BlueOrange-World

« Le monde est bleu comme une orange » (Paul Eluard)

ENGLAND:October 2014

January20

PORTO: September 2014

January20

MADAGASCAR: Avril-Mai 2014

June15

Antsirabe et alentours:

Ambositra et pays Zafimaniry:

Morondava et canal des Pangalanes:

Fianar et train Fianarantsao-Manakara:

Descente de la Tsiribihina  

VIETNAM:January 2014

January28

Lundi 27 Janvier : vol vers Hanoï

Après avoir refait nos sacs, ce qui est une gageure dans un si petit espace, nous les laissons à notre hôtesse et partons manger une bricole …Ah ne m’embêtez pas, je ne préciserai pas où ! Puis c’est finalement avec un bus dédié , donc sans changement et pris à deux pas de notre hôtel, que nous gagnons l’aéroport, empruntant au passage le fameux pont pour aller à Lantau. L’avion  vers Hanoï est retardé d’une heure, cela me laisse le temps  de raconter la journée d’hier  avant un vol de deux heures sans histoires. Le pilote annonce 23° à l’atterrissage ! Et lorsque nous débarquons, nous avons le plaisir d’être attendues par Rhian ! La jeune assistante d’anglais qui avait habité  un an à la Réunion avec nous en 2008-2009  et avec laquelle nous sommes toujours restée en contact ( mais notre dernière rencontre  remonte à 2011,  à Londres !) est  prof d’anglais au Vietnam depuis deux ans maintenant ; elle profite des vacances du Tet  vietnamien, l’équivalent du nouvel an chinois, pour partir demain  bourlinguer au Laos , donc elle nous a gentiment proposé son appartement .C ‘est un immense T2 dans un quartier excentré mais très vivant .Après nous être installées, nous partons à pied vers un restaurant  et tout de suite je me sens heureuse et détendue  de retrouver le foisonnement anarchique et familier de l’Asie .Je commence par retirer de l’argent à un distributeur : aïe, après le dollar hong-kongais  si facile à convertir ( quasiment dix dollars pour un euro), il va falloir s’habituer aux dongs , au taux de change de 28 800 pour un euro !!!Pas simple, d’autant que les billets de 500 000 et de 50 000 sont très semblables ! Le restaurant où Rhian nous emmène est très agréable, assez classe ; nous y buvons un cocktail tout en papotant, avant de nous régaler  de  plats vietnamiens savoureux et raffinés ( le tout pour 20 euros !) , puis continuons la soirée dans un bar lounge…

Mardi 28 Janvier ;Hanoï

Nous disons au revoir à Rhian et nous prenons nos aises  dans l’appartement : quel plaisir  après le cagibi de Kowloon de retrouver un peu d’intimité ! Puis nous sortons, il fait très doux , mais comme  presque tous les jours depuis une semaine, nous ne voyons pas le soleil .Justine qui a sur son téléphone une application indiquant  les taux de pollution journaliers  a acheté à Hangzhou un masque avec filtre , tant le taux de particules toxiques est régulièrement dans le rouge .Nous  arrêtons  un taxi ( pas besoin de négocier comme en Thailande, ils ont des compteurs !) pour nous rendre dans la partie historique de Hanoï, derrière le petit lac Hoam Kiem. Il nous faut organiser notre séjour au Vietnam car en ville tout sera quasiment fermé entre jeudi et dimanche. La charmante hôtesse d’un kiosque gouvernemental nous donne une carte et nous explique que faire et voir par nous-mêmes à Hanoï et alentours.C ‘est finalement là que nous achetons notre tour de trois jours en fin de semaine dans la baie d’Along, le descriptif est alléchant , et nous espérons  ne pas faire un mauvais choix car  selon le Routard il y a  beaucoup de plans foireux ! Puis nous trouvons pour nous restaurer un bon petit café, et ce bien plus facilement qu’en Chine ou à Hong-Kong, sans doute un héritage colonial comme le pain que nous voyons en vente un peu partout. Nous rentrons  ensuite dans le vieux quartier proprement dit …C’est extraordinairement animé et coloré, avec des centaines de minuscules échoppes, et partout  des petits stands de cuisine à même la rue  .Hier soir l’anarchie de l circulation était déjà évidente, avec des milliers de scooters klaxonnant à qui mieux mieux sans jamais ralentir, c’est pire en journée. Traverser les artères de la ville est déjà une gageure,  on a l’impression de risquer sa vie à chaque instant, mais là, dans les petites rues encombrées on ne peut rien faire d’autre  que se laisser emporter par la foule,  suivre  le flot des piétons et des scooters qui essaient sans vraiment y arriver de se frayer un passage à grands coups  de klaxon  …C’est pénible, stressant….j’adore ! Les gens font leurs achats pour le Tet, et nous découvrons- en nous perdant plusieurs fois !- qu’il y a la rue des lanternes, la rue de la soie, celle des  instruments de musique, celle des fleurs .Comme à Hong-Kong, où chaque  boutique, chaque hôtel avait ses petits mandariniers recouverts de fruits, cet arbuste doit  ici symboliser  le Nouvel An : beaucoup de personnes en transportent sur les scooters, ainsi que de grandes branches de pêchers en fleurs .Malgré notre carte détaillée, et le petit périmètre ,  la foule est si dense , l’ambiance si survoltée que nous nous perdons plusieurs fois … Mais il est temps d’y aller car après le café, nous avions réservé  dans le théâtre adjacent  deux billets pour un spectacle de marionnettes sur l’eau . Que nous sommes heureuses de nous asseoir  au calme pour une heure de spectacle !

Marionnettes sur l’eau, j’ignorais même que cela existât. En fait c’est un art vieux de plusieurs siècles et issu du monde paysan. Le spectacle  est  d’ailleurs une succession de plusieurs sketches mettant en scène la vie quotidienne des paysans (pêche à la grenouille, visite du roi, chasse au renard, légendes avec des tortues et des dragons…),  Pour le reste, c’est un théâtre classique sauf qu’une partie de la scène est constituée d’un bassin.  Les marionnettes sont maniées avec une dextérité  remarquable, tandis que sur le côté  une dizaine de musiciens et chanteurs assurent la partie sonore.

