BlueOrange-World

« Le monde est bleu comme une orange » (Paul Eluard)

But at least….

May1

Si un jour…

November17

J’avais  déjà dit à une ou deux personnes ce que je voudrais que l’on fasse  comme dernière cérémonie si je venais à disparaitre, mais dit trop vaguement, donc allez zou, ça ne fait pas mourir ( non ? NON ?) et  ce sera écrit et formalisé !
Pour autant, je ne suis pas trop directive non plus ….En dehors du fait qu’on peut prélever absolument tous les organes qui pourraient être utiles avant de transformer le reste en cendres , je fais juste la demande des deux chansons  que voici, et que je dédie à chacun de mes enfants individuellement. Parce que la vie est BELLE et l’amour LUMINEUX …

Serge Reggiani
LE TEMPS QUI RESTE
Paroles: Jean-Loup Dabadie, musique: Alain Goraguer, 2002

Combien de temps…
Combien de temps encore…
Des années, des jours, des heures, combien?
Quand j’y pense, mon cœur bat si fort…
Mon pays c’est la vie.
Combien de temps…
Combien…

Je l’aime tant, le temps qui reste…
Je veux rire, courir, parler, pleurer,
Et voir, et croire
Et boire, danser,
Crier, manger, nager, bondir, désobéir,
J’ai pas fini, j’ai pas fini,
Voler, chanter, partir, repartir,
Souffrir, aimer,
Je l’aime tant le temps qui reste…

Je ne sais plus où je suis né, ni quand
Je sais qu’il n’y a pas longtemps…
Et que mon pays c’est la vie
Je sais aussi que mon père disait:
Le temps c’est comme ton pain…
Gardes -en pour demain…

J’ai encore du pain,
J’ai encore du temps, mais combien?
Je veux jouer encore…
Je veux rire des montagnes de rires,
Je veux pleurer des torrents de larmes,
Je veux boire des bateaux entiers de vin
De Bordeaux et d’Italie
Et danser, crier, voler, nager dans tous les océans,
J’ai pas fini, j’ai pas fini,
Je veux chanter,
Je veux parler jusqu’à la fin de ma voix…
Je l’aime tant le temps qui reste…

Combien de temps…
Combien de temps encore?
Des années, des jours, des heures, combien?
Je veux des histoires, des voyages…
J’ai tant de gens à voir, tant d’images..
Des enfants, des femmes, des grands hommes,
Des petits hommes, des marrants, des tristes,
Des très intelligents et des cons,
C’est drôle, les cons, ça repose,
C’est comme le feuillage au milieu des roses…

Combien de temps…
Combien de temps encore?
Des années, des jours, des heures, combien?
Je m’en fous mon amour…
Quand l’orchestre s’arrêtera, je danserai encore…
Quand les avions ne voleront plus, je volerai tout seul…
Quand le temps s’arrêtera,
Je t’aimerai encore.
Je ne sais pas où, je ne sais pas comment…
Mais je t’aimerai encore…
D’accord?

TANT DE BELLES CHOSES
 Paroles: Françoise Hardy. Musique: Alain Lubrano 2004 “Tant de belles choses” © Virgin Music (Emi Music France)

Même s’il me faut lâcher ta main
Sans pouvoir te dire “à demain”
Rien ne défera jamais nos liens
Même s’il me faut aller plus loin
Couper les ponts, changer de train
L’amour est plus fort que le chagrin
L’amour qui fait battre nos cœurs
Va sublimer cette douleur
Transformer le plomb en or
Tu as tant de belles choses à vivre encore
Tu verras au bout du tunnel
Se dessiner un arc-en-ciel
Et refleurir les lilas
Tu as tant de belles choses devant toi
Même si je veille d’une autre rive
Quoi que tu fasses, quoi qu’il t’arrive
Je serai avec toi comme autrefois
Même si tu pars à la dérive
L’état de grâce, les forces vives
Reviendront plus vite que tu ne crois
Dans l’espace qui lie  ciel et  terre
Se cache le plus grand des mystères
Comme la brume voilant l’aurore
Il y a tant de belles choses que tu ignores
La foi qui abat les montagnes
La source blanche dans ton âme
Penses-y quand tu t’endors
L’amour est plus fort que la mort
Dans le temps qui lie ciel et terre
Se cache le plus beau des mystères
Penses-y quand tu t’endors
L’amour est plus fort que la mort

Et puis que l’on passe le diaporama PowerPoint de Justine avec sa belle voix et tout cet amour ….Et puis « The plaint » de Purcell…et voilà, c’est tout !Et que l’on passe à autre chose …..
 

