers Bogota , en cinq heures environ , dans un bus confortable avec des toilettes. Il y a un contrôle de police dans le bus avant le départ, tous les Colombiens doivent confier leur pièce d’identité qui leur est rendue après un contrôle au poste .Le trajet vers Bogota se déroule principalement dans la plaine et sur une vraie autoroute ; seules les dernières heures nous voient franchir à nouveau la cordillière centrale.Nous continuons dans la foulée vers Tonja, puis dans un collectivo vers Villa de Leyva. Je ne sais toujours pas si nous avons de la chance ou si des bus partent à toute heure vers toutes les directions, mais comme d’habitude on arrive dans le terminal, on prend un billet et on repart illico ! Cela fait quand même une grosse journée car nous n ’arrivons à Villa qu’à 20h30.Sitôt installés dans un hôtel, nous ressortons manger dans un restaurant de cette petite ville touristique , ce sera un vrai restaurant, avec un joli décor dans le patio intérieur, pour le meilleur repas de ce voyage, deux médaillons de bœuf saignants sauce au bleu…mais pour un prix quasiment européen ! Nous le méritons bien !

Lundi 13 Avril : Villa de Leyva

Après avoir cherché à changer d’hôtel , car la chambre minuscule est à 100 000 pesos, et découvert qu’il n’y avait rien de moins cher, nous nous promenons dans cette jolie petite ville, construite en 1572 au fond d’une vallée aride, et qui semble ne pas avoir changé depuis.C ‘est un exemple typique de ville coloniale espagnole et elle a un certain charme avec ses rues grossièrement pavées de pierres irrégulières, ses maisons blanches aux vieilles tuiles, maisons toujours à deux étages et pourvues de balcons verts en bois, généralement couvertes de bougainvilliers et dont les grandes portes ouvrent sur des patios fleuris …Mais que c’est mort ! D’après le guide, la ville est envahie les week-ends et il arrive qu’on n’y trouve plus à se loger, alors qu’il y a des hébergements à tous les coins de rues, mais aujourd’hui notre hôtel est vide, nous étions seuls au restaurant hier, beaucoup de boutiques d’artisanat sont fermées et tous les bars et restaurants que nous croisons semblent peu ou prou vides aussi. C ‘est encore plus frappant sur la place centrale de la ville, la Plaza Mayor, qui est absolument gigantesque et disproportionnée par rapport au reste du bourg, d’autant qu’elle est toute vide, sans un arbre pour égayer les pierres grises. Bref une espèce de ville-musée, de surcroît bien chère,  mais à l’atmosphère néanmoins agréable et reposante.Demain nous allons essayer de louer un taxi pour visiter les alentours, enfin si Antony va mieux car il est un peu patraque , ça sent l’indigestion ou l’intoxication…

Lundi 13 Avril : Villa de Leyva

Après avoir cherché à changer d’hôtel , car la chambre minuscule est à 100 000 pesos, et découvert qu’il n’y avait rien de moins cher, nous nous promenons dans cette jolie petite ville, construite en 1572 au fond d’une vallée aride, et qui semble ne pas avoir changé depuis.C ‘est un exemple typique de ville coloniale espagnole et elle a un certain charme avec ses rues grossièrement pavées de pierres irrégulières, ses maisons blanches aux vieilles tuiles, maisons toujours à deux étages et pourvues de balcons verts en bois, généralement couvertes de bougainvilliers et dont les grandes portes ouvrent sur des patios fleuris …Mais que c’est mort ! D’après le guide, la ville est envahie les week-ends et il arrive qu’on n’y trouve plus à se loger, alors qu’il y a des hébergements à tous les coins de rues, mais aujourd’hui notre hôtel est vide, nous étions seuls au restaurant hier, beaucoup de boutiques d’artisanat sont fermées et tous les bars et restaurants que nous croisons semblent peu ou prou vides aussi. C ‘est encore plus frappant sur la place centrale de la ville, la Plaza Mayor, qui est absolument gigantesque ( 14 400 m2) et disproportionnée par rapport au reste du bourg, d’autant qu’elle est toute vide, sans un arbre pour égayer les pierres grises. Bref une espèce de ville-musée, mais à l’atmosphère néanmoins agréable et reposante.Demain nous allons essayer de louer un taxi pour visiter les alentours, enfin si Antony va mieux car il est un peu patraque , ça sent l’indigestion ou l’intoxication…