Nous sommes un peu requinquées après ce joli petit spectacle , et reprenons notre déambulation dans quelques rues, où des stands de vêtements composent une espèce de marché nocturne. Je suis tentée par des  vrais-faux Lévis  très bien finis à 7 euros mais impossible d’essayer donc je passe outre .Puis nous nous asseyons dans la rue sur deux tabourets en plastique pour un peu de délicieuse street food ; nous aurons un plat de salade de bœuf avec la sauce cacahuète que j’aime , six rouleaux de printemps et deux « Hanoï beer » pour 100 000 dongs, 3, 50 euros !

A la fin de cette première journée, je crois déjà pouvoir dire que je suis très contente d’être allée à Hong-Kong mais que je vais aimer le Viet-Nam !

Mercredi 29 janvier : HanoÏ

Nous avons trainassé un peu à l’appart avant de repartir au centre ville déjeuner au même endroit puis nous partons à pied dans l’idée de découvrir  quelques musées. Nous passons d’abord devant l’opéra, construit en 1911 et très largement inspiré par le Palais Garnier. Las,  le musée d’ Histoire annoncé comme le plus intéressant est fermé pour toute la semaine. Nous continuons ensuite à travers de larges avenues parsemées de jolies maisons coloniales en direction du musée  des Femmes Vietnamiennes, qui nous intéresserait toutes les deux, mais ce musée est aussi fermé ; eh oui c’est le Tet , tant pis, nous allons nous cultiver d’une autre façon  et consacrerons notre après-midi à la visite de pagodes. La pagode Tran Quoc  est située au bout d’une digue qui sépare le plus grand lac du Vietnam, le lac de L’Ouest du petit lac de la Soie Blanche, et c’est la plus ancienne pagode de la capitale puisqu ‘elle fut construite au VI ème siècle avant d’être comme beaucoup quasiment détruite puis reconstruite. Puis nous visitons le  petit temple taoïste, Quan Than,  où de nombreuses offrandes, dont des canettes de bière sont disposées au pied  d’une grande statue de bronze noir  datant de 1677 .Il est temps d’aller nous rafraichir d’un bon jus de fruit frais , et la terrasse du café dominant l’avenue, nous nous amusons à observer le passage des deux-roues dont la plupart transportent des mandariniers .C ‘est en effet leur « arbre du Nouvel An » et certains conducteurs disparaissent quasiment sous les branches de l’arbuste amarré au porte-bagages ! Plus tard le taxi qui nous amène vers le temple de la Littérature nous fait passer sur la grande place où se situe le mausolée Ho Chi Min,  vaste bâtiment de style soviétique. Nous ne nous y arrêtons pas, ce n’est ouvert que le matin et l’idée de défiler devant sa dépouille momifiée ne nous aurait guère tentées de toute façon, d’autant  que cela ne correspond absolument pas à ses dernières volontés .Oncle Ho , comme l’appellent les Vietnamiens, souhaitait en effet être incinéré, et que ses cendres soient enterrées sous  un arbre dans trois régions  différentes du pays : le Parti en a décidé autrement !

Nous voici donc au  temple de la Littérature  qui date de 1070 est le seul qui n’ait pas été trop modifié. Très vaste, il comporte cinq grandes cours. A la vérité, toutes ces visites sont sympathiques , mais , sans vouloir jouer les blasées, n’offrent pas un intérêt extraordinaire tant  les pays voisins  nous ont offert de plus beaux spectacles .Pour finir la journée, nous retournons dans les rues grouillantes du quartier historique, baguenaudons  au gré des rues, faisons quelques achats , deux robes pour moi, une robe  et un débardeur pour Justine, nous perdons à nouveau avec bonne humeur,  …Nous achetons aussi dans une agence  les deux voyages en bus afin de rejoindre Lao Caï , tout proche de la frontière chinoise, dans la nuit de lundi à mardi , et comme tout sera fermé demain, nous irons avec un tour  visiter la Pagode des Parfums, à environ 60 kms de Hanoï . C’est dans le quartier où habite Rhian que nous cherchons ensuite un boui-boui pour manger, mais il est déjà 20h 30, et  plus rien n’est  disponible dans la rue , le quartier étant excentré et les Vietnamiens mangeant apparemment aussi tôt que les Chinois ( ou les Anglais ? J) . Nous trouvons finalement un petit restau dont le patron s’avère français, c’est un personnage  hâbleur  et très bavard  (nous y serions encore si nous n’avions pas fui au bout de deux heures !) , visiblement cultivé et au final  pas antipathique, mais dont ni Justine ni moi n’arriverons à déterminer s’il est mythomane  ou pas ! Entre sa production de foie gras, ses 120 ouvriers, ses 200 autruches, ses bateaux de pêche, , le stage qu’il propose à Justine,  le Parlement européen, et David  Douillet ( excusez-moi, je simplifie), le seul de ses dires dont je suis sure pour l’avoir vérifié est  que ce que j’appelais un mandarinier, l’arbuste  dont nous avons vu des centaines d’exemplaires depuis une semaine, s’appelle en fait  un  calamondin .Ce David nous fait quand même bien rire en nous  avouant naïvement  et par expérience qu’il ne faut jamais épouser  une femme asiatique : ils semblent qu’elles offrent tout ce dont un homme  standart peut rêver, un corps parfait, un sourire perpétuel, du sexe extraordinaire, des massages délicieux, une  excellente cuisine et tout à l’avenant …Mais ça, c’est avant !!Avant le mariage, la nationalité française et la pension alimentaire programmée depuis toujours …Nous lui rions gentiment au nez …

Je finis la journée avec un skype et me couche à deux heures, fatiguée mais heureuse….

