BlueOrange-World

« Le monde est bleu comme une orange » (Paul Eluard)

TAIWAN: July-August 2015

August18

Notre voyage en avion  ayant été épique, je laisse la parole à Charlotte qui a eu  envie de le raconter ( c’est dans son jus, orthographe incluse)…et je reprends le fil  de mon journal de voyage ensuite :

Day 1: On se lève à 6h de Lapenne ( village an ariège ), en gros à 9h on prends l’avion de Toulouse vers Paris, donc on arrive à Paris à 11h30 et notre vol vers Shangaï est à 13h et on doit récupérer nos bagages et ré-enregistrer. Par chance nos bagages étaient les premiers sur le tapis, donc ouf, on a couru , on est passé devant tout le monde par manque de temps.On arrive et l’aéoroport nous annonce que notre vol est retardé d’une heure! Donc voilà maman regarde son téléphone et Justine lui dit qu’il y a 3 cyclones en même temps sur la zone et qu’ils ont fermé l’aéroport donc pas sûr de partir. Après 2 heures à attendre ils nous annoncent  qu’on ne part pas et que notre vol est annulé ! Donc ne venant pas de Paris, on avait nul part où aller, et comme on avait prit un vol “indépendant ” de Toulouse vers Paris ben en gros on avait pas le droit d’avoir un hôtel alors que tous les chinois en avaient, bref, on a parlé pendant près d’une heure pour en avoir un (avec un chinoi parlant à peine français , donc après 1h d’attente ils nous disent de prendre un bus ( étant à l’opposé de notre terminal évidemment ) donc 30 minutes pour trouver et tout on prend la navette et on arrive à notre hôtel, à peu près vers 18h, épuisées après plusieurs kilomètres parcourus en courant dans l’aéroport ! Notre RDV pour demain est à 6h à ce terminal.

Day 2 : 6h on devait être au terminal sachant qu’on mettait une heure pour y aller avec la navette quoi, donc on se lève à 5h, on déjeune à 5h30 et on part, encore une heure à aller partout , bref ils nous disent de venir à 6h, et eux ( les agents de l’aéroport ) se pointent à 8h, donc 2h d’attente avec nos bagages et tout. Bref, on arrive une queue sur 200 mètres pour enregister, et au bout d’un nombre incalculable d’heures on arrive enfin à enregistrer ( mais toujours pas sûr que notre vol parte et franchement on y croyait pas ) alors nos places d’origines était maman hublot et moi coincée entre 3 chinois à 30 rangées d’écart de maman, mais on arrive à changer pour des issues de secours résulat au moins 2 mètres devant nous pour mettre nos jambes ” le rêve”. Donc voilà de bons films donc 12 heures de vol, on arrive enfin à Shangaï sans turbulences !

Day 3 : On arrive là bas 7h30 ( TOUT ÉCRIT EN CHINOI EVIDEMMENT  ) on se dirige vers “transfer” vu qu’on devait repartir vers Taiwan, mais on devait changer notre billet puisque à la base notre vol d’origine était la veille, donc ils arrivent pas à nous le changer , on attends 30 minutes , 200m finalement nous dire d’aller récupérer nos bagages pour ensuite changer notre billet, on fait 200 m là où il fallait passer à la douane des frontières, on fait la queue 20 minutes, on moment de passer ils nous expliquent en anglais peu compréhensible qu’il faut d’abord changer notre vol, alors encore 200 m à parcourir , là bas ils étaient débordés les pauvres ( En faite tout l’aéroport de Shangai avait été fermé la veille donc c’était des milliers de vol qu’ils avaient annulé et donc c’était réelement la merde quoi pour tout réorganiser ) donc une femme part pour nous faire nos nouveaux billets donc encore une attente d’une heure. Bref elle revient et nous donne un papier à donner aux agents de douanes, donc rebelotte encore 200 mètres à se taper ( on était 5 en tout ) ,ils regardent ce papier minable et nous disent qu’il y a un seul prénom dessus, on refait 500 mètres ( j’te jure je voulais mourir avec nos bagages cabine de 500 kilos ( ordi+ appareil photo + tous mes zooms ) on refait faire un papier pour chacun d’entre nous, il y avait une grande queue mais on passe devant tout le monde, bref on passe ils nous disent qu’il y a peut-être un vol mais qu’il faut se grouiller ! On passe enfin, donc tampons sur passeport, on court et on récupère nos bagages planqués dans un coin car ils les avaient enlevé du tapis pour un arrivage d’un autre vol, et encore une queue de 5 minutes, ah non on se rend compte que c’est pas par là la sortie alors on sort, et là on doit encore faire 800 mètres, prendre plusieurs escalators et on arrive enfin à l’étage “départ” on doit encore changer notre billet puis enregistrer les bagages. On aperçoit une queue de 300 mètres de chinois #ce moment où tu pries pour que ce ne soit pas ta file# eh bien si, on se dit qu’on y arrivera jamais on essaye de le faire à la ” chinoise ” c’est à dire froder et passer devant tout le monde , mais à 5 avec un bagage par personnes ça fait pas trop ” discret” quoi , donc on se fait recaler et on nous dit d’aller au compte de l’agence China Eastern , alors là petite attente donc on fait la queue, au fur et à mesure d’un moment c’est un peu parti en cacahuète , les chinois crillaient, se faufillaient à l’intérieur des bureaux alors la sécurité, une fille tout menue d’à peine 1m60, est venue et là le calme est de suite revenu , donc bref on le refait à la chinoise et on demande à refaire notre billet, on apprends alors que ce n’est pas là qu’il faut être pour avoir de nouveaux billets, alors on va voir quelqu’un se trouvant près des comptoirs d’enregistrements et il nous dit alors que le n°16 c’est le “standby” c’est à dire que des centaines de gens attendent que des places se libèrent pour aller à Taiwan en plus des vols déjà remplit et qu’il n’y a plus de places jusqu’au 15 juillet, ( on était le 12) alors là on était désespérées, déjà 1 jour à Paris de perdu on pouvait pas pire et bien si … Mais là on entends ” Taiwan Taiwan ” et on voit un guichet s’ouvir alors on a couru ,bousculé les gens, on arrive enfin et on donne notre bout de papier minable avec uniquement notre nom dessus ( c’était censé être un nouveau billet ) et notre ancienne carte d’embarquement, et là miracle elle nous demande de poser nos bagages alors là SOULAGEMENT , on va surement enbarquer  CE QUI N’ÉTAIT PAS DU TOUT ENVISAGEABLE CAR TOUS LES VOLS AYANT ÉTÉ SUPPRIMÉS DES CENTAINES DE PERSONNES PASSAIENT PAR TAIWAN POUR ALLER À HONG-KONG PAR EXEMPLE , enfin bref happy happy. Donc là pas d’attente vu que le vol était prévu à 11h mais vu le chao , on est parti à 15h.  Donc voilà on arrive enfin à Taiwan à 17h et là on prend un bus pour retrouver ma soeur et rentrer à son apart, on était tellement fatiguées en plus il pleuvait sous 32° je te dis pas la chaleur épouventable. Donc  on est enfin arrivé avec je ne sais pas combiens de kilomètres dans les jambes et plusieurs jours sans dormir ( ou très peu ) .  Je précise qu’une femme française qui était avec nous parlait parfaitement chinoi ce qui nous a sauvé sinon on aurait réelement été bloquées jusqu’au 15, voilà voilà, sinon le soir et on resorti car 2 jours à Taipei c’est court donc on en profite le maximum voilà, voilà sinon je ne suis pas morte mais c’était un peu l’enfer quoi surtout que pour notre nuit à Paris, l’aéroport à gardé nos bagages donc en tout trois jours sans se brosser les dents et sans nouveaux vêtements, je te dit pas nos gueules à l’arivée ! Résumé : entre Lapenne 6h du mat le 10 juillet et Taipei 18h le 12 juillet on a dormi 5 heures ( à l’hotel ).

Je reprends le fil …

Dimanche 12 Juillet : Shanghaï-Taipei

Justine nous rejoint alors à la station de métro et nous prenons un taxi pour nous rendre à son appartement et prendre une douche oh combien bienvenue ! Puis nous sortons manger, Justine nous montre le trajet de 7 minutes à pied pour rejoindre la station de métro la plus proche , où nous achetons une carte illimitée pour trois jours. Il semble assez facile de se déplacer car il n’y a que 5 lignes de couleurs différentes et à la différence de Bangkok par exemple  un seul  réseau . Tout est hyper moderne et immaculé . Charlotte qui avait un chewing-gum en bouche se fait d’ailleurs reprendre par la responsable car il est interdit de manger, boire ou mâcher du chewing-gum dans le métro . Tout est très fonctionnel  …et directif aussi !  Il y a  un traçage au sol des files d’attente devant chaque wagon, des lumières qui clignotent pour indiquer de  quel côté on sortira , des sièges réservés qui, nous dit Justine, peuvent rester vides même en cas de grosse affluence …A Taipei, j’avais envie de tester les restaurants à thème et donc ce soir nous allons au restaurant «  toilettes » …Oui, nous mangeons sur des sièges de wc et nous sommes également servies dans des mini wc .Quant à toute la décoration, elle est très suggestive également et l’obligatoire glace au chocolat du menu a une belle forme d’étron ! C’ est assez rigolo !

On mange assez tôt à Taïwan, et c’est très bien, spécialement pour ce soir .  Ne tenant plus debout, nous ne demandons pas notre reste une fois à l’appartement et nous écroulons !

Lundi  13 Juillet : Taipei

J’ai bien entendu Justine partir, mais nous sommes tellement fatiguées que nous faisons une grasse matinée et ne quittons l’appartement qu’à 11 h 30. On prend une espèce de petit-déjeuner dans une boulangerie, café au lait et brioche, ( le café est cher, comme en Chine) avant de continuer en métro vers le mémorial de Tchang Kai-Chek.C’est un grand bâtiment de marbre blanc et dans le hall principal trône une statue de bronze de 25 tonnes du président qui a gouverné l’île pendant près de trente ans. Deux soldats casqués et gantés montent la garde sur une estrade de part  et d’autre  du hall, et les yeux fixés devant eux ,ils sont si figés et inexpressifs que nous les prenons pour des statues de cire avant de les voir déglutir …Il fait 34° dehors , avec un fort  taux d’humidité , et nous regardons sans comprendre tout de suite un fonctionnaire aller de l’un à l’autre des soldats pour  rectifier la position d’une main ou la rectitude de la tête  et surtout  essuyer la sueur sur leur visage…Pauvres gardes ! On comprend pourquoi ils ne restent qu’une heure sur place ! On descend ensuite dans le mémorial et avec une climatisation bienvenue visiter une exposition sur le rôle du président et l’occupation japonaise, avant de remonter pour la relève de la garde. C’est une cérémonie assez curieuse, avec une chorégraphie hyper rigide, un quasi-jonglage avec les fusils et quelques cris gutturaux…Puis nous nous promenons dans le joli parc qui entoure le monument, à la recherche d’un jardin de pierres pointues sur lesquelles on doit marcher pour ré équilibrer ses énergies …Comme nous ne le trouvons pas, je mime notre recherche à un jardinier et il comprend tout de suite ! Effectivement la marche sur les cailloux pointus est douloureuse et nous abandonnons assez vite ….Puis comme le ciel est assez bleu et que nous ne sommes pas sûres que cela dure, nous décidons d’aller à la tour Taipei 101, qui n’est plus avec ses 508 mètres et ses 101 étages le plus haut gratte-ciel du monde mais reste impressionnante . La vue d’en haut est certes grandiose, mais comme depuis d’autres gratte-ciel vus à  Bangkok ou à Sydney .En revanche la montée au 88 étage en 30 secondes , sans aucun à-coup ni aucune sensation spécifique, est très étonnante  de rapidité  et de naturel ..Ce qui est spécial aussi est le fait que le bâtiment soit conçu pour résister à des tremblements de terre de magnitude 7.Nous voyons  à l’intérieur la gigantesque sphère de 8OO tonnes qui permet d’équilibrer les mouvements latéraux du gratte-ciel  lors des typhons . En reprenant encore le métro, notre troisième visite sera pour le temple Longshan, grouillant de vie avec  ses nombreuses cours remplies de pèlerins  en prière, de diseuses de bonne aventure…Puis nous retrouvons Justine qui nous emmène dans un petit restaurant connu pour sa cuisine de Hangzhou , où nous nous régalons de « dumplings « ou xiaolongbao . Mais je me sers de ce que je pensais être du thé glacé et s’avère être une atroce boisson vinaigrée ! Après une telle journée, nous n’aspirons plus qu’à rentrer à l’appartement mais une enseigne de massage sur le chemin du retour nous donne envie de confier à des mains expertes nos pieds douloureux et échauffés .Ce sont des aveugles qui vont s’occuper de nous, dans un massage à la chinoise, donc parfois un peu plus énergique que je ne l’aurais voulu !

rappel: ne pas oublier de changer de page pour voir les photos lorsqu’il y en a plusieurs …

Mardi 14 Juillet : Taïpei

Fête nationale aujourd’hui…et surtout dernière matinée au bureau pour Justine ! Quant à Amélie et moi, nous quittons la chambre  un peu plus tôt qu’hier pour profiter au maximum de la journée .Direction le mémorial du docteur Sun Yat-Sen où nous n’entrons pas, mais déambulons dans le petit parc attenant  que le guide  annonçait comme le meilleur endroit pour les photos de la tour 101. Effectivement le reflet de la tour dans un petit lac entouré de végétation est assez sympa. Puis nous reprenons le métro pour aller visiter deux temples, qui sont intéressants bien que très récents. Le temple de Confucius a été édifié au 20ème siècle en remplacement d’un temple détruit par les Japonais et il est très sobre. Dans les salles, nous trouvons comme hier au mémorial de Tchang Kai Chek plusieurs  tampons à la disposition des visiteurs, cela semble être très commun ici et plusieurs touristes locaux ont leur carnet de tampons. Autant le temple de Confucius est simple, autant celui de Bao An, à deux pas, est richement orné .Dans les multiples salles, les peintures dans les bleus, rouges et verts,  les dorures et les sculptures voisinent avec de bizarres statues noires. C’est vraiment un très joli temple que nous découvrons avec plaisir. Puis nous voyons que nous avons encore le temps de prendre une autre ligne pour aller au musée national du palais. Après le métro, il faut prendre un bus puisque la bâtiment est tout en bout de ligne, quasiment dans la montagne, mais les explications sont clairement affichées en anglais, et nous y arrivons facilement. C’est un immense musée dont on ne voit qu’une infime partie, la majeure partie de la collection (650 000 pièces!) étant  conservée dans des galeries creusées dans la montagne. On dit d’ailleurs qu’il s’agit de la plus belle collection au monde d’art chinois, puisque c’est au début de la dynastie Song, au Xième siècle, qu’elle a vu le jour ! Enrichie en permanence  et pendant des siècles de milliers de trésors , cette prestigieuse collection sera au XXIème siècle empaquetée dans 20 000 caisses et trimballée pendant 15 ans et sur 12 000 kilomètres pour éviter qu’elle ne tombe aux mains de l’envahisseur japonais…Ayant lu tout cela et ayant déjà visité en Chine de magnifiques musées, j’avais peut-être trop d’attentes .Je ne sais pas s’il s’agit de la plus belle collection au monde,  il y a néanmoins comme à Shanghai ou à Xi’an de magnifiques collections , présentées de façon très moderne .Impossible de tout voir  en profondeur : nous décidons de nous laisser un peu porter par le hasard et nous admirons en particulier de merveilleux objets en jade, des pièces incroyablement raffinées … de la période de bronze  , des porcelaines délicates …Puis nous repartons retrouver Justine à une sortie de métro et nous allons boire un verre dans un quartier branché et dans un endroit incroyable dont j’avais vu les photos et où je voulais aller. Cela ressemble aux docks réhabilités que nous avions visités à Shanghai. Il s’agit en l’occurrence d’un grand bâtiment aux murs de briques, au sol recouvert d’anciens carreaux en ciment comme dans les vieilles maisons françaises, à la charpente apparente, décoré dans un style campagne-vintage-récup que j’aime beaucoup. L’étage se présente comme une vieille maison remplie de livres, d’anciennes machines à écrire  ou appareils photo, de meubles blanchis ou détournés, et si tout est à vendre, c’est fort discret, car sans prix apparents. Mais en l’espèce nous nous contentons de boire deux bières et un thé, ce qui nous coûte  quand même 814 dollars taïwanais ( 28 euros) . Nous partons ensuite vers le marché de nuit Huasi  où nous aurons trois bols de nouilles chinoises  pour 90 dollars ( 3 euros) ! Ce marché nous tentait car on y trouve  encore des serpents dont les Taïwanais étaient autrefois friands .La consommation  de leur sang et bile fait moins recette maintenant, mais on peut encore y voir des combats de serpents ou carrément en manger dans certains restaurants. Nous voyons effectivement des reptiles gigantesques dans des vivariums à l’entrée de restaurants mais nous sommes trois à être peu tentées …On prend plaisir en revanche à se balader un moment dans les travées, à retrouver l’ambiance de ces marchés d’Asie où on trouve un peu de tout .Justine s’achète un petit service à thé et un joli chapeau de paille, je trouve un adaptateur pour 3 euros  et un petit chargeur portable. Nous nous couchons assez tard, ce qui me permet un petit skype avec la France …

Mercredi 15 Juillet : Taipei-Hualien

Pas de contrainte horaire ce matin, donc on traîne un peu avant de refaire les sacs, nettoyer la chambre puisque Justine la quitte définitivement et partir. Un taxi nous amène à la gare d’où nous prenons trois billets vers Hualien, qui se trouve  à l’Est , à environ trois heures sur la plaine côtière , et marquera le début de notre périple . Nous pourrions prendre le Taroko express, un TGV local, mais c’est assez cher et nous préférons un train local pour 1020 dollars en tout .On a un petit peu d’attente dans la grande gare et les filles choisissent de manger au Mc Do ! Le train est ensuite confortable, mais il fait carrément froid, la climatisation étant poussée à son maximum. On est vite dans un paysage de  montagnes recouvertes de forêts et le train passe dans beaucoup de petites gares .Puis nous trouvons la mer à notre gauche, et toujours la montagne à notre droite, avec une végétation tropicale. A Hualien, le taxi a un peu de mal à trouver la guest-house que j’ai réservée hier sur Booking.com, elle est un peu excentrée mais la chambre est très confortable , avec une décoration très kitch de dizaines de petits nounours et de cœurs….La famille qui nous reçoit est adorable et prend un grand moment pour nous présenter les différentes options de notre visite de demain : les gorges de Taroko. Le départ des gorges est à une trentaine de kilomètres, et si ces magnifiques gorges de marbre ne font qu’une vingtaine de kilomètres de longueur, il y a plusieurs points à voir et  l’idéal aurait évidemment été d’avoir notre voiture pour pouvoir nous arrêter quand nous le voulions. Là, la location d’une voiture avec chauffeur est trop onéreuse, la débrouille totale en jonglant avec les bus bien compliquée et finalement je choisis l’option tour de la journée en minibus pour le prix total de 2100 dollars. On viendra donc nous chercher ici demain matin après notre petit-déjeuner. Le propriétaire a ensuite la gentillesse de nous emmener en ville et de nous indiquer un restaurant où on fait des hot pot, des  fondues au bouillon. Nous en choisissons les ingrédients un peu au hasard car Justine a du mal à lire les caractères taïwanais, qui sont les caractères chinois  traditionnels, différents de ceux utilisés maintenant en Chine, mais le résultat est goûteux et sain . On nous amène d’office une boisson  granitée dont le goût n’est pas  désagréable,  et qui me laisse sur la langue une saveur que j’ai du mal à analyser, je pense à de la châtaigne ….En fait, il s’agit d’une boisson faite avec des  haricots !

