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« Le monde est bleu comme une orange » (Paul Eluard)

Retour à Mayotte: Octobre 2009

December1

Mayotte…. J’ai un rapport particulier avec cette île, la seule des quatre Comores qui a tenu à rester française  envers et contre tout, pour y avoir vécu et enseigné 4 ans, et pour y avoir , dans la plus grande maternité de France, mis  Amélie au monde.

Ile française et musulmane, un petit bout d’Afrique peuplé  lors de mon arrivée en 1992  d’habitants polygames et non-francophones…un sacré choc des cultures!!! Et une première année  très difficile professionnellement : j’étais à l’Ecole Annexe dans un CE1 de 36 élèves où cohabitaient les jeunes enfants des collègues arrivant de métropole , une majorité de petits mahorais  peu francophones dont certains étaient totalement livrés à eux-mêmes ,et quelques grandes filles comoriennes de 14 ans  non-francophones….Mais  en 1993 les premières écoles maternelles ont été ouvertes sur l’ïle  et j’ai eu le plaisir d’être de ceux qui ont participé à cette aventure, je garde un merveilleux souvenir de ces années-là, si riches, si difficiles, si exaltantes…

Je suis retournée 5 semaines à Mayotte  il y a deux ans (  11 ans  après mon départ donc) et viens d’y passer 2 semaines.Sentiments mitigés….Oui, je note une évolution fondamentale: partout et même en pleine brousse, les enfants parlent maintenant français  (il ya 15 ans, dans les écoles de brousse, les instits mahorais   recrutés pour certains avec un niveau de   CE2 enseignaient en shimaoré.)  .Oui, le lagon est  toujours splendide et nager avec les tortues, accoster sur les îlots de sable blanc et découvrir les tombants avec masque  et tuba restent des moments magiques…Mais les plages sont sales, jonchées de détritus et de  canettes, et l’île est remplie de carcasses de voitures.Le choc des cultures  reste vivace et sans doute même exacerbé, on le ressent parfois  à l’agressivité des habitants.Il se dit que Mayotte est une poudrière, que la moitié de la population est composée de clandestins. En tout cas, les   16 000 expulsions l’an dernier et les radars dernier cri  n’empêchent  pas les kwassa-kwassa  de relier nuit après nuit Mayotte et Anjouan, faisant de  ces 70 km un immense cimetière…Et à  la sortie des boulangeries et boutiques de Mamoudzou, les enfants qui mendient demandent du pain, parce qu’ils ont réellement faim, parce que les parents comoriens ont été expulsés  .    France  donc qui interpelle et dérange..101ème département à l’horizon 2011 …que va devenir  Mayotte, si attachante et si authentique?

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