Jeudi 30 Janvier : La pagode des Parfums

La nuit a été courte : à 7 h, Justine et moi quittons nos pénates et regagnons le centre ville .Quinze minutes de taxi, juste le temps d’avaler un rapide petit-déjeuner et à 8 h, nous attendons avec  discipline  le minibus qui arrive à 8 h 45. Bien sur nous n’échappons pas ensuite à l’arrêt dans un immense  magasin d’artisanat, qui regroupe d’ailleurs de fort jolis objets : laque,  sacs ethniques, et  très beaux bijoux d’émeraude, ma  pierre précieuse  préférée. C‘est lors de cette étape  que nous apprenons par des personnes plus à l’avant dans le bus que le chauffeur aurait piqué du nez durant le trajet, le guide ayant du lui taper sur l’épaule suite à l’avertissement  des passagers …pas vraiment rassurant  mais je suppose qu’il aura  ensuite été  tenu à l’œil!

Après deux heures, nous arrivons à la petite ville de Huang Song d’où nous partons en barque sur la rivière Yen ; il y a environ 2000 barques métalliques à l’embarcadère mais nous faisons partie des quelques très rares groupes de touristes .C ‘est en effet demain que s’ouvre le grand pèlerinage du Têt,  qui va ici durer trois mois avec une immense ferveur populaire .Les paysans viennent demander au Bouddha de fructueuses récoltes, et les femmes  sans enfant viennent aussi y prier .La balade en barque dure une bonne heure, dans un paysage brumeux de pitons karstiques au milieu des rizières…Nous débarquons dans un petit village où nous allons d’abord  visiter une première pagode, assez jolie  et s’étendant sur  plusieurs niveaux, avant de manger  dans  un boui-boui amélioré.Ici  les moines portent une robe marron et non orange. Justine et moi serons parmi les 5 courageuses du groupe à entamer l’ascension vers la pagode des parfums, but ultime du pèlerinage .Il existe en effet un funiculaire au prix prohibitif ! La montée en elle –même est certes raide, avec des centaines de marches irrégulières mais toujours hautes,   le chemin pavé est sur toute sa longueur bordé de centaines de petites échoppes  fermées aujourd’hui de bâches mais où on travaille dur pour préparer l’afflux demain de milliers de pèlerins. Les gens  préparent des bambous pour tendre des dais, montent des  centaines de cartons pour achalander les boutiques, remplissent les étagères  de paquets d’offrandes, de nourriture, d’objets votifs rouge et or…Nous marchons d’un bon pas et il nous faut une heure pour atteindre la pagode de l’Empreinte Parfumée (son véritable nom) aménagée dans une  immense grotte creusée dans un pain de sucre avec de larges escaliers pour accès.Nous savourons notre plaisir d’avoir quasiment le site pour nous alors que dès demain la foule l’aura envahi.

Le trajet retour en barque est aussi agréable, puis nous rejoignons Hanoï où nous décidons tout de suite d’aller grignoter pour le soir  (je parle pour moi car Justine a toujours faim !).Un petit restau en terrasse nous permet d’observer le spectacle de la plus grande place de Hanoï, toujours très animée. C’est l’équivalent de notre réveillon ce soir et un grand feu d’artifice est prévu  à minuit sur le lac, mais il aura lieu sans nous ! Nous sommes ravies de rentrer à l’appartement, de pouvoir  faire une lessive, puis de nous installer confortablement pour lire ou travailler : merci , Rhian !  En revanche, nous admirons depuis notre taxi de retour les illuminations de l’hyper centre qui n’ont rien à envier à nos capitales accidentales . J’essaie dorénavant de me coucher à minuit, ( heu…Ben non, c’est raté !) …la nuit sera encore courte puisque nous partons demain à 7 heures vers la baie d’Halong

Vendredi 31/ Samedi 1 : Halong bay

Le minibus vient nous prendre directement dans notre rue, et nous partons pour 3 heures de trajet, entrecoupé de deux haltes pour nous restaurer dans des snacks- grandes salles d’exposition !,. Mais je dois dire que l’artisanat y  est joli, et surtout qu’on  nous fiche une paix royale , sans la moindre sollicitation. Un des arrêts permet d’ailleurs de voir  comment les ouvrières introduisent un petit corps étranger dans une huitre vivante afin que celle-ci l’enkyste de nacre, c’est intéressant. A part ça, le trajet n’offre pas grand intérêt : pas de beaux paysages, mais une plaine poussiéreuse, des villes qui semblent en perpétuelle  construction, plutôt sales,  quelques belles villas aux abords inexistants …

Dans l’immense salle où  l’on achète les tickets et où les compagnies répartissent les gens sur les bateaux, c’est une grande pagaille ! Je ne sais ce qu’il en est de  la sous-traitance, ou si cela tient comme on nous le dit au fait d’être le premier jour de l’année, avec énormément de personnel en vacances, mais nous allons, comme tous, longtemps attendre le départ pendant que se déroulent de bruyantes tractations ! Finalement, nous voilà sur le Sunrise qui sera notre bateau, et comme le formule un Australien de notre groupe, «  Heu, il ne ressemble pas vraiment à la brochure ! »…On ne s’affole pas, car même  si nous n’avons  pas choisi la formule basique mais l’intermédiaire, nous n’avons pas pour 95 dollars par personne pour trois jours , d’attentes démesurées .Ce sera toujours agréable d’être sur un bateau dans ce décor extraordinaire .Effectivement dès que nous prenons la mer , nous sommes très vite environnées de pains de sucre ( 2000 en tout!) de toutes formes et tailles émergeant de la mer, dans une brume étrange. Ce site qui a été classé au Patrimoine Mondial en 1993 comme « beauté naturelle » devait être il y a des millions d’années un immense plateau dans lequel les masses de calcaire se  sont désagrégées, laissant apparaître les roches les plus dures avant que mer et vent ne les érodent.