Jeudi 16 Juillet : gorges de Taroko

Après un petit-déjeuner vaguement occidental, c’est finalement le propriétaire  qui nous amène  en ville retrouver notre compagnie, nous sommes bien évidemment les seules étrangères dans un bus d’asiatiques, et le guide ne parle pas anglais  mais peu importe. L’entrée des gorges, qui comptent parmi les sept merveilles d’Asie, se trouve à une trentaine de kilomètres de Hualien. Durant toute journée nous allons d’un point à un autre découvrant  ces 20 kilomètres de route surplombant un canyon fermé sur de hautes falaises de marbre. C’est le seul endroit dans le monde où s’élèvent des falaises de marbre d’une telle importance, atteignant des centaines de mètres. De nombreux tunnels jalonnent la route qui offre vraiment des perspectives impressionnantes et qui n’a été ouverte  sous sa forme actuelle qu’en 1960 : un mausolée rend d’ailleurs hommage aux 450 ouvriers morts en la construisant.  Le parc national compte, lui, des sommets de 3000 m dominant  la rivière Liwu qui serpente, nous évoquant le Yang Tse  bien que la couleur bleue  soit ici  moins soutenue. Le parc est aussi renommé pour la faune qu’il abrite, 34 espèces de mammifères comme le macaque de Formose, l’ours noir  ou le chat léopard, 144 espèces d’oiseaux comme la fameuse pie bleue de Formose que Justine a vue une fois. Aujourd’hui nous avons la chance de voir un singe ( le fameux macaque?) qui se laisse gentiment prendre en photo avant de s’éloigner …En fin d’après-midi, le bus nous emmène en bord de mer admirer au  départ du circuit panoramique de la côte Est, une côte merveilleusement découpée , de très belles falaises tombant dans la mer .Cela  fait penser à la Réunion et à la route du littoral, comme l’entrée dans les gorges de Taroko évoquait aussi le départ vers Cilaos .Je ne peux qu’aller dans le sens de Justine qui trouvait Taïwan et la Réunion semblables par de multiples aspects. Puis nous terminons le circuit par un arrêt à la grande plage de Chihsingtan qui offre un large panorama sur le Pacifique ; il n’y a aucun sable mais de jolies pierres marbrées et de minuscules gravillons de toutes les couleurs, noirs ou blancs, verts, ocres….J’en ramasse de qui remplir un petit flacon . Même s’il est encore tôt, nous mangeons en ville quand le bus nous y redépose ; cela ne pose pas de problème car les Taïwanais mangent tôt et les restaurants ré -ouvrent généralement à 17 h ! Je me laisse tenter par une autre fondue, à la crème et au fromage, c’est surprenant  mais assez bon et le système des menus, où on a d’office du thé et un dessert , est une bonne idée .Puis la soirée peut être assez longue, pas besoin de mettre le réveil demain !

Vendredi 17 Juillet : vers Taitung

Effectivement nous ne nous levons que vers 9 heures et traînons avec nos ordinateurs jusqu’au check-out de 11heures. Puis nous partons vers la gare routière, la route vers l’Est est si belle que le bus longeant la mer nous offrira de plus belles vues que le train, même si nous devrons pour cela changer de bus en route. Cette fois-ci nous prenons une petite veste avec nous ! La boite de Justine nous a réservé un hôtel pour les cinq nuits à venir, en échange d’articles qu’elle écrira  sur les visites faites à Taitung et sur Lanyu, l’île des orchidées.

Nous partons donc en bus vers Taitung, cela nous prend 4 heures au total plus le temps du transfert et de l’attente au milieu, mais le temps passe vite  tant le trajet nous offre de merveilleuses vues sur la côte découpée  et la mer turquoise .Avec la végétation de manguiers, frangipaniers, fromagers et autres arbres tropicaux, on se croirait sur une île tropicale de l’océan Indien, et pas du Pacifique…. Je me dis d’ailleurs que je vais enfin arriver à me baigner dans le Pacifique pour la première fois de ma vie : En Tasmanie et même en Australie en Janvier, l’océan était très froid et déchaîné, au Pérou il était grisâtre et également déchaîné, mais ici l’eau turquoise  arrivant sur les plages en gentilles vaguelettes est bien plus attirante. Néanmoins je ne vois aucun baigneur pendant tout le trajet. Justine dit qu’il n’y a pas de requins .Une différence de culture alors ? Il est vrai que les femmes ici semblent obsédées par la blancheur de leur peau. Hier ma voisine dans le bus avait tiré tous les rideaux latéraux, occultant ainsi toute vue sur les gorges, et lorsque je lui ai fait comprendre que je souhaitais voir le paysage elle s’est emmitouflée dans un grand gilet qui couvrait ses bras, a mis un chapeau et un masque chirurgical …Nous avons fini par changer de place et elle ne m’a plus adressé un mot, j’en suis restée toute ébahie !

A Taitung, nous sommes dans un hôtel très agréable et Justine  doit donc rendre compte de  quatre activités  .L’une des quatre est Tiehua Music Village, un endroit qui n’est pas signalé dans le guide et sur lequel nous n’avons aucune information. C’ est donc sans enthousiasme et avec l’idée de «  nous avancer » que nous décidons d ’y aller ce soir, les filles s’étant d’abord un peu ragaillardies au Mac Do ( pour 10 euros à trois!) . En fait c’est une très agréable surprise : un parc est entièrement éclairé de milliers, oui de milliers, de lanternes -montgolfières, toutes différentes, et faites  visiblement par  les enfants des écoles : c’est un spectacle absolument ravissant  et c’est avec un grand plaisir que nous nous promenons et prenons des photos. Il y a aussi quelques petits étals de souvenirs, et une partie du parc , payante, est réservée à des spectacles  de groupes aborigènes. Justine y rentre seule pour prendre quelques photos, mais nous l’attendons car cette  musique ethnique, très agréable d’ailleurs, est  diffusée dans tout le parc .Puis après un dernier tour parmi les lanternes, nous rentrons  car demain il nous faut nous lever très tôt .Il y a en effet à une heure de Taitung un festival de vraies  montgolfières, avec un spectacle tôt le matin, et pour y être à temps il nous faudra quitter l’hôtel à trois heures ….

Samedi 18 Juillet : Luye Gaotai

C’est dur de se lever mais nous sommes prêtes quand le taxi vient nous chercher et nous partons à 4 heures dans un  bus à nouveau glacial ! Très vite nous quittons la côte et nous voici attaquant la montagne par des « rampes » et sur de toutes petites routes. La végétation n’a pour nous rien d’exotique : des palmiers, des papayers, de grands champs d’ananas tous ensachés et même des flamboyants fleuris ! Après 1h 30 et alors que le jour s’est levé,  nous arrivons au grand plateau d’où s’envolent les montgolfières, juste à temps pour voir leur gonflage .Elles sont étalées à plat  sur de grandes pièces de tissu, leur partie technique reliée à un petit camion benne pourvu d’un genre de compresseur qui les gonfle très rapidement. Il y a également de belles flammèches de feu …Puis les montgolfières s’envolent, certaines vont survoler la vallée,  d’autres bien  qu’en hauteur restent amarrées à leurs cordes. C’est un spectacle magnifique de voir ces ballons de formes et tailles différentes dans le ciel, et nous nous asseyons un moment sur la pelouse en pente. Nous  comptons 13  montgolfières dont un magnifique soleil portant les couleurs de la France … Il y a beaucoup de monde mais l’aire d’où les spectateurs peuvent les  admirer  est très vaste :on ne se gêne pas . Et puis le festival dure trois mois en tout, avec  une prestation tôt le matin et une à 17 h,  donc l’affluence journalière reste  raisonnable. Cerise sur le gâteau, tout est gratuit, sauf bien sur si on veut faire un tour dans les nacelles et admirer  d’en haut les montagnes verdoyantes et nimbées de brume  … C’est enchantées et après avoir pris de belles photos et joui du spectacle que nous reprenons un bus vers Taitung.

Mais le programme de la journée n’est pas fini car Justine s’est engagée à commenter deux autres activités. A partir de là, tout part un peu en sucette, rien de grave mais il y a des jours comme ça ! Arrivées à Taitung, on voit que personne n’a emporté le programme  mais plutôt que de reprendre un taxi et repasser à l’hôtel on décide de se débrouiller directement .Il y avait un parc à visiter en louant les vélos mais on ne nous emmène pas au bon …Tant pis, on se rappelle qu’il y a le musée du riz à voir à Chéchang , donc retour vers la gare routière . Après nos 3 h de bus du matin, on tort un peu le nez en voyant que le village est à nouveau à 1h45 de bus , le prochain bus étant à midi .On va donc se sustenter un peu et on repart en bus ….Las, avant que le bus n’oblique on roule toute la première heure sur la même route !  C’est directement depuis Luye que nous aurions dû partir vers le musée ….L’autre ville est dans la vallée et le paysage s’enrichit de nombreuses rizières . Nous arrivons à Chéchang , une petite ville morte, sous des trombes d’eau et tournons beaucoup car les personnes interrogées nous donnent des renseignements contradictoires sur le Rice Museum .Finalement on nous oriente vers un bâtiment ( il est bien écrit Rice Museum dessus) qui ne rouvrira  qu’à 13h30, et nous allons attendre une heure au Seven-Eleven du coin . Ces petites supérettes sont bien pratiques à Taïwan car on peut y retirer de l’argent, aller aux toilettes et boire un coup, en plus d’y faire des achats. Mais quelle déception et quelle incompréhension quand le musée ouvre, il ne s’agit que d’une seule pièce, quelques explications et deux -trois anciennes machines agricoles pour  une exposition très familiale …A ce stade on se doute bien que quelque chose ne va pas:-) mais on ne voit pas trop que faire d’autre ! Heureusement le retour sera quand même plus court que l’aller car voyant que le train passe dans la ville, cela me donne l’envie d’essayer de rentrer en train et au final ce sera 40 minutes et moins cher que le bus ! Le prix s’explique peut-être par le fait qu’il n’y ait pas de siège mais on trouve deux places quand même. Il ne nous reste plus qu’à rentrer à l’hôtel , à 15h30 seulement mais épuisées , et à nous effondrer sur nos lits avec une clim délicieuse !

Le soir nous ne ressortons qu’à pied pour aller manger et trouvons un petit bouiboui où nous nous régalons, les filles de riz frit avec du bœuf et de spaghetti- crème -/lardons, pour moi de spaghetti-crème-fruits de mer .C’est notre meilleur repas depuis que nous sommes là et le tout, thé inclus, pour moins de 3 euros par personne…

( Et bien sûr Justine découvrira plus tard qu’ il y avait un autre musée lui aussi consacré au riz…eh bien c’est raté!)

Dimanche 19 Juillet : vers Lanyu

Encore un départ aux aurores, à nouveau sous la pluie, et nous voici à 7 heures au port en train de prendre nos billets vers Lanyu, l’île des orchidées. C’est une île volcanique de 44 km2 située à une soixantaine de kilomètres des côtes taïwanaises et que l’on vient visiter pour deux raisons principales : ses paysages de reliefs coralliens et la culture yami. Les Yamis sont en effet un groupe aborigène très enraciné dans sa culture, à cause de l’insularité bien sûr ( jusqu’en 1950, les habitants vivaient totalement à l’écart de l’île principale) et aussi parce que durant l’occupation japonaise, les autorités coloniales ont encore accentué ce phénomène en interdisant tout contact entre Taïwan et Lanyu. Même si les choses ont changé, parfois trop vite et douloureusement, les autochtones restent  très attachés au maintien de leurs traditions culturelles. Nous rejoignons l’île en deux heures et demie d’une traversée très mouvementée car le ferry bouge et tape pas mal et autour de nous ça vomit à qui mieux mieux .Nous avons la chance de ne pas souffrir du mal de mer mais sommes néanmoins soulagées d’arriver. L’arrivée est surprenante : nous longeons pendant un moment ce qui nous apparaît comme une  montagne recouverte de végétation, sans une seule  maison, et plongeant directement dans la mer , on dirait  vraiment l’arrivée sur l’île de Jurassik Park ! Puis nous débarquons dans un petit port où nous sommes attendues et amenées à notre hôtel, il s’agit en fait de petits bungalows  tout simples ouvrant directement sur la mer et ses falaises déchiquetées, avec de grosses vagues et d’énormes bourrasques de vent…Un Pacifique moins attirant que celui entrevu l’autre jour ! Nous nous installons puis allons manger au village le plus proche, au restaurant du patron des bungalows, où nous mangeons du poisson volant, spécialité de l’île .C’est bon mais cher pour Taïwan, 9 euros le plat ! Nous espérons ensuite louer des scooters comme tout le monde ici, mais alors que je me suis décidée à débuter en scooter, notre permis français n’est pas accepté et nous nous retrouvons assez ennuyées….Nous nous promenons un peu dans le village et prenons quelques photos. L’air est chaud et poisseux .Les habitants sont un peu plus foncés qu’ailleurs et souvent de type mélanésien. On voit que l’île , bien que peu touristique se heurte déjà au problème des déchets non recyclables et des carcasses de voitures et scooters  traînent un peu partout …En passant devant un petit bar, des jeunes femmes commencent à nous sourire et nous en profitons pour engager la conversation et parler de notre souci de déplacement .Le patron  va se renseigner et trouver pour nous une voiture pour demain, sa fille  fera le chauffeur si cela nous convient. Soyons clair, c’est très cher , 100 euros la journée plus l’essence mais nous n’avons guère le choix ! Nous convenons  de nous retrouver demain matin, en espérant que le temps s’améliorera, et nous revenons dans notre bungalow, qui ressemble plutôt d’ailleurs à un container aménagé, pas inconfortable à l’intérieur mais un peu abîmé par la rouille de l’air salin. Fatiguées, nous nous endormons toutes les trois, bercées par les bourrasques du vent et le bruit des vagues …Le soir nous sortons à pied trouver un petit restaurant où nous mangeons simplement des nouilles et un bouillon de poisson.