Mardi 14 Avril : Villa de Leyva

Antony va bien mieux ce matin, mais la journée commence néanmoins avec un gros coup de stress car une famille américano-colombienne , qui avait rejoint l’hôtel hier soir ( et y avait été très bruyante!) se trompe et un des hommes ramasse le sac à dos d’Antony quand nous déjeunons côte à côte , avant qu’ils ne partent définitivement !Or il y a passeport, argent, carte de crédit, camescope …dans le sac à dos ! On essaie sans succès de les appeler sur le numéro belge ( oui, apparemment ils vivent en Belgique ! ) que l’hôtel ( qui ne peut les appeler car leur téléphone n’a pas de crédit!) nous donne ,on court essayer de les retrouver au terminal, on essaie d’expliquer péniblement la situation au policier ( super gentil mais totalement inefficace) … Finalement en retournant à l’hôtel voir s’ils sont revenus, et en prenant une photo du registre avant d’aller au poste de police, on découvre qu’il y a un autre numéro , colombien celui-ci, sur la fiche de la deuxième chambre …Antony les appelle et sans s’excuser ils annoncent qu’ils font demi-tour et seront là dans une heure et quelques. …Heureusement la dame est un peu plus aimable que son mari qui ne sort même pas de la voiture et nous ignore…Bref après un début de journée un peu chamboulé, il est 11 heures mais nous ne voulons néanmoins pas que la journée soit gâchée .

Nous hélons tout de suite un taxi et le chartérisons pour la journée et pour faire le tour classique des points d’intérêt autour de Villa .Les alentours nous permettent d’ailleurs de découvrir de très belles maisons bourgeoises , puis plus loin pas mal de culture de tomates sous serre. On commence rapidement par deux curiosités susceptibles d’intéresser davantage des spécialistes que le tourisme lambda : El Infiernito et El Fossil.La première est une découverte archéologique récente dont on suppose qu’il fut un lieu de rites indigènes.Il y a des rangées de pierres rectangulaires alignées pour former une espèce d’horloge, dont les Indiens Muisca se servaient pour déterminer les saisons, et il y a surtout un champ entier de phallus de pierre de toutes les tailles ! La deuxième curiosité est un musée de fossiles puisque toute cette région était recouverte par la mer il y a approximativement 120 millions d’années et on y trouve des fossiles partout ! Le musée offre surtout à voir le fossile d’ une sorte de reptile marin du jurassique , long de 15 mètres et très bien conservé ( et pas sympathique du tout!) .Nous faisons ensuite un petit arrêt dégustation aux caves et au vignoble Ain Karim, un des rares vignobles colombiens puisqu’il n’y en a que trois.Il s’agit en l’occurrence d’un petit vignoble, avec des plants jeunes, et qui ne fournit qu’entre 15 et 17 000 litres par an, pour un vin que nous trouvons plutôt âpre et de qualité très moyenne, mais le verre de vin accompagné d’une assiette de fromages se laisse néanmoins boire ! L’étape suivante est un monastère isolé, fondé en 1620 par les Dominicains et dont je trouve la visite très agréable. C ‘est le Convento de santo Ecce Homo.Comme tous ces couvents, il a un magnifique patio fleuri entouré de belles arcades.Les sols pavés et séculaires sont magnifiques, certains d’ailleurs le sont de fossiles ! Il y a un très beau retable doré, et la plupart des pièces sont remplies d’objets d’époque , de vieux parchemins, et de tableaux religieux , le tout évoquant la vie des prêtres à leur arrivée dans la région. Mais assez de culture pour le moment et nous continuons, toujours dans de très beaux paysages vallonnées, vers Raquira, qui est un petit village entièrement dédié à la poterie et à l’artisanat.Enfin, dirais-je, car jusqu’ici on a vu très peu d’artisanat .Là, si la poterie est bien fabriquée dans la région ( mais il y a très peu de jolies choses), beaucoup d’articles viennent des pays limitrophes, voire d’Indonésie…Nous achetons à nous deux trois beaux hamacs sud-américains à défaut d’être colombiens ; ils restent chers, les miens qui sont les plus beaux sont à 90 euros pièce, mais avec un très beau travail de franges que j’ai rarement vu ailleurs et ils feront de jolis souvenirs du voyage. Pour finir, nous poussons encore 7 kilomètres plus loin vers La Candelaria, où un couvent fut fondé en 1597 par le médecin de Philippe II qui mourut à 105 ans ! Là aussi nous pouvons admirer de beaux bâtiments fleuris, autour de patios centraux, et de multiples tableaux et objets religieux…Il est à noter que nous avons été absolument seuls pour toutes ces visites…pas un touriste, fut-il colombien ! Au final donc, quelques heures de visites agréables et tranquilles, sous un très beau soleil …Après, quand il faut réagencer tous les sacs pour y rajouter les trois hamacs doubles plus un siège hamac que j’ai rajouté au dernier moment en repassant par Raquira, c’est évidemment un peu difficile!Nous serons nettement plus chargés pour la fin du voyage ! Et pour nous remettre de nos efforts, au cas où nous aurions besoin d’un prétexte, nous retournons manger les mêmes médaillons sauce au bleu qu’il y a deux jours …