Nous prenons notre premier déjeuner sur le bateau, (tofu, omelette , riz, choux chaud, salade de soja avec un peu de poulet ) et le guide nous dit d’emblée que d’habitude les prestations sont meilleures, mais qu à cause du Têt, le bateau fonctionne avec trois personnes au lieu de sept .Nous voilà prévenues ! Ensuite nous avons la permission de monter sur le pont supérieur, et là  c’est vraiment agréable .On se rend compte des dimensions de la baie, qui s’étend quand même sur des centaines de kilomètres. Nous faisons un peu plus tard escale sur une île pour visiter une grotte ; Halong bay est truffée de cavernes, cavités et tunnels et certaines de ces grottes ont d’ailleurs servi de cachettes aux combattants de la guérilla  nord-vietnamienne dans les années 1940. Celle que nous visitons est la grotte de la Surprise, elle comporte plusieurs grandes salles avec d’immenses concrétions rocheuses , et comme dans toutes les grottes du monde, on nous présente «  le dauphin », «  le lion » , « l’éléphant » et tutti quanti, tout ceci mis en valeur par des lumières violette, vertes ou rouges du plus bel effet kitsch !

Nous apprécions encore un peu de temps libre sur le bateau, à paresser, admirer le paysage sans cesse changeant et lire , pendant qu’il rejoint une grande baie devant l’île de Kat Ba . Là des kayacs sont mis à l’eau et ceux qui le veulent peuvent pagayer un moment. Cela ne me tentait pas,  en réalité j’avais peur de me tremper, mais je réalise qu’il n’en est rien, et que ce doit être vraiment sympa de pagayer dans ce décor paisible, avec à perte de vue les blocs rocheux sombres et les maisons de pêcheurs flottantes et colorées qui parsèment la baie. Nous profitons donc de notre kayac  et nous régalons ! Quelques jeunes sautent du bateau   mais avouent que l’eau est bien fraîche !

Le guide fait ensuite la répartition entre ceux qui dormiront sur le bateau ce soir  et les autres, nous faisons partie de ceux qui seront à l’hôtel  ce soir et dormiront sur le bateau demain, et un bus bringuebalant nous emmène en 45 minutes à Cat Ba Ville. Bonne surprise ; notre hôtel est tout à fait agréable, et si le menu est basiquement vietnamien (tofu, omelette , riz, choux chaud, salade de soja avec un peu de poulet ! ), nous profitons bien de la chambre avec  deux grands lits, wifi et  la douche bien chaude ! D’ailleurs nous ne faisons pas long feu,  bien fatiguées par notre rythme des derniers jours …

Je confirme que j’ai du mal avec  la noodle soup en guise de petit-déjeuner, mais j’ai bien dormi. Un bus vient  rechercher  cinq d’entre nous à 8 h  et nous partons pour une petite randonnée  à pied dans le parc national de Cat Ba. C ‘est sympa, on traverse  une forêt primaire avant d’entamer l’ascension  du sommet le plus haut de l’île .Bonne grimpette, mais la vue du sommet , avec la forêt à perte de vue, nous récompense . De plus il y a un grand soleil aujourd’hui, et nous n’avons pas beaucoup vu le soleil depuis le début de notre voyage  .En redescendant, nous croisons plusieurs groupes qui montent, et même si on est loin en cette saison du tourisme de masse, nous nous réjouissons d’avoir pu faire la balade  en duo. Le repas (tofu, omelette,  etc …!!!) est repris à l’hôtel puis nous partons  à pied découvrir la « capitale » de l’île .Sur la promenade de la route côtière, des dizaines de restaurants  sont côte à côte,  dont la plupart  sont ouverts, mais il n’y a strictement personne, on dirait une ville fantôme ! Cat Ba Ville a vraiment des airs de cité balnéaire, avec ses buildings pimpants  en bord de mer , et plus loin nous découvrons une petite plage de sable , dominée par un sentier bétonné qui s’enfonce dans la nature et ouvre de jolies perspectives .C ‘est tout à fait charmant, et je suppose que le site est surpeuplé l’été . Pour le moment, nous avons  croisé  des Australiens, des Américains, quelques touristes chinois, des gens d’Amérique du Sud…

C’est lorsqu’on  a ramené tout le monde sur les bateaux  que les choses se corsent, apparemment  il y a plus de personnes que de places en cabines  et c’est un grand fouillis pendant une bonne heure avant que tout le monde ne soit affecté sur 3 bateaux au lieu des 2 prévus .On se contente d’ attendre sans trop se prendre la tête ( j’ai  de quoi lire !) mais nous sommes  quand même bien contentes de prendre possession de notre cabine .Cette cabine est tout à fait correcte , deux fois plus grande que notre chambre de Hong Kong ( !) et la douche est bien chaude ! Quant au repas, il comporte nems, poisson, deux sortes de riz, des pommes de terre, des pâtes en sauce….plein de petits plats à partager comme c’est la coutume ici, et même de l’ananas en dessert ; nous ne boudons pas notre plaisir ! Plus tard, nous entendons de notre cabine la party dancing et karaoké, mais ni l’une ni l’autre ne nous sentons d’humeur très sociable, et j’écris pendant que Justine lit « Tintin  et le lotus bleu » sur sa tablette !

