BlueOrange-World

« Le monde est bleu comme une orange » (Paul Eluard)

ENGLAND September-December 2013

January13

Retour à Bournemouth avec un temps merveilleux ….Nous aurons connu l’été anglais, il aura duré 4 jours :-)

Salisbury:

Corfe et Swanege:

Hampton Court Palace

London:

Cambridge:

Bath :

Beaulieu:

Oxford:

Southampton:

Statford-upon-Avon:

Windsor:

La “famille” anglaise :love you, guys <3

Stonehenge et Salisbury:

Runton road-Bournemouth:

Leaving England with a storm…

AND NOW, WHAT’S NEXT? :-)

MOROCCO: November 2013

December13

CATALUNIA: October 2013

November13

Lloret del mar, Barcelona, Figueres…..

Toujours autant de bonheur en Espagne , avec la joie de revoir des amis et celle , cette fois-ci, de baragouiner :-)

MADAGASCAR July 2013

August12

Ambohimanga- Mantasoa

” Je me rappelle du Chalet Suisse où nous étions allés en 1993, m’a dit Sophie en voyant les photos de 2013: nous avions mangé une raclette  auprès de la cheminée. Il y avait  dans la salle cette très vieille dame suisse à l’origine de la création de l’hôtel, et sur le mur un coucou égrenait les heures ….Et j’avais fait du cheval autour du lac .”

Rien n’a changé , sauf que la vieille dame n’est plus là, et qu’ en 2013  , le souvenir de mon  passage , ce sera  cette  belle flambée dans la cheminée de la  chambre ….

Mantasoa et Ambatolampy

Antsirabe, Betafo et alentours

Antsirabe et retour…

SEYCHELLES: May 2013

May21

Lundi 20 mai 2013 :

A 11h, nous voici à l’aéroport, Guy et moi, bardés chacun de notre sac de voyage et de notre sac à dos « photo » contenant notre matériel. Guy, c’est donc ce copain prof de sciences  retraité et  photographe par passion que je vais accompagner sur le  reportage Seychelles qui lui a été commandé. La destination m’importait peu en fait, et si j’aurais  préféré découvrir à cette occasion  un pays inconnu, je  suis surtout contente  que la photographie soit le fil conducteur du voyage, où j’espère aussi apprendre  de Guy et progresser en échangeant.

J’ai un mini coup de blues en voyant que personne n’a  pensé à m’envoyer un petit sms  pour me souhaiter un bon voyage, mais le surmonte vite :j’ai une vie formidable et je pars aux Seychelles, d’abord !!!

La tâche d’organiser les diverses étapes du périple m’est revenue,  confirmant  à cette occasion que les Seychelles sont bien une destination  chère, et surtout une destination de couple ! Les agences demandent de spécifier sur leur formulaire s’il s’agit d’un voyage de noces ou d’un anniversaire de mariage, et trouver  une chambre à deux lits dans les guest-houses  pour un budget raisonnable (100 euros au maximum) s’est révélé une gageure ….

Après 45 minutes de vol, nous voici donc à Maurice où nous devons attendre plus de 4 heures avant de reprendre Air Seychelles .Guy préfère sortir de l’aéroport et va négocier un taxi. Nous partons donc vers Mahébourg où , en bord de plage, nous mangeons tranquillement dans un petit restaurant tout en prenant nos premiers clichés des pêcheurs et de quelques scènes de vie .C’est agréable, il fait très beau, et mon carry de zourites me rappelle ceux de Rodrigues … Contents de notre petite escapade ,  nous avons calculé juste  pour le retour et , timing parfait, serons effectivement les tous derniers à enregistrer.

Nous voici repartis vers Mahé, l’île principale des Seychelles, pour un vol de 2 heures et demie, et surprise, le vol est en fait assuré par Ethiad, la compagnie nationale des Emirats Arabes Unis . Le personnel est anglophone, les annonces en français sont quasi imcompréhensibles, ce qui est plutôt rigolo,   mais  la chef de cabine porte un étrange bibi « agrémenté « de deux longs  pans évoquant furieusement un voile …Si les apéritifs annoncés sur le menu  ne sont pas disponibles, la compagnie propose néanmoins bière et vin rouge .Je suis surprise en arrivant à Mahé à 20 heures par la chaleur, tant mieux, même si le chauffeur de taxi nous explique dans un très bon français qu’il a un peu plu les jours derniers. Deuxième bonne surprise  pour le chalet loué cette nuit à Anse aux Pins, pas loin de l’aéroport : c’est un véritable appartement avec deux chambres, un immense séjour-cuisine , une grande terrasse .L’accueil est très aimable .A l’anglaise, on nous propose thé ou  café avec  du lait  , ainsi qu’une papaye, et nous demandons à la propriétaire si elle connaitrait une personne disposée à nous servir de taxi pour deux jours .Le soir , Guy potasse le programme tandis que je suis  à l’ordi !