Mercredi 15 Avril : Villa de Leyva-Saint Gil

Notre gentil taxi d’hier revient nous chercher ce matin et nous partons vers Saint Gil, une petite ville à environ 4 heures plus au Nord. Il y aura encore deux changements pour y arriver. Le premier minibus prend vraiment le chemin des écoliers à travers la montagne, sur une piste si étroite qu’on ne peut s’y croiser . Les paysages sont très ruraux et les habitants plus authentiques : on voit des femmes portant le feutre, et souvent une jupe sur pantalon comme je l’ai vu ailleurs en Amérique du Sud, des hommes transportant des sacs entiers d’oignons au village voisin…En plus du maïs dont on rencontre souvent des petits lopins , je découvre sur ce trajet des champs entiers de culture de framboises, et aussi , plus curieusement, de physallis, ce qu’on appelle aussi l’amour en cage et dont le petit fruit orange est très bon. Toutes les branches de ce petit arbuste sont étirées et maintenues en hauteur par tout un entrelas de fils qui couvre le champ entier comme une énorme toile d’araignée géométrique, c’est assez surprenant.

San Gil est blotti au milieu d’un paysage de toute beauté ( à 1400 mètres d’altitude seulement alors que Villa de Leyva est à 2100 mètres) et s’est converti depuis quelques années en centre de randonnées et surtout de sports extrêmes. Le responsable du petit hôtel sans aucune prétention ( mais avec grande chambre, patio avec hamacs, wifi dans la chambre, et douche commune avec eau chaude, yes ! Pour 40 000 pesos ) nous détaille tout ce que nous pourrions faire …et ne ferons pas : hydrospeed, escalade, vtt sportif, saut à l’élastique, rafting classe 4 et 5 et j’en passe ! Pour nous, ce sera plus modestement de belles randonnées, la découverte de vieux villages coloniaux, et éventuellement du parapente sur le canyon de Chicamocha mais nous verrons ! En tout cas, il y a quelques touristes, de bons restaurants avec un peu d’ambiance, et nous mangeons mexicain après un bon mojito…Avant cela, je suis allée refaire ma couleur dans un petit salon à côté de l’hôtel et la télé colombienne passe en boucle des reportages sur une attaque des Farc contre une garnison , où dix militaires ont été tués et dix-sept blessés , dans un hameau de la province du Cauca , un endroit où nous sommes passés il y a deux semaines. La guérilla marxiste est pourtant engagée depuis Novembre 2012 dans un processus de paix avec le gouvernement, et il n’y avait eu depuis cette date que des escarmouches entre les deux camps  . Espérons que cela ne va pas tout remettre en cause …

Jeudi 16 Avril : San Gil

Un petit bus local nous amène ce matin vers un joli site de cascades, le parc Juan Curi où nous passons quelques heures agréables à nous promener, d’abord vers un premier bassin déjà spectaculaire, puis surtout à la deuxième cascade, d’où nous dominons la première en un à-pic vertigineux, de 180 mètres quand même .Nous y croisons en tout et pour tout deux couples, c’est bien agréable d’être seuls pour profiter de la nature exubérante et du chant des oiseaux. Nous retrouvant ensuite en pleine campagne, nous faisons du « stop payant » pour rentrer, c’est dans les mœurs ici.

Après un menu du jour classique et roboratif dans un troquet, nous allons ensuite faire un tour dans un parc , à san Gil même, dont le guide disait le plus grand bien.Hélas, c’est sans intérêt , même s’il y a beaucoup de gallineros, ces grands arbres spectaculaires desquels pendent des lichens …Nous faisons encore un bon repas, il y a de bons restaurants « occidentaux » dans la ville . En soirée, nous achetons nos vols pour le parapente demain !