Dimanche 2 Février : de Halong bay à Hanoï

Rien de bien spécial aujourd’hui ; nous avons vogué  vers la terre ferme,  eu le repas de midi habituel, puis repris un bus vers Hanoï. A l’arrivée en début d’après-midi , nous avons traversé une ville déserte ! Mauvaise surprise, plus de connection internet à l’appartement ….Après un moment, nous avons décidé de retourner en ville, ayant envie de mieux manger et tablant que les restaurants seraient au moins ouverts .Nous avions également décidé toutes les deux d’aller chez un coiffeur le lendemain pour faire des couleurs, et, coup de chance, nous tombons dans le centre sur un salon ouvert. Le jeune coiffeur ne parle pas un mot d’anglais mais une cliente  en baragouine quelques mots, il peut nous prendre, 700 dongs pour les deux ( 28 euros), on s’installe !Cela m’amuse en voyage de fréquenter les petits salons locaux  et j’y  ai  eu des histoires rigolotes dans beaucoup de mes voyages, mais au-delà de l’aspect humain, je me demande toujours de quelle couleur je vais ressortir ! L’expérience a montré  que «  la même »  ne suffisait pas toujours comme indication  ! Mais en fait  ce tout jeune coiffeur va nous épater, car après avoir fouillé dans  le bazar d’une boite remplie de tubes  de couleurs entamés , sales,  non rebouchés,  il concocte  à la balance  et sans hésitation  ses mélanges : le résultat est très réussi, même teinte pour moi et un joli roux vénitien pour Justine .Nous repartons manger dans le petit restaurant qui domine la place, et nous offrons un cocktail pour notre dernière soirée au Vietnam !

Lundi 3 Février :départ de Hanoï

Nous apprécions de trainer un peu au lit ce matin, d’autant que la wifi n’est pas revenue …Le routeur qui pendouille au plafond entre le deuxième et le troisième étage au milieu d’un enchevêtrement de fils  ( je prends une photo !) est effectivement éteint .Nous descendons et nous attablons dans un minuscule café où il n’y a  rien à manger, de  plus  tous les hommes présents fument à qui-mieux-mieux , ce qui n’est pas agréable bien que très fréquent ici,  mais le point positif est la wifi !Nous buvons donc un café tout en répondant à nos mails , avant  d’aller acheter de quoi grignoter plus tard : sachet de nouilles instantanées, yaourts, chocolat et eau pour la route . Nous finissons nos bagages : parmi les souvenirs du Vietnam, ce ne sont pas les pièces qui vont m’encombrer vu qu’il n’y en a pas. J’ai en revanche gardé les pièces de Hong Kong ont certaines sont joliment dentelées.

Après avoir hésité ( c’est Amélie qui me l’a offert pour Noël), je décide  n’en ayant plus l’usage  de laisser le guide du Vietnam à Rhian, mais j’emporte la dédicace de la page de garde .

Digression : je déclare solennellement  que pour mon prochain voyage itinérant, je ne prendrai pas mon trépied, qui m’encombre trop ! Je n’arrive pas encore à me séparer des autres objectifs, mais promis-juré je laisserai le trépied ! Me le rappeler le cas échéant J

Une   lessive  (dans les lave-linge asiatiques qui brassent à froid)  plus tard, ainsi que  le ménage  fait en musique, nous descendons les bagages et quittons l’appartement où nous avons bien apprécié de nous poser ces quelques jours .Je fais le tour trois fois avant de laisser les clés à l’intérieur, il ne manquerait plus que  nous laissions nos billets ou passeports  dedans avant de fermer !

Nous nous sommes prévu un battement de deux heures pour faire un dernier tour de Hanoï et découvrons que la ville a retrouvé son aspect habituel : bruyante, grouillante de vie, surpeuplée…Les touristes sont également arrivés ou revenus, dont pas mal de Français .Nous laissons nos bagages au café où nous avons nos habitudes et  partons nous balader .C ‘est aussi le moment des derniers achats avec un peu d’artisanat. Quel dommage de quitter le Vietnam alors que nous sommes devenues des pros  de la traversée d’avenues, louvoyant au milieu des dizaines de motos et de toutes les voitures qui nous frôlent sans ralentir, mais à grands coups de klaxons rageurs…

Justine, quant à elle, dit s’être faite sans problème à des gens sympas, qui parlent aimablement et ne crachent pas par terre, mais c’est  en Chine que nous allons poursuivre notre voyage, donc  oublions  cela …J

A 18h30, nous sommes devant l’agence et  cela cafouille un petit peu, mais comme d’habitude en Asie ça fonctionne au final : un jeune vient  nous récupérer  et nous le suivons à pied  jusqu’à un carrefour où attend déjà un groupe .Après 30 minutes nous rejoignons un autre endroit et attendons à nouveau avant qu’un minibus ne vienne nous chercher pour nous amener au bus couchettes ! Le bus semble neuf et nous devons enlever nos chaussures en montant ; je n’en ai jamais vu de semblables, avec trois rangées  de véritables couchettes sur deux niveaux, des couvertures propres, ce n’est pas le top mais pas mal du tout. Nous partons finalement   après 20 h , le bus est plein mais s’arrête quand même un peu partout , peut-être livre t’il des colis .En tout cas, au bout d’un moment, il y a plein de gens supplémentaires allongés dans les minuscules travées ! Impossible de  réellement dormir d’autant qu’il n’y a pas de rideaux  et que très régulièrement toutes les lumières du bus, dont de gros néons latéraux rouges et bleus sont rallumées, mais la couchette est confortable et nous nous détendons.

Hong-Kong : January 2014

January23

Mercredi 22 Janvier/ Jeudi 23 Janvier  2014 :

Cest de Toulouse que je m’envole vers l’Asie afin de retrouver Justine et voyager cinq semaines avec elle. Les chiffres sont parlants : depuis la Réunion le billet était à 1170 euros avec deux stops, alors que de Paris ou de Londres  j’avais trouvé aux mêmes dates des billets à 460 euros…Justine et moi devions à l’origine nous retrouver à Shanghaï mais Turkish Airlines ayant annulé mon billet Toulouse-Shanghaï du 22 janvier, j’ai saisi l’opportunité  d’arriver directement à Hong-Kong sans modification tarifaire afin de visiter l’ancienne colonie trois jours. C’est donc Turkish Airlines  , dont j’ai découvert qu’elle était primée comme meilleure compagnie européenne, qui offrait les meilleurs prix sur les deux destinations , et j’ai un premier vol de 3h30 vers Istanbul  où je dois  transiter six heures. J’ai demandé  à ce qu’il n’y ait si possible personne à coté de moi pour les deux vols et ça commence fort , j’ai carrément trois places !