Mardi 21 mai :

J’ai bien dormi sous le ventilateur et à 9 heures, Brian vient se proposer comme chauffeur .La négociation est rude, puisqu’il nous annonce  que le prix normal de la  journée est de 150 euros. Guy et moi nous coulons donc dans le couple archi classique du gentil et du méchant, Guy noyant le pauvre Brian ( qui, je vous rassure, garde sa placidité seychelloise)  sous un discours bien rodé comme quoi nous sommes en reportage et donc susceptibles de faire connaitre son pays, mission noble et quasi bénévole ….alors que je mets en exergue le peu de kilomètres que nous allons réellement parcourir dans l’ile et le nombre faramineux de concurrents que nous allons contacter de ce pas …Finalement  Brian acceptera d’ »y perdre » à 200 euros pour trois jours, parce qu’il a besoin d’euros,  partant le 6 à DubaÏ acheter des pièces pour sa voiture !Nous partons donc vers notre seconde étape , où nous allons rester trois nuits ; c’est à quelques kilomètres à peine, mais sur l’autre côte et nous traversons donc l’île de part en part pour rejoindre la côte Ouest et l’anse aux mouches .La guest-house Oasi est en pleine verdure, avec un grand jardin, à 2 minutes à pied de la mer. Jolie chambre et salle de bains raffinée : pour 225 euros les trois nuits, c’est  encore un bon choix.

Aujourd’hui pas de plages car nous allons débuter notre découverte des Seychelles par sa capitale Victoria qui est avec ses 28 000 habitants une des plus petites capitales au monde. Sur la route, un arrêt à Grande Anse nous permet de découvrir des pêcheurs qui découpent en bord de route pour les vendre les grosses carangues qu’ils viennent de ramener , puis nous nous rendons au port .J’avais prévu de faire le retour La Digue-Mahé avec la goélette La belle Seraphina mais elle est en réparation pour cinq mois, il faudra donc prendre le catamaran , ce sera nettement  plus cher, mais pour les tickets nous avons bien le temps, nous dit-on….La nonchalance décrite dans tous les guides semble bien là ! Nous voici à Victoria, ville de poche, bien agréable avec sa verdure, son atmosphère bonne enfant et ses maisons créoles. Hélas, le temps se dégrade, et ce qui a commencé comme des giboulées continue en violentes averses, nous gâchant un peu le plaisir. En quelques heures, nous ferons néanmoins le tour de tous les points d’intérêt de la ville. D’abord le bazar, un  marché tout petit mais plein de charme avec  son architecture coloniale ( coursives de bois et colonnades ), et paré des mille couleurs de ses boutiques exhibant robes et paréos .Nous mangerons d’ailleurs au restaurant du marché, qui domine le …marché, nous permettant de profiter du spectacle , avant de prendre un café au Rendez-vous, restaurant-bar surplombant LE carrefour à feux tricolores de Victoria, celui-là même où se trouve la fameuse horloge .Cette copie de Big Ben , bizarrement peinte couleur argent, est minuscule, à peine quelques mètres de haut . Nous  continuerons ensuite  à flâner dans les rues, visitant un petit musée historique très intéressant. On apprend au passage que la population comptait 28 têtes en 177 0 (pour  seulement 85 000 aujourd’hui) et que l’île principale des Seychelles doit son nom à Mahé de la Bourdonnais, confirmant bien à quel point les expéditions dans l’Océan Indien  des aventuriers de l’époque, français ou anglais, ont été imbriquées,.

Quelques coups d’œil dans les jardins me permettent de découvrir  en pleine ville des tortues géantes, qui semblent vraiment faire partie de la vie seychelloise.Nous visiterons ensuite deux des plus jolies maisons créoles de Victoria, Kenwyn house et Kaz Zanana. Beaucoup de ces maisons ont hélas disparu, rongées par le temps et l’humidité  mais ces deux ont été magnifiquement restaurées : si elles servent d’écrin à des galeries d’art et à des cafés raffinés, leurs parquets anciens fleurent bon la cire et leurs varangues  meublées de confortables fauteuils cannés peuvent  «  assouvir (dixit le Petit Futé) les rêves inavouables de colonialistes « ….

Sur le chemin du retour, nous faisons un arrêt à une splendide maria toute récente, aux portes de Victoria . Appartements dominant la mer et yachts  somptueux amarrés devant ….tout ça est «  aux Zarabs » , nous dit notre chauffeur avec fatalisme …Il est vrai que Dubaï, Abu Dhabi… ne sont qu’à quatre heures d’avion .