Lundi 20 Juillet : Lanyu

Coup de chance en nous levant ce matin, le ciel est bleu et le soleil est au rendez-vous. Après le petit-déjeuner, nous partons retrouver Emily qui s’occupe de nous faire amener la voiture. Elle vient avec nous mais c’est finalement son frère qui va conduire , et nous partons pour faire le tour de l’île . On longe d’abord le tout petit aéroport  avec sa piste d’atterrissage-digue  avant d’aller visiter le non moins tout petit musée de l’île. Tout est à petite échelle !  Avec 2000 habitants, l’île n’a pas d’hôpital, mais  quand même trois écoles élémentaires et un collège-lycée. Le petit musée est intéressant avec quelques photographies  anciennes , des sculptures et objets ethniques dont les fameux canoës peints que les Yami utilisent ( ou utilisaient ? ) pour la pêche . Mais ce qui fait surtout l’intérêt de la  petite route bétonnée ceinturant l’île, ce sont les récifs coralliens aux formes étranges qui la parsèment tout du long. Ils ont leurs noms : Crocodile Rock, Beauty Rock, Tank road….., et on rencontre aussi  une belle arche, quelques grandes grottes. La première moitié de l’île est le côté  le plus « urbanisé », avec quelques petits villages ; cela me fait un peu penser à Mayotte d’il y a  vingt ans, en beaucoup moins habité .Partout les cabris paissent tranquillement et les points de vue sont magnifiques sur les eaux turquoises et la forêt d’un vert soutenu. Mais dès qu’on s’approche de l’océan, il faut être prudent .Non seulement les vagues sont fortes mais à part deux ou trois minuscules criques de sable noir  on se heurte à des grattons coupants qui rendent la marche extrêmement difficile. Nous n’avions pas emporté nos maillots , mais après le repas nous n’en pouvons plus de chaleur, et demandons à Emily de nous trouver un endroit discret pour nous baigner  .Elle nous amène dans une anfractuosité des rochers où nous nous baignons en sous-vêtements avec un plaisir extrême que même la rencontre dans l’eau d’un long serpent rayé de noir et bleu n’arrive pas à ternir . Le premier bain dans le Pacifique pour Charlotte et moi !  La deuxième moitié de la balade se fait dans un paysage  encore plus sauvage , les voitures sont très rares, seuls des scooters d’autochtones ou de touristes asiatiques ( on n’a pas vu un seul occidental sur l’île) empruntent la route bordée de temps en temps de cultures de taro ( le songe de la Réunion) . Nous nous promenons autour de quelques maisons traditionnelles en bois , qui sont  semi  -enterrées  à flanc de colline afin d’offrir moins de prise au vent  .Recouvertes d’un tissu bitumé, certaines sont encore habitées mais Emily nous dit d’emblée de ne pas prendre de photos .Alors que l’après-midi tire à sa fin et que nous avons fait tout le tour de l’île, la voiture prend une route transversale et par une très forte montée accède tout en haut de la montagne  au site d ‘une station  de contrôle sismique. Nous avons de là une vue incroyable sur les deux côtés  de Lanyu…Voilà  pour qui aime la nature une île où il doit faire bon rester quelque temps à se reposer, pêcher, plonger, voire randonner s’il y a des sentiers à l’intérieur …Le soir Justine et moi ressortons à la nuit pour essayer avec un guide aborigène de voir des chouettes, cet animal  étant avec les bateaux rouge et blanc  l’emblème de Lanyu. Nous y allons avec la voiture alors tout le monde est en file  à scooter, c’est amusant. Un jeune stagiaire de notre petit hôtel nous traduit le plus gros des explications qui sont en chinois bien sûr, et c’est intéressant. Le guide nous présente plusieurs types d’arbres   et de plantes dont, ne venant pas d’Europe, nous connaissons la plupart, mais il nous fait aussi découvrir l’espèce de gomme rouge que les Taïwanais mâchent, le bétel . Nous voyons des petits escargots blancs qui sont protégés maintenant  mais que, d’après le guide, les anciens mangeaient au temps  de disettes et lors de la colonisation japonaise .Notre guide imite parfaitement le cri de la chouette , et plusieurs spécimens lui répondent dans la forêt mais au final nous n’en voyons que deux petites, de loin, blotties sur leurs branches .C’était bien néanmoins et c’était surtout délicieux d’être dehors à la fraîche  avec une petite brise …Demain nous allons faire la grasse matinée, puisque si nous pensions réduire notre séjour à deux nuits au lieu de trois nous avons appris que cela ne sera pas possible …les conditions météo étaient si mauvaises hier  qu’il n’y a eu ni avion ni ferry et les personnes bloquées ont réservé tous les billets pour demain !

Mardi 21 Juillet : Lanyu

Repos ! Grasse matinée…

Ecrire les comptes -rendus, lire, trier des photos, faire de l’administratif  pour moi ….Ça fait du bien ! Il y a aussi un peu de linge à laver …En journée je goûte le bubble tea, le thé  dans lequel il y a de grosses perles de tapioca, c’est un peu bizarre comme consistance mais pas  désagréable .J’aurais envie d’aller me baigner mais les filles ne sont pas partantes et j’avoue que je renonce  car l’idée de remarcher jusqu’au village  le plus proche ( seul accès à la mer un peu facile et protégé des vagues)  sous cette chaleur caniculaire, et d’être la seule en  maillot sur cette plage déserte au milieu du village me  fait reconsidérer la question ! Le soir nous retournons manger dans le  même petit restaurant pour le troisième soir, et nous régalons de viande de cabri ou d’agneau (comment savoir : c’est le même signe en chinois) coupée façon kebab avec des pousses vertes et croquantes, un délice ! Au moment de faire les comptes, la très antipathique patronne de l’hôtel essaie de nous arnaquer  en nous demandant 3000 dollars taïwanais de plus, mais nous refusons et comme par magie le problème disparaît : la boite de Justine a bien payé les trois nuits pour nous , mais nous ne lui recommanderons pas cet Algeco  plutôt sale et à la fenêtre opaque alors que la situation en front de mer est fantastique …

Mercredi 22 Juillet : Lanyu-Kenting

Aujourd’hui nous prenons le ferry vers Kanting à dix heures, c’est un plus petit bateau que celui qui nous avait amenées depuis Taitung  et on n’a pas besoin d’acheter les tickets dans un bureau, c’est le capitaine qui vient nous les vendre sur le quai ! Le ferry est peu rempli et la traversée dure 2h 30 pour 100 euros à nous trois. Arrivées au port, nous ne perdons pas de temps puisqu’un conducteur s’improvise taxi pour nous déposer avec sa voiture à notre hôtel. Hier au moment de choisir nous avions hésité entre un hôtel trois étoiles avec joli chambre et petit-déjeuner (chinois!) inclus, plus dans la ville, et une auberge de jeunesse  en dortoir de 4 et sans petit-déjeuner pour plus cher (4000 dollars au lieu de 3800 ! ) mais quasiment sur la plage . C’est la situation de l’auberge de jeunesse qui l’a emporté pour ces deux nuits. Certes le confort est drastique, la pièce minuscule et sans fenêtre, la clim ne fonctionne que de 17 heures à 9 heures,  et à 60 euros la nuit je trouve Taïwan bien plus  chère que je ne l’aurais pensé, et évidemment  bien plus que la Chine, mais ici en l’occurrence   la situation en vaut la peine. Nous sommes à quelques dizaines de mètres du littoral, et dans une artère commerçante avec plein de  petites  guinguettes fermées que nous devinons destinées à un marché de nuit. La chaleur étant toujours aussi accablante, nous décidons d’aller nous baigner mais la première plage, Ta- Wan , arbore des drapeaux rouges dus à de grosses vagues .Personne ne se hasarde à braver l’interdiction, sauf un touriste occidental ( nous en verrons quelques-uns aujourd’hui pour la première fois depuis des jours) qui se fait vertement rappeler à l’ordre par le sifflet d’un maître-nageur . Sur les indications de ce maître-nageur, nous accédons un peu plus loin à une autre plage mieux protégée des vagues et où nous pouvons enfin nous baigner .Quel bonheur !  La température de l’eau est absolument parfaite, même pour moi …Nous paressons un moment bien que ce soit une plage de galets ….Puis nous rentrons nous doucher et ressortons : le marché de nuit bat son plein, les gargotes  occupant la rue voisinent avec des bars chics, des dizaines de petits stands vendent des bijoux ou des babioles  ( beaucoup  en provenance d’Indonésie comme partout dans le monde !) et l’ambiance est très animée   avec des milliers de touristes taïwanais et asiatiques déambulant dans la rue principale, de la musique  …Les fruits de mer sont proposés partout et Charlotte et moi testons d’énormes huîtres chaudes qui sont délicieuses  avant de nous laisser tenter toutes les trois  par des galettes à l’oignon vert, des brochettes de mouton, des jus de fruits frais que nous mangeons en nous promenant ….Nous faisons aussi quelques emplettes , deux aimants et des petits flacons à remplir de sable  pour moi , de petites figurines des dieux locaux pour Justine …mais restons raisonnables : et d’un les prix sont élevés, comparables à la France , et puis il faut garder quelques achats pour le reste du voyage !!

Jeudi  23 Juillet : Kenting

C’est l’arrêt de la clim qui nous réveille à 9h30 et vers 11 h nous allons grignoter  juste à côté  de notre auberge, dans un bar-restau chic, avec le même type de belle  décoration vintage qu’au restaurant de  Taipei . Depuis hier nous réfléchissons à  la manière de visiter le parc  national de  Kenting , à la fois parc marin et terrestre sur  plus de 33 000 hectares, avec  des sommets de grès , des plages de sable blanc, des estuaires, des grottes de calcaire… et dans cet environnement somptueux  des  sites préhistoriques vieux de 4000 ans … Malheureusement mais cela semble très difficile sans moyen de locomotion : nous pourrions probablement louer des scooters électriques pour lesquels on ne nous demanderait pas de permis international, mais alors que j’aurais été partante pour essayer dans une Lanyu sauvage , autant faire mes premiers pas dans la circulation effrénée de Kenting m’inspire peu . Louer un taxi pour la journée renchérirait trop le budget qui explose déjà …La chaleur aidant, les filles rechignent à louer des vélos et puis on ne peut tout faire, bref nous  décidons d’un commun accord  de passer la journée à nous reposer et à la plage avant de ressortir dans le marché de nuit ! C’est donc ce que nous faisons, avec un bain absolument délicieux : plage animée juste ce qu’il faut, vaguelettes  agréables, température parfaite…J’en veux encore !

Vendredi 24 Juillet : Kenting-Kaohsiung

Nous nous levons sans hâte, allons petit- déjeuner au même endroit ( pain à l’ail et bruschetta pesto-lardons-olives…mhmmm) avant d’aller  à deux pas  de l’hôtel attendre le bus vers Kaohsiung, la deuxième ville du pays . Le guide indiquait que la plupart des taxis rentrant à vide vers Kaohsiung , on est fréquemment sollicité pour remplir les taxis au prix du bus . C’est ce qui nous arrive et nous faisons donc la route  bien plus rapidement et dans un véhicule normalement climatisé  pour le même prix, 1200 dollars pour nous trois.De plus il nous dépose à notre hôtel : bon plan ! L’hôtel , un trois étoiles local trouvé sur Booking.com est très agréable, mais pour la première fois de ma vie, on nous fait attendre jusqu’à l’heure officielle du check-in, 15 heures .

Nous décidons donc de partir directement dans Kaohsiung , c’est facile, nous sommes au centre et tout près du métro. Nous partons au Pier 2 Art District, et ne le regrettons pas . Dans le port, plusieurs entrepôts ont été réhabilités et convertis en salles d’exposition, ateliers d’artistes …les extérieurs sont un musée à ciel ouvert, et le coup d’œil  est vraiment agréable .Puis comme le musée d’histoire est dans le coin, nous allons aussi y faire un tour . Il est surtout composé de panneaux explicatifs qu’il faudrait avoir la patience de lire…Nous ne nous attardons pas et en reprenant le métro nous nous arrêtons à la station Formosa Boulevard, qui a été élue par des internautes  plus belle station de métro au monde . Un artiste italien a créé un magnifique globe de lumière en verre, supporté par deux gigantesque colonnes rouge et bleue ,  c’est à voir !

Les filles reviennent ensuite à l’hôtel alors que je me rends chez une coiffeuse.Nous avons trouvé 3 salons sur notre chemin, et celui-ci est proche  , ne semble pas snobinard, il me plaît bien ! Justine a donc expliqué que je vais faire ma couleur et ensuite je me retrouve au milieu de toutes ces dames qui ne parlent que chinois. Elles sont toutes adorables et aux petits soins pour moi, m’apportant thé et biscuits, me faisant un massage des épaules et du dos ..une fois que la couleur est posée, on m’enveloppe de cellophane et on me met à chauffer sous le casque .Le shampooing est curieux, l’eau est chaude mais le shampooing a un effet glaçon et j’ai l’impression  que toute ma tête est devenue un énorme bonbon mentholé…Puis on me pose une serviette brûlante sur les épaules, on me refait un massage des épaules .Que c’est agréable ! La couleur est parfaite et je  m’abandonne aux mains de la coiffeuse qui  a décidé de me coiffer à sa façon et qui a une technique bien particulière,.Elle utilise ses brosses rondes en sanglier comme des  bigoudis géants et à un moment je me retrouve avec quatre brosses enroulées sur le crane ! Au final le résultat est vraiment joli et je suis bluffée…J’ai payé 45 euros, il n’y a rien à dire ! Je rejoins les filles et nous avons  prévu de manger une soupe dans un troquet local …Ce sera pour demain ! Là  nous nous laissons tenter par un hot-pot de bœuf et mouton très copieux et délicieux dans un joli petit restaurant ..Il faut prendre des forces:-) .Demain le petit-déjeuner compris sera chinois et nous allons continuer à visiter les points d’intérêt de cette grande ville aérée et dynamique que semble être Kaohsiung !

Samedi 25 Juillet : Kaohsiung

Le petit-déjeuner composé de riz, viande et légumes ne nous tente pas trop mais il y a néanmoins des toasts  . Puis nous reprenons la même ligne de métro que la veille car les points d’intérêt majeurs sont situés dans le quartier du port. Notre première visite est pour l’ancienne demeure du consul de Grande- Bretagne, un élégant bâtiment de briques rouges situé sur une colline et d’où l’on découvre un beau panorama . Puis nous allons prendre un ferry qui en cinq minutes (mais après une attente d’une heure!) nous emmène sur l’île de Chichin , une étroite bande de terre formant une jetée dans le port de Kaohsiung .L’île est très touristique et la rue centrale est remplie  de boutiques  d’artisanat et  de petits troquets . L’ayant traversée de part en part, nous tombons sur une plage de grossier sable noir, sable qui a été  utilisé pour de magnifiques sculptures de sable .Je n’en avais jamais  vu auparavant sinon dans des reportages, et là  certaines font plusieurs mètres de haut ! L’ambiance de l’île est bon enfant,  beaucoup de familles se promènent et nous voyons même des couples qui promènent de petits chiens pomponnés dans des poussettes spéciales ! Nous  achetons quelques bricoles, buvons jus de mangue fraîche et  eau de coco  préparés sur des étals ambulants, et je découvre quant à moi  un mélange de jus et de glace de canne à sucre, enrichi d’une salade de fruits de la passion, qui est une merveille ! Avant de partir, avec  encore une longue attente, nous nous arrêtons au joli temple de la déesse Matsu, qui date de 1670, c’est le plus ancien temple de Kaohsiung.

Nous reprenons le métro pour revenir au centre, croisant sur notre chemin  un grand terrain où des familles s’exercent  et jouent avec leurs cerfs-volants, et nous arrêtant au passage pour manger un plat de mouton et légumes dans un tout petit restaurant. Après une journée si dense et tant de marche, nous savons que ce soir encore  personne ne sera partant pour ressortir au marché de nuit !

Dimanche 26 Juillet : Kaohsiung

J’ai du mal à lever les troupes ce matin ! Aujourd’hui nous avons décidé d’aller en bus à  Meinong, un village dont le guide décrit «  les vestiges architecturaux d’une beauté envoûtante »  et «  les rizières, les champs de fleurs  et les paysages luxuriants » …. Il nous faut 90 minutes pour nous y rendre, et nous louons des vélos pour trois fois rien (100 dollars chacune) afin de visiter les alentours. Meinong étant un village dont la quasi-totalité de la population est de culture hakka, nous partons à quelques kilomètres visiter un musée qui lui est consacré. C’est assez intéressant, avec des objets de la vie quotidienne rurale, quelques habits de cérémonie et des panneaux explicatifs sur ce sous-groupe des Chinois Han qui s’est installé il y a deux cents ans à Taiwan. Surtout, il y fait frais, alors que le soleil est de plomb, la chaleur accablante, et que pédaler est une gageure ! A la fin de la visite, on nous propose du DIY avec la peinture de petites ombrelles, la création d’ombrelles de papier et bambou est en effet un artisanat local  importé au début du XXème siècle de la province chinoise de Guangdong. Les filles se laissent tenter et nous passons un agréable moment dans une salle dédiée, avec peintures et pinceaux. Puis nous partons voir une espèce de « village » touristique mais sans grand intérêt avec  ses chinoiseries de mauvais goût. Sur le chemin du retour, nous nous arrêtons voir un temple assez joli et lançons les morceaux de bois utilisés dans l’art divinatoire et par lesquels les dieux sont censés répondre à nos questions .Ils ont la forme de bananes et symbolisent le sourire des dieux…A ce moment-là, le ciel s’est bien assombri et alors que nous regagnons le centre-ville, il se met à pleuvoir, ce qui est délicieusement rafraîchissant …Munies du plan touristique, une photocopie peu lisible, nous tournons néanmoins en ville car  si nous avons bien vu quelques rizières un peu sales à l’extérieur , nous voudrions bien voir dans la ville même les vestiges architecturaux envoûtants ! Bon, on a du rater  quelque chose car même la vieille rue est banale. Entre la pluie et nos recherches infructueuses, cela nous fait penser à Chichung où nous avons cherché le musée du riz, et nous prenons cela à la rigolade ! Ici nous avons quand même passé quelques bons moments et c’était vraiment agréable de se promener à vélo. Nous sautons dans le bus de 17H20, et en arrivant à Kaohsiung nous retournons manger dans le petit restaurant de la veille. Demain matin, départ vers les îles Pescadores !

Lundi 27 Juillet : Kaohsiung- Penghu

C’est un chapelet de 64 îles dans le détroit de Taiwan, nommées ainsi par les Portugais. Pas aussi proches de la Chine que les autres archipels Mazu et Kinmen, qui sont restés jusqu’en 1992 des bases militaires soumises à la loi martiale, l’archipel Penghu , tampon entre la Chine et Taiwan, a néanmoins une histoire tumultueuse puisqu’il a été successivement  conquis par  les pirates, les Hakkas, les Hollandais, les troupes de Koxinga, les Mandchoues, les Français et les Japonais ! Nous allons passer trois jours à Penghu, une île qui vit principalement de la pêche et du tourisme, et nous prenons à 8 h 30  un énorme ferry, semblable à ceux qui traversent la Manche pour 4h30 de navigation. Ce sera 5 h  d’ailleurs mais le trajet se passe bien, la mer est calme et  nous pouvons nous occuper pour passer le temps. A l’arrivée nous rejoignons directement et à pied l’hôtel que la boite de Justine  nous a réservé pour ces trois nuits, c’est un grand hôtel très confortable où les réceptionnistes parlent un peu anglais, ça fait du bien ! Nous avons faim et allons manger dans un restaurant qui fait partie d’une chaîne de burgers locale, je sens d’emblée que leur burger ne passe pas bien et effectivement je suis malade dans la foulée. On part à pied à une plage mais je ne me baigne pas , pas en forme .Heureusement ça passe vite. La capitale de Penghu , Makung, , semble être une ville moyenne, aérée et touristique tout en étant tranquille . Nous découvrirons mieux  Penghu demain avec le tour en bateau qui nous est aussi offert.