Mon passeport français me permettant de sortir de l’aéroport Ataturk, je retrouve Gokçe qui est venue me retrouver .Gokçe est une jeune Turque que j’ai connue lors de mon deuxième  séjour à Bournemouth en 2010 ; nous étions dans la même  école d’anglais  et sommes restées en contact via facebook. Je fais la connaissance de son père qui travaille à l’aéroport en tant que responsable du secteur international, puis Gokçe m’emmène dans une marina où nous mangeons des kebabs typiquement turcs en buvant du lassi ; nous allons ensuite prendre un verre dans un bar, l’ambiance est totalement jeune et cosmopolite, et … irrespirable !  Tout le monde fume  dans les restaurants, dont beaucoup de cigares et de cigarettes noires , bien que ce soit en théorie interdit … Gokçe et moi  avons plaisir à nous revoir et bavardons de choses et d’autres, autant de nos vies personnelles ( elle  vient juste de rencontrer quelqu’un et est très amoureuse) que de la société et du mode de vie turcs : elle s’inquiète de l’islamisation  de la société  et du fait que toutes les avancées  incroyablement progressistes d’Atatürk au début du XXème siècle soient aujourd’hui battues en brèche …Puis nous retournons à l’aéroport , où son père nous invite dans son bureau .Il nous fait apporter du  thé  turc, fort et amer, et des gâteaux , tout en  me montrant sur ses écrans les logiciels permettant de voir  tout le trafic  aérien sur l’Europe, et  bien sur la Turquie avec tous les avions en approche . C’est intéressant. Atatürk est un grand aéroport, à près de minuit il y a encore une bonne vingtaine de gros porteurs  sur les pistes.

Tout en buvant mon thé, j’avais par curiosité cherché le tampon turc sur mon passeport, car j’étais sure que le policier l’avait tamponné à  mon  passage de la « frontière « mais ne l’avais pas trouvé. Cela m’avait intriguée mais non inquiétée. En fait, lorsque je dois refaire les formalités de police pour prendre mon second vol, cela pose problème, car apparemment  je ne serais pas rentrée en Turquie ! On m’envoie à deux autres guichets avant de m’escorter  à un bureau où on me retrouve quand même dans les fichiers J …Je suis dans les derniers à monter dans l’avion, quasiment plein, mais où je n’ai personne à côté de moi, le papa de Gokçe  se l’étant fait confirmer ! Nous repartons à 1 h30, le vol dure neuf heures et il fait assez vite jour puisque nous volons vers l’Est. Le service est excellent, avec beaucoup de petites attentions, et surtout un bon écartement entre les sièges. Je ne mange pas J mais je lis et  j’arrive un peu à me reposer.

Avec 7 heures de décalage horaire par rapport à la France, il est presque 17 h lorsque nous atterrissons à Hong-Kong ; j’ai un premier aperçu par le hublot de  chapelets d’îles,  de montagnes escarpées, et de forêts de gratte-ciels ….Là aussi l’aéroport semble immense, il faut prendre un train pour rejoindre les services d’immigration et les tapis à bagages. Un panneau indique que les passagers doivent enlever chapeaux et casquettes afin de pouvoir être scannés thermiquement, ce que je ne pense pas avoir vu ailleurs. Après avoir récupéré mon bagage, j’ai du temps puisque j’ai décidé d’attendre Justine dont l’avion arrive de Shanghai  environ  trois heures après le mien. Je me pose , allume mon notebook et commence à écrire .Il me tarde de retrouver ma grande fille que je n’ai pas vue depuis  le 2 Aout !

L’hébergement étant cher à Hong –Kong, j’ai réservé  4 nuits dans un  quartier pour routards, où parait-il  les  minuscules chambres sont correctes mais les bâtiments un vrai  ghetto, nous verrons bien !

Justine arrive et nous en avons pour à peu près une heure  à rejoindre notre hôtel en métro, il faut changer deux fois et nous galérons  un peu. Ici on peut indifféremment payer  son ticket  en entrée ou en sortie, et les ascenseurs ne démarrent pas s’ils sont trop pleins. Il est interdit de manger dans le métro et celui qui se hasarderait à jeter un mégot se verrait infliger une forte  amende.

Notre guest-house se situe avec des dizaines  de semblables dans un immense building  parmi d’autres lui ressemblant, dans le bloc E et au 8ième étage . Pour trente euros la nuit, nous avons droit après voir déambulé dans un enchevêtrement de couloirs et de recoins, à une chambrette de 6 m2 dont 1 m2 pour le wc avec pommeau de douche au dessus.C’est propre, l’eau est chaude, la wifi rapide et  il y a même une télé fixée au plafond, mais justement  les plafonds doivent être à 2, 20 m et il  vaut mieux ne pas être claustrophobe..J ‘avoue  que la transition avec les paysages de l’Ariège est surprenante et que je me sens un peu oppressée….Nous ressortons  manger dans un boui-boui et réintégrons  notre royaume ! Demain visite de Hong-Kong …

Vendredi 24 Janvier: Hong-Kong

J’ai eu froid cette nuit , nous avons mal dormi et le réveil à 9 h nous fait faire la grimace mais il nous faut aller au consulat du Vietnam afin que Justine obtienne son visa.Ce n’est pas loin, heureusement, et le visa express sera  traité dans la journée puisque le consulat ferme ensuite pour la nouvelle année. Il nous faudra donc revenir à 4 heures, ce qui bride un peu notre journée , et nous décidons en attendant  de rester sur l’île principale de Hong-Kong .Nous découvrons le système du flyover, ce système de passerelles dominant les rues et permettant de passer d’une tour à l’autre en évitant les avenues ou de monstrueux  carrefours .Partant du Central Market, nous prenons afin d’escalader la colline  le plus grand escalier mécanique extérieur du monde, qui s’étage en plusieurs tronçons sur plus de 800 mètres. Il transporte plus de 50 000 habitants par jour, inversant son sens  quelques heures le matin quand  les gens vont travailler , et c ’est amusant de découvrir  à notre niveau des vitrines qui sont en fait au 3ème ou 4ème étage .