Nous rentrerons à la guest-house plus tard que prévu car notre cher Brian a décidé de rentabiliser « notre «  voiture en allant chercher une « amie » très très près, sauf que cela va nous rajouter une grosse heure . Lui passait déjà sa vie au téléphone, sa passagère fait de même …cela m’a rappelé une anecdote relative à mon premier voyage aux Seychelles il y a 17 ans : nous débarquions donc de Mayotte , et voyant dès l’aéroport  le chauffeur de taxi sortir un téléphone portable de sa poche de chemisette pour appeler notre guest-house et connaître l’itinéraire, nous nous étions dit que oui, nous venions là d’entrer dans un autre monde !!!….Nous finissons la journée dans un petit restau à quelques centaines de mètres de notre hébergement , et je me mets ensuite sous la grande terrasse pour m’occuper des photos ( peu de belles aujourd’hui à cause du temps) et du compte-rendu….Il fait très bon, je suis en tee-shirt , rafraichie par une délicieuse  petite brise ….Pourvu que nous ayions du beau temps demain !

Mercredi 22 Mai :

C’est aujourd’hui les 50 ans de mon ami Frédéric, à qui je dédie cette superbe journée qui a pourtant bien mal commencé : lorsque je vais rejoindre la salle de petit-déjeuner alors que Guy vaque encore à ses occupations, j’apprends  que Brian a téléphoné pour annoncer qu’il ne peut venir aujourd’hui. Je demande de l’aide à la responsable qui appelle un chauffeur de sa connaissance et me le passe au téléphone, malheureusement  son prix de départ est de 120 euros pour la journée et nous n’arrivons pas à nous mettre d’accord sur un prix raisonnable. Elle en appelle donc un autre, qui s’avèrera de façon amusante  être le frère du premier  mais  chauffeur de taxi « pirate » selon l’appellation locale ; je négocie et nous tombons d’accord pour 1100 roupies .Lorsque Jude arrive 30 minutes plus tard, nous voyons que cette mésaventure  sera en fait un bien pour un mal, il est calme, charmant, et sa voiture est bien plus récente et confortable .

C’est sous le soleil que nous entamons notre visite de la côte Ouest, d’abord en descendant vers le Sud et Anse Intendance .Auparavant nous aurons découvert  Baie Lazare, superbe étendue de sable blanc , mais Anse Intendance est LA plage à grand spectacle qu’ il ne faut pas manquer à Mahé .Courbée sur plus de 800 mètres et ombragée de nombreux cocotiers, elle garde aujourd’hui  et malgré les impressionnants rouleaux de ses vagues, sa  beauté virginale . Seuls deux ou trois couples s’y promènent, voici bien l’avantage du choix d’un tourisme élitiste .Guy veut aussi prendre quelques photos des plus beaux hôtels de l’archipel, nous empruntons la petite route privée qui mène au sublime Banyan Tree, un des derniers fleurons de l’hébergement seychellois. On ne peut pas deviner de la plage pourtant toute proche l’hôtel entièrement intégré dans la nature, un éden privé de 116 hectares qui furent  la propriété de George Harrisson et de Peter Sellers Après avoir téléphoné, le gardien nous ouvre les grilles  et en haut, nous sommes accueillis par un responsable anglais qui nous ouvre l’accès aux terrasses d’où nous dominons la baie turquoise…. Guy attend patiemment que le soleil éclaire davantage la plage, que le couple qu’il a repéré  prenne la position qu’il désirerait voir…Je réalise qu’il travaille vraiment à l’ancienne , pensant chaque photo en amont et  prenant pour cela le temps qu’il faut, afin de n’avoir quasiment pas à les travailler en post-production .Dans cet hôtel, nos avons une chance incroyable : personne ne s’occupe de nous , nous accédons à d’autres terrasses, traversons la salle du petit-déjeuner , poussons jusqu’aux abords de la gigantesque   piscine à débordement  qui domine la mer et dans laquelle se reflètent les cocotiers….Calme, luxe et volupté, il doit faire bon  faire étape ici quelques jours ….