Poèmes et textes

November5

Quelques textes écrits sur une période de 30 ans …il n’y a donc pas de clés …sauf à dire que l’affectif et la maternité auront été les deux axes forts de ma vie…mais il n’y a  dans cette constatation rien  de bien nouveau sous le soleil!!!

(PS: textes sinistres, j’en conviens :-) , je n’écris que triste, et puis quelques-uns sont des exercices de style , sans aucun élément déclencheur ….En fait, je suis plutôt gaie comme personne, parait-il !!)

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CHRIST DE ROUAULT

Les yeux indéchiffrables d’avoir été haï,
Infranchissables,
Comme une barrière sur le néant,
Portant en leur éclat la misère du monde,
Le péché millénaire,
Assumant leur destin,
Les yeux indéchiffrables d’avoir été haï,
Et le front tourmenté,
La bouche lasse,
Les yeux indéchiffrables d’avoir été haï,
Barrière sur l’infini,
Et le front tourmenté d’avoir suivi sa voie,
Tellement fatigué de connaître le vrai
Sans pouvoir s’accrocher à un vague futur,
Connaissant le prix de sa vie,
Portant en sa douleur la détresse du monde,
Rupture irrémédiable,
Homme et déjà néant,
Les yeux si  fatigués d’avoir été haï,
Le front si tourmenté d’avoir suivi sa voie,
Et la bouche trop lasse pour vouloir refuser,
S’insurger contre l’invisible,
L’irrémédiable.
-Assumer son destin,
Eviter la rupture,
Et puis mourir, s’enfuir-
Les yeux si fatigués d’avoir été haï,
Le front si tourmenté d’avoir suivi sa voie,
Et la bouche trop lasse pour vouloir refuser,
Homme et déjà néant,
Et le cœur trop lourd de savoir.

Que votre volonté soit faite
Et non la mienne.

MATERNITE

Et tu sens comme chaque mois
Le sang  couler le long de tes cuisses
Et tu penses
A cet enfant qui ne vient pas.

Il est tiède, le sang,
Qui coule sur ta peau si tendre,
Perles rouges sans cicatrices
Et  toi qui n’en peux plus d’attendre,
Soudainement tu lâches prise.

Il est âcre, le sang,
Que tu respires avec passion et avec  haine,
Il est ton odeur la plus vraie,
Marée de mort,  triste fontaine,
Et tu penses et tu pleures,
Et on ne t’entend pas.

Il est sombre, le sang,
Dont tu te barbouilles la bouche,
Et tu pleures et tu cries
Comme une femme qui accouche
Mais tu es seule en ce combat ,
Et on ne t’entend pas
Et on ne t’entend  pas.

Mais il est rouge et vif
Et frais,
Le sang qui coule de tes veines coupées,
Et toi, fleur écarlate,
Ecartelée,
Tu parles
A cet enfant que tu n’auras jamais.

LE FOU

J’ai construit de mots un château de cartes
Mais par erreur je m’y suis enfermé
Et depuis je tourne en vain dans la cour déserte
En cherchant le mot qui ouvre la porte
Et je compte les jours et les années.
C’est un  fier château-fort à large enceinte
Mais il n’a pas reconnu celui qui l’a créé
Et je suis prisonnier de mon propre univers.
Je sais pourtant qu’il suffirait d’un rien
Pour que les murailles s’écroulent
Mais mon château n’est qu’un château de cartes
Et sa fragilité le protège.
Si un mur de papier me sépare du monde
C’est un mur que je ne peux franchir
Et pourtant les hommes qui m’appellent fou
Devraient trembler devant moi
Car le jour où j’aurai retrouvé la clef de mon château

Je les y enfermerai.