Mardi 28 Juillet : Penghu

Ce matin  à 8 h un taxi vient donc nous prendre à l’hôtel pour nous amener au port. La compagnie de Justine prend vraiment soin de nous, mais le gag est qu’ayant tout réservé par internet  sans jamais être venu ici, ils ne savaient pas que le port est à 500 m au plus de l’hôtel qu’ils nous ont réservé !  Le chauffeur de taxi  doit nous percevoir comme  VIP ou invalides, au choix ! Nous partons donc pour un tour chinois (je simplifie) rempli de Chinois et avec des commentaires chinois , que nous allons découvrir au fur et à mesure. Après 45 mn de navigation, nous débarquons sur l’île de Cimen où un bus attend le groupe, sauf ceux qui ont préféré  avoir un scooter. On nous promène pendant une heure, de rochers «  qui ont la forme de … » en   points de vue. Cela n’a pas grand intérêt mais c’est sympathique. L’île est plate, toute verte  mais sans végétation haute, le guide parle de climat plus rude et de beaucoup de vent. Tout est propre, neuf, la route  est goudronnée, longée par des poteaux électriques, et  les panoramas sur l’océan turquoise sont de toute beauté. Nous reprenons ensuite le bateau pour au bout de 45 minutes nous arrêter dans l’île de Wangan , plus au Sud. Elle  n’est  guère différente mais plus petite, 3OO personnes seulement y vivent, me dit un vieux Taïwanais qui parle français et m’explique qu’il a vécu plusieurs années en Cote d ‘Ivoire, Centrafrique et Sénégal .Affaires ou armée, je ne le saurai pas. Sur Wangan, nous mangeons un brin puis on nous promène à nouveau …Il y a là de très belles plages de sable  blanc, et l’île est apparemment un lieu de  des tortues vertes .On nous emmène voir deux cœurs formant une espèce de jetée artificielle, c’est un lieu très romantique pour les Chinois et un panneau indique que 99 couples se sont mariés à cet endroit en 2005 ! Aujourd’hui en tout cas un jeune homme vient de faire sa demande à sa fiancée, et tout le groupe applaudit depuis le promontoire dominant la scène. Je dis bien depuis le promontoire car aucun autochtone (c’est à dire tous les cars sauf nous trois)  ne fait l’effort de descendre sur la plage ni de s’écarter un tant soit peu des 50 m goudronnés séparant chaque fois le bus de l’ »attraction ». De la même façon nous sommes les seules à écarter le rideau du bus climatisé pour apercevoir le paysage, tous nos voisins ayant hermétiquement fermé les leurs pour échapper au soleil. Nous finissons la journée par une mini promenade dans un des plus anciens lieux de peuplement des Han, avec quelques maisons noires (basalte et coraux) et basses en bord de mer, avant de regagner en bateau l’île de Penghu. Un autre taxi nous attend pour nous ramener à l’hôtel ! Et la  fin de la journée se passe à l’hôtel d’où nous ne sortons plus, et où  nous profitons de la   clim avec un grand plaisir..

.Mercredi 29 Juillet : Penghu- Gibeï

Nous nous levons tard, et avons l’heureuse surprise de découvrir un petit établissement «  occidentalisé » , qui propose dans un décor agréable des brunchs, et des jus délicieux ainsi que des plats plus locaux, et ce pour un prix très bas . Cela  me console d’avant-hier soir où dans un troquet nous nous sommes fait arnaquer en beauté avec une soupe de poisson qui n’était pas sur la carte  ( mais cela arrive fréquemment ici,  vous choisissez ce qui est exposé et on vous fait ce que vous voulez ) , soupe  qui m’a été facturée pour 550 dollars , le prix de trois repas normaux alors qu’il s’agissait d’un infâme brouet, poisson plein d’arêtes cuit à l’eau avec trois lamelles de gingembre…Première fois que  l’on nous vole ( il n’y a pas d’autre mot) dans ce pays où les gens sont si aimables,  et cela laisse une impression très désagréable …Mais aujourd’hui commence bien, et nous avons décidé de traverser l’île principale pour rejoindre en bateau une autre petite île, Gibeï qui a une plage magnifique. Un taxi nous amène donc à l’embarcadère en une demi-heure , je remarque encore une fois comme tout est neuf, propre, bien agencé, et disons-le, riche  .Penghu est un archipel dont tous les bâtiments sont récents, les routes sont surdimensionnées et il y a partout beaucoup d’espace comme si un développement futur avait été pensé d’emblée .Les structures de la gare maritime , que ce soit pour aller à Gimeï, île de 2 ou 3 kilomètres, ou en revenir, sont elles aussi neuves et importantes. Nous rejoignons  l’île en un petit quart d’heure, c’est un plaisir car l’eau est turquoise  et nous avons vraiment envie de faire trempette. Sur Gimeï, on peut aussi louer des scooters, et faire des activités nautiques (jet-ski…) mais nous avons juste envie de nous rafraîchir !  Nous marchons une vingtaine de minutes pour rejoindre  la plus belle plage, une grosse langue  de sable blond .A part un petit groupe qui effectivement sur un côté pratique du jet-ski , la plage est déserte ….Les Chinois ou  Taïwanais  ne sont pas encore tournés vers la mer , peu se baignent et les rares femmes qui le font sont pudiquement  en une pièce , short , voire tee-shirt …Quant à nous, nous passons deux ou trois heures délicieuses, l’eau est d’une couleur et d’une température idéales, le décor est idyllique …Nous consacrons un moment à essayer de prendre des photos de nous trois en train de sauter, avec l’aide du retardateur, mais après beaucoup d’échecs et de fous-rires, il nous faut demander l’aide de jeunes gens pour prendre une photo correcte. Le petit groupe veut ensuite prendre des photos avec nous, c’est quelque chose qu’on nous demande ici moins fréquemment qu’en Chine mais régulièrement tout de même. Nous revenons à temps pour le dernier ferry de 17 h et rentrons à Makung en bus. Comme je n’ai pas de monnaie sous la main  pour régler le bus, une dame paie spontanément pour nous trois, et ne veut pas être remboursée une fois que j’ai rassemblé mes pièces ! Nous trouvons vraiment les Taïwanais très aimables et accueillants, désireux de communiquer dès qu’ils connaissent un peu d’anglais.

Le soir à Makung je m’arrête près d’un petit stand de rue où on mange d’énormes oursins, 10 à 12 cm au moins  : je les ai vus hier et veux tenter l’expérience ! En fait, si le goût est bien le même, je trouve la bête un peu grosse pour moi, et  vaguement dégoûtée je me dépêche de manger les lamelles de chair …

Jeudi 30 Juillet : plage de Shanshui

Quelle belle journée encore ! Nous avons fait une vraie grasse matinée et ne quittons l’hôtel  qu’à l’heure du check-out, 11 heures. Après avoir mangé au même endroit qu’hier matin, nous prenons un taxi pour rejoindre une autre plage, celle de Shanshui .Nous serons poisseuses ce soir en prenant le ferry mais tant pis, c’est notre dernier bain ici. En effet, nous entamons notre dernière semaine et nous quittons ensuite le littoral pour aller dans la montagne, avant de rejoindre Taipei …La plage de Shanshui est parfaite, absolument parfaite ….Une grande baie de sable blond, quasiment déserte, une eau cristalline,  turquoise, et devenant peu à peu d’un profond  bleu roi, un fond sablonneux où on a pied sur des dizaines de mètres ….Un beau point de vue s’offre à nos yeux un peu plus loin depuis une  colline verdoyante. Sanshui est une petite bourgade aérée, qui  certainement va se développer  car  de nombreuses constructions sont en cours .Que sera Penghu dans 20 ans ? Je ne le sais, mais l’archipel a de nombreux atouts et pourrait dès maintenant être une belle alternative aux plages surchargées de Thaïlande. Notre chauffeuse de taxi revient nous chercher à 15 heures et nous amène à l’hôtel récupérer nos bagages puis dans la foulée au ferry. Même elle qui doit passer ses journées dans son taxi avec une clim poussée au maximum est habillée comme les femmes d’ici : pantalon long, petit haut avec de  longues manches amovibles ne laissant libre que le bout des doigts, casquette  couvrant le cou et comportant sur le visage une bavette amovible style tchador , lunettes de soleil…L’ensemble me laisse une impression mitigée car si bronzer de longues heures au soleil est extrême, et tout à fait nocif , autant éviter tout rayon en portant un tel accoutrement par 35° me semble inconcevable …Et on ne voit strictement rien de leurs visages…

Après 5 heures de ferry, nous voici à nouveau à Kaohsiung pour une étape. L’hôtel que j’ai réservé sur Agoda n’est pas mal pour le prix et en allant acheter trois bricoles au Seven Eleven, nous découvrons que la gare est à 100 mètres, même pas besoin de prendre un taxi demain matin !

Vendredi 31 Juillet : Kaohsiung-Taïnan

C’est notre dernière semaine qui commence ! Une heure de train le matin nous amène à Taïnan, ancienne capitale et quatrième ville du pays. Nous laissons nos bagages  dans la chambre et partons illico visiter la ville, dans laquelle Justine a déjà eu l’occasion de venir. Le temple de Confucius, construit en  1665, est notre première visite, il est très sobre, car le confucianisme n’est pas une religion  et c’est historiquement  la première école publique de Taïwan .De nos jours encore, les temples dédiés au sage ont une fonction pédagogique. Justine y laisse sur le grand panneau habituel un vœu dédié à la fin de ses études. Puis nous allons voir le fort Provincia , construit en 1653 par les Hollandais pour se prémunir des attaques venant du détroit ..Sans succès donc puisque Xoninga a perçé leurs défenses. Les deux visites sont agréables sans plus.  Mais c’est ensuite le temple de l’Impératrice du Ciel, situé à quelques pas du fort, qui va être la plus belle surprise. D’abord ses multiples salles sont très décorées. De grandes statues de Matsu sont flanquées de ses gardes du corps aux traits menaçants .Une des salles adjacentes doit être consacrée à Laoyue, le dieu de l’amour car tous les vœux sont écrits sur des  papiers en forme de cœur, et des centaines de photos de couples ornent les murs, c’est à la fois kitsch et émouvant …Nous avons surtout la grande chance d’assister à une cérémonie taoïste : alors que nous allions partir , un important groupe, tout de jaune vêtu, arrive, accompagnant un homme portant un costume de démon, et deux hommes figurant des géants noirs …Il y a aussi des musiciens , et les personnages dansent à l’entrée du temple pendant un moment avant d’y entrer .A l’entrée et à la sortie, il y a d’un coup  un bruit assourdissant censé attirer l’attention des dieux .Lorsque nous allons prendre des photos des costumes  que les hommes ont enlevés, le « démon » le remet  gentiment sur  sa tête et nous invite par gestes à prendre des photos avec lui . Ensuite nous nous promenons dans une ancienne rue ,  faisons un peu de shopping , Justine et moi achetons en particulier une valise , et puis nous repartons en taxi vers un faubourg car je voudrais  aller dans un restaurant décoré en bois flotté par une artiste taïwanaise ….Hélas , nous tournons un moment sans trouver, le numéro ne répond pas et nous finissons par revenir au centre et manger des sushis , ce qui nous convient aussi très bien !

Samedi 1er Aout : Taïnan- Chiayi

Nous n’avons pas fini notre visite de Taïnan, une ville agréable et animée , donc ce matin nous allons visiter un autre fort construit par les Hollandais en 1634,  le vieux fort d’Amping .Il  a été bâti à l’époque avec des pierres venues de Java et une mixture faite de riz gluant, de sirop de sucre de canne et de coquillages écrasés, mais ( ceci expliquant cela?) seul reste un mur d’origine ! Le bâtiment central, bien plus récent, abrite un petit musée .Là aussi c’est intéressant sans plus. Mais Justine nous amène à quelques pas voir une curiosité impressionnante, un gigantesque banian a pris en quelques décennies à peine possession d’un  entrepôt de stockage .C’est impressionnant et l’on a peine à croire qu’il s’agit là d’un seul arbre ! Le banian étant un arbre sacré, il semble que les habitants ne s’approchaient plus du bâtiment depuis 70 ans, avant sa mise en valeur et ouverture  du site au public.

Au retour nous filons directement à la gare qui est bondée,  à tel point que nous n’avons pas d’autre choix que de prendre un train très rapide, qui est assez cher .Il est vrai que c’est samedi et si nous avions encore un peu d’espoir de pouvoir prendre demain le petit train  qui relie Chiayi à Alishan dans la montagne, traversant  77 ponts et 53 tunnels en 3h30 pour 72 kilomètres, nous devons d’emblée être plus réalistes ! Alishan est prise d’assaut  presque en permanence, mais nous l’avons réalisé trop tard et le site entièrement en chinois  ne nous a pas aidées à réserver ! Aujourd’hui nous nous contentons donc d’aller en moins d’une heure à Chiayi,  qui est surtout une porte d’entrée vers Alishan car le guide la décrit comme dénuée de charme. Le paysage est plat,  des rizières alternent avec plusieurs petites villes comportant pas mal d’usines et de bâtiments industriels. A part  la végétation tropicale, nous pourrions être en Europe, si ce n’est qu’il y a moins d’efforts d’intégration de pylônes ou lignes électriques par exemple .Une fois installées à l’hôtel nous profitons de notre moitié d’après-midi pour nous reposer au frais …Nous ne ressortons que le soir, et cédons alors un petit peu à la fièvre acheteuse dans le marché de nuit du quartier …nous avons le droit, ce sont presque les derniers jours  et nous avons été très raisonnables jusque-là !

Dimanche 2 Aout : Alishan

Je me réveille alors que  le réveil devait déjà sonner depuis un quart d’heure, et nous sautons dans nos vêtements, il faut dire que c’est tôt puisque nous prenons le bus  de 6h10 qui part vers Alishan .Nous voilà , de justesse, parties pour deux heures et demie de voyage , et après un petit trajet  en plaine et parmi les rizières ,  nous montons directement dans la montagne. Le paysage s’élargit et les virages se succèdent , on dirait la montée vers Cilaos .A 8 heures, nous arrivons à l’entrée du parc national , bardé de dizaines de bus, et prenons nos tickets, Le soleil est au rendez-vous et nous avons droit à quelques photos de la mer de nuages avant qu’il ne se voile . Les  vrais courageux qui se sont levés bien plus tôt afin de voir le lever de soleil sur le mont Chuschan, à 2490 mètres, ont eu de la chance  aujourd’hui .Nous avons été trop paresseuses pour cela, même si la scène telle que le Petit Futé la décrit («  Les touristes par centaines, emmitouflés…, écoutent  les commentaires bruyants de l’animateur pourvu d’un porte -voix…Puis …ils enfilent sur le bout de leur nez des lunettes à infrarouge… »), Cette scène donc doit avoir une  grande saveur et permettre des photos cocasses !

Nous commençons par nous réchauffer, car il fait froid à cette altitude, avec un thé au gingembre pour moi et au chrysanthème pour Justine qui a pris goût au thé en Chine. Le thé d’Alishan est d’ailleurs très côté mais il est donc très cher, et je ne suis pas assez connaisseuse pour que cela en vaille la peine .Puis munies d’une carte, nous allons nous promener plusieurs heures dans le parc forestier. Nous ne sommes pas seules, loin de là ! C’est dimanche et là aussi des  centaines de touristes arpentent, la plupart  sous la houlette de guides au petit drapeau , les sentiers bétonnés et tout aménagés  de ce parc de 1400 hectares. Le climat varie du tout au tout dans le parc , puisqu’il s’étage de 800 à 3200 mètres, et j’imagine que les  véritables randonnées, en particulier l’hiver avec les sommets enneigés, peuvent être magnifiques .Pour la journée, nous nous contenterons d’aller d’un point d’intérêt à un autre ( les arbres millénaires sacrés, un temple taoïste, un temple bouddhiste, des arbres siamois, une pièce d’eau…) dans la partie aménagée et en compagnie de nos amis chinois ( car j’imagine que les Taïwanais visitent quand même de façon plus autonome ? ) . Comme nous sommes dans la partie basse du parc, le paysage n’est pas très ouvert et nous sommes en permanence dans une forêt que je dirais tropicale ou subtropicale – mais le parc offre aussi un climat tempéré et alpin selon l’altitude! -, avec des espèces de cyprès gigantesques, dans une végétation très dense. Beaucoup d’individus ont 800 ans au moins, certains plus de 1200 ans ! D’ailleurs le chemin de fer a été conçu à l’origine pour transporter le bois. Il est vraiment dommage que nous n’ayons pu monter avec ces wagons encore tirés par les vieilles locomotives rouges, et pour qui aime randonner le site mériterait  que  l’on quitte ces chemins hyper balisés en restant plus longtemps  , mais cette journée dans la magnifique forêt …et dans la fraîcheur est néanmoins très agréable . Au retour, c’est déjà le soir et nous allons manger directement avant de revenir à la chambre et préparer les derniers jours. Nous avions prévu d’aller au Sun Moon Lake, mais y aller depuis Chiayi est un peu difficile et après réflexion nous décidons de consacrer plus de temps aux alentours de Taipei, puisque nous en sommes parties  directement.