Nous réalisons vraiment la chance que nous avons eu au Banyan Tree lorsque nous voulons réitérer l’expérience au Four Seasons , vers l’anse Soleil. Là Guy doit montrer une accréditation, la responsable des relations humaines descend en buggy nous retrouver, et nous n’obtiendrons que  l’autorisation de photographier de loin, depuis la route privée, la baie et les 67 villas avec piscine privée de l’hôtel qui s’étagent sur la colline, dans une discrétion de bon ton et une intégration parfaite .Hélas, nous ne verrons donc rien de « cette adresse à  couper le souffle qui reste  l’un des secrets les plus jalousement gardé de l’archipel » ( Le Futé !). Cet hôtel, comme d’autres, comme  de somptueuses villas et de grandes propriétés, appartient au Cheik Khalifa , le roi des Emirats Arabes Unis dont nous entendons beaucoup parler depuis notre arrivée  et qui  semble avoir énormément investi aux Seychelles.

Tant pis, nous ne tenterons même pas d’entrer au Maia Luxury Resort and Spa, à l’anse Louis, un fabuleux complexe qui appartiendrait selon notre chauffeur au roi du Qatar .Le parcne comporte pas moins de trois cents espèces et a été élu Jardin d’Afrique de l’année 2008 parmi 80 postulants. Quant aux villas, les plus chères y sont à 7000 dollars la nuit selon Jude, et même s’il est indiqué la moitié sur mon guide, quelle importance au fond ? J’en adore en revanche la précision au sujet de la demi-pension : «  ajouter 110 euros par jour et par personne » !!!

Après une petite promenade à l’Anse Soleil, nous changeons de monde et allons visiter  l’extravagant repaire d’Antonio Filippin, un sculpteur italien installé ici depuis plus de 20 ans. Et quel personnage ! Hâbleur, mégalo, excentrique, avec une nette appétence pour le sexe, ce sexagénaire au look de Tintin  travaille et sculpte quasiment toutes les matières, du coco de mer au granit. Son bouillonnement créatif  s’est incarné en particulier dans son temple-maison  qu’il fait visiter et qui évoque pêle-mêle Dali et le facteur Cheval.  Tout y est naturel, électricité produite par une pompe à vélo, ventilateur fait d’un dai mu par des pistons, douche écolo en granit  puisque la maison s’articule entre les gigantesques blocs granitiques  du terrain d’origine, bassin –piscine dans la pièce à vivre, avec une cascade –laser , lit kitchissime cerné de tentures de velours bleus  et dominé d’une myriades de lumières , tout est à l’avenant…Le ticket d’entrée donne également droit à la visite du » musée des pirates « , créé dans la même veine   créative délirante Disneyland –contes d’enfants ….Nous sortons de là abasourdis, fatigués , conquis …Il est temps d’aller déguster un poisson grillé dans un petit restau avec une bonne Seybrew bien fraîche , cette bière locale  légère .

La journée sera également émaillée d’autres rencontres. Près de l’église de Anse Boileau, les hommes assis se laissent volontiers photographier, et à l’école secondaire, nous rentrons sans problème rendre quelques clichés….Toujours le même sourire, la même nonchalance  dont nous devrions parfois savoir nous inspirer …

Nous finissons l’après-midi à Port Launay  où nous nous baignons enfin. L’eau est vraiment bonne, et je me détends à trempoter un peu puis lire enfin quelques pages du  dernier thriller en cours ! Nous voici à l’hôtel à 17h 30, et à part une heure de pause pour partir à pied   manger une pizza, je vais rester à travailler sur la terrasse jusqu’ ‘à minuit trente. »Vous travaillez tout le temps ! » me dit le manager, plus habitué aux « vrais »couples et dont j’apprends ensuite qu’il nous prenait pour des médecins ! Vacances, vous avez dit vacances ;-) ?

Jeudi 23 mai :

Nous voici repartis dès 8 h. Si j’étais seule, je partirais aussi tôt mais ma façon de procéder serait différente, avec des  randonnées comme à Rodrigues afin d’avoir plus de contacts avec les gens et sortir des sentiers battus ; néanmoins  là nous sommes deux et dans l’objectif photo, louer une voiture est intéressant et fait gagner du temps.