Vendredi 17 Avril : San Gil

Si la journée est exceptionnelle parce que c’est les 15 ans de ma délicieuse Charlotte, elle le restera aussi par le vol fait aujourd’hui! , , ,Un minibus vient nous chercher à 9 heures et nous amène à l’office pour le petit film de présentation, puis nous partons vers le canyon de Chicamocha .C ‘est à environ une heure de route et les derniers kilomètres nous permettent déjà de découvrir des vues extraordinaires sur ce gigantesque canyon. En chemin, on s’arrête pour que je puisse prendre une photo d’un artisanat amusant et que je n’ai jamais vu ailleurs, le recyclage de pneus en porte-plantes façon perroquet ou toucan ! Puis nous voici sur site, sur un piton rocher entre deux parties de cayon…Je pars la première et Antony quelques minutes après moi, pour un vol grandiose, époustouflant , fabuleux de trente minutes…Les mots me manquent…les photos seront plus parlantes, je l’espère !.Les conditions des thermiques sont tellement bonnes qu’on s’élève jusqu’à 2 kilomètres au dessus de notre point d’envol , qui est déjà à 1500 mètres un mirador exceptionnel dominant le canyon, et qu’on se repose au même endroit … A un moment, les deux pilotes nous font nous rencontrer dans les airs, les ailes se touchant même, pour que nous puissions prendre des photos l’un de l’autre …C ‘est un vol magique !

Bien sur , j’achète sur la route du retour un perroquet et un toucan en pneus, c’est le genre d’artisanat original et drôle auquel je ne peux résister ! D’ailleurs  Antony veut lui aussi son toucan !

Nous achetons aussi à un péage des petits sachets de fourmis grillées, c’est la spécialité du lieu et ce n’est pas mauvais, cela a un petit goût de cacahuètes.

Nous sommes de retour à 14 heures et il pleut …Après-midi dans la chambre à trier les innombrables photos de nos vols …vous l’aurez compris, nous avons été enthousiasmés….Et pourtant j’avais déjà volé à la Réunion, entre montagne et lagon , mais ces trente minutes-là, dans ce panorama de canyon à perte de vue, ont été magiques …( et pour 72 euros par personne!) .

Samedi 18 Avril:Barichara

Nous avons décidé de partir pour une nuit à Barichara, soi-disant le plus joli village de Colombie, et donc le matin nous allons en ville acheter un autre sac de voyage pour y ranger les hamacs et autres pneus :-) …. avant de laisser quasiment tous les bagages à notre petit hôtel familial de San Gil, où nous nous sentons comme chez nous ( d’ailleurs nous n’y sommes que trois !) et où nous retournerons demain soir. Barichara n’est qu’à une demi-heure de minibus de San Gil , par des paysages toujours vallonnés mais un peu plus arides, et nous y arrivons avec un beau soleil .

C ‘est effectivement une petite ville ( 8000 habitants) mignonne comme tout, avec comme à Villa de Leyva des rues pavées ( mais pentues ici!) avec des maisons blanches autour d’une place centrale .Elle a été fondée en 1705 et était auparavant habitée par les Indiens Guane. De nos jours y vivent quelques artistes et on y trouve quelques boutiques d’artisanat  (tailleurs de pierre…) mais objectivement peu de choses jolies ni même typiques, les toucans en balsa voisinant avec les lézards à petits points de Bali ! Donc peu de tentation de shopping et ce n’est pas plus mal, en revanche déambuler dans la ville et admirer le spectacle des vieux toits, des jardins secrets entrevus au hasard des portes ouvertes , du mirador donnant sur le canyon de Suarez est très agréable. Nous allons manger dans un petit restaurant typique mais ne sommes pas tentés par la spécialité locale , le cabro,( cabri) servi avec de la pepitoria, du riz mélangé au sang et aux viscères de l’animal ….Je veux goûter en revanche la chicha, une boisson à base de maïs fermenté , car j’en avais bu de la bonne au Pérou mais je ne peux y tremper que mes lèvres tellement l’odeur et le goût sont horribles ! Nous sommes à côté d’une grande tablée de religieuses et à la fin une religieuse âgée va acheter au comptoir un gros cigare qu’elle fait humer à toute l’assemblée, la scène est assez cocasse ! Il est vrai que d’après le guide, le tabac est l’une des deux sources de richesse du Sentander, la région où nous sommes, l’autre source étant le pétrole ! Il pleut à nouveau énormément le soir mais peu importe tant que nous pouvons profiter de belles journées.Nous ressortons manger dans un restaurant où nous apprenons que ce soir il y a interdiction de servir tout alcool ( en fait, nous aurons deux verres de vin quand même) car demain est un jour d’élections ! .