Lundi 3 Aout : Chiayi-Taipei

Après un lever  sans hâte (ça fait du bien!) , nous allons à la gare et prenons nos billets de train vers Taipei .Le train normal à 461 dollars par personne pour cinq heures de trajet est bien suffisant aujourd’hui puisque nous n’avons rien d’autre de prévu . En attendant notre train, Charlotte et moi essayons d’aller voir à quelques pas une partie de la gare transformée en exposition artistique , avec des anciennes locomotives peintes , et de plus il y a une cache de Geocaching dans cet endroit, mais c’est hélas fermé le lundi .Au final  nous n’aurons donc rien visité des rares points d’intérêt de Chiayi  (il y avait aussi d’anciennes maisons japonaises restaurées ) mais nous y avons flâné, fait de emplettes et nous  ne l’avons pas trouvée si moche que ça .

Nous  retrouvons Taipei  et son animation avec plaisir , d’autant que la chambre que j’ai réservée au dernier moment  est vraiment bien  .Et nous ressortons le soir car je voudrais absolument  voir le restaurant de l’artiste taïwanaise Hsieh Li-Shian , celui qui se trouve à Taipei, puisque nous n’avons pas pu y aller à Tainan ( il a fermé, en fait) . C’est un peu loin et nous en avons pour 40 minutes de métro  mais nous n’allons pas le regretter. Ce restaurant, Five dime drifwood house , est une merveille d’architecture .. et un véritable délire  créatif .L’extérieur représente deux immenses femmes dont les plis des  robes forment les piliers de l’entrée, et on accède à l’intérieur  par une rampe douce qui serpente d’emblée  dans  un décor extravagant, sorte de palais du facteur Cheval. L’intérieur s’apparente sur trois étages à une immense grotte aux formes totalement biscornues, décorée de peintures aborigènes, d’immenses arbres, de bétons travaillés et une grande pièce d’eau (avec des bateaux) agrémente le premier niveau. Tout est tortueux, fantastique, créatif, on pense aussi à Gaudi  et le regard subjugué va d’un détail à un autre  sans se lasser …Les prix sont assez élevés pour Taiwan  (environ 50 euros au total) mais l’endroit en vaut la peine, et nous prenons un menu dégustation de plusieurs plats qui va se révéler fort bon . Ce qui est amusant c’est que comme partout à Taïwan, les gens mangent très tôt  et que les codes ne sont pas les mêmes. Nous étions au milieu du repas quand on est venu nous apporter la note, et à 21 h  nous étions la dernières et on  nous a averties que le restaurant fermait ses portes ! Mais c’était une excellente soirée et j’ai adoré cet endroit !

Mercredi 4 Aout : Marché de Wafenpu

Pas de réveil ce matin, mais nous devons néanmoins reprendre nos sacs pour aller les   poser dans ce qui sera notre hôtel pour les deux dernières nuits. C’est  un peu moins bien, mais très bien placé à cinq minutes du métro Ximen. Après un petit-déjeuner très tardif au Starbucks, nous reprenons le métro  pour découvrir le marché de Wufenpu, qui est le marché de vente en gros pour les vêtements. Il ressemble un peu au marché de Chakucack avec ses centaines de petites boutiques, dont  la plupart  ici sont remplies de gros ballots et  cartons prêts à partir pour d’autres boutiques .A part quelques boutiques , la qualité semble moyenne , mais les prix sont vraiment bas, en particulier sur les portants mis à l’extérieur pour attirer le chaland et  qui exposent des articles à 100 ou 200 dollars . C’est vraiment très tentant, mais il faut être avisé  car gros inconvénient, il n’est pas possible d’essayer  les articles ! Mais bon, trois filles …et avec des prix si bas… nous  passons un grand moment à Wafenpu , entrecoupé de quelques pauses  pour nous rafraîchir et nous avons bientôt les bras chargés de paquets ! Il nous faudra d’ailleurs y repasser demain car Justine a craqué pour une très belle robe chinoise brodée de paillettes figurant un phœnix. Là on n’est plus dans la même gamme de prix, elle peut essayer et la robe parfaitement retouchée sera prête demain..Après  avoir déambulé comme ça,  nous sommes tellement épuisées que nous ne ressortons même pas   manger et nous contentons de trois bricoles prises au Seven Eleven ! Avec essayages dans la chambre de tous nos articles, appréciations et  commentaires, fous-rires ! Globalement nous sommes satisfaites !

Jeudi 5 Aout : Wulaï

Même si le shopping est bien agréable, je veux quand même profiter de nos derniers jours à Taipei pour visiter les environs. Deux villes sont agréables  et valent la visite dans les alentours proches, mais Justine est allée déjà 4 fois à Chiufen, nous irons donc à Wulaï. C’est une ville où il y a des sources chaudes, et comme cela fait vraiment partie du patrimoine de Taïwan, je ne voudrais pas partir sans vivre cette expérience. Nous prenons donc jusqu’au bout la ligne verte du métro, puis tout de suite un bus qui en 30 minutes et de multiples arrêts nous amène à Wulai. Il est remarquable de se retrouver en si peu de temps   dans un monde totalement différent de la capitale. En effet nous quittons tout de suite l’agitation urbaine pour suivre une vallée, où une rivière de montagne serpente entre des montagnes verdoyantes quasi désertes, pour finalement arriver dans une toute petite ville de montagne. La rue principale est piétonne et assez touristique avec quelques boutiques de souvenirs et de petits restaurants locaux .Nous y faisons quelques achats pour des petits cadeaux à rapporter. Puis nous nous renseignons sur les bains  chauds publics, car s’il y a partout des publicités pour des spas et des  hôtels chics, la plupart ayant même  un bain d’eau chaude naturelle dans chaque chambre, nous préférons vivre une expérience plus authentique .Et là, on nous envoie à la rivière ! Nous y descendons donc, un peu dubitatives, cherchant une structure …Nous finissons par toucher l’eau de la rivière, et surprise : alors que celle-ci est assez large, environ 6 mètres,  l’eau est chaude, brûlante même au bord ! Des espèces de vasques  ont été faites dans les galets du rivage, afin de ménager des espaces où les quelques visiteurs s’étendent  pour profiter des sources d’eau chaude du bord, la rivière elle-même étant froide dès qu’on s’en éloigne. Nous faisons donc comme les quelques personnes présentes, nous nous allongeons  dans l’eau sous le soleil brûlant et  la sensation est vraiment délicieuse… Le paysage alentour est magnifique , forêts et montagnes, torrent  à nos pieds, et c’est un pur bonheur de se prélasser dans  son eau chaude  , en bougeant paresseusement vers des courants plus frais lorsque la chaleur devient  trop forte …Nous avons beaucoup de chance, et d’autant plus que sans prévenir  alors que nous venons juste de nous rhabiller et remonter dans le village, éclate une  intense averse tropicale …Nous rentrons donc dans un petit troquet pour y manger , et au bout de cinq minutes je remarque qu’un caniveau d’eau coule au milieu de la salle et sous les tables, et que les gens mangent en y trempant leurs pieds. Là aussi nous faisons pareil et c’est bien agréable .Eh oui le sources d’eau chaude sont exploitées au maximum dans le village, il n’est qu’à voir d’ailleurs l’enchevêtrement de tuyaux qui partent de la rivière, et j’imagine que chaque maison doit avoir bricolé son petit système ! Nous avons donc passé un excellent moment et repartons vers Taipei ravies de notre escapade. Mais la journée n’est pas finie  puisque nous devons repasser à Wafenpu. La robe de Justine est parfaite et Justine qui doit retrouver un copain  nous quitte ensuite…Puisque nous sommes là, , Charlotte et moi en profitons évidemment pour refaire un tour, deux tours, trois tours…bref nous n’aurons pas visité tout le marché parce qu’il est gigantesque mais nous nous sommes laissées tenter  un certain nombre de fois encore ! Il nous faut donc une fois revenues à l’hôtel  et après les nouveaux essayages refaire les valises, trier  les affaires des unes et des autres partants vers des destinations différentes, ré agencer les sacs …Bref nous nous couchons très très tard, ou tôt !

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Vendredi 6 Aout : Départ

Là c’est vraiment le dernier jour mais nous allons faire le maximum de notre après-midi .Nous quittons l’hôtel à l’heure limite de midi en y laissant nos bagages et nous allons manger au  restaurant à thème Hello Kitty . Tout dans la décoration, couleurs, costumes y rappelle la célèbre  petite chatte et même tous les plats et gâteaux sont en forme de Kitty ! On y vient d’ailleurs plus pour l’ambiance que pour la cuisine, car celle-ci, chère et quelconque, sera une déception, mais le décor est amusant et régressif à souhait. Les filles s’amusent d’un couple qui dépasse les bornes  côté selfie , et pourtant on sait bien que les Asiatiques  en sont les rois . L’homme a un compact, deux smartphones, une go pro qui filme en continu, et un instantané, tandis que la femme n’a « que »  son smartphone.  Ce couple  aura passé le repas à prendre  séparément des photos d’eux-mêmes, des photos de chaque  plat, au moins une trentaine, pour ensuite pianoter sur son téléphone ( «  moi chez Hello Kitty mangeant ma soupe » , «  moi chez Hello Kitty mangeant mon dessert » …)  sans se parler ….Triste vraiment ! Notre dernière visite sera pour le marché informatique  de Guongshang où Justine et moi achetons un disque dur et des bricoles. Il serait tentant là aussi d’y rester des heures, mais nous sommes raisonnables …et le taxi commandé nous attend, il est temps de prendre le chemin de l’aéroport ….

( photos de Justine)

Ainsi se termine donc ce voyage de quatre semaines à Taïwan, île extrêmement riche et pleine de contrastes, offrant tant de belles découvertes sur un si petit territoire. La ville trépidante et en même temps facile à vivre et à taille humaine de Taipei nous a plu: les montagnes que nous n’avons pas assez vues , les gorges et rivières, les îles   sauvages, les plages paradisiaques  , la culture taoïste ou aborigène, la gentillesse des habitants , tout cet ensemble me fait dire qu’il doit être très agréable de vivre quelque temps à Taipei ….

C’était  encore un beau voyage !

COLOMBIE: Mars-Avril 2015

April3

Le mariage de Natalia, mon amie colombienne rencontrée à Bournemouth et qui y a partagé deux fois notre maison, étant une bonne occasion de venir en Colombie, nous avons décidé de joindre l’agréable à l’agréable en y passant un mois, afin d’avoir une première approche de ce grand pays ( deux fois la France) qui s’ouvre au tourisme et qui semble cumuler d’extraordinaires atouts….

Samedi 28- Dimanche 29 Mars 2015 : France-Bogota-Arménia

Nous savions que ce serait un long voyage…..Samedi matin, nous quittons donc Lapenne vers 7 h pour rejoindre l’aéroport de Toulouse d’où un premier vol nous amène vers Madrid que nous quittons après cinq heures d’attente. La nourriture n’est pas super sur Avianca , et les films ne sont pas sous-titrés en anglais, mais l’écartement entre les sièges est correct et après dix heures de vol nous foulons le sol colombien .A la sortie de l’aéroport de Bogota , nous sommes attendus par Carlos , le beau-père de Natalia qui va lui aussi rejoindre Arménia et qui a affrété une voiture avec chauffeur .Nous repartons donc dans la foulée pour ce qui doit être cinq ou six heures de voiture, mais va s’avérer durer dix heures ! Arménia n’est pourtant qu’à 180 kilomètres de Bogota , mais les routes à deux voies ne sont pas extraordinaires ( on devra pourtant s’acquitter de nombreux péages) et surtout il nous faut franchir une montagne , partie de la Cordillère qui rythme toute l’Amérique du Sud de son épine dorsale .Pour en rajouter, le trajet va s’effectuer la plupart du temps sous des trombes d’eau, et la route est encombrée jusqu’à saturation de très nombreux camions « américains « .Il nous faudra d’ailleurs nous arrêter un moment car il y en a des centaines, oui des centaines garés sur les voies et entre lesquels il faut péniblement louvoyer jusqu’à ce que tout soit bloqué …Nous n’arriverons pas à savoir s’il s’agit d’un mouvement de protestation des transporteurs contre le prix des carburants , qui a déjà eu lieu deux semaines auparavant, ou d’une congestion du trafic du aux pluies, mais c’est assez impressionnant , et le trajet est vraiment long ….Enfin nous arrivons à Arménia et le chauffeur nous dépose chez des voisins, amis des parents de Natalia, chez qui nous allons dormir ces jours-ci avec un jeune couple de Français .Notre hôte est Suisse, son épouse Colombienne et ils viennent de se retirer définitivement à Arménia dans une très jolie maison .Enfin, nous pouvons dormir quelques heures !

En début d’après-midi , nous découvrons la finca, maison de campagne des parents de Natalia que je retrouve avec plaisir et émotion .C ‘est un petit paradis, entouré d’une luxuriante végétation tropicale, et que dominent au loin les montagnes brumeuses. .Nous y sommes accueillis par un orchestre local, et faisons autour d’un magnifique buffet de fruits tropicaux connaissance avec la famille de Natalia et celle de Reece, le futur marié .Natalia et ses parents ont carrément affrété un bus pour venir chercher puis promener la vingtaine de personnes venant de l’étranger pour ce mariage ! Heureusement il y a du personnel à la finca. Nous prenons un déjeuner tardif et typiquement sud-américain, avec des galettes de maïs agrémentées d’un rougail de tomates, puis une soupe-plat comprenant poulet, maïs, avocat ..et bien sur, des jus sucrés comme boisson du repas .Cela me rappelle le Guatemala ! Puis nous devisons sous la véranda tout en admirant les nombreux oiseaux de toutes couleurs , dont des perroquets, qui volent autour de la maison .La température est très agréable, et on est en tee-shirt bien que le soleil soit absent .Tout le monde est épuisé et nous rejoignons nos pénates en début de soirée pour y dormir.Demain il est prévu que nous allions à Arménia .

Lundi 30 Mars : Arménia

Nous avons d’abord droit à un petit-déjeuner typiquement colombien : galettes de maïs et œufs brouillés ( de la propriété) cuits avec un genre de rougail de tomates, fruits frais ( mangues, papayes, pastèques…) et jus frais, c’est délicieux ! Puis nous partons avec le bus dans une joyeuse atmosphère de colonie de vacances, et même si c’est le genre de choses qui ne m’emballe pas, je ne peux qu’être touchée par l’extraordinaire gentillesse de la famille de Natalia , qui fait tout son possible afin d’accueillir et distraire tous ses invités .Nous commençons par aller dans une petite ville proche d’Arménia, , où nous prenons le déjeuner dans un restaurant typique , rempli de mille objets du temps passé . Le déjeuner est accompagné de moult boissons et Carlos se dépense sans compter pour le bien-être de tous, il va même faire le serveur ! Ici le plat inclus le petit rougail d’entrée, les lamelles d’avocat, une salade …En revanche les mangues , même sucrées, sont majoritairement présentées en entrée. Hélas, il se met à pleuvoir , et le musée de l’or dont la visite faisait partie du programme est fermé le lundi, donc pendant que le groupe se promène dans un centre commercial hyper moderne, nous partons avec Carlos changer de l’argent et surtout louer un smoking pour Antony. La dame a l’oeil, elle lui apporte d’emblée la veste, chemise et le pantalon qui vont bien .Il n’y a que deux retouches modiques à faire et nous pourrons récupérer le tout demain pour l’équivalent de 28 euros .

Comme il ne pleut plus, nous partons ensuite tous nous promener dans un joli parc, un petit bout de jungle en plein centre ville. Alméria est une ville très moderne, puiqu ’elle a quasiment été reconstruite de fond en comble après le grand tremblement de terre de 1999, mais il nous est assez difficile de nous y repérer car elle est construite de part et d’autre de plusieurs vallons .

Alors que je ne rêve que de retrouver mon lit , le bus s’arrête à 19 heures devant un autre restaurant ( alors qu’on a quitté l’autre à 16 h!) , je n’ai plus faim mais apparemment nos amis anglais ont encore faim et soif ! La soirée me paraît bien longue !