Jude vient nous chercher ce matin avec une petite voiture qu’il a louée car la sienne est en panne ! Nous devons d’abord aller à Victoria et pour cela nous avons choisi d’emprunter une des six routes qui traversent l’île de part en part, celle de Sans-Souci. Bien nous en a pris car  la route est magnifique,  elle serpente à travers une belle forêt très dense  et offre  des points de vue époustouflants sur la côte ouest et ses îlots. La culture du thé est très récente aux Seychelles, et cette partie de l’île s’y prête bien. En chemin, nous ne visiterons pas la petite usine de thé pour ne pas perdre de temps  mais une responsable me dit que les ouvriers sont en train de ramasser les feuilles dans les plantations un peu plus loin, et effectivement nous avons la chance  de tomber sur une quinzaine de cueilleuses .Nous descendons à leur rencontre et cela nous permet quelques beaux clichés . Comme partout ici, les gens se prêtent  très volontiers  au jeu. Avant de redescendre sur Victoria, nous nous arrêtons quelques minutes  au lieu-dit appelé Mission , où se trouvent les ruines d’une ancienne école catholique créée en 1870 afin d’éduquer les enfants des esclaves libérés. On se sent en pleine jungle, avec d’énormes cendragons aux troncs moussus et aux racines impressionnantes. mais j’ai déjà remarqué à quel point cette île de 27 kilomètres sur 7 a su préserver ses espaces naturels et offrir  aux visiteurs ses collines et forêts comme autant d’édens secrets et quasi déserts, en sus de ses plages . Guy continue vers la marina qu’il veut photographier aujourd’hui sous une autre lumière ; je  préfère rester à Victoria et vais y flâner un moment, retournant  au marché, bien plus animé aujourd’hui sous le soleil,  me faisant  draguer par un rasta qui veut partir demain à Praslin avec moi …puis je retrouve Guy et nous allons manger chez Marie-Antoinette, un restaurant créole incontournable de Victoria, qui occupe une jolie case restaurée  . Le menu unique se compose de huit plats, et là , même Guy déclare forfait  ! Mais nous ne nous attardons pas trop, car le programme de la journée est loin d’être fini, nous voulons découvrir Beauvallon, dans le Nord, une autre plage  très fréquentée .Ici les plages sont nettoyées chaque jour, la vente ambulante n’y est pas autorisée et chacune a son policier afin de dissuader les voleurs : le pays tient à ses touristes ! La plage  n’a pas de gros rouleaux comme certaines et serait parfaite pour la baignade, mais nous devons continuer .Deux arrêts ultérieurs sur la côte, une église et une supposée  grotte  de La Buse , n’offrent pour moi aucun intérêt , mais il fallait tenter, et heureusement le hasard nous offre à la place de belles rencontres . Des pêcheurs sont en train de rentrer, ils vident leur  petit bateau et la pêche est impressionnante : des dizaines de carangues. L’un d’entre eux me fait même prendre la pose avec une, c’est lourd et glissant ! Puis ils commencent à les débiter  en tronçons pour les vendre. La même scène se répète plusieurs fois sur la route. Plus loin, c’est un vieux monsieur aux yeux clairs qui vend sa pêche de rougets .Nous roulons maintenant sur la côte Est : les plages y sont   moins fréquentes et moins belles que de l’autre côté, mais  à notre gauche l’océan nous offre toutes ses nuances des plus beaux turquoises, et à droite la végétation est luxuriante et magnifique ….Ajoutez à cela très peu de touristes, et vous comprendrez que nous nous sentons privilégiés ! A l’Anse aux Pins, nous faisons une halte au domaine patrimonial de Val des Prés, une grande demeure coloniale  bâtie en 1870 et restaurée avec l’aide des Etats Unis. Mais l’intérêt du domaine réside plutôt  dans la présence dans le parc de 12 petites maisons créoles peintes de couleurs vives  et présentant diverses facettes de l’artisanat seychellois. Je n’achète rien, mais la lumière sur les cases est magnifique en cette fin d’après-midi. Plus tard, nous finissons notre journée par quelques photos à Police Bay, une plage battue par les vagues à l’extrême Sud de l’île , avant de reprendre la route vers  l’Anse  à la Mouche et notre guest-house ….La nuit sera à nouveau courte, de minuit à 5 h , puisque Jude revient à 5 h 45 pour nous amener à l’aéroport .

Vendredi 24 mai :