Après la visite du man  Mo Temple, le plus vieux des temples chinois de la colonie, nous redescendons à pied, découvrant quelques quartiers de restaurants branchés , Cat Street où se trouve un joli petit marché aux puces  … Nous flânons aussi dans Jervois Street et Hillier Street , où nous devrions selon le Routard trouver de nombreuses échoppes vendant des serpents, mais un commerçant nous explique  qu’il n’y en a plus depuis 4 ou 5 ans .Dans l’après-midi nous entrons aussi dans une agence afin de nous renseigner sur les diverses manières  de quitter Hong-Kong .Il nous est hélas confirmé  qu’il sera quasiment impossible  de gagner le Vietnam en train car les festivités du nouvel An chinois  précipitent sur les routes  la plupart des Chinois. C’est une des rares, sinon la seule fois de l’année où le pays entier a 5 jours de vacances  en même temps, et la tradition veut que l’on revienne dans les campagnes à cette occasion .Les journaux occidentaux se sont d’ailleurs déjà fait l’écho de cette transhumance hors normes ( 3,2 billions de voyageurs) et nous nous doutions que voyager par train , avec 3 trajets et plus de 20 h pour rejoindre Hanoï, serait très difficile dans un pays où les billet sde train ne peuvent s’acheter que dans la ville de départ …Bref, n’en déplaise à mon portefeuille, nous nous estimons heureuses de pouvoir  acheter  deux billets d’avion pour Hanoï pour lundi après-midi….

Le passeport dûment tamponné en poche, nous retournons à l’hôtel nous reposer un peu et , pour moi  écrire tout en écoutant de la musique,  puis nous repartons à pied vers la fameuse  baie de Hong Kong  pour la « symphonie  des lumières ».A 20 h chaque soir et pendant 15 minutes,  40  buildings s’illuminent des deux côtés de la baie pour ce que le Guiness  appelle «  le plus beau spectacle de son et lumières urbain du monde «  . Il faut dire que la vision de la baie , avec ses innombrables buildings illuminés ( mais qui ne clignotent pas, les autorités aéroportuaires l’interdisent) est  déjà en soi un spectacle à couper le souffle .Le son et lumière apporte encore un plus, à grand coup de faisceaux laser et d’effets lumineux..Mais je découvre  un problème avec la rotule de mon trépied, ce qui m’interdit les poses longues  !

Nous retournons manger  dans le marché où se situe notre immeuble, un gigantesque ghetto peuplé d’Indiens et d’Africains , et ce soir d’ailleurs notre choix  est pakistanais .

J’ai oublié de raconter que j’ai dans des toilettes trouvé  un téléphone portable, le dernier Samsung Galaxy,  grand modèle  et avec le système de  double sim qui me fait envie …Il appartient visiblement à une Chinoise et  nous essayons de la retrouver pour le lui rendre  mais ce n’est pas facile, elle a illico bloqué ses applications de chat .Justine envoie des messages en chinois à ses derniers contacts , nous verrons bien !

Samedi 25 Janvier : Hong-kong

Nous avons bien paressé ce matin, courbatues après avoir beaucoup marché hier sans nous en rendre compte comme on le fait en ville ! Puis après avoir donné du linge à laver et fait un tour dans le magasin de photo adjacent pour débloquer ma rotule (enfin, celle du trépied !) , nous partons à pied vers le Star Ferry Terminal de Tsim Sha Tsui. Nous avons planifié pour aujourd’hui  la promenade incontournable du Victoria Peak . Enfin je découvre la baie de jour et discerne la ressemblance qui peut lier Sydney et Hong-Kong, toutes les deux citées hyper modernes  ouvertes sur la mer. Comme il est 13 h, nous avons faim et commençons par aller manger … allez, je dis où : au McDo ! On a déjà remarqué il y   2 ans que nous y allons plus souvent en Chine qu’en France ! Aujourd’hui je ne trouve pas que le goût des « double cheese « soit exactement le même, et il y a en plus des spécialités style soupe au poulet qui sont nettement  locales, mais c’est assez rigolo  de faire la queue  chez McDo avec des centaines de Chinois ( je simplifie) , servies par des chinois, avec tous les noms des menus écrits en chinois ! Rassasiées, nous rejoignons donc par le  ferry  centenaire l’île de Hong-Kong proprement dit , ce que nous avions fait hier en métro en passant sous la baie .De l’arrivée, un bus nous conduit au départ du tram  qui, depuis cent ans lui aussi, escalade la montagne …Hélas, nous découvrons  alors ce que peut être  la foule d’un jour férié dans la période du nouvel An Chinois et dans la métropole à  plus forte densité du monde…Nous allons faire la queue deux heures  pour obtenir le précieux sésame ! La montée  en funiculaire est ensuite rapide , 8 minutes, mais impressionnante, car certains passages sont vraiment raides .Nous dépassons  tous les gratte-ciels en étant si inclinés que cela donne la curieuse impression d’optique que ce sont eux qui le sont , avant de monter encore dans la forêt puis de déboucher au sommet .Une terrasse donne accès à la mythique vue à 360 ° sur  l’ancienne colonie, la Chine et jusqu’à Macao par temps clair .Ce n’est pas le cas aujourd’hui, il fait très doux ( environ 20 °) et une légère brume de pollution enveloppe la ville , mais le spectacle reste magnifique .Aucune ville ne compte plus  de gratte-ciels que l’île de Hong-Kong , «  le cœur du  monde capitaliste en Asie rassemblé sur quelques hectares de terre » selon le Routard ! La Cité  de Hong-Kong  compte ou a compté certaines des plus hautes tours du monde, et  en accord avec la culture chinoise le  feng shui a toujours eu  beaucoup d’importance dans la conception et l’édification des tours. Par exemple, la Tour Two International Finance , la plus haute de l’ile et figure emblématique ( c’est la fusée argentée) , compte en théorie 88 étages, parce que c’est un chiffre porte-bonheur , mais en réalité elle n’a ni étage 24  ni étage 14, parce que ces nombres sont en chinois homophones  des expressions «  mort facile «  et « mort définitive » !