Mardi 31 Mars : Arménia

Après le même délicieux petit-déjeuner à la finca, nous nous reposons un peu puis le bus nous amène voir un point de vue…L’organisation cafouille un peu , entre ceux qui partent au golf, ou restent profiter de la piscine de l’hôtel …et tous les papiers de dernière minute que Natalia, Reece et ses parents doivent encore repartir signer mais comme il n’est pas facile de rejoindre la ville par nos propres moyens, nous attendons et profitons sous un grand soleil de l’hospitalité offerte .La journée est consacrée à un grand repas de famille.Le papa de Natalia arrive avec femme et enfants, il a apporté des cadeaux pour tout le monde ! Puis ce sont des cousines, des oncles qui débarquent…Nous avons droit à un spectacle de danses folkloriques rythmé par des musiciens , avant de nous attabler vers 15 heures pour prendre sous la grande varangue un déjeuner typique …en plusieurs services tant nous sommes nombreux  ! Le repas traditionnel comprend des haricots rouges, de l’avocat, du riz, des grattons de porc et des saucisses .Au dessert nous aurons des figues confites avec du fromage. …

Mercredi 1er Avril : Arménia -mariage

La journée est consacrée aux préparatifs pour le mariage .Tôt le matin, une jeune femme vient faire manucure et pédicure pour toutes celles qui le désirent. Je pars ensuite avec Antony, et avec Eduardo le chauffeur, à Arménia pour récupérer le smoking et passer à la gare routière afin de réserver si possible les billets pour rejoindre Popayan demain . Pas de temps à perdre pour assister aux festivités et processions de la semaine sainte, puisque demain sera déjà le vendredi saint .Quand nous revenons, réservations faites pour le bus de midi, la coiffeuse -maquilleuse est arrivée à la finca avec un aide et surtout un matériel impressionnant . Juliana, qui s’appelait auparavant Julian même si la grand-mère de Natalia a beaucoup de mal à le concevoir, va s’occuper de toutes celles et ceux qui le désirent .Elle coupe les cheveux d’Antony , me coiffe et me maquille.Je trouve mon maquillage , comme celui de toutes les autres femmes, très « colombien », c’est-à-dire bien plus soutenu que je ne l’aime, mais c’est agréable de se faire chouchouter sous la varangue de la finca…

Le mariage doit avoir lieu à 19 h, ce qui est l’habitude en Colombie, mais le bus ne vient nous chercher qu’à 18h50 ( là aussi, heure colombienne) et c’est malheureusement sous des trombes d’eau que nous partons .mais cela se calme bientôt et puis ne dit-on pas «  mariage pluvieux, mariage heureux » ? Quand elle arrive enfin au bras de son papa en redingote, Natalia est resplendissante dans sa robe sirène ; sa traîne et son diadème, ainsi que les quatre demoiselles d’honneur en robe saumon, participent à l’effet de conte de fées…La petite église de bois toute décorée de fleurs est jolie comme tout, et l’assemblée est fort élégante , puisque suivant le dress code , toutes les femmes sont en robe longue, et les hommes en smoking ! Natalia et Reece sont très croyants , ils entendent bien fonder une famille et la cérémonie est émouvante , même si je remarque que tous les textes lus évoquent un époux chef du foyer que l’épouse doit respecter ….Natalia repart ensuite dans la limousine ancienne qui l’a amenée et nous sommes tous amenés à l’hotel où a lieu la réception  et où nous attendons les mariés tout en buvant une coupe de champagne . Tout a été fait en grand là aussi et la décoration est somptueuse : gigantesque dai illuminé de milliers de leds, comme le sont aussi d’immenses arbres blancs , tables raffinées où un petit présent attend chaque invité, violoniste jouant pour eux …

Lorsque les mariés sont arrivés, vient le moment des discours. Après le discours de son témoin, il ya un moment de franche hilarité lorsque celui-ci diffuse une vidéo que tous les amis de Reece , principalement des Marines, qui ne pouvaient assister au mariage ont enregistré pour lui : humour de corps de garde, mais aussi affection et solidarité transparaissent dans tous ces messages . Reece s’aide ensuite de son texte pour faire un très joli discours en espagnol, disant tout son amour à sa toute récente épouse avant de remercier sa belle-famille et de rendre un hommage appuyé à ses propres parents, ( son père fut un Marines comme Reece l’est depuis maintenant 12 ans) puis le père de Natalia, et Carlos son beau-père font chacun leur propre discours en se remerciant l’un l’autre du rôle qu’ils ont joué et jouent dans la vie de Natalia , cela semble sincère et c’est émouvant de voir que comme ils le disent, seul l’amour gagne, l’amour est le plus fort .

Lorsque les nouveaux époux ouvrent le bal par une danse langoureuse et en se regardant dans les yeux, ,une fumée blanche se diffuse autour d’eux et des gerbes de feux d’artifice éclatent, c’est un peu kitsch mais c’est si mignon en même temps qu’on ne peut qu’en être touché…Après le repas, sobre et délicieux , servi par une armada de serveurs, c’est le moment des danses, et tout semble se dérouler de façon classique …Changement de décor … et de rythme , au bout d’une heure ou deux, Natalia qui s’est changée revient habillée en meneuse de revue d’Amérique du Sud, avec un gigantesque éventail de plumes sur la tête , et accompagnée d’une fine équipe de danseurs et danseuses superbement maquillés et déguisés .Ensemble sur scène, ils vont mettre le feu sur des airs endiablés…Waouh ça ne s’improvise pas de danser comme ça ! Natalia commence par nous faire un véritable show sur scène ,Et tous les classiques de ce continent y passent ,pendant que des danseurs du groupe viennent nous chercher, et nous font tous participer, tant ils font vivre les chorégraphies et savent lever nos inhibitions …Oui, l’ambiance était si survoltée et si sympathique à la fois , que j’ai même dansé un bon moment …Nous repartons avec le premier bus, celui de 3h 30, fatigués mais remplis d’émotion et de bonheur après ce mariage de rêve …Je vous souhaite tout le bonheur du monde , mes chers amis …

Jeudi 2 Avril : Arménia-Popayan

Après une courte nuit, nous pensions ne trouver que les employées debout à la finca mais Miriam et Carlos débarquent en pyjama prendre leur petit-déjeuner et nous pouvons leur dire au revoir et les remercier chaleureusement pour leur accueil extraordinaire.Pendant ces quelques jours, nous avons fait véritablement partie de la famille et avons partagé leurs joies , mais nous ne sous estimons pas l’énorme travail que toute cette organisation a représenté en amont .Enfin nous nous serrons tous dans les bras et c’est bénis ( au sens propre) et munis de mille recommandations de prudence que nous allons maintenant suivre notre chemin. Nous remercions aussi Claudio et son épouse Anita chez qui nous avons logé dans d’excellentes conditions et qui nous ont aussi permis de découvrir la chaleur de l’hospitalité colombienne. Néanmoins c’est maintenant que notre voyage commence vraiment et nous en sommes très heureux …Un taxi nous amène à la gare routière et nous partons donc à midi vers Popayan, que nous atteignons en sept heures de bus via Cali. Le voyage est sans histoire, la route en bon état, notre conducteur est prudent et nous occupons les deux places de devant, ce qui nous permet de bien voir le paysage : des pâturages et des forêts vallonnées, à la végétation tropicale , entrecoupées par de petites villes bien développées . C ‘est à la nuit que nous arrivons à Popayan , l’une des principales villes spirituelles de Colombie. La semaine sainte y est particulièrement fêtée, ce qui motive notre venue .D’ailleurs , nous avons beaucoup de mal à trouver un taxi car des dizaines de personnes en cherchent un aussi, et c’est finalement une famille colombienne, dont le monsieur est tout fier de pratiquer son anglais, qui va nous y aider.Le taxi ne peut nous déposer près de notre hôtel car tout accès au centre historique est fermé pour la procession de ce soir. Il nous amène au plus près et nous nous trouvons donc en train de chercher notre hôtel, situé calle 5 , au milieu de dizaines de milliers de personnes massées pour attendre la procession. Tout est bien encadré et organisé, et lorsque nous demandons à plusieurs policiers où se trouve la calle 5, ils se mettent tous en quatre pour la trouver, allant même jusqu’à nous y amener à travers les rues surpeuplées . Le Parklife hostel , maison traditionnelle aux vieux planchers, est devenue une auberge de jeunesse à peine améliorée, mais son principal atout est sa situation. Notre chambre en angle domine la place principale , lieu de vie de mille activités, , remplie de petits stands informels , où se rassemblent les générations …Après avoir mangé, nous nous mêlons à la foule qui regarde passer les processions. Les hommes y portent de lourdes statues, ou socles de plusieurs statues, certaines font 2 ou 3 mètres de hauteur  ; on les conserve depuis 1858, date de la première cérémonie connue et depuis lors cette charge de porteur se transmet avec fierté de père en fils . On voit en tout cas que les charges sont lourdes et que les hommes, qui vont arpenter les rues durant plusieurs heures, souffrent beaucoup. Régulièrement et en rythme, ils posent les statues sur le sol ( les socles ont des espèces de pieds escamotables) puis d’un coup et en grimaçant remettent les bâtons sur leur épaule et repartent à pas lents. Parallèlement, en avant et en arrière de la procession viennent des fanfares, puis des marches silencieuses de milliers de personnes portant des bougies. Il y a énormément de jeunes.Tout se déroule dans le calme et c’est assez émouvant .L’Unesco a d’ailleurs inscrit cette tradition au patrimoine immatériel de l’humanité en 2009.

Vendredi 3 Avril : Popayan

C ‘est le vendredi saint, et après un petit-déjeuner classiquement bon ( aucune difficulté pour avoir ici café au lait et croissants) , nous partons nous promener dans Popayan, «  la ville blanche ». Il ya déjà un monde fou ! Le centre historique de Popayan est bâti autour d’une place coloniale à laquelle mènent de larges rues selon un plan géométrique et la ville a un certain charme, sans pouvoir à mon avis rivaliser avec Cusco ou Antigua. Nous visitons quelques églises, joliment décorées sans qu’on y trouve là non plus l’exubérance des églises péruviennes , mais ici en revanche prendre des photos est autorisé dans les églises, et les Colombiens ne s’en privent pas, mitraillant et prenant des selfies à qui mieux mieux…Nous montons en particuliers à la basilique de Belem d’où l’on a une jolie vue sur la ville et où repose depuis 1717 l’image de l’Ecce Homo , le saint patron de Popayan. Il y a des escadrons de policiers absolument partout, mais dans une atmosphère bon enfant .La foule semble d’ailleurs très calme et auto disciplinée .

Durant la semaine sainte, de nombreuses expositions et de nombreux concerts sont organisés et nous en profitons pour aller écouter un concert de musique de chambre dans un grand théâtre ; celui-ci est archi complet et nous ne trouvons des places qu’au cinquième niveau, c’est amusant . Puis après avoir mangé dans un petit restaurant tout simple, où nous avons droit pour à peine plus de deux euros au menu du jour ( salade de légumes, plat de poisson en sauce avec riz et plantain, boisson sucrée) , nous continuons à nous promener en ville, avec deux passages dans la chambre pour laisser passer des averses ! Le soir nous allons boire un verre dans un bar sympa , où j’avoue que mon seul mojito côute plus que nos deux repas de midi, avant d’aller manger pour attendre la procession de ce soir, qui doit être plus importante encore que celle d’hier. De fait, dès 19 heures, les gens prennent leur place sur le trajet, avec leur fauteuil .Tous les balcons sont occupés et nous avons même vu des affiches en proposant à la location.Lorsque nous sortons après avoir mangé sur le pas de porte du restaurant, nous réalisons vite que nous devrons y rester jusqu’à la fin de la procession, impossible de faire un pas dehors tant la marée humaine est dense ! Il y a encore plus de spectateurs qu’hier si c’est possible , et encore plus de participants aux marches silencieuses avec bougies qui accompagnent chaque ensemble de statues .La procession va durer plus de quatre heures , dans une grande atmosphère de dévotion et de calme. Des dames devant nous récitent des prières avec ferveur.Un petit gamin qui tenait en main son ballon à l’hélium se voit enjoindre par un prêtre du cortège de le poser car «  no es una fiesta »…Dès la procession terminée dans notre rue, des agents s’emploient avec énergie à la nettoyer .La fête est loin d’être finie en ville mais nous ne tardons pas à nous écrouler dans notre chambre !

Samedi 4 Avril : Popayan-San Agustin

Nous n’avions pas de plan bien défini pour aujourd’hui et avons d’abord envisagé d’aller à Silvia, un village indigène, puis aux thermes de San Juan où l’on peut se baigner dans des piscines naturelles d’eau chaude, au milieu des montagnes, mais les bus y menant sont complets jusqu’à 14 heures, et nous changeons donc nos plans afin de rejoindre dès cet après-midi San Agustin, à environ quatre heures de route. Traversant une ville calme et déjà remarquablement propre,nous rentrons donc prévenir l’hôtel, refaire nos sacs et repartons à la gare routière.

Nous prenons le menu du jour dans un petit restaurant non loin du terminal ( soupe de pommes de terre, viande, riz et galette, avec l’habituelle boisson sucrée) pour 8000 pesos, trois euros à nous deux ! Ce n’est pas de la grande gastronomie, mais c’est mangeable. Puis nous partons vers San Agustin dans un minibus.Avant le départ, le chauffeur distribue des sachets en plastique ! Tout de suite effectivement, la route serpente dur en escaladant la montagne , puis nous arrivons sur un grand plateau d’où la vue s’élargit .On longe sur notre gauche le parc national de Purace, dont le volcan , qui culmine à l’altitude du Mont Blanc, se perd dans les nuages. Nous avons pensé en faire l’ascension mais y avons renoncé à cause des températures, qui peuvent être négatives, et rendues plus difficiles encore par un vent glacial.Après quelques petits villages indigènes , la route devient une piste et nous ne roulons plus qu’à travers une végétation équatoriale extrêmement dense ( on dirait la Guyane).Parfois la piste est encaissée et sans vue, mais le plus souvent elle ouvre des perspectives à perte de vue sur les montagnes et vallées alentour.Le trajet est un peu long, 4 heures et quelques, et il fait nuit lorsque nous arrivons à San Agustin , d’où nous prenons un taxi pour nous amener à la finca que nous avons réservée, en pleine nature. Nous allons dormir dans un beau petit chalet en bois et bambou, dans un joli jardin tropical.

Dimanche 5 Avril : San Agustin

Ne pas oublier d’ouvrir la deuxième page des photos lorsqu’il y en a plusieurs …Ce n’est peut-être pas très clair !

25 ans de ma Justine chérie aujourd’hui ! Nous avons bien dormi dans notre joli chalet, bercés par les trombes d’eau qui ont dégringolé sur les tôles jusqu’au matin. Mais nous sommes chanceux, il y a un magnifique soleil lorsque nous nous levons .Après un petit-déjeuner bio à la finca, nous partons à pied vers l’entrée du parc archéologique précolombien de San Agustin, à trois kilomètres. Nous découvrons un joli parc, très bien entretenu, et au prix raisonnable , 20 000 pesos pour deux jours de visite ( apparemment en Colombie il n’y a pas de prix différent pour les touristes, c’est appréciable) .Pendant quelques heures, nous visitons donc les quatre sites du parc : d’abord le Bosque de los estatuas, où une trentaine de statues ont été rassemblées le long d’un petit sentier qui serpente dans les bois;On se croirait dans une jungle féerique et c’est une bonne introduction à la découverte des vestiges de ces civilisations précolombiennes bien antérieures à celle des Incas et dont on sait au final très peu de chose.Au fil de la visite, nous découvrons ensuite quatre clairières , les mésitas, anciens lieux d’habitation aplanis pour la construction des maisons et des lieux funéraires, où on trouve des tombes veillées par d’imposants gardiens de pierre ( chaman avec coiffe et moustaches de félin, singes siamois, hibou, femmes enceintes, hommes souvent en érection, personnages aux yeux globuleux…..).Puis nous descendons jusqu’à la Fuente des lavapatas, littéralement fontaine pour le lavage des pieds, d’où nous dominons par un pont suspendu un impressionnant ensemble de sculptures dans la rivière.L’eau s’écoule à travers un labyrinthe sur la roche polie et l’on distingue sous les petites cascades des représentations de personnages et d’animaux.

Le petit musée associé au parc vaut la visite : j’aime en particulier voir les vieilles photos montrant les premières fouilles et la découverte de statues emblématiques comme le hibou.

Nous redescendons en minibus San Agustin, que le guide décrivait comme assez touristique, mais qui n’est qu’un gros village, même s’il y a effectivement quelques échoppes et boutiques artisanales dans la rue principale.L’artisanat est principalement amazonien et rien n’est vraiment joli, sauf des attrape-rêves ( j’en achète un) .Nous mangeons le menu du jour à 7000 pesos ( voir photo!) dans un petit restaurant local, entourés en ce dimanche de Pâques de familles colombiennes. Il d’ailleurs très peu de touristes et parfois les gens viennent nous parler, nous demander d’où nous venons, voire nous prendre en photo, mais toujours avec discrétion et gentillesse. Curieusement, car je n’ai jamais perçu en France que la Colombie soit une destination prisée, les rares touristes que nous avons rencontrés ou entendus sont des Français !

Après cette excellente journée ensoleillée à peine sommes-nous revenus à l’hôtel qu’éclate un fort orage tropical, avec pluie violente , et coupure d’électricité ! Nous avons décidément de la chance, pourvu que ça dure ! Le soir nous nous mettons d’accord avec Pacho , qui travaille à la finca, pour partir demain en jeep visiter d’autres sites situés à une trentaine de kilomètres du village et accessibles seulement en jeep ou à cheval.

Lundi 6 Avril : San Agustin

Vers 9 heures et pour 40 000 pesos par personne, nous partons en jeep pour ce qui va être une longue journée. Nous empruntons en effet des pistes défoncées sur la majorité du trajet. . Nous commençons par aller dans des gorges au point le plus étroit de la rivière Magdalena, la plus longue rivière de Colombie avec ses 1560 kilomètres.Ensuite au fil de la journée, nous allons passer d’une vallée à l’autre., découvrant encore des paysages grandioses, qu’ils soient faits de pâturages, de champs de canne à sucre ou de forêts. Les maisons, qu’elles soient simples ou plus cossues, sont toutes coquettes avec leurs vieilles tuiles sombres et de nombreux pots fleuris qui les décorent .

Les sites archéologiques que nous visitons se situent à peu près à 30 kilomètres de San Agustin, près du village de San José de Isnos, et font aussi partie du parc vu hier, donc il n’y a pas besoin de repayer. Ils sont conçus également sur le même modèle, avec des panneaux explicatifs pour chaque tombe ou statue protégée par un toit , et de larges clairières bien tondues, on dirait un golf ! Le site Alto de los idolos comporte essentiellement des tombeaux, datant du 1er siècle avant JC au VIIIème siècle de notre ère, donc plus tardifs que ceux vus hier.Il y a à la fois des sarcophages monolithiques et des tombes recouvertes de grandes dalles de pierre. Le deuxième site , Alto de las piedras est plus petit, mais comporte quelques-unes des statues les plus connues de San Agustin, dont le « double yo », statue à deux têtes reprenant le mythe de la double personnalité.