Dimanche 19 Avril : Barichara-Guané-San Gil

La journée est presque entièrement consacrée à une jolie balade de neuf kilomètres vers Guané, un petit village colonial .On emprunte pour cela un ancien chemin royal indigène entièrement pavé – très grossièrement:il faut sans cesse regarder où on met les pieds – qui y mène à partir de Barichara . Ce n’est que de la descente , les paysages sont superbes sous un grand soleil , d’autant que comme d’habitude il n’y a aucun touriste et nous ne rencontrons que quelques très jolis oiseaux dont certains endémiques de la région. Un motmot houtouc ( momotus momota de son petit nom latin) est particulièrement remarquable avec ses couleurs d’un bleu chatoyant …Une des rares maisons sur le chemin propose des boissons et un peu d’artisanat , c’est visiblement une famille très modeste qui habite là mais la dame est très accueillante et c’est avec fierté qu’elle nous montre un sachet plein de grosses fourmis vivantes qu’elle vient de ramasser.Elle explique que c’est excellent car apportant toutes les vitamines de la terre et me fait écouter le léger vrombissement de toutes ces fourmis en disant que c’est comme la mer ou l’eau …J’achète un mobile fait de plusieurs graines différentes et Antony achète une petite calebasse évidée . Guané est un petit village de cent habitants qui n’a rien de spécial ( rues pavées en pente, maisons blanches, bougainvilliers, parque central…) et nous nous contentons d’y manger , mais en goûtant la spécialité locale que sans surprise je n’aime guère.On dirait du boudin ! Un bus nous ramène à Barichara puis à san Gil , et comme d’habitude la fin d’après-midi voit une violente averse mais nous retrouvons avec plaisir notre petit hôtel et les restaurants de la rue . Encore une journée ici , avant d’entamer le retour vers Bogota qui signera la dernière partie du voyage…

Lundi 20 Avril : San Gil

Nous avons prévu , même si nous l’avons déjà survolé, de retourner voir le canyon de Chicamocha qui est quand même le deuxième plus grand canyon au monde avec ses 2000 mètres de profondeur et ses 227 kilomètres de large. Il abrite un parc national et un téléphérique qui offre une traversée de 40 minutes avec des vues époustouflantes ! Hélas, lorsque nous y arrivons après une heure de bus, c’est pour apprendre que le parc n’est ouvert en ce moment que du mercredi au dimanche, ce qu’aucun guide ne précisait et il ne nous reste plus qu’à faire demi-tour et à retourner flâner dans saint Gil ! Nous faisons contre mauvaise fortune bon cœur et en profitons pour acheter quelques petits cadeaux , avant de manger et de regagner l’hôtel. Du coup nous sommes à l’abri et bien soulagés quand une pluie torrentielle se met à tomber, bien plus tôt que les autres jours…Nous restons dans notre chambre jusqu’à 22 h où nous prenons un taxi pour rejoindre le terminal national , on a en effet réservé deux sièges dans un bus de nuit vers Bogota …Pendant que nous attendons le bus de notre compagnie, il y a en a trois autres qui partent également vers Bogota. La route tourne pas mal au début et c’est un peu long (6 h) mais le bus est néanmoins confortable et on arrive à se reposer un peu .

Mardi 21 Avril:Bogota

Nous arrivons vers 5h30 à Bogota et prenons tout de suite un taxi pour rejoindre le petit hôtel que nous avons réservé sur Booking.com dans la Candelaria, la partie historique de Bogota, et ce pour nos quatre dernières nuits. L’hôtel est une vieille maison très joliment décorée dont les chambres rustiques mais bien équipées s’ouvrent sur trois patios centraux remplis de fleurs, de fontaines….On a de la chance, notre chambre est déjà libre et après un café c’est avec plaisir que nous dormons trois heures ! Puis nous sortons nous promener dans les rues en pente de ce vieux quartier , qui , s’il n’y a pas de quoi y passer plusieurs jours , est assez agréable, avec de vieilles maisons de couleurs vives, des restaurants typiques et une ambiance assez jeune et bohème .Il fait un peu plus frais ( Bogota est à 2600 mètres d’altitude) mais il ne pleut pas ! Nous visitons ensuite le musée de l’or qui présente plus de 30000 pièces en or et de splendides émeraudes, la plus grande collection jamais rassemblée d’objets en or précolombiens ! C ‘est un très beau musée et très intéressant, qui présente d’abord les différentes civilisations indiennes et leurs productions d’orfèvrerie , avant d’exposer les différents objets en or trouvés sur les douze sites archéologiques majeurs de Colombie .Ce musée est situé non loin de la place Bolivar, place qui fut édifiée sur l’emplacement même des douze premières maisons construites à Bogota par les conquistadors et consacrées aux douze apôtres….Nous continuons à flâner dans le quartier , entre églises et boutiques d’ artisanat assez chères…Le soir nous gignotons avec un verre dans un petit bar animé .

posted under 2015, Travel Diaries

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