Nous restons un long moment sur la terrasse, regardant le crépuscule tomber et les tours s’illuminer les unes après les autres, offrant un spectacle fabuleux. Certaines se contentent d’afficher des publicités de lumières  avec  de véritables écrans gigantesques, sur tout un côté du gratte-ciel par exemple, alors que d’autres offrent un spectacle  ininterrompu de créatives variations  graphiques. Nous restons en particulier subjuguées par une des plus hautes tours  qui offre sur ses flancs, de l’autre côté de la baie et  donc à des kilomètres de distance,  la vision d’idéogrammes chinois, puis d’une baleine remontant des profondeurs, puis d’un cheval au galop ( 2014 sera l’année du cheval) …

On pourrait disserter sur la débauche d’énergie, mais pour ce soir nous jouons le jeu et nous contentons d’admirer et de prendre des photos, avant de redescendre, avec un peu moins d’attente heureusement. Retraverser la baie de nuit est magique et Justine  se laisse aller à imaginer qu’il doit faire bon vivre quelques années ici …si l’on a beaucoup d’argent ! Revenues sur la jetée-promenade de Kowloon, nous avons la chance de voir le festival des lanternes, avec  pour cette nouvelle année  et sur le thème de l’amour  de grandes marionnettes de papier  illuminées. Voilà  une journée bien remplie ! Après un arrêt snack, nous  rejoignons  notre placard, heu pardon notre chambre, pour nous connecter et écrire .

Dimanche 26 Janvier: Lantau et Cheung Chau

Nous commençons la matinée en retrouvant  à la sortie de métro la plus proche la jeune fille qui avait perdu son Galaxy et que Justine  a pu contacter ; elle arrive avec deux amies, c’est une lycéenne  qui repart  en Chine demain et elle est  évidemment très contente !!! Elle s’incline plusieurs fois devant nous, alors que selon Justine, les Chinois, à l’inverse des Japonais,  ne s’inclinent jamais et elle nous a apporté une  mignonne ( heu…ridicule !!) peluche rose . Pendant que Justine remonte le cadeau dans notre chambre, je m’assieds, tout à fait discrètement et propre sur moi, à l’extrémité  des marches  donnant accès à un marché, mais le vigile vient me dire de rester debout. Nous sommes bien à Hong Kong, où  rien de doit dépasser, où tout est policé   et balisé !

Puis nous avons faim et décidons de retourner au McDo pour le petit-déjeuner …Nous n’en sommes pas spécialement fières mais  comme il ya deux ans en Chine  le petit-déjeuner est justement un problème .Il est très rare de trouver des petits-déjeuners occidentaux et je n’ai aucun goût pour les soupes ou plats asiatiques quand je me réveille !!!Ici , même si le café est cher comme partout en Chine , ( par exemple hier nous avons payé 65 HK dollars  pour deux menus complets et  …55 pour deux  cafés) nous trouvons toutes sortes de cafés  et même de bons  pains aux raisins !

Aujourd’hui nous avons prévu de partir dans les îles ; j’en ai assez  de la foule et du manque d’espace. Il y  a 260  îles en tout, dont la plupart sont des îlots inhabités  et les autres  peuplées de pêcheurs et d’agriculteurs, à mille lieux de la 7ème puissance financière qu’est Hong-Kong . Nous  nous rendons donc à Lantau, deux fois plus grande  mais bien moins peuplée que l’île de Hong-Kong ; c’est d’ailleurs  la  seule des autres ïles où les voitures sont autorisées ; elle est aussi accessible en métro ou par un pont de plus de deux kilomètres, mais c’est incomparablement plus agréable pour nous d’y aller en ferry et de profiter du paysage pendant une bonne demi-heure, le nez au vent. Le trajet  doit correspondre à une vingtaine de kilomètres à peine, mais on perd très vite la baie et les gratte-ciels de vue pour  se retrouver en pleine mer .Sur Lantau, nous prenons tout de suite un bus pour rejoindre  le temple bouddhique de Po Lin  et le grand Bouddha et allons quasiment traverser l’île de part en part  en trois quarts d’heures. De façon surprenante, nous voici tout de suite dans un autre monde .Plus d’immeubles, mais des forêts touffues, des pentes abruptes, des plages et des terrains en cours de défrichement , de petits villages , de rares lotissements éparpillés,  , un lac s’offrent à nos regards. On se croirait  dans les collines varoises, ou à Mayotte, ou en Croatie .Le bus gravit la colline avec peine et nous dépose à 750 m d’altitude près du Bouddha  en bronze qui est le plus haut  de l’Asie du Sud Est avec ses 34 m ; la vue de là haut sur l’ile vaut la grimpette ! En revanche le temple n’a pas grand intérêt .Mais il y a moins de monde que nous ne le craigniions et c’est une bonne surprise !Et puis il fait vraiment bon, Justine se met même en débardeur .  Le bus puis un autre ferry nous amènent ensuite à Cheung Chau, une  toute petite île dont l’existence est essentiellement axée sur la pêche . Il y a un joli petit port animé et coloré, et  dans le village principal de nombreuses échoppes et restaurants de poisson .Nous traversons l’île en 5 mn pour accéder à une plage où je ramasse un peu de sable, puis nous nous attablons à un petit resto. Justine se régale d’aubergines cuites avec du poisson, c’est gras comme  souvent en Chine mais savoureux, tandis que je reste fidèle à mes soupes .Il fait nuit lorsque nous quittons Cheung Chau, le ferry nous berce jusqu’ à Central d’où nous reprenons notre  petit ferry habituel pour Kowloon, c’est bien agréable de se promener sur l’eau pour la dernière fois, entourées des lumières  magiques de Hong-Kong…

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