FUTUR PRESENT

Ma chambre
Était bleue ce matin,
Riche de mots,
Pauvre d’espoirs,
Sans inconnu
Et sans savoir,
Vide,
Décapitée,
Sans mains.

Un enfant pleurait dans un coin.

THERAPIE :

Tu n’étais pas mon âme-sœur,
Juste quelqu’un que j’ai croisé,
Qui a fait chavirer mon cœur
Et n’a voulu l’apprivoiser.
Tu n’étais pas mon âme-sœur,
Et à quoi bon me torturer ?
Des histoires qui ont duré,
J’en ai quelques-unes au compteur.
Si aucune ne m’a blessée
Comme celle juste esquissée
Dont je n’ai su gérer l’ampleur,
Tu n’étais pas mon âme-sœur
Pour autant. Je dois avancer.

Ca rimerait à quoi, d’ailleurs,
De croire en sa moitié d’orange ?
Tous adultes, bien insérés,
Travail, amis, sorties, échanges,
Et peu ou prou désespérés,
Nous donnons tous si bien le change…

Tu n’étais pas mon âme-sœur :
Trop cérébral, trop angoissé,
Avec des  tourments et des  peurs
Que tu  n’as pas su  dépasser,
Et forcément très égoïste,
Comme quelqu’un qu’on a blessé,
Mais qui suit sa route et persiste,
Et sait où il veut avancer…

Tu n’étais pas mon âme-sœur,
Bien sur, c’est ce qu’il faut conclure,
Mais moi pendant ces quelques heures
J’ai posé toutes mes armures
-Faut-il que je sois masochiste !-
Pour  plonger, vulnérable, nue,
Fragilisée, dans l’inconnu
De sentiments récidivistes.
Tu n’étais pas mon âme-sœur
Et je pourrais pendant des heures
Jurer que c’était une erreur
Et un fantasme irréaliste.

Alors pourquoi tant de douceur,
Cette empathie, cette évidence,
Ce naturel dans l’impudeur,
Cette magie, cette confiance ?
Alors pourquoi cette douleur
Qui réactive le passé ?
Pourquoi la souffrance et les pleurs ?
Que n’ai-je, à mon tour, dépassé ?
J’ai connu des nuits bien meilleures,
Plus abouties  ou plus techniques,
Mais rarement cette musique
Qui transcende l’âme et le cœur.

Il y en aura d’autres peut-être
Pendant quelques années encore,
Auxquels je prêterai mon corps,
Sans rien dévoiler de mon être,
Quelques hommes-médicaments,
Jeunes, plaisants et sans danger,
Ce n’est pas mon tempérament
Mais pourquoi ne pas y songer ?
Ca te conforterait, c’est triste,
Dans tes opinions toutes faites…
Je voudrais presque qu’elle existe,
L’expérience que tu me prêtes,
Et qui m’aurait rendue stoïque
Pour affronter cette tempête.
Ah si je gérais une liste,
Si j’avais pu être cynique…

Mais je n’ai point l’âme légère,
Et n’ai jamais connu l’envie
De m’essayer à l’éphémère.
Je suis amie fidèle et tendre,
Je suis mère qui donne vie
Et qui partage sans reprendre,
Je suis compagne qui éclaire,
Qui protège  et qui galvanise,
Et si je dois être une étape,
Et si mes émotions me brisent,
Et si le contrôle m’échappe,
J’en accepte les cicatrices.

Tu n’étais pas mon âme-sœur,
Juste quelqu’un que j’ai croisé,
Juste quelqu’un qui a eu peur
Mais  que j’ai peut-être apaisé.
Et tu avais ta route à faire,
D’autres personnes à rencontrer,
Pour enfin  laisser en arrière
Tous les doutes qui t’encombraient,
Mais cela n’est pas mon affaire…

Nous n’étions pas des âmes-sœurs,
Ou alors juste un petit peu,
Assez pour être douloureux,
Assez pour troubler tes valeurs…
Et que  tu ne m’aies fait confiance
Pour trouver la juste distance
Et sauvegarder l’essentiel,
Je t’en absous mais c’est cruel.