C’est en effet aujourd’hui que nous devons nous envoler vers Praslin, la deuxième île des Seychelles avec ses 6000 habitants ( à vérifier) .Guy a été malade cette nuit et a très mal dormi, moi aussi par contrecoup  même si je compatis et essaie de ne pas être contaminée par sa mauvaise humeur …Les vols nationaux partent d’une petite aérogare  en bout de l’aéroport et nous allons voler  quinze minutes dans un petit Twin  Otter pour parcourir les 36 kilomètres séparant les deux îles .Le pilote m’a conseillée de me mettre à gauche , effectivement l’arrivée sur la petite ile de onze kilomètres sur quatre offre de jolies perspectives sur les ilots de Voisin et Voisine,  les eaux turquoises et la forêt exubérante. Nous rejoignons à Grand Anse , la deuxième localité de Praslin, notre guest-house  nichée en bord de plage  autour d’une piscine. Pour autant, et malgré les fleurs d’hibiscus répandues à profusion sur les lits, nous ne retrouvons pas la qualité d’accueil ou de service des étapes précédentes, mais c’est néanmoins très correct pour l’hébergement le moins cher de Praslin…Chères Seychelles … ! Fatigués, nous faisons un somme et ne repartirons que vers deux heures. Prendre le bus (5 roupies !) pour aller à l’anse Lazio me conviendrait très bien mais Guy tient à louer une voiture, il engage la conversation avec des gens sur la route et on nous amène chez un commerçant. Les Seychellois font généralement leur maximum pour donner un coup de main.  Une fois d’accord sur le prix pour l’après-midi et la journée complète de demain, nous partons donc vers l’anse Lazio, une autre plage mythique des Seychelles. La route  qui serpente en pleine nature offre encore des panoramas admirables, et lorsque, ayant rejoint la côte nous passons à côté du luxueux et récent hôtel Raffles, nous ne pouvons qu’admirer une fois encore l’intégration parfaite de tous ces palaces au sein du cadre  naturel. A Lazio même, un restaurant de plage  peut nous servir le repas malgré l’heure tardive et ce n’est qu’ensuite que nous allons découvrir l’anse enchanteresse, avec ses gros blocs de granit, ses vagues juste à la bonne taille, ses nombreux takamakas pour l’ombre …Il y a même  un espace de baignade et un maître-nageur !La plage doit s’étendre sur un kilomètre  et les guides évoquent une saturation dominicale à l’échelle de l’archipel  ( allez, cela doit bien faire 30 voitures dans le parking !) lorsque les familles du cru investissent le lieu, mais aujourd’hui nous n’y croiserons qu’une dizaine de personnes ! Je commence à discuter avec un rasta  qui me propose de m’emmener plus loin, après l’extrémité de la plage .Décidément j’ai la côte avec les rastas ! Comme il m’a proposé cela devant le policier de service, je n’hésite pas à le suivre entre petit sentier, escalade de rochers et passage dans un terrain marécageux, jusqu’à arriver finalement à un joli point de vue sur l’anse. Steeve, c’est son nom,  me propose une plus longue balade mais je n’ai pas le temps, je reviens donc sur mes pas. Le soleil est en train de se coucher et la lumière ocre sur les blocs de granit a beaucoup de douceur .Steeve se baigne avec moi  et nous continuons à parler  vie et spiritualité, il semble sincère et cohérent dans son refus d’un monde outrancièrement matérialiste et dans sa foi en le divin, même si cela se pare d’un peu trop de prosélytisme à mon goût…Mais il me parle aussi de sa girl-friend, qui est Russe  et fait des allers-retours entre la Russie et les Seychelles. J’imagine qu’ils communiquent en anglais. .Cet après-midi, nous  avons parlé  tantôt en français tantôt en anglais car la plupart des Seychellois maitrisent les deux langues, ce que j’admire ô combien …Il faut dire qu’ils les commencent vers quatre ans .L’anglais  est enseigné comme une seconde langue maternelle et le français comme une langue étrangère ; les résultats sont en tout cas éloquents.

Lorsque le soleil s’est couché, Guy et moi  rejoignons l’hôtel et chacun travaille sur son ordinateur…En fait il s’avère que nous n’avons absolument pas le temps de regarder ni commenter les clichés de l’autre  tant la photographie est une passion chronophage. Le tri des clichés prend déjà beaucoup de temps (j’en fais encore beaucoup trop)  et je retravaille rapidement mes préférées, ce qui implique là aussi des choix et des tâtonnements. Guy a bien sur beaucoup plus d’expérience et de connaissances que moi, mais au-delà de ça je découvre que nous ne travaillons pas de la même façon. Il aime les paysages, est obnubilé par certains types de photo (celles en hauteur par exemple, offrant un large panorama), et surtout il sait généralement d’avance quelle photo il voudrait faire, et n’hésite pas à demander aux gens de  poser, créer des situations. J’adore photographier des gens, des scènes de vie et surtout des instants  d’intimité, de lâcher-prise spontanés …Voir ces différences est une chose très intéressante. Minuit quinze, il est temps néanmoins d’aller faire dormir mes yeux…

Samedi 25 mai :