Nous terminons le circuit par deux cascades, Salto del Bordones, et Salto del Mortino.Le Bordones se précipite au fond du canyon de 300 mètres d’altitude, c’est la plus haute chute de la Colombie et le site est très impressionnant. Un sentier descend à la base de la cascade en une heure, dommage nous n’avons pas le temps car la remontée dure le double  ! La deuxième cascade est différente mais époustouflante aussi . Nous rentrons vers cinq heures, plus fatigués que la veille par le périple en jeep et ne faisons pas long feu…

Mardi 7 Avril : San Agustin

Aujourd’hui c’est à cheval que nous décidons d’aller visiter d’autres sites, je ne suis pas enthousiaste vu mes précédentes expériences mais il semble que certains sentiers soient tellement boueux qu’on ne peut les pratiquer qu’avec des bottes…ce sera donc le cheval !Dûment prévenu de mes inquiétudes, Paco appelle un de ses collègues qui arrive avec deux chevaux particulièrement calmes et dociles.Nous payons 120 000 peos pour deux, cela aurait pu être 100 000 mais nous nous y sommes pris un peu tard, et puis surtout nous ne sommes que nous deux!  Nous allons faire un petit tour d’une dizaine de kilomètres autour du village, découvrant les sites de la Pelota et surtout de El Purutal qui comporte les deux seules statues peintes de toute la région. Il s’agirait d’un chaman s’apprêtant au sacrifice ( il porte dans ses mains un couteau et un enfant) et d’une femme portant son enfant pour l’offrir au sacrifice, mais ce ne sont que des supputations.En tout cas, ces deux tombes étaient celles de personnages importants, vu la hauteur du tumulus artificiel qui les protégeait et le fait qu’elles soient colorées. La pluie nous surprend et nous nous arrêtons le temps de manger dans une gargote où la dame nous propose un pichet de délicieux jus de « lullo » , un fruit orange que je n’ai pas rencontré ailleurs.La promenade est magnifique, nous rencontrons plein de petites maisons fleuries entourées de champs de café, de maïs, de canne à sucre…C ‘est très vallonné et à un moment les chevaux doivent même descendre une côte très pentue et très boueuse dans laquelle ils glissent…le guide nous a prévenus avant mais c’est très impressionnant et je n’aurais jamais fait cela seule ! Heureusement mon guide tient la longe de mon cheval tout au long de la promenade, ( j’assume ma totale incompétence!) .Antony qui était inquiet aussi se débrouille pas trop mal et son cheval fera même quelques petites pointes de galop ! Le dernier site, celui de la Chaquira, est le plus époustouflant . C’est un panorama d’où nous avons à 180° une vue extraordinaire sur les montagnes, les vallées, la rivière Magdalena en contrebas et cinq cascades ! Site sacré où il n’y a pas de tombes mais quelques sculptures énigmatiques sur les rochers …C ‘est enchantés de notre journée ( et un peu fiers de nous!) que nous regagnons la finca où il est temps de refaire les sacs …Demain en effet nous devons partir à l’aube vers Tierradentro pour une longue journée de voyage…

Mercredi 8 Avril : San Agustin- Tierradentro

Le guide conseille de prévoir huit heures pour les 250 kilomètres qui séparent les deux villes, en conséquence nous avons demandé à un taxi de venir nous chercher à 5h45 à la finca. De là, alors qu’on nous avait parlé de temps d’attente aléatoire ( car il y a quand même deux changements), les connections s’enchaînent sans aucun temps d’attente. De San Agustin à Pitalito ( 40 mn) , nous sommes dans une voiture bâchée mais à l’avant et il n’y a que trois passagers.De Pitalito à La Plata ( 3 heures) , nous sommes 4 dans une Kia Carnival très confortable, et je suis à côté du chauffeur .Les deux fois, nous débarquons dans une gare routière neuve, hyper propre , où tout fonctionne parfaitement .Nous ne sommes décidément pas dans un pays du Tiers Monde ! Au fil du voyage, nous voyons le paysage changer, et s’il y a toujours des cultures de maïs, canne à sucre et café, les pentes sont de moins en moins boisées.Est-ce naturellement du à l’altitude, aux sols ou est-ce du à la déforestation ( nous verrons un feu de brûlis sur le trajet ) , je ne sais pas ..Le trajet se poursuit. .Nous n’avions eu depuis notre arrivée que des conducteurs calmes et prudents, mais ça se gâte un peu pour la dernière heure de trajet, un tronçon d’une heure sur une piste plutôt défoncée où il y a de gros travaux sur une longue portion et où le jeune conducteur roule comme un fou ! Comme nous sommes à l’arrière d’un véhicule bâché, les cahots sont particulièrement éprouvants et c’est de surcroît totalement couverts de poussière que nous arrivons à San Andres. Nous voici dans un petit village de bout du monde , à environ 1700 mètres d’altitude , avec quelques maisons, des hébergements sommaires, une école, quelques petites épiceries. Nous y trouvons une chambre très basique , avec eau froide ( 35 000 pesos ) mais le guide indique que c’est à prix doux le meilleur restaurant du village, et les propriétaires se révèlent adorables . Depuis le début de ce voyage, nous sommes d’ailleurs marqués par l’extrême gentillesse de tous les Colombiens .Après nous être installés et avoir pris le menu du jour, nous flânons jusqu’à l’entrée du parc, vingt minutes de marche plus bas, prenons nos billets pour demain et visitons les deux petits musées qui sont sur le site, un musée archéologique, comportant essentiellement des poteries, et un musée ethnographique qui évoque le mode de vie des indigènes Paece. On les appelle aussi les Nasa, ils occupaient déjà cette région bien avant l’arrivée des Espagnols et des terres leur ont été ré-attribuées pour que leur groupe ethnique se maintienne.

Nous croisons deux, trois couples de touristes , pas plus, au restaurant. Le soir, nous sommes au lit et blottis sous nos couvertures vers 20 h 30 !!!! Antony s’est douché, moi quand il n’y pas d’eau chaude et qu’il fait frisquet, je ne me lave pas:-)

Jeudi 9 Avril : Tierradento

Forcément, nous nous réveillons quasiment avec le jour, et c’est très bien car une grande journée nous attend.Aujourd’hui nous allons découvrir un site unique de tombes hypogée, qui auraient environ 3000 ans. Ce sont des sépultures souterraines de grande dimension taillées dans le tuf, une espèce de cendre volcanique durcie. On y accède généralement par un escalier hélicoïdal ( de sept à seize marches pour ceux que nous verrons) , dont les premières marches sont très très hautes ( de 40 à 60 environ) tandis que les 4 ou 5 dernières sont droites et ouvrent sur la chambre funéraire .On estime qu’il fallait plus d’un an pour construire un hypogée , et les archéologues en ont trouvé une centaine autour de Tierradento , groupées par dizaines ; c’est le plus grand ensemble de sites funéraires du pays, et le site a été aussi déclaré patrimoine culturel de l’humanité en 1995 ( informations données par Le Petit Futé) .Les tombes les plus grandes se présentent sous forme de grande chambre, comportant des niches dans les murs, et supportée par des piliers centraux. Les plus belles, celles du site Segovia , et une du site El Aguacate, ont conservé leurs peintures d’origine, avec des motifs géométriques blancs, rouges et noirs, et des sculptures humaines ou zoomorphiques sur les piliers. Ce sont des lieux très spirituels, très émouvants, et le fait que nous soyions totalement seuls à les admirer ajoute encore à notre sentiment d’être privilègiés.  En effet il n’y a quasiment pas de touristes et les gardiens sont tout heureux de nous ouvrir les tombes et de discuter avec nous .

Comme les sites sont assez disséminés, entre el Aguacate et Segovia nous faisons une superbe balade de quatre heures, qui n’a rien à envier à mes randonnées dans Mafate!Les montées sont rudes ( environ 1000 mètres de déniveleté positif) mais tout au long de la randonnée nous ne sommes entourés que de paysages superbes et le final est une apothéose  ! Au sommet, nous sommes sur un plateau rocheux d’où une vue à 360° s’ouvre à nous. De quelque côté que nous regardions, San Andres d’un côté, Inza de l’autre, ce ne sont que pics acérés, vallées profondes , gorges verdoyantes..On distingue bien toutes les voies d’accès des différentes vallées, dont celle d’où nous sommes arrivés hier via La Plata, et celle qui amènerait vers Popayan . Rien ne peut nous laisser oublier que nous sommes en plein dans la Cordillière centrale . De plus, alors que l’atmosphère était un peu brumeuse, le soleil se lève…C ‘est fatigués mais contents qu’après toutes les visites nous nous affalons sur un banc dans une petite tienda où la dame nous concocte de délicieux jus de fruits frais : mangue, banane, maracudja ….De plus elle fait une jatte complète devant nous, et quand notre verre est vide nous le remplit une deuxième fois , ceci pour 2000 pesos, 80 centimes d’euro ! Le soir , nous nous régalons de poulet grillé , poulets qui sont ici un peu ferme et délicieux , et de la salade + riz habituels, plus des frites de patate douce pour changer des habituels haricots.Depuis notre arrivée, nous n’avons pas rencontré de vraie gastronomie mais les plats sont sains, copieux et de bonne facture pour des prix plus que raisonnables. Le soir nous payons notre note de 138 000 pesos pour deux nuits, cinq repas, quelques bières et deux petits-déjeuners…. certes il n’y avait pas d’eau chaude mais cela fait 55 euros !

Vendredi 10 Avril : San Andres- Désert de Tatacoa

C‘est encore une journée de voyage.Nous repartons le matin en camionnette bâchée, et c’est un peu moins dur car le conducteur est plus calme, les amortisseurs remplissent leur rôle et on a libéré les bâches qui protègent un peu de la poussière ! Là aussi les deux connections s’enchaînent sans perte de temps mais cela nous prendra quand même sept heures pour rejoindre Villavieja via La Plata et Neiva . Nous voyons ce faisant la végétation changer, devenir de plus en plus sèche, et surtout la température augmente, ce qui n’est pas pour me déplaire…L’altitude de Neiva est de 450 mètres au lieu de 2100 m pour Tierradentro , CQFD ! Nous nous faisons amener directement dans le désert de Tatacoa et trouvons un petit hébergement familial en pleine campagne . Même s’il est quatre heures, nous commandons notre « almuerzo » et on nous sert encore un délicieux poulet rôti…je crois que cela va faire comme les bananes pour moi après avoir connu les régimes mûris sur pied, je ne pourrai plus jamais manger du poulet fade ou élevé en batterie ! Je vais ensuite laver un peu de linge car entre la pluie et les randonnées , je n’en ai plus beaucoup de disponible, et j’utilise pour cela l’eau du puits : il y a en effet de l’eau dans le désert , mais en profondeur .Là il fait si chaud que je peux me doucher à l’eau froide sans souffrir, une belle gageure pour moi La famille vit dehors et regarde la télé à l’extérieur au milieu des poules et des biquettes ! Hélas, si l’endroit est sympa, la nuit va être difficile car il fait horriblement chaud, il n’y a ni ventilateur ni moustiquaire mais de petites bestioles et des moustiques qui sortent de partout nous attaquer ! Antony va d’ailleurs dormir dehors dans un hamac mais sans guère plus de succès !

Samedi 11 Avril : Désert de Tatacoa-Neivia

Nous avons pris un tour avec les filles de la maison afin de visiter le désert de Tatacoa qui d’ailleurs n’est techniquement pas un désert mais une forêt sèche tropicale .Nous partons donc à l’arrière de deux motos voir les deux parties principales de ce désert .D’abord nous parcourons à pied une partie du secteur de Los Hoyos , appelé le désert gris à cause du potassium, du magnésium et du soufre présents dans les sols .Il y a quelques formations géologiques intéressantes, plusieurs sortes de cactus dont l’un porte des petits fruits roses en forme de piment dont l’intérieur est le même que celui des pittayas, et au bout de la promenade , une piscine a même été construite, utilisant l’eau minéralisée tirée du puits adjacent …C ‘est un délice de s’y tremper et je me régale, ça fait un bien fou alors qu’il fait 33° . Le papa-guide nous dit que la température monte fréquemment jusqu’à 47°, mais le soleil est un peu voilé aujourd’hui, nous sommes bien tombés !

La partie rouge ressemble davantage à un vrai désert, on se balade dans des labyrinthes géologiques impressionnants, mais de là à dire « qu’il est facile de se perdre dans les méandres du désert »comme l’écrit le guide, cela me semble un peu exagéré , car tout reste de taille réduite ! On nous dit que des films, des clips dont un de Shakira qui est colombienne, y ont été tournés, et c’est vrai que l’endroit est agréable à voir même s’il n’est pas exceptionnel. En tout cas c’est là que mes chaussures de marche noires ( avec les quelles j’avais fait les Huashan s’il vous plait!) vont rendre l’âme . Un collectivo nous ramène en début d’après-midi à Neiva où nous avons prévu de passer une nuit pour laver du linge et nous reconnecter à l’internet ! Voilà une vraie ville, sans charme spécifique mais ça fait du bien aussi de flâner dans des rues animées …et la chambre a un ventilateur !

Dimanche 12 Avril : Neiva-Bogota-Tunja-Villa de Leyva

Que du voyage aujourd’hui ! Hier soir nous avons bien réfléchi à la suite du voyage. Certes nous voulons garder trois ou quatre jours à la fin pour Bogota et ses environs, mais il nous reste une grosse semaine …On s’est donc demandé si on partait vers Cali et la côte pacifique, ou si nous prenions un avion pour monter vers Carthagène et Santa Marta, mais finalement et comme on ne peut tout faire cette fois-ci , nous conservons notre idée de départ et restons dans la partie andine.Direction donc ce matin vers Bogota , en cinq heures environ , dans un bus confortable avec des toilettes. Il y a un contrôle de police dans le bus avant le départ, tous les Colombiens doivent confier leur pièce d’identité qui leur est rendue après un contrôle au poste .Le trajet vers Bogota se déroule principalement dans la plaine et sur une vraie autoroute ; seules les dernières heures nous voient franchir à nouveau la cordillière centrale.Nous continuons dans la foulée vers Tonja, puis dans un collectivo vers Villa de Leyva. Je ne sais toujours pas si nous avons de la chance ou si des bus partent à toute heure vers toutes les directions, mais comme d’habitude on arrive dans le terminal, on prend un billet et on repart illico ! Cela fait quand même une grosse journée car nous n ’arrivons à Villa qu’à 20h30.Sitôt installés dans un hôtel, nous ressortons manger dans un restaurant de cette petite ville touristique , ce sera un vrai restaurant, avec un joli décor dans le patio intérieur, pour le meilleur repas de ce voyage, deux médaillons de bœuf saignants sauce au bleu…mais pour un prix quasiment européen ! Nous le méritons bien !

Lundi 13 Avril : Villa de Leyva

Après avoir cherché à changer d’hôtel , car la chambre minuscule est à 100 000 pesos, et découvert qu’il n’y avait rien de moins cher, nous nous promenons dans cette jolie petite ville, construite en 1572 au fond d’une vallée aride, et qui semble ne pas avoir changé depuis.C ‘est un exemple typique de ville coloniale espagnole et elle a un certain charme avec ses rues grossièrement pavées de pierres irrégulières, ses maisons blanches aux vieilles tuiles, maisons toujours à deux étages et pourvues de balcons verts en bois, généralement couvertes de bougainvilliers et dont les grandes portes ouvrent sur des patios fleuris …Mais que c’est mort ! D’après le guide, la ville est envahie les week-ends et il arrive qu’on n’y trouve plus à se loger, alors qu’il y a des hébergements à tous les coins de rues, mais aujourd’hui notre hôtel est vide, nous étions seuls au restaurant hier, beaucoup de boutiques d’artisanat sont fermées et tous les bars et restaurants que nous croisons semblent peu ou prou vides aussi. C ‘est encore plus frappant sur la place centrale de la ville, la Plaza Mayor, qui est absolument gigantesque et disproportionnée par rapport au reste du bourg, d’autant qu’elle est toute vide, sans un arbre pour égayer les pierres grises. Bref une espèce de ville-musée, de surcroît bien chère,  mais à l’atmosphère néanmoins agréable et reposante.Demain nous allons essayer de louer un taxi pour visiter les alentours, enfin si Antony va mieux car il est un peu patraque , ça sent l’indigestion ou l’intoxication…

Lundi 13 Avril : Villa de Leyva

Après avoir cherché à changer d’hôtel , car la chambre minuscule est à 100 000 pesos, et découvert qu’il n’y avait rien de moins cher, nous nous promenons dans cette jolie petite ville, construite en 1572 au fond d’une vallée aride, et qui semble ne pas avoir changé depuis.C ‘est un exemple typique de ville coloniale espagnole et elle a un certain charme avec ses rues grossièrement pavées de pierres irrégulières, ses maisons blanches aux vieilles tuiles, maisons toujours à deux étages et pourvues de balcons verts en bois, généralement couvertes de bougainvilliers et dont les grandes portes ouvrent sur des patios fleuris …Mais que c’est mort ! D’après le guide, la ville est envahie les week-ends et il arrive qu’on n’y trouve plus à se loger, alors qu’il y a des hébergements à tous les coins de rues, mais aujourd’hui notre hôtel est vide, nous étions seuls au restaurant hier, beaucoup de boutiques d’artisanat sont fermées et tous les bars et restaurants que nous croisons semblent peu ou prou vides aussi. C ‘est encore plus frappant sur la place centrale de la ville, la Plaza Mayor, qui est absolument gigantesque ( 14 400 m2) et disproportionnée par rapport au reste du bourg, d’autant qu’elle est toute vide, sans un arbre pour égayer les pierres grises. Bref une espèce de ville-musée, mais à l’atmosphère néanmoins agréable et reposante.Demain nous allons essayer de louer un taxi pour visiter les alentours, enfin si Antony va mieux car il est un peu patraque , ça sent l’indigestion ou l’intoxication…

Mardi 14 Avril : Villa de Leyva

Antony va bien mieux ce matin, mais la journée commence néanmoins avec un gros coup de stress car une famille américano-colombienne , qui avait rejoint l’hôtel hier soir ( et y avait été très bruyante!) se trompe et un des hommes ramasse le sac à dos d’Antony quand nous déjeunons côte à côte , avant qu’ils ne partent définitivement !Or il y a passeport, argent, carte de crédit, camescope …dans le sac à dos ! On essaie sans succès de les appeler sur le numéro belge ( oui, apparemment ils vivent en Belgique ! ) que l’hôtel ( qui ne peut les appeler car leur téléphone n’a pas de crédit!) nous donne ,on court essayer de les retrouver au terminal, on essaie d’expliquer péniblement la situation au policier ( super gentil mais totalement inefficace) … Finalement en retournant à l’hôtel voir s’ils sont revenus, et en prenant une photo du registre avant d’aller au poste de police, on découvre qu’il y a un autre numéro , colombien celui-ci, sur la fiche de la deuxième chambre …Antony les appelle et sans s’excuser ils annoncent qu’ils font demi-tour et seront là dans une heure et quelques. …Heureusement la dame est un peu plus aimable que son mari qui ne sort même pas de la voiture et nous ignore…Bref après un début de journée un peu chamboulé, il est 11 heures mais nous ne voulons néanmoins pas que la journée soit gâchée .