Nous n’étions pas des âmes-sœurs,
Il n’y a rien à ajouter.
Tu seras toujours dans mon cœur,
Un ami cher et respecté.
Le temps est un grand médiateur…
Sans rancœur, en toute clarté,
Je te souhaite le meilleur.

POEME POUR UN AMI MUSICIEN

J’aimerais chanter des choses simples
Et des bonheurs oubliés :
Le soleil sur les vieilles tuiles,
La douceur de la pluie à la nouvelle lune,
Le chat ronronnant dans mon cou,
Et nos deux mains comme un oiseau.

Mais je connais mieux la détresse
Qui prend au ventre,
Et je ne peux chanter
Que la douleur et la tempête
Et la tristesse et les rancœurs
Et la mort
Et l’amour.

Amour dis-moi pourquoi toujours
Cette crainte à jouir de l’instant qui est là,
Cette aspiration vers ailleurs,
Vers après,
Rêve inaccessible.

J’ »adore »  toujours quelque chose.

INCONSCIENCE

Sont venues les méchantes gens
Avec leurs rires dans mes peines
Et leurs sommeils dans mes attentes,
Sont venues et m’ont fait souffrir.
Ont brutalisé tous mes rêves,
Tous mes espoirs,
Et de mon cœur,
N’ont plus laissé  qu’un sexe.

Mais moi, je te cherche, mon amour,
Mon amour aux cent visages,
Parmi tous ces inconnus,
Un peu de toi dans chaque histoire,
Je te reconnais mon amour,
Et tu me souris mon amour,
Et tu m’embrasses et tu m’étreins,
Tu es réel, eux ils sont transparents,
Et c’est toujours toi, mon amour.

Tu vois,
Je ne suis pas dupe, mon amour.

LASSITUDE

C’est un temps de brouillard, de grisaille et de brume ;
L’air est coupant et froid comme un morceau de glace,
Et tandis qu’alentour un vol de corbeaux passe,
Je vois dans le lointain les cheminées qui fument…

Le douta a en chemin  croisé la solitude
Et voici que l’hiver nait de ces amours blêmes.
Dis, mon cœur, frémis-tu encore à un « je t’aime » ?
Je n’ai plus à présent que de la lassitude.

L’hiver, j’ai froid, j’ai peur ; même la mer est grise.
Le sable devient rude et le soleil est mort.
La vie reste un mensonge et je hais les décors.
Le rêve  n’est-il fait que de peine incomprise ?

Je suis seule, debout, et le brouillard qui monte
Noie mes questions dans son anonyme entité.
Je ne sais même plus où est la vérité.
Et je porte en mon cœur la détresse et la honte.

Et pourtant, et pourtant, j’ai cru en l’idéal
De la fraternité, de l’amour, de la paix…
Mais à quoi bon ces mots ? J’étais déjà happée
Par la vaste industrie du bonheur machinal.

Et les soleils brillants que j’avais espérés
Pèsent sur mon bonheur du fait de leur absence.
Mais qui donc a tracé ma voie dans l’existence,
Et quelle est la lueur qui devrait m’éclairer ?

ENCHAINEMENTS

Tu laisses tes regards errer sur le monde
Et tu penses.
Tu penses à ce cousin de dix-sept ans
Qui le premier
Ouvrit ta bouche et te laissa pantelante
Après t’avoir serrée contre lui d’un geste où tu vis de la tendresse.
Tu penses à ce vieillard asthmatique,
Cet homme lourd et brutal,
Qui écrasa tes reins contre un talus
Sans un mot,
Tu penses à ce petit singe mort
Que tu portas en toi durant sept mois
Et qui jamais ne t’a délivrée.
Tu penses à tous ces visages blafards
Qui n’ont comblé aucun vide en ton cœur
Et disaient tout en caressant tes hanches
Des mots d’amour que tu n’écoutais pas.
Tu penses à toute ta vie
Et tu renifles.
Alors tu dis : »Où est celui qui du moins ne m’a rien promis ? »
Mais un pickpocket a volé ton sac avec tous tes papiers
Et comme tu n’as jamais eu aucune mémoire,
Tu ignoreras toujours que le numéro de ton cousin n’aurait pas répondu.
Alors tu tombes dans la rivière
Et ton cœur est si lourd
Qu’à ton cou maigre il est pierre
Et poids mort.