Le matin, nous commençons par aller visiter la fameuse vallée de Mai. C’est le deuxième site de l’archipel  inscrit au patrimoine Mondial  de l’Humanité   et c’est une forêt que jusqu’en 1930 avait été très peu affectée par l’homme, les guides parlent donc de forêt préhistorique, voire du paradis originel, le mythique jardin d’ Eden  !  La forêt est pour le moins primitive et offre au fil de ses sentiers sa frondaison de palmes et ses fougères, sans arbres à fleurs ni mammifères. Je me souvenais fort bien que nous avions été déçus lors de mon premier séjour, et je dois avouer que j’ai le même sentiment. Oui, c’est très agréable de se promener au fil des sentiers balisés dans cet univers de verdure , lianes, mousses et rochers , mais nous ne sommes pas spécialement des citadins , il ne s’agit après tout que d’une forêt et ne serait-ce le coco de mer, je regretterais mes 20 euros d’entrée ….Ah le fameux coco de mer , objet de tous les fantasmes, de convoitises et légendes  depuis sa découverte ! Il est vrai qu’on ne le trouve  nulle part ailleurs qu’à Praslin, en particulier dans cette vallée où quelques 7000 cocotiers ont été recensés. Devenant adulte à 40 ans, l’arbre peut vivre jusqu’à 400 ans  .Cette noix extraordinaire, la plus grosse semence du monde végétal, a besoin de sept ans pour arriver à maturité après la fécondation par le palmier mâle, là où une noix de coco ordinaire tombe à six mois . Même si leur coût a bien baissé depuis quelques années, ces coco-fesses  valent très cher, et sont l’objet de contrôles très stricts : toutes les noix sont marquées, contrôlées (seules les plus callipyges sont ramassées) et vendues par le Ministère de l’Environnement qui en a le monopole !

Après cette visite, nous repartons avec le sympathique Marcel vers le gros bourg de  Baie Sainte Anne. Je comptais prendre les billets pour le ferry vers La Digue demain mais on ne peut prendre les billets à l’avance ! Guy nous emmène faire un tour dans le  minuscule chantier naval de Praslin, puis chez un vieux sculpteur  jurassien qui  vit aux Seychelles depuis 60 ans, mais le pauvre nous parait bien diminué et malade. Nous continuons  donc notre tour, qui égrène des anses sublimes  et le plus souvent désertes, dont les jolis noms sont un poème à eux seuls : anse Consolation, anse La farine, anse La Blague, Côte d’Or, anse Boudin….

Guy ayant toujours l’idée de photographier  des hôtels ou baies depuis des hauteurs, notre guide  nous dit qu’une voie privée dominant l’hôtel l’Archipel  pourrait correspondre, et nous nous pointons au culot. Bingo ! On nous permet l’accès dans l’enceinte de l’hôtel, il nous faudra juste monter à pied par une voie très raide  qui dessert une maison privée. Nous escaladons en sus toute la colline  parsemée de gros blocs granitiques, jusqu‘au sommet, et la vue est phénoménale, ce sera pour moi le point d’orgue de cette journée. A nos pieds et à 180 °, une immense baie turquoise et de l’autre côté une autre baie qui n’a rien à lui envier et la vue sur Baie Sainte Anne ; au milieu toute la largeur de Praslin constituée de forêts….quel panorama ! Cela me rappelle quelque peu les deux anses jumelles de Ko Phi Phi.

Il est temps ensuite d’aller manger à Anse Volbert, un autre petit bourg avec quelques magasins …..On parle bien de quelques magasins, une dizaine peut-être ! Pas mal de rastas trainent par là et ils se laissent gentiment tirer le portrait. Plus tard sur la plage, nous nous laissons convaincre de partir demain pour une journée bateau : visite  de Glorieuse, barbecue sur la plage, snorkeling…Un peu de détente enfin et je m’en réjouis à l’avance ! Avant de rentrer, nous faisons un tour à l’hôtel Lemuria Resort  et découvrons son sublime golf, qui fait partie du top ten  mondial !  Et ce n’est qu’une fois rentrée, à 18 h, que je trouve le temps  de me baigner !

Dimanche 26 mai 2013 :

Je ne v ais plus trop parler de Guy car malheureusement il est à nouveau malade  donc de très mauvaise humeur,  négatif,  et hyper stressé .Je dois donc  mobiliser une énergie incroyable pour rester calme et positive, ce qui n’est pas l’idée de départ , et je décide de me mettre nettement en retrait pour pouvoir profiter un peu de ce séjour. Je fais donc partie d’un petit groupe de six personnes qui part dans une petite barque vers l’île de Glorieuse, partie du parc national marin seychellois. La traversée est très rapide, moins de dix minutes et nous débarquons sur une belle anse  de sable blanc, aux eaux turquoise et transparentes …300 grosses tortues vivent dans cette réserve. Nous avons donc la fin de la matinée de libre, à nous promener, nous baigner, photographier les tortues puis nous devons traverser l’île de part en part, à travers une belle mangrove, pour atterrir dans une autre baie et sur une plage encore plus belle . Là notre guide prépare le barbecue, on mange puis je retourne me baigner dans cette eau translucide et délicieusement tiède, et là je me sens vraiment bien et détendue …Plus tard, le bateau nous emmène jusqu’à l’îlot saint Pierre, une petite île  de carte postale posée sur des eaux turquoises, emblématique avec ses gros rochers granitiques qui m’évoquent irrésistiblement des molaires géantes et  avec ses palmiers dont les palmes se découpent sur le ciel bleu . Là je fais un peu de palmes-masque-tuba et je ne le regrette pas .Si les fonds sont assez quelconques avec très peu de coraux, le coin est en revanche un aquarium naturel, la visibilité y est exceptionnelle et je croise des poissons magnifiques, jaunes, violets, à rayures, à pois…. Certains sont d’ailleurs énormes, les plus gros que j’aie jamais croisés  dans ces conditions .Bref je me régale …

Il est temps ensuite de rejoindre Port Saint Anne pour prendre un ferry qui nous amène à La Digue en 15 minutes. Si l’île est toujours aussi petite (3 km, ce qui a peu de chances de changer !) , les changements depuis 17 ans sautent aux yeux d’emblée . Adieu les traditionnelles charrettes à bœufs qui acheminaient jusqu’à leurs hôtels les bagages des touristes, il y a maintenant quelques ( 3, 4 ?) véhicules  qui stationnement à la jetée . Le guide dit même qu’en deux générations à peine, La Digue est passée de l’éclairage à la bougie et de l’autosubsistance à la génération « consommation et internet’ . Mais les plages n’ont certainement rien perdu de leur magie ….A voir demain ! En attendant, je retrouve  moi-même l’internet avec un immense plaisir après deux jours sans !

Lundi 27 mai :

J’ai été beaucoup trop légère dans mon estimation . lorsque j’ai posé la question en allant louer un vélo, il m’ a été répondu que l’île a actuellement 18 véhicules ! Mais ça ; c’était à onze heures car auparavant pas question de bouger ; des trombes d’eau tombaient sur La Digue ! En me levant j’ai pu néanmoins aller prendre le petit-déjeuner  à 200 m, au La Digue Lodge  qui appartient au même propriétaire que nos chambres plus simples ( mais à 100 euros quand même ! Que les Seychelles sont chères ! ) L’avantage est que nous pouvons profiter de ses prestations ; wifi gratuite et petit-déjeuner buffet absolument royal à côté de la piscine….et tant mieux car j’ai été bloquée une heure là-bas par la violence des averses ! Finalement j’ai pu repartir et emprunter la voie pavée qui dessert La Passe, le bourg principal de la petite île .Il y a là  la Poste, un bureau pour les liaisons inter-îles, quelques loueurs de vélos, un petit supermarché, un mini poste de polices et quatre boutiques de souvenirs ….tout ceci reste très très bon enfant, et je ne peux m’empêcher de faire la comparaison avec Kho Phi, totalement urbanisée et dévolue au tourisme maintenant, pour ne pas dire dévoyée….Je loue donc une bicyclette pour les deux jours à venir et je pars me promener au gré du vent …La route longe la mer et là je décide de partir vers le Nord, découvrant en chemin des petites anses délicieuses .je m’arrête prendre un jus de fruit frais dans une petite cabane en bois au bord de la route…Je ne suis pas la seule : avec un sens inné du commerce, la jeune femme  donne à voir sur la route devant sa boutique son petit garçon de deux ans juché sur la carapace d’une tortue géante avec laquelle il joue ! joli tableau sur fond de case bleue en tôle, je ne peux résister ! Je ne vais rien faire de spécial dans la journée, que pédaler le nez en l’air, admirer les paysages, la petite route entre mer et collines boisées, les blocs de granit roses,  croiser de ci de là quelques couples en vélo, m’abriter sous des arbres pendant les averses, m’asseoir sur une plage pour continuer ma lecture, et finalement goûter quelques purs moments de bonheur ! Au retour je m’arrête dans une boutique de souvenirs et là , quelle déception ! Je vois que l’immense majorité de l’artisanat soi-disant seychellois vient en fait de Bali ou de Thaïlande, cela me navre .Je discute de cela avec un gérant qui me dit que c’est bien plus facile, moins cher et que le véritable artisanat seychellois – il me montre des épingles à cheveux en noix de coco- se perd car les gens ne veulent plus travailler. Vaste débat ! Nous finissons par parler musique, il me fait écouter des artistes locaux, me dit qu’il aime Francis Cabrel et d’autres chanteurs français ou réunionnais ; je pars donc à l’hôtel remplir une clé USB que je lui ramène ensuite ! Journée paisible donc mais que j’ai bien aimé….Espérons du soleil pour demain  néanmoins…

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