Nous hélons tout de suite un taxi et le chartérisons pour la journée et pour faire le tour classique des points d’intérêt autour de Villa .Les alentours nous permettent d’ailleurs de découvrir de très belles maisons bourgeoises , puis plus loin pas mal de culture de tomates sous serre. On commence rapidement par deux curiosités susceptibles d’intéresser davantage des spécialistes que le tourisme lambda : El Infiernito et El Fossil.La première est une découverte archéologique récente dont on suppose qu’il fut un lieu de rites indigènes.Il y a des rangées de pierres rectangulaires alignées pour former une espèce d’horloge, dont les Indiens Muisca se servaient pour déterminer les saisons, et il y a surtout un champ entier de phallus de pierre de toutes les tailles ! La deuxième curiosité est un musée de fossiles puisque toute cette région était recouverte par la mer il y a approximativement 120 millions d’années et on y trouve des fossiles partout ! Le musée offre surtout à voir le fossile d’ une sorte de reptile marin du jurassique , long de 15 mètres et très bien conservé ( et pas sympathique du tout!) .Nous faisons ensuite un petit arrêt dégustation aux caves et au vignoble Ain Karim, un des rares vignobles colombiens puisqu’il n’y en a que trois.Il s’agit en l’occurrence d’un petit vignoble, avec des plants jeunes, et qui ne fournit qu’entre 15 et 17 000 litres par an, pour un vin que nous trouvons plutôt âpre et de qualité très moyenne, mais le verre de vin accompagné d’une assiette de fromages se laisse néanmoins boire ! L’étape suivante est un monastère isolé, fondé en 1620 par les Dominicains et dont je trouve la visite très agréable. C ‘est le Convento de santo Ecce Homo.Comme tous ces couvents, il a un magnifique patio fleuri entouré de belles arcades.Les sols pavés et séculaires sont magnifiques, certains d’ailleurs le sont de fossiles ! Il y a un très beau retable doré, et la plupart des pièces sont remplies d’objets d’époque , de vieux parchemins, et de tableaux religieux , le tout évoquant la vie des prêtres à leur arrivée dans la région. Mais assez de culture pour le moment et nous continuons, toujours dans de très beaux paysages vallonnées, vers Raquira, qui est un petit village entièrement dédié à la poterie et à l’artisanat.Enfin, dirais-je, car jusqu’ici on a vu très peu d’artisanat .Là, si la poterie est bien fabriquée dans la région ( mais il y a très peu de jolies choses), beaucoup d’articles viennent des pays limitrophes, voire d’Indonésie…Nous achetons à nous deux trois beaux hamacs sud-américains à défaut d’être colombiens ; ils restent chers, les miens qui sont les plus beaux sont à 90 euros pièce, mais avec un très beau travail de franges que j’ai rarement vu ailleurs et ils feront de jolis souvenirs du voyage. Pour finir, nous poussons encore 7 kilomètres plus loin vers La Candelaria, où un couvent fut fondé en 1597 par le médecin de Philippe II qui mourut à 105 ans ! Là aussi nous pouvons admirer de beaux bâtiments fleuris, autour de patios centraux, et de multiples tableaux et objets religieux…Il est à noter que nous avons été absolument seuls pour toutes ces visites…pas un touriste, fut-il colombien ! Au final donc, quelques heures de visites agréables et tranquilles, sous un très beau soleil …Après, quand il faut réagencer tous les sacs pour y rajouter les trois hamacs doubles plus un siège hamac que j’ai rajouté au dernier moment en repassant par Raquira, c’est évidemment un peu difficile!Nous serons nettement plus chargés pour la fin du voyage ! Et pour nous remettre de nos efforts, au cas où nous aurions besoin d’un prétexte, nous retournons manger les mêmes médaillons sauce au bleu qu’il y a deux jours …

Mercredi 15 Avril : Villa de Leyva-Saint Gil

Notre gentil taxi d’hier revient nous chercher ce matin et nous partons vers Saint Gil, une petite ville à environ 4 heures plus au Nord. Il y aura encore deux changements pour y arriver. Le premier minibus prend vraiment le chemin des écoliers à travers la montagne, sur une piste si étroite qu’on ne peut s’y croiser . Les paysages sont très ruraux et les habitants plus authentiques : on voit des femmes portant le feutre, et souvent une jupe sur pantalon comme je l’ai vu ailleurs en Amérique du Sud, des hommes transportant des sacs entiers d’oignons au village voisin…En plus du maïs dont on rencontre souvent des petits lopins , je découvre sur ce trajet des champs entiers de culture de framboises, et aussi , plus curieusement, de physallis, ce qu’on appelle aussi l’amour en cage et dont le petit fruit orange est très bon. Toutes les branches de ce petit arbuste sont étirées et maintenues en hauteur par tout un entrelas de fils qui couvre le champ entier comme une énorme toile d’araignée géométrique, c’est assez surprenant.

San Gil est blotti au milieu d’un paysage de toute beauté ( à 1400 mètres d’altitude seulement alors que Villa de Leyva est à 2100 mètres) et s’est converti depuis quelques années en centre de randonnées et surtout de sports extrêmes. Le responsable du petit hôtel sans aucune prétention ( mais avec grande chambre, patio avec hamacs, wifi dans la chambre, et douche commune avec eau chaude, yes ! Pour 40 000 pesos ) nous détaille tout ce que nous pourrions faire …et ne ferons pas : hydrospeed, escalade, vtt sportif, saut à l’élastique, rafting classe 4 et 5 et j’en passe ! Pour nous, ce sera plus modestement de belles randonnées, la découverte de vieux villages coloniaux, et éventuellement du parapente sur le canyon de Chicamocha mais nous verrons ! En tout cas, il y a quelques touristes, de bons restaurants avec un peu d’ambiance, et nous mangeons mexicain après un bon mojito…Avant cela, je suis allée refaire ma couleur dans un petit salon à côté de l’hôtel et la télé colombienne passe en boucle des reportages sur une attaque des Farc contre une garnison , où dix militaires ont été tués et dix-sept blessés , dans un hameau de la province du Cauca , un endroit où nous sommes passés il y a deux semaines. La guérilla marxiste est pourtant engagée depuis Novembre 2012 dans un processus de paix avec le gouvernement, et il n’y avait eu depuis cette date que des escarmouches entre les deux camps  . Espérons que cela ne va pas tout remettre en cause …

Jeudi 16 Avril : San Gil

Un petit bus local nous amène ce matin vers un joli site de cascades, le parc Juan Curi où nous passons quelques heures agréables à nous promener, d’abord vers un premier bassin déjà spectaculaire, puis surtout à la deuxième cascade, d’où nous dominons la première en un à-pic vertigineux, de 180 mètres quand même .Nous y croisons en tout et pour tout deux couples, c’est bien agréable d’être seuls pour profiter de la nature exubérante et du chant des oiseaux. Nous retrouvant ensuite en pleine campagne, nous faisons du « stop payant » pour rentrer, c’est dans les mœurs ici.

Après un menu du jour classique et roboratif dans un troquet, nous allons ensuite faire un tour dans un parc , à san Gil même, dont le guide disait le plus grand bien.Hélas, c’est sans intérêt , même s’il y a beaucoup de gallineros, ces grands arbres spectaculaires desquels pendent des lichens …Nous faisons encore un bon repas, il y a de bons restaurants « occidentaux » dans la ville . En soirée, nous achetons nos vols pour le parapente demain !

Vendredi 17 Avril : San Gil

Si la journée est exceptionnelle parce que c’est les 15 ans de ma délicieuse Charlotte, elle le restera aussi par le vol fait aujourd’hui! , , ,Un minibus vient nous chercher à 9 heures et nous amène à l’office pour le petit film de présentation, puis nous partons vers le canyon de Chicamocha .C ‘est à environ une heure de route et les derniers kilomètres nous permettent déjà de découvrir des vues extraordinaires sur ce gigantesque canyon. En chemin, on s’arrête pour que je puisse prendre une photo d’un artisanat amusant et que je n’ai jamais vu ailleurs, le recyclage de pneus en porte-plantes façon perroquet ou toucan ! Puis nous voici sur site, sur un piton rocher entre deux parties de cayon…Je pars la première et Antony quelques minutes après moi, pour un vol grandiose, époustouflant , fabuleux de trente minutes…Les mots me manquent…les photos seront plus parlantes, je l’espère !.Les conditions des thermiques sont tellement bonnes qu’on s’élève jusqu’à 2 kilomètres au dessus de notre point d’envol , qui est déjà à 1500 mètres un mirador exceptionnel dominant le canyon, et qu’on se repose au même endroit … A un moment, les deux pilotes nous font nous rencontrer dans les airs, les ailes se touchant même, pour que nous puissions prendre des photos l’un de l’autre …C ‘est un vol magique !

Bien sur , j’achète sur la route du retour un perroquet et un toucan en pneus, c’est le genre d’artisanat original et drôle auquel je ne peux résister ! D’ailleurs  Antony veut lui aussi son toucan !

Nous achetons aussi à un péage des petits sachets de fourmis grillées, c’est la spécialité du lieu et ce n’est pas mauvais, cela a un petit goût de cacahuètes.

Nous sommes de retour à 14 heures et il pleut …Après-midi dans la chambre à trier les innombrables photos de nos vols …vous l’aurez compris, nous avons été enthousiasmés….Et pourtant j’avais déjà volé à la Réunion, entre montagne et lagon , mais ces trente minutes-là, dans ce panorama de canyon à perte de vue, ont été magiques …( et pour 72 euros par personne!) .

Samedi 18 Avril:Barichara

Nous avons décidé de partir pour une nuit à Barichara, soi-disant le plus joli village de Colombie, et donc le matin nous allons en ville acheter un autre sac de voyage pour y ranger les hamacs et autres pneus :-) …. avant de laisser quasiment tous les bagages à notre petit hôtel familial de San Gil, où nous nous sentons comme chez nous ( d’ailleurs nous n’y sommes que trois !) et où nous retournerons demain soir. Barichara n’est qu’à une demi-heure de minibus de San Gil , par des paysages toujours vallonnés mais un peu plus arides, et nous y arrivons avec un beau soleil .

C ‘est effectivement une petite ville ( 8000 habitants) mignonne comme tout, avec comme à Villa de Leyva des rues pavées ( mais pentues ici!) avec des maisons blanches autour d’une place centrale .Elle a été fondée en 1705 et était auparavant habitée par les Indiens Guane. De nos jours y vivent quelques artistes et on y trouve quelques boutiques d’artisanat  (tailleurs de pierre…) mais objectivement peu de choses jolies ni même typiques, les toucans en balsa voisinant avec les lézards à petits points de Bali ! Donc peu de tentation de shopping et ce n’est pas plus mal, en revanche déambuler dans la ville et admirer le spectacle des vieux toits, des jardins secrets entrevus au hasard des portes ouvertes , du mirador donnant sur le canyon de Suarez est très agréable. Nous allons manger dans un petit restaurant typique mais ne sommes pas tentés par la spécialité locale , le cabro,( cabri) servi avec de la pepitoria, du riz mélangé au sang et aux viscères de l’animal ….Je veux goûter en revanche la chicha, une boisson à base de maïs fermenté , car j’en avais bu de la bonne au Pérou mais je ne peux y tremper que mes lèvres tellement l’odeur et le goût sont horribles ! Nous sommes à côté d’une grande tablée de religieuses et à la fin une religieuse âgée va acheter au comptoir un gros cigare qu’elle fait humer à toute l’assemblée, la scène est assez cocasse ! Il est vrai que d’après le guide, le tabac est l’une des deux sources de richesse du Sentander, la région où nous sommes, l’autre source étant le pétrole ! Il pleut à nouveau énormément le soir mais peu importe tant que nous pouvons profiter de belles journées.Nous ressortons manger dans un restaurant où nous apprenons que ce soir il y a interdiction de servir tout alcool ( en fait, nous aurons deux verres de vin quand même) car demain est un jour d’élections ! .

Dimanche 19 Avril : Barichara-Guané-San Gil

La journée est presque entièrement consacrée à une jolie balade de neuf kilomètres vers Guané, un petit village colonial .On emprunte pour cela un ancien chemin royal indigène entièrement pavé – très grossièrement:il faut sans cesse regarder où on met les pieds – qui y mène à partir de Barichara . Ce n’est que de la descente , les paysages sont superbes sous un grand soleil , d’autant que comme d’habitude il n’y a aucun touriste et nous ne rencontrons que quelques très jolis oiseaux dont certains endémiques de la région. Un motmot houtouc ( momotus momota de son petit nom latin) est particulièrement remarquable avec ses couleurs d’un bleu chatoyant …Une des rares maisons sur le chemin propose des boissons et un peu d’artisanat , c’est visiblement une famille très modeste qui habite là mais la dame est très accueillante et c’est avec fierté qu’elle nous montre un sachet plein de grosses fourmis vivantes qu’elle vient de ramasser.Elle explique que c’est excellent car apportant toutes les vitamines de la terre et me fait écouter le léger vrombissement de toutes ces fourmis en disant que c’est comme la mer ou l’eau …J’achète un mobile fait de plusieurs graines différentes et Antony achète une petite calebasse évidée . Guané est un petit village de cent habitants qui n’a rien de spécial ( rues pavées en pente, maisons blanches, bougainvilliers, parque central…) et nous nous contentons d’y manger , mais en goûtant la spécialité locale que sans surprise je n’aime guère.On dirait du boudin ! Un bus nous ramène à Barichara puis à san Gil , et comme d’habitude la fin d’après-midi voit une violente averse mais nous retrouvons avec plaisir notre petit hôtel et les restaurants de la rue . Encore une journée ici , avant d’entamer le retour vers Bogota qui signera la dernière partie du voyage…

Lundi 20 Avril : San Gil

Nous avons prévu , même si nous l’avons déjà survolé, de retourner voir le canyon de Chicamocha qui est quand même le deuxième plus grand canyon au monde avec ses 2000 mètres de profondeur et ses 227 kilomètres de large. Il abrite un parc national et un téléphérique qui offre une traversée de 40 minutes avec des vues époustouflantes ! Hélas, lorsque nous y arrivons après une heure de bus, c’est pour apprendre que le parc n’est ouvert en ce moment que du mercredi au dimanche, ce qu’aucun guide ne précisait et il ne nous reste plus qu’à faire demi-tour et à retourner flâner dans saint Gil ! Nous faisons contre mauvaise fortune bon cœur et en profitons pour acheter quelques petits cadeaux , avant de manger et de regagner l’hôtel. Du coup nous sommes à l’abri et bien soulagés quand une pluie torrentielle se met à tomber, bien plus tôt que les autres jours…Nous restons dans notre chambre jusqu’à 22 h où nous prenons un taxi pour rejoindre le terminal national , on a en effet réservé deux sièges dans un bus de nuit vers Bogota …Pendant que nous attendons le bus de notre compagnie, il y a en a trois autres qui partent également vers Bogota. La route tourne pas mal au début et c’est un peu long (6 h) mais le bus est néanmoins confortable et on arrive à se reposer un peu .

Mardi 21 Avril:Bogota

Nous arrivons vers 5h30 à Bogota et prenons tout de suite un taxi pour rejoindre le petit hôtel que nous avons réservé sur Booking.com dans la Candelaria, la partie historique de Bogota, et ce pour nos quatre dernières nuits. L’hôtel est une vieille maison très joliment décorée dont les chambres rustiques mais bien équipées s’ouvrent sur trois patios centraux remplis de fleurs, de fontaines….On a de la chance, notre chambre est déjà libre et après un café c’est avec plaisir que nous dormons trois heures ! Puis nous sortons nous promener dans les rues en pente de ce vieux quartier , qui , s’il n’y a pas de quoi y passer plusieurs jours , est assez agréable, avec de vieilles maisons de couleurs vives, des restaurants typiques et une ambiance assez jeune et bohème .Il fait un peu plus frais ( Bogota est à 2600 mètres d’altitude) mais il ne pleut pas ! Nous visitons ensuite le musée de l’or qui présente plus de 30000 pièces en or et de splendides émeraudes, la plus grande collection jamais rassemblée d’objets en or précolombiens ! C ‘est un très beau musée et très intéressant, qui présente d’abord les différentes civilisations indiennes et leurs productions d’orfèvrerie , avant d’exposer les différents objets en or trouvés sur les douze sites archéologiques majeurs de Colombie .Ce musée est situé non loin de la place Bolivar, place qui fut édifiée sur l’emplacement même des douze premières maisons construites à Bogota par les conquistadors et consacrées aux douze apôtres….Nous continuons à flâner dans le quartier , entre églises et boutiques d’ artisanat assez chères…Le soir nous gignotons avec un verre dans un petit bar animé .