BIEN SUR

Bien sur tu m’as regardée
Ecoutée
Et appréciée
Mais j’aurais voulu que tu m’aimes

Bien sur tu m’as embrassée
Caressée
Et désirée
Mais j’aurais voulu que tu m’aimes

J’aurais voulu connaître ta famille
Et changer le papier peint de ta chambre
J’aurais voulu cuisiner avec toi pour des amis
Et faire du vélo le dimanche

Je t’aurais entouré d’amour
J’aurais ouvert pour toi toutes les portes
Nous aurions pris soin l’un de l’autre
Beaucoup parlé et beaucoup ri

Mais bien sur tu m’as expliqué
Et bien sur tu m’as respectée

J’aurais voulu ne pas souffrir autant
J’aurais voulu pouvoir faire semblant
J’aurais voulu ne pas avoir d’attente

Mais je t’aime tellement
Et je m’aime si peu
Que tout cela n’est pas insurmontable

Puisque tu es vivant
Et que tu es heureux.

RUPTURE

Tu dis des mots qui cognent,
Tapent, blessent, meurtrissent ;
Tu me jettes au visage des paroles
Qui m’emprisonnent
Dans une ronde forcenée.

Et je tourne à contre-courant,
Plus rien ne me rattache à toi ;
Les marées m’emportent trop vite
Et mon corps est si loin du tien
Que, m’immobilisant enfin,
Je ne suis plus qu’indifférence :
Indifférence à ton nom,
Indifférence à ton odeur,
Indifférence à ton amour et à ton corps,
Inertie et donc par là, force.

Et je te regarde,
Calmé et qui respire un peu trop vite,
Tu es un bel animal, mon guère-plus-qu’étranger.
Je ferme la porte
Et je descends l’escalier.
Clic clac  font mes talons.
Au revoir mon amour.
Je me sens légère et vide
Comme une bulle de savon.

STERILITE

Que perd-on  quand on perd du poids ?
Un peu de trop,
Un peu de tout,
Un peu de soi…

J’ai perdu neuf kilos de larmes.

J’ai perdu neuf kilos de vie,
Neuf kilos d’enthousiasme,
Neuf kilos d’énergie,
D’optimisme et de plénitude.

Neuf kilos comme le poids d’une grossesse ,
Pour l’enfant que je ne te donnerai pas,
Pour l’enfant que tu feras à une autre.

HISTOIRE D’AMOUR

Tristan dit à Yseult la Blonde :
« Il nous faut maintenant  revenir au palais,
Amie, de cet endroit nous en aller,
Partir enfin pour retrouver le monde.
Oui, toi trop prisonnière et moi trop valeureux
Dedans cette forêt avons été heureux
Après avoir quitté Marc et la cour ;
Heureux si, en ce monde où nous sommes liés,
Si du moins, tendre Yseult, se peuvent concilier
Dans notre vie le bonheur et l’amour.

Nous avons vécu dans les bois
Et qu’il pleuve et qu’il vente,
Et l’automne et l’hiver,
Cueillant aux arbrisseaux des baies amères
Et harassés comme cerfs aux abois.
Mais il y eut aussi des matins de printemps
Où nous sacrifiions  l’infini à l’instant,
Et l’herbe douce à nos corps enlacés,
Quand  nous communiions dans l’ivresse de vivre,
A lire dans nos cœurs comme dans un grand livre,
Semblait un ciel, le monde renversé.

Yseult, la pluie sur ton visage
A marqué son chemin en mille fins sillons,
Tu es reine et tu portes des haillons,
Il ya dans nos yeux trop de paysages.
Nous devons dès demain repartir en arrière
Mais viens donc près de moi pour faire une prière,
Yseult, douce amie au triste sourire
Qui fut amante mienne et si chaste épousée,
Que séparait de moi dans nos lits de rosée
Une épée nue vibrant comme une lyre. »

Ainsi dit Tristan à Yseult la Blonde,
Et  en se tenant la main,
Par tous les anciens chemins
Ils rentrèrent dans la ronde.

Ma maison en France

November5

J’aime, j’aime pas:

September9

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  • J’aime :
    • Avoir des projets…et les mettre en oeuvre
    • Les fruits de mer
    • Regarder tous mes enfants et me dire que j’ai bien bossé.
    • Prendre des photos
    • Partir de Moving en pleine forme …après y être allée à contrecoeur
    • Faire l’effort de voyager seule et passer de super moments
    • Créer des rites pour ma famille et me sentir dans la transmission
    • Les couleurs, surtout le vert
    • Les fraises tagada, les bonbons anglais , les nounours en guimauve et toutes ces petites cochonneries
    • Lire, lire, lire et encore lire
    • Arriver dans un aéroport en France et partir voir des gens que j’aime
    • Ne plus avoir de lunettes
    • Regarder tous les visas sur mon passeport
    • Faire des surprises
    • Ecouter de la musique toujours et partout
    • Mon lit électrique
    • Retrouver des amis d’il y a longtemps et voir qu’on s’aime toujours
    • Les roses anglaises
    • Visiter une maison et voir immédiatement ce que je pourrais en faire
    • « Marie-Claire » :pas un seul numéro manqué en 33 ans
    • Les romans policiers, les thrillers
    • Chiner dans les vide-greniers
    • John Irving
    • Prendre une voiture de location, toute neuve, mettre ChérieFM et rouler
  • Etre une femme
  • • Mon ipod, mon iphone
    • Voyager, en essayant de ne pas plus « consommer » les pays que les personnes.
    • Les personnalités sensibles et complexes
    • Mettre des fèves dans tous les gâteaux
    • Mes maisons
    • Chercher plein de petits cadeaux bien pensés pour ceux que j’aime
    • Cuisiner quand j’en ai envie
    • Les comédies
    • Me lever et regarder mes mails
    • Arriver à Bangkok et me sentir presque chez moi
    • Partager avec mes enfants ce que je n’ai jamais partagé avec ma mère
    • Regarder de vieilles photos et me trouver mieux maintenant ( même si ça ne va pas durer…)
    • La chanson française et la world music
    •Qu’on me fasse découvrir des auteurs ou des ouvrages
  • Me précipiter à la fnac dès que je le peux
  • • Gérard Manset
    • Manger en métropole des huitres, des artichauts, des œufs à la coque et du fromage blanc
    • Mon ordinateur
    • Me dire que la vie est longue

Je n’aime pas :
• Les fumeurs
• Changer de côté du lit
• La vacuité
• Les adeptes du « Qui aime bien châtie bien » et leurs critiques continuelles
• Les films de James Bond
• Les jugements à l’emporte-pièce
• Le boudin
• Les contraintes que je n’ai pas choisies
• Une eau de baignade à moins de 28° (30, c’est mieux !)
• Les gens et les choses » wishy-washy »
• Me mettre en avant
• Le rap
• La science-fiction, sauf exception
• Avoir froid dans une maison
• Les rapports de force
• Recevoir un cadeau quelconque ou totalement inadapté
• Les maillots une-pièce
• Ne pas avoir trouvé le bouton off pour mes pensées
• Coudre, même un ourlet
• L’indifférence et le manque d’attention
• Que mes filles se servent dans mon armoire sans demander et en laissant en vrac
• Le conformisme, y compris celui de l’anticonformisme
• Les gens qui aiment non pas leurs amis mais avoir des tas d’amis …totalement interchangeables
• Les maths
• Les maisons sombres et encombrées
• « Ulysse » de Joyce, et « Le pendule de Foucault » d’Umberto Eco, œuvres incontournables plusieurs fois commencées et définitivement